Dette, marchés financiers, euro, Europe…

lundi 9 janvier 2012
par  Jacques Cros
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Tels étaient les sujets du repas à thème de ce vendredi 6 janvier. Une forte affluence au cercle populaire Joseph Lazare ce soir là : plus de quatre-vingts personnes sans doute, venus de divers points du département et même de l’extérieur de celui-ci. Oui, l’activité de la section de Béziers est attractive ! A la tribune avaient pris place Paul Barbazange, candidat aux législatives, et sa suppléante Françoise Péralta, Alain Morin et Marie-Christine Burricand, les deux intervenants.

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Le premier a démonté les rouages de la dette, consécutive à l’appétit des marchés financiers. Ce n’est plus la BCE qui prête aux états mais les banques qui au passage empochent la plus grosse partie des intérêts versés. Comme la langue d’Esope un emprunt peut être la pire ou la meilleure des choses selon l’objectif qu’on lui assigne. S’il s’agit d’obtenir le développement de la croissance, en favorisant notamment l’investissement humain, au niveau de la formation en particulier, on ne peut qu’être pour.

Hélas le but de l’opération n’est pas toujours celui-là mais plutôt l’encaissement de prêts sans garantie quant à leur usage. On vient de le voir avec une somme fabuleuse de près de 500 milliards d’euros, gelée alors qu’elle trouverait sans avoir à chercher beaucoup une utilisation profitable.

Sur la réalité de l’Europe et l’euro Alain Morin va développer une analyse quine remettant pas en cause, l’existence de la communauté européenne ne faisait visiblement pas l’unanimité dans la salle. Il estime qu’il est nécessaire de réorienter la construction de l’Union européenne qui pourrait, en alliance avec les pays émergents (Brésil, Chine, Inde,...) viser la mise en place d’une monnaie commune mondiale pour faire reculer la domination du dollar et des USA sur le monde entier.

Marie-Christine Burricand fera l’historique de la construction européenne portée par les Américains sur les fonts baptismaux. Elle juge que l’euro est un élément du dispositif capitaliste qui s’est mis en place pour accroître toujours plus les profits des marchés financiers. De fait elle appelle à un retour à une monnaie nationale.

Au passage elle souligne que le fonctionnement de la structure européenne se poursuit aujourd’hui avec le tandem Sarkozy / Merkel mais elle précise que « c’est Merkel qui porte la culotte ! »

Elle souscrit au slogan de la section de Béziers « Il faut faire péter l’Europe capitaliste ! » et si elle souhaite la coopération économique, technologique, culturelle… entre les peuples, par seulement d’ailleurs ceux de l’Europe mais aussi ceux qui sont de l’autre côté de la Méditerranée, elle considère l’indépendance des nations comme une nécessité pour la liberté de chacun. Au cours du débat qui suivra ces deux interventions l’idée sera reprise du refus d’une uniformisation mondialisée qui gommerait la diversité et la richesse des identités nationales et régionales.

Ce qui a dominé les échanges c’est que le capitalisme est en fin de course et qu’il faut bien se débarrasser des obstacles qui s’opposent à sa sortie, l’Europe étant un de ceux là.

Bien sûr la logique du fonctionnement des banques qui est la recherche du profit le plus grand dans le temps le plus bref participe de la crise qui sévit. Pour autant leur nationalisation ne suffit pas si on ne les contrôle pas pour changer cette logique.

Il sera signalé qu’en Allemagne la situation est caractérisée par une dégradation de la situation sociale qui rappelle tous les dangers de fascisation auxquels nous sommes exposés.

Avec deux analyses sensiblement différentes, cette soirée aura permis à chacun d’avoir une meilleure approche de ce qui est en cause. La confrontation des points de vue permettra d’avancer, nous en sommes convaincus, dans la définition d’une réponse définitive aux questions qui se posent au mouvement communiste.

Le repas proprement dit ? Eh bien c’est à guichets fermés qu’on a mangé le potage concocté par Christiane ! Oui, elle avait prévu pour 45 convives, nous étions 57 ! Nous nous sommes accommodés de cette donnée et avons partagé les rations ! Personne n’est mort de faim et le pot au feu était excellent ! Ah, Jean-Claude a agrémenté la soirée de quelques chansons, entre autres occitanes, qu’il a dédiées précisément à un occitaniste. Finalement c’était une soirée très conviviale !


