A propos du questionnaire soumis aux communistes ! un texte de notre camarade Bernard Trannoy extrait du site PCF Bassin

, par  Bernard Trannoy , popularité : 9%

Retour progressif sur la toile, des problèmes de santé m’ayant contraint à un éloignement momentané.

Premier problème rencontré au retour, une invitation pressante à répondre rapidement à un questionnaire, premières interrogations ?

1- Quel est sa cible ? Qui est habilité à y répondre ou pas ? Sur quelles bases ? Pour quels objectifs ? Flou artistique complet la cible varie au fil du temps, des opportunités ou des opportunismes. L’impression du poisson mort au fil de l’eau domine.

2- Qui a élaboré ledit questionnaire, sur quelle base, avec quels critères ? Sur la base de quel mandat ?

3- Qui traite ledit questionnaire, avec quels outils ? Rôle de la commission du CN ? A-t-elle accès à toutes les données brutes ? Ou n’a-t-elle accès qu’à des extractions, effectué par qui ? Sur la base de quels critères ? En un mot quel est le chef d’orchestre ?

4- Est-ce que toutes les règles prudentielles ont été prises, qui gère les bases de données ? Où sont localisés le ou les serveurs ? (Exemple passer contrat avec un fournisseur qui a ses serveurs situés aux USA, cela équivaut à remettre directement toutes nos données à la CIA, à la NSA.)

5- Quelle garantie que la base de données ne sera pas mise sur le marché, proposée à la vente ?

6- Ces règles prudentielles n’étant pas garantie ? La transparence n’étant pas au rendez-vous, ne sachant pas de ce qui sera fait des données ainsi collectées, je ne répondrais pas à un questionnaire où l’éthique la plus élémentaire n’est absolument pas garantie, et qui nécessite autres choses que des réponses vagues faisant dans l’a peu près.

7- Est-il judicieux pour ceux qui se veulent des dirigeants de se transformer en vulgaire gestionnaire d’un institut de sondage ? Ainsi la démarche de la case à cocher serait-elle devenue le summum en matière de démocratie. !!!J’en doute.

8- Mettre en marche cet intellectuel collectif que doit ou devrait être le PCF ne leur est-il pas venu à l’esprit ? N’est-ce pas dans l’échange, qui ne va pas sans confrontation que se construit une pensée, une stratégie, une démarche collective. Le collectif ferait-il peur ? Transformer le PCF en un gigantesque atelier d’écriture cela aurait une toute autre gueule. Oui, mais pour cela, il faut faire confiance à ce réservoir, de dévouements, d’expériences que sont les femmes et les hommes qui ont choisi l’engagement dans le PCF. Eux savent que face au niveau d’organisation qu’a atteint le capital, le « mouvementisme » est de peu de secours et est même un fer aux pieds. Il est souvent le lieu de toutes les irresponsabilités. Ce « mouvementisme » qui ne va pas sans le culte du chef, s’en remettre à un nouveau demi-dieu est la première et la plus grave des irresponsabilités, des soumissions. Décidément le culte de la personnalité à de beau jour devant lui, culte qui est la manifestation d’une évidente immaturité.

9- Première règle non respecter par cet entonnoir qu’est ledit questionnaire : LA DEMOCRATIE. En effet toutes les opinions doivent être prises en compte, ceux qui répondent au questionnaire, cela va de soi et mérite respect, mais aussi ceux qui refusent d’y répondre pour des raisons multiples et diverses qui ne sont pas sans fondement. Je suis bien obligé de constater qu’aucune disposition n’est prévue pour prendre en compte la non réponse qui se doit d’avoir le même statut que les autres réponses, pas plus, mais surtout pas moins, car elle est aussi une réponse.

Deuxième problème quel est la nature du dit questionnaire ? A quoi sert-il, pour quels objectifs ?

10- Elaborer un questionnaire, c’est créer un cadre, qui pour une part enferme les échanges dans un cadre prédéfinit, formater. Cette façon de faire est aussi un moyen d’encadrer, d’évacuer les questions qui fâchent, afin de les mettre si possible hors champ ? (L’U.E, l’€uro, la souveraineté, la démocratie, etc…)

11- Ce questionnaire n’est-il pas, d’abord un moyen pour l’équipe dirigeante d’échapper à ses responsabilités, à faire le bilan de ses actions, à rendre des comptes ? En effet le questionnaire pointe, de fait, en premier les problèmes d’organisation, c’est-à-dire nous TOUS EN BAS sommes montrés de l’index comme responsables des échecs subit. Les généraux n’y sont pour rien, ce sont les troufions qui n’ont pas exécutés à la lettre les ordres reçus, donc ils sont les premiers responsables des échecs. Il y a là, le refus ne serait que d ’envisager les échecs réels subit comme étant d’abord et avant tout la CONSEQUENCE de choix STRATEGIQUES DESASTREUX INITIES PAR LE CERCLE DIRIGEANTS.

12- Ce questionnaire veut nous enfermer dans le seul électoralisme de bas étage, dans la culpabilité. Nous voilà tous, sautant comme des cabris en scandant « il nous faut des élus, il nous faut des élus », comme si cela pouvait être une fin en soi. Avoir des élus n’est pas un objectif en soi, mais bien plutôt la résultante d’un investissement sur le temps long et en profondeur, démontrant pour le monde du travail notre utilité. Ils ne voient pas ou refusent de voir qu’il y a dans leur démarche le meilleur moyen de ne plus avoir d’élus. Ne serait-ce pas un scénario à l’italienne qui serait l’horizon visé ? Qui roulent pour qui, oui la question finit par émerger ?

13- Or que nous propose, quant au fond, le questionnaire ? C’EST DE POURSUIVRE SUR LA VOIE D’UNE STRATEGIE QUI N’A FAIT QUE CUMULER, ANNEE APRES ANNEE, ECHEC SUR ECHEC. On prend les mêmes et on recommence.

14- En fait, in fine, on nous demande, toutes affaires cessantes, de rejoindre la cohorte des organisations social-démocrate, d’accompagner comme les autres le CAPITAL. Mais trois organisations sociales-démocrates pour la France je trouve que cela fait beaucoup. (Pas d’illusion « France Insoumise » est de même nature, Jean-Luc qui cultive jusqu’à l’excès sa personne, ne se voit qu’en futur Tonton, là-dessus je suis en total accord avec Alain Badiou). Tous ces sociaux-démocrates participent de fait, de par leur acceptation servile de l’intégration européenne (PGE pour le PcF) des dispositifs d’intégration du monde du travail aux objectifs du grand Capital. L’évolution du monde démontrant de toute évidence qu’il n’est pas stupide de mettre un trait d’égalité entre U.E et OTAN. (Récemment, un responsable du département d’état des Etats-Unis en visite à Belgrade a mis en demeure les serbes à ne pas rester le « cul entre deux chaises », et à choisir entre U.E et la Russie). Non, nous ne sommes pas les alliés des USA, mais tout simplement leurs vassaux et l’U.E n’est qu’un de leur vecteur de domination. Le PCF est-il encore un Parti Communiste, la réponse de toute évidence est NON (Les ponts sont quasiment en voie délabrement avec la quasi-totalité des partis communistes, sauf ceux qui sont devenus, comme nous, de nature profondément social-démocrate). Le PCF est-il devenu un parti de nature profondément social-démocrate ? La réponse, il faut bien le constater, pour le regretter, est de toute évidence OUI. Va-t-il le rester ? Cela dépendra de nous en « BAS », et du monde du travail d’une manière générale. Faut-il s’étonner que 60% des ouvriers s’abstiennent aux élections ? Ne sont-ils pas, pour une large part, orphelin d’un parti communiste utile à leurs espérances ? Qui les a abandonnés, Eux ou Nous ? 55% on dit NON au traité Européen, ont dit NON aux abandons de souveraineté. Avons-nous été fidèle à ce NON ? Je ne le pense pas du tout. Est-ce que nous répondons aux attentes du monde du travail ??? Si cela était le cas, 60% d’entre eux resterait-il à la maison dans « le voter, pourquoi faire ? ». D’ailleurs, phénomène récurrent dans toute nos « analyses !! » les abstentions qui sont pourtant un fait politique majeur sont passés à la trappe, sous le tapis, parce que dérangeantes. Mais l’appareil fait jaillir immanquablement toujours la même litanie : « c’est une question de pédagogie, ils n’ont pas compris. On va leur expliquer ». Bien sûr les ouvriers, c’est bien connu sont de vulgaires idiots. Jamais ceux qui font ce genre de sortie imbécile ne se pose la question « Sommes-nous vraiment à leur écoutent ? répondons-nous vraiment à leurs attentes ? à leurs besoins d’espérances ? Quelles propositions de perspectives nous leur offrons ? ». Quand mettrons-nous un terme à la valse des mots creux, vide de sens ? dont on les abreuve.

15- Si à cela vous ajouter l’instabilité manifeste du discours des dirigeants, vous avez des communistes en perte de repères qui sont conduits de plus en plus souvent lorsqu’ils sont interpelés « Je ne sais pas quel est la position officielle du PCF (en a-t-il une ??), Mais je vais te dire ce que moi j’en pense ».

