A propos des relations entre communistes et islamistes en Tunisie

Extrait d’une intervention de Hamma Hammami, porte-parole du PCOT (Parti communiste des ouvriers de Tunisie)
mardi 11 octobre 2011
par  auteurs à lire
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Depuis le début des années 90, à l’intérieur du PCOT (Parti communiste des ouvriers de Tunisie), nous avons mené une analyse en profondeur sur la question du rapport à l’islamisme alors même que la répression s’abattait contre l’islamisme mais également contre nous. Nous considérons que de nombreux mouvements qui se disent de gauche ou progressistes ont pris une position erronée concernant cette question : faire rempart à l’islamisme par des dictatures corrompues. Cela a été le cas pendant un moment en Algérie, cela a également été le cas en Égypte.

La position du PCOT a été tout autre et en Tunisie – et les islamistes eux-mêmes le savent – nous étions en totale opposition avec eux. On se battait contre eux à tous les niveaux : au niveau théorique, au niveau politique, de même que pour la direction des mouvements lycéen, estudiantin et syndical. Néanmoins, à partir de 1991, à la suite de la répression totale aussi bien contre les islamistes que contre le PCOT ou les mouvements populaires, notre parti a changé de tactique et a axé sa lutte contre la dictature, soumettant la question de la lutte contre l’islamisme à la question de la lutte contre la dictature. Et sur ce plan-là, notre tactique a été basée sur deux principes :

- Tout d’abord, pour barrer la route à la montée d’une dictature au nom de la religion, il faut donner l’exemple en étant à l’avant-garde de la lutte contre la dictature déjà en place sinon la direction effective de cette lutte est laissée à l’islamisme que l’on prétend combattre. A partir de ce premier principe, il faut lutter contre la dictature pour barrer la route à toute autre forme de dictature et en conséquence ne pas s’allier à la dictature pour lutter contre l’islamisme. C’est à partir de ce principe que le PCOT a pu s’imposer en tant que force politique incontournable en Tunisie.

- Le second principe –et pour notre parti, la position était claire– est qu’une société où il y a la liberté –même si cela profite dans un premier temps à l’islamisme ou à d’autres forces– est meilleure qu’une dictature, meilleure pour le peuple tunisien, en tout cas meilleure qu’un régime dictatorial où il n’y a pas de liberté, ni pour le peuple ni pour les forces démocratiques au nom de la lutte contre l’islamisme. C’est d’ailleurs par cet argument, la lutte contre l’islamisme, que Ben Ali justifiait sa dictature.

C’est sur la base de cette tactique et de ces principes que nous avons dénoncé la torture dont étaient victimes les islamistes parce qu’un parti communiste ne doit pas se taire sur la pratique de la torture, même si ses victimes sont des adversaires politiques. Nous avons été les premiers, et les seuls, à dénoncer ces tortures contre les islamistes et que nous avons subies nous aussi, la torture ayant également été utilisée contre notre parti.

De même notre parti a été presque le seul à dénoncer les procès intentés contre les islamistes parce qu’un communiste ne doit pas non plus accepter des procès fabriqués, même s’ils sont dirigés contre des adversaires politiques.

A partir de 2005, la situation en Tunisie en était arrivée à un point tel que la police parfois arrivait le matin pour vous signifier qu’il vous était interdit de sortir, de quitter votre domicile et cette répression s’est abattue sur tous les mouvements politiques, sur les islamistes, les nationalistes, sur les femmes, sur tout le monde…

C’est au cours de cette même année 2005, au moment du sommet mondial de l’information, que huit responsables politiques et d’associations dont moi-même ont entamé une grève de la faim. Avant de lancer cette action, nous avons discuté avec tous les partis politiques pour qu’ils s’y associent. En définitive, seuls huit partis et associations ont accepté. Ainsi donc certains partis qui se prétendent de gauche ont refusé d’y participer, non pas à cause de la présence des islamistes, officiellement aucun n’y prenait part, mais bien parce ces partis avaient peur de la dictature et des lignes rouges tracées par Ben Ali et qu’il ne fallait pas franchir.