Complément à la discussion de Aimé Couquet

Dette publique !!!

Après le succès de la réunion publique organisée par la section de Béziers du PCF avec les intervenants, Marie-christine Burricand, Alain Morin et le débat qui a suivi leurs introductions, je me permets d’écrire quelques mots sur la dette publique.

La dette publique est devenue l’outil qui sert à l’asservissement du peuple. Qui en sont les responsables ? Qui tire un gros avantage des opérations financières opaques, liées à la Banque Centrale Européenne (BCE) ou à la FED (USA) ? En fait, seulement 737 firmes (sur 37 millions d’entreprises) contrôlent 80 % du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial. Un noyau dur de 147 firmes, généralement anglo-saxonnes, contrôlent 40 % du PIB mondial. Il en résulte que trois quart de ces plus grosses multinationales appartiennent au secteur financier (Barclays, JP Morgan Chase & Co, Goldman Sachs, etc...). Ce sont elles qui dirigent la grande manoeuvre !

Déjà, Karl Marx, en 1850 dans son livre « La lutte des classes en France » consacré à la révolution de 1848 faisait une description de la France sous Louis-Philippe en 1847 qui a conduit à la révolution. Il écrivait :

« Chaque nouvel emprunt fournissait à l’aristocratie une nouvelle occasion de rançonner l’Etat ».

« L’endettement de l’Etat était, bien au contraire, d’un intérêt direct pour la fraction de la bourgeoisie qui gouvernait et légiférait au moyen des chambres. C’était précisément le déficit de l’Etat qui était l’objet même de ses spéculations et le poste principal de son enrichissement ».

Je conclue par une citation d’Henri Ford qui prend maintenant tout son sens : « L’unique objectif de ces financiers est le contrôle du monde par la création de dettes inextinguibles. »

Cela suffit à exiger d’inclure dans le programme communiste, l’effacement de la dette publique.

Aimé COUQUET.


Commentaires

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samedi 14 janvier 2012 à 19h18, par  Paul Barbazange

Réflexions dans le débat de la section de l’Ouest Biterrois.

On pourrait se satisfaire de l’assemblée à thème du 6 janvier, l’assistance y était nombreuse, avec des intervenants de qualité qui ont exprimé un point de vue différent, on pouvait s’attendre à un riche débat contradictoire, qui aurait du à mon sens donner plus de cohésion à une synthèse pour un argumentaire plus précis afin d’affronter la réalité dans de meilleures conditions.

Notre camarade Alain Morin rédacteur en chef de la revue économie et politique édité et diffusé par le PCF, est parti de l’accumulation et de la suraccumulation du capital, il démontera les rouages qui conduisent aujourd’hui le capitalisme dans une de ses plus profondes crises systémiques.
Au niveau de l’Europe il sera mis en évidence que la dette artificiellement crée génère tous les désordres et maintenant avec le concours bienveillant de la BCE favorise l’accroissement de l’endettement des pays les plus en difficultés.
Il est bien évident que dans ces conditions la différence devait être faite, entre une bonne dette nécessaire dans l’investissement des besoins humains et l’économie réelle, et une mauvaise dette qui elle nourrit et se nourrit de la spéculation qui continue d’accroître l’inutile accumulation du capital.

En conclusion Alain Morin, préconise une orientation stratégique qui viserait à peser avec l’ensemble des partenaires Européen pour transformer le rôle des institutions politico, financières et économiques de l’union.

La deuxième intervenante Marie Christine Buriccand, à fait un riche, clair et brillant exposé historique sur les origines et le but recherché de la construction européenne, favorisée dans cette phase par les USA pour contrer l’essor de l’Union Soviétique, mais aussi pour propager sa domination économique sur tout le continent du vieux monde. Cette analyse devait l’amener à conclure que l’Union Européenne doté d’outils politiques ,économiques et financiers, taillés sur mesure pour mettre en place et préserver la domination du capitalisme, n’avait plus rien à voir avec l’Europe géographique ni celle des peuples qui l’a constituée.

Cette question nous renvoyant directement à une coopération sans frontières et avant tout basé sur le principe de l’échange sans limites des avantages mutuels.

En reprenant le mot d’ordre biterrois « Il faut faire péter l’Europe capitaliste », MC Burricand avance l’idée, que pour rompre définitivement avec ce système il faut sortir de l’Euro et servir d’exemple avec effet boule de neige.

