Marchais, Hue, Buffet, Laurent... the end ?

Communiste : dogmatique, non démocratique et antiécologiste ? Un fossoyeur dans la lignée de Gorbatchev, Ochetto, Iglesias...

, par  pam , popularité : 4%

Toute la presse a reprise la nouvelle phrase de Pierre Laurent après le désormais célèbre "moi, social-démocrate ? Oui mais...". Cette fois, il n’y va pas de main morte pour stigmatiser ce qu’ont été les communistes qui ont fait le PCF dont Pierre Laurent hérite politiquement comme secrétaire national.

Il faut citer Libération, car curieusement (!), l’Humanité ne reprend pas cette phrase de Pierre Laurent, rencontrant les partis de gauche à la fête de l’Humanité.

Pour le traditionnel discours de réception des forces de gauche au stand du PCF, Pierre Laurent, chef des communistes, a été clair vis-à-vis de ses partenaires socialistes et écologistes présents au premier rang : « Il y a trente ans, vous nous disiez : "ne soyez plus dogmatique !". Nous ne le sommes plus… Il y a vingt ans, vous nous disiez : "soyez plus démocratique !" Et nous sommes aujourd’hui encore plus démocratiques ! Il y a dix ans, vous nous disiez : "Soyez écologique !" Et nous sommes devenus écologiques ! Alors aujourd’hui, je vous dis tout simplement : "Soyez de gauche". »

Ainsi donc, Pierre Laurent nous dit en une seule phrase que les communistes étaient dogmatiques, non démocratiques, anti-écologistes. Oui, ces communistes qui ont mené la formidable bataille de 1981 avec Georges Marchais, qui remplissaient des stades en fête d’ouvriers, d’employés, d’enseignants, d’ingénieurs, d’étudiants, de jeunes, ceux qui ont fait trembler la construction européenne dans l’impressionnante bataille de Maastricht, ceux qui ont résisté à la déferlante capitaliste après l’effondrement des pays de l’Est, ceux qui n’ont pas plié à la contre-offensive de l’impérialisme organisant le pillage de la planète dans la mondialisation, ceux qui ont continué à faire vivre et renforcer le PCF malgré les innombrables tentatives de sa direction pour le transformer, le métamorphoser, le rénover, le renommer...

Cette semaine, un documentaire télé sur Georges Marchais permettait de se remettre en mémoire sa réaction à la proposition de Robert Hue de changer le parti de nom, un de ses derniers actes politiques marquant et qui faisait reculer Robert Hue. Il avait dit "je ne serai pas le fossoyeur du PCF" ! Son intervention, bien que dénigrée dans l’Huma, avait marqué beaucoup de communistes.

Il a fallu Robert Hue et sa mutation, Marie-Georges Buffet et ses collectifs antilbéraux et enfin le forcing de Buffet/Laurent pour installer le Front de Gauche dans la présidentielle pour que Pierre Laurent puisse enfin fouler au pied ce dernier message de Georges Marchais.

Il le dit ouvertement. Social-démocrate qui a rompu avec le dogmatisme communiste, avec la dictature communiste, avec le productivisme communiste, il peut conclure son discours en demandant aux socialistes "d’être de gauche". Comment ne pas comprendre ce que veut dire cet appel terrible. Car si les socialistes répondent "OK", alors pourquoi ne pas élargir le Front de Gauche aux socialistes qui sont de gauche, pour qu’il soit toute cette vraie gauche ! C’est bien alors le congrès de Tours à l’envers et nous serions alors tout simplement tous "de gauche" !

Les plus attentifs avaient déjà noté l’insistance de Mélenchon à la fête de s’adresser aux socialistes ! Car tout le monde sait que le parti socialiste ne va évidemment pas disparaître comme par enchantement, et que le mieux qu’on puisse espérer de la stratégie électorale du Front de Gauche en 2012, c’est de négocier un peu avec le futur gouvernement socialiste ! Et pour Mélenchon, Buffet et Laurent, cela veut dire des places au gouvernement si les socialistes répondent "oui, nous sommes de gauche". Et pourquoi ne le diraient-ils pas ? Qu’avait dit Mitterrand en 1981, Jospin en 1997 ? Qu’ils n’étaient pas de gauche ?

Cette nouvelle "gaffe" contrôlée de Pierre Laurent doit résonner chez les communistes comme un coup de poignard, pire, une insulte aux dizaines de milliers de militants qui ont fait l’histoire communiste et dont il faut redire qu’au contraire ils n’étaient, malgré tous nos défauts et nos erreurs, ni dogmatiques, ni dictatoriaux, ni productivistes !

Ce qui est au centre du marxisme-léninisme qui constitue le cœur de l’intelligence collective communiste, c’est bien le matérialisme dialectique, le contraire du dogmatisme. C’est le célèbre "partir du concret", c’est l’analyse des contradictions, des rapports de force, du mouvement réel. S’il y a un dogmatisme, c’est bien celui du réformisme qui malgré les succès du socialisme dans un cadre national continue à répéter les illusions de l’Europe sociale !

Ce qui est au cœur du projet communiste, c’est la démocratie. Elle commençait dans la vie des cellules, dans l’incroyable histoire de ce parti qui a transformé des millions d’ouvriers, de paysans, d’employés en lecteurs, militants, décideurs, organisateurs, qui développait l’éducation populaire, la culture pour tous ! Elle se poursuivait dans cette organisation qui transformait des milliers d’ouvriers, de paysans, d’employés en dirigeants, intellectuels, maires, cadres, ministres ! Elle s’affirmait dans ce 22ème congrès qui proposait une voie démocratique au socialisme, dans les efforts du communisme municipal pour inventer les formes nouvelles d’une démocratie participative, dans l’effort pour penser face au socialisme réel, le mouvement de dépérissement de l’état.

Ce qui est au cœur de la construction du socialisme, c’est le contraire du productivisme, c’est placer les travailleurs au centre des décisions sur la production, sur les investissements, pour bousculer la société de consommation capitaliste et faire de chaque citoyen-producteur-usager le co-responsable des ressources consommées, ressources naturelles, humaines, financières... Le socialisme, c ’est au contraire produire pour répondre aux besoins humains et pour rien d’autres !

Pierre Laurent s’affirme sans honte comme le fossoyeur de l’histoire communiste en France. Comme Gorbatchev en URSS, Occhetto en Italie ou Iglesias en Espagne, il choisit d’être celui qui dénonce la passé et ouvre enfin la voie au "dépassement" de l’histoire communiste. Qu’il le fasse par conviction ou par opportunisme ne change rien à l’affaire. Près de 20.000 communistes ont refusé la candidature de Mélenchon, beaucoup de ceux qui l’ont choisi l’on fait en pensant défendre l’existence du PCF. Ces milliers de militants, la plus grande force communiste malgré ses contradictions et son émiettement, peuvent ne pas être les pions du fossoyeur.

L’histoire s’accélère sur tous les plans. Ça bouge comme on dit. tout est possible, le pire et le meilleur. Pour Pierre Laurent on sait maintenant avec certitude de quel côté il va.

Pam

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