Après cette grève de la faim, il y a eu une deuxième discussion en vue de rassembler contre la dictature toutes les forces politiques en Tunisie et de faire cesser ces luttes idéologiques qui font parfois en sorte que si les uns disent une chose, les autres s’y opposent ou disent le contraire, que si les islamistes font quelque chose, la gauche dit non. Cet état de fait ne pouvait que profiter à Ben Ali. C’est ainsi qu’est né le collectif du 18 octobre qui regroupe le PCOT, les islamistes, des libéraux, des réformistes, des représentants de la société civile. Nous nous sommes mis d’accord pour faire un travail commun et lutter pour la liberté d’expression, la liberté d’organisation et pour l’amnistie générale. Cela concernait toute la société tunisienne, toutes les forces politiques et ensemble nous avons mené des luttes autour de ces trois mots d’ordre.

En même temps, on s’est mis d’accord avec le mouvement Ennahda [1] pour discuter des questions fondamentales sur lesquelles nous avions des divergences – la première question étant celle du droit des femmes, la deuxième question se rapportant au problème de la liberté de conscience et la troisième concernant le rapport entre État et religion.

Ces discussions qui ont duré entre quatre et cinq ans ont abouti à la mise au point de documents sur lesquels se sont engagés les islamistes. Il est à noter que le premier dans le monde arabe à être signé entre gens de gauche et islamistes portait sur les acquis des femmes tunisiennes, tous les partis même les islamistes s’engageant à ne pas toucher au code du statut personnel et même à développer de nouveaux acquis pour les femmes tunisiennes.

Néanmoins lors de ces discussions, toutes les divergences n’ont pu être surmontées et pas seulement avec les islamistes, ainsi à propos de la question de l’héritage, le PCOT défend l’égalité alors que les libéraux mais également certains partis réformistes s’y opposent… !

Sur la question de la liberté de conscience, on est arrivé à la signature d’un document, rendu public, dans lequel la liberté de conscience est considérée comme une liberté personnelle.

Sur le rapport entre État et religion a été signé un document où il est dit clairement que le régime démocratique que nous revendiquons ne peut être qu’un régime civil basé sur le respect des valeurs républicaines et des droits humains. Ce document a été également signé par les islamistes.

Ces documents représentent des acquis tout à fait significatifs et nous considérons que ce collectif du 18 octobre a joué un rôle important dans la préparation de la révolution en Tunisie. Cela a pu se ressentir dès 2008, dans l’apaisement des luttes idéologiques au profit de luttes communes sur des objectifs politiques, économiques et sociaux, et depuis la révolte du bassin minier la même année, les clivages idéologiques sont devenus très secondaires et tout le monde a basé sa lutte sur les libertés… C’est la raison pour laquelle, au cours de la révolution tunisienne, on n’a pas entendu de mots d’ordre religieux ou purement idéologiques. Étaient essentiels les mots d’ordre politiques, économiques et sociaux.

Maintenant, quant à une éventuelle alliance entre le PCOT et Ennahda, la réponse est négative. Non, il n’y a pas d’alliance parce que ce qui est posé actuellement c’est une lutte autour d’un projet de société. Le projet de société du PCOT va du côté des forces de gauche, des forces démocratiques et progressistes.

D’autre part, cette question d’un accord entre le PCOT et les islamistes est à replacer dans le contexte de la campagne qui se développe aujourd’hui en Tunisie contre les communistes et surtout contre le PCOT : pour faire peur aux gens simples, on leur dit que le PCOT est un parti d’athées… tandis que pour faire peur aux femmes et aux jeunes, on leur dit que le PCOT est allié à Ennahda et avec le mouvement islamiste.

Nous sommes sur le terrain, nous avons tenu jusqu’à présent seize meetings dans toutes les régions en expliquant notre point de vue et dans ces meetings, on voit de plus en plus de femmes, qui, même si elles portent le voile, disent qu’elles sont avec le PCOT et non avec les partis religieux.

Nous considérons que nous sommes sur la bonne voie pour unir le peuple tunisien autour des objectifs centraux de cette révolution : la liberté, la démocratie, l’égalité, la dignité et la justice sociale. Faut-il rappeler une nouvelle fois que le PCOT se bat pour la laïcité en Tunisie, pour la séparation de la religion et de l’État –c’est dans notre programme politique et nous ne voyons pas de contradiction entre être croyant et être laïque.

D’autre part, nous tenons à faire vivre dans les faits une véritable égalité hommes/femmes. Ainsi en est-il, alors que les élections vont avoir lieu, de la question de la parité. Il ne s’agit en vérité que d’une parité au niveau des listes, cela ne veut pas dire qu’il y aura forcément une parité réelle mais plutