Billet d’humeur : Le débat va-t-il enfin s’ouvrir au PCF ?

, par  Marie-Christine Burricand , popularité : 1%

Le débat va-t-il enfin s’ouvrir au PCF ? Un mois après les régionales, on peut en douter à la lecture de l’Humanité et des différentes interventions de dirigeants du PCF.

J’ai même l’impression que certains utilisent cette période pour peser un maximum avant le débat du Conseil National et la discussion des communistes, faisant les réponses avant les questions.

Des dirigeants en pleine forme ? pour la photo !

Un premier élément m’interroge, notamment au travers des interventions de Marie-Pierre Vieu et d’Olivier Dartigolles à qui l’Humanité a largement ouvert ses colonnes. Et c’est déjà une première question, pourquoi ces têtes de listes et portes-paroles qui n’ont pas fait mieux que les autres, et pour Olivier Dartigolles plutôt plus mal d’ailleurs, auraient-ils le privilège de s’exprimer plus que les autres avant que le débat ne commence. Il est vrai qu’ils sont tous deux membres de l’exécutif et pour Olivier Dartigolles porte parole du PCF. Le problème, c’est qu’ils ne portent ni l’un ni l’autre une parole collective, celle du PCF ou pour le moins du collège exécutif, mais leur point de vue personnel sur la situation... Au bout d’un moment cela finit par lasser et on a envie de leur dire, un peu d’humilité camarade !

Humilité devant les communistes, humilité aussi devant les citoyens. Ainsi dans le supplément « Communistes » du 17 décembre, Oivier Dartigolles nous l’assène, « tout est à reconsidérer et à changer, l’heure est à la refondation ». Décidément c’est une manie ! Et répondant à la question du journaliste qui lui demande quels seraient les grands chantiers de cette refondation, il précise : « Refonder la république, la démocratie, la politique, la manière de s’engager, et de construire des liens permanents avec la population. Refonder la gauche. »

Typiquement le genre de discours qui veut tout dire et rien dire et laisse tout le monde face aux difficultés. Langue de bois, brassage d’air… Et tout le reste de l’interview est de la même nature.

Sur le PCF lui-même rien, à part qu’il doit faire converger les forces. Rien sur l’affaiblissement national de notre parti, rien sur la nécessité de le renforcer, rien sur l’organisation, rien sur les batailles du PCF. Je dois être une primate, car je pense que la première chose à faire pour que la gauche se porte mieux, c’est de renforcer le PCF dans tous les sens du terme. Et même je crois que vues les difficultés et les dangers qui s’amoncèlent, il vaudrait mieux pour affronter ces batailles un parti plus fort.

Heureusement qu’il n’y a que les communistes qui lisent « communistes » , nous en avons vu d’autres ! Parce que pour le commun des mortels, ceux qui ne sont pas habitués aux subtilités de la langue politique, ce genre de trucs, c’est à se taper la tête contre les murs et à déchirer sa carte d’électeur ou à mourir de rire jusqu’à en pleurer, parce que décidément, ce camarade est sourd ou aveugle et qu’à peine sorti d’une défaite, il recommence ce qui l’a amené là où il est et veut tous nous y emmener.

Les interviews de Marie-Pierre Vieu valent aussi leur pesant d’or ces temps-ci. En 1995, elle dirigeait l’UNEF, certains qui y étaient aussi diront ce qu’elle en a fait mieux que moi. Là voilà donc lancée sur le mouvement social de 1995 [1]," précédé par un horizon sombre et lourd", nous dit-elle. Comme aujourd’hui ? Un peu moins quand même d’abord parce que depuis les coups contre le monde populaire se sont multipliés, surtout depuis le Traité constitutionnel européen et aussi parce qu’après 1995, il y a eu 1997, la gauche et même des ministres communistes, et que tout cela s’est terminé par 2002, Le Pen contre Chirac, déjà des millions d’électeurs de gauche qui ne vont pas voter au premier tour.

De cela Marie-Pierre Vieux n’en parle pas. Par contre, elle est prête « à retenter le coup avec toutes ces forces, et au-delà , dans un rassemblement qui reste à inventer. » Elle ne dit pas comment faire pour que cela ne se finisse pas en eau de boudin comme en 1997, ni sur quoi exactement nous avons buté dans ces années.. Peut-être qu’au final, c’est cette incapacité à empoigner vraiment le réel, cette tendance à se payer de mots qui éloignent les citoyens de nous jusque dans les urnes ?

Au passage, Marie-Pierre Vieu nous explique que depuis 1995, « elle fait partie des communistes qui cherchent toujours une jonction entre le social, le politique, le culturel ; Qui cherchent à porter la revendication de de transformation sociale, en luttant contre l’exploitation capitaliste, pour la répartition des richesse, mais en intégrant également la question de la citoyenneté, de l’égalité de traitement et la question démocratique. » Faut-il comprendre qu’il y aurait plusieurs sortes de communistes et même des communistes qui s’en ficheraient de la citoyenneté et de la question démocratique ? Je n’en connais pas mais je suis quand même un peu étonnée que Marie-Pierre Vieu faisant le tour des batailles qui montent ne parlent pas des salaires... un oubli sans importance comme celui du PCF qui visiblement ne la passionne pas…

Il paraît que la meilleure défense, c’est l’attaque... Ces deux là se sentiraient-ils en difficultés ?

L’heure est grave et c’est à un examen sérieux de sa stratégie, de son organisation, de ses liens avec la population, de son projet que doit se livrer le PCF.

Alors, s’il vous plait, arrêtez de bavarder et commencez par respecter les communistes !

[1voir article de l’humanité

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