L’intervenante assure que cette question doit se mesurer au regard de la réalité, sans opportunisme et en pesant de part et d’autres les doubles conséquences, soit la continuité de l’Euro dans l’état de la crise dans laquelle nous sommes, soit assumer l’abandon de cette monnaie en optant pour une monnaie commune et en revenant à une monnaie nationale.

Le débat qui s’est engagé sur cette base devait rester cantonné entre le choix de cette dernière solution choix largement majoritaire et la transformation des outils de l’union.
Nous avions choisis de ne pas partager le pot au feu, mais ce n’est pas pour cette raison que nous sommes restés sur notre faim.
Nous avons donc décidés de porté cette question à l’ordre du jour de notre bureau de section du mardi suivant.
Il est tous de suite apparu très clair, que le débat biterrois était dans son ensemble resté dans le cadre d’une comparaison de programme, l’un prônant des amendements aux outils de
l’union, l’autre appelant au radicalisme d’une rupture franche.
Les deux solutions soumises au verdict populaire et même appelant à un référendum pour la sortie de l’Euro « comme si nous avions déjà oublié 2005 »

Cette question nous remmenant tous de suite à la caducité des institutions et à qualité et à l’ampleur du rassemblement nécessaire pour espérer réussir un véritable changement.

Autrement dit et en conclusion, si nous avions les forces nécessaire pour sortir de l’Euro dans de bonnes conditions, avec ces mêmes forces nous pourrions également transformer les outils de l’union.

Gérard Garcia membre du bureau de la section Ouest Biterrois celulle de Cazouls les Béziers ;

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jeudi 12 janvier 2012 à 18h41, par  Paul Barbazange

Débat(s) d’actualité : Europe, euro..., sortie de la crise, sortie du capitalisme.
Réflexions de la section du PCF de Béziers.

Près d’une centaine de militants et de citoyens venus d’au moins 7 sections du département de l’Hérault avec la participation de Chantal Bonnaure pour Rouges vifs 13 et les excuses d’ Alain Job de Convergence Communiste de l’Aude se sont donnés rendez vous à la section de Béziers du PCF pour débattre en ce début d’année avec Alain Morin rédacteur en chef d’"Economie et Politique", Marie Christine Burricand, conseillère générale du Rhône animatrice du réseau "Faire vivre et renforcer le PCF"

Le débat bien que trop bref, incomplet sur bien des points en raison de l’ampleur des sujets a été à la hauteur des attentes.
Vous trouverez ci joint les interventions liminaires, un billet d’ambiance de Jacques Cros, une réflexion d’Aimé couquet sur la dette....

Le secrétariat de section tient quant à lui à souligner les éléments suivants.

Le profond besoin d’un débat contradictoire pour préciser l’état de la réflexion communiste. Les positions de Jean Luc Mélenchon, celles de la direction du PCF, de divers économistes communistes ou non, et de nombreux militants sont différentes, parfois opposées, contradictoires ou complémentaires. Dégager de façon précise la nature exacte des divergences et des convergences possibles est essentiel à l’action.

Ce débat ne relève pas d’affrontements entre économistes, c’est du vécu et des espérances des citoyens dont il est question, c’est l’affaire de tous, il est possible. Le PCF, cellules, sections, militants occupe une place unique, dans ce processus d’acculturation politique de masse. Sera -il en capacité de la tenir ? Poursuivra -t il son effacement ? L’enjeu est de taille.

L’action politique immédiate, d’abord par le rassemblement de la force communiste et des plus exploités est un élément décisif aux développement des luttes.

Des convergences de vues se sont exprimées ou apparaissent possibles à cette étape nous relevons :

La renationalisation du système bancaire ( cet objectif a été explicite avec la nécessité de débattre des raisons de l’échec des nationalisations de la période Miterrand)
L annulation de la dette publique.
L’affirmation de notre exigence de pouvoir décider de nos propres choix nationaux, même s’ils contredisent les traités, directives européennes.
La sortie de "l’outil capitaliste Europe".
L’affirmation de notre confiance dans le mouvement populaire en économie comme en politique. Tout programme n’a d’intérêt que dans les dynamiques de luttes des classes qu’il porte

Vérifions ce que nous pouvons dire ensemble en communistes. Travaillons les sujets et les formulations.
Le bureau de section de Béziers le 12 01 2012.

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