16- « Un meilleur partage des richesses », sortir cet ineptie au moment précis où le capital nous fait savoir, avec véhémence, et même violence, que les compromis successifs auxquels il a été contraint depuis la fin du 19ème siècle appartiennent au passé. A-t-on oublié à ce point que « c’est celui qui possède qui bat la mesure » ? Pour ma part je ne vois pas Neuilly vouloir partager avec Aubervilliers. Celui qui prétend obtenir un nouveau compromis avec le Capital n’est-il lui aussi en retard d’une guerre ? (L’interview de JLM à Marianne, qui se fait fort de négocier un nouveau compromis social avec le capital). Seul l’organisation du monde du travail syndicalement et politiquement pourra mettre à la raison le capital, mettre à la raison le capital, c’est d’abord le déposséder. Dans ce monde il n’y a pas de place pour les « Zorro ».

17- Le socialisme fait son retour en force. Ce mot qui fait peur, y compris à certains « communistes » émerge dans l’actualité (19ème congrès du PCC) les regards s’y tournent de nouveau. La FAO nous informe que 700 millions de femmes et d’hommes sont sortie de la pauvreté, problème ils sont tous chinois.

18- Paradoxe : « La majorité des jeunes Américains âgés de 15 à 30 ans préféreraient vivre sous un régime socialiste plutôt que sous un régime capitaliste, comme le montrent les résultats d’un nouveau sondage de la « Fondation pour la mémoire des victimes du communisme ».
Source : https://fr.sputniknews.com/societe/201711041033745157-jeunes-americains-socialisme-attitude/

19- Question internationale : Pourquoi, de ma part, utiliser paradoxalement ce singulier ? Des années 2000 à aujourd’hui l’émergence d’un phénomène irréversible fait irruption, « la multipolarité du monde ». Cela est un fait sur lequel aucun retour en arrière ne sera possible. C’est ce fait que les Etats-Unis et son vecteur l’U.E n’acceptent pas. Ils veulent, en utilisant pour cela tous les moyens, y compris par la force militaire, l’économie, la finance préserver leur « monde unipolaire ». C’est des sanctions tout azimut (avec le toutou U.E) contre tous ceux qui n’acceptent pas de s’incliner devant le seul leadership américain. Problèmes pour eux ces sanctions finissent par se retourner contre eux. C’est l’agriculture française qui paient la facture. Les sanctions qui ont permis à la Russie de développer rapidement son secteur agricole (La Russie est devenue le premier exportateur mondial de blé). C’est l’accélération de la dédollarisation des échanges internationaux dans des cadres bilatéraux ou multilatéraux. C’est ces faiblesses en voie d’accélération qui rend le couple (USA, UE) infernal dangereux. C’est la très forte tendance qu’ont les USA à ériger leur propre droit en droit international. Autre retour en force sur la scène internationale, c’est le fait national. L’état nation est une construction qui s’inscrit dans le temps long. L’oublier c’est courir aux pires déboires, il y a là une des raisons qui peuvent conduire l’U.E à son délitement. De la part des dirigeants « communiste » oublier cela, ne pas en prendre la mesure est la preuve d’un autisme stupéfiant. Là où les partis communistes ont prospéré, ce sont développés. C’est là où ils ont pris en charge totalement cette réalité qu’est le phénomène national.

20- « Sortir du capitalisme », proposer une « alternative au capitalisme » sans le courage de nommer les choses n’est d’aucune utilité, rend nos propos inaudibles. Appelons un chat, un chat, et affirmons, réaffirmons avec force que notre horizon s’appelle le « socialisme ».

21- La démocratie suppose, impose même la souveraineté. C’est de nos capacités à décider ici et maintenant que dépend notre devenir. Pour ma part je ne sais pas ce que peut-être une démocratie qui ne serait pas souveraine. Elle est même la condition indispensable pour développer avec vigueur toutes les formes possibles de coopérations, pas de coopérations sans souverainetés. Nous n’échapperons pas à la nécessité de réfléchir et d’organiser de nouvelles formes de régulation des échanges internationaux, prenant en compte les droits légitimes de toutes les parties. S’en remettre aux seules lois du marché, c’est laisser la loi de la jungle régner en maitre absolu sans retenue. La loi du plus fort comme seul régulateur, socialisme ou barbarie c’est bien à cela que nous sommes confrontés.

22- Discourir sur notre volonté de préserver les services publics, le transport ferroviaire, les transports urbains, la poste, l’accès à l’eau, à l’énergie, à la santé sur la base d’un puissant secteur publique (même s’il est à repenser en profondeur) n’est d’aucune utilité si nous ne sortons pas du carcan qui les étouffent, qui les tuent. Ce carcan a un nom, il s’appelle U.E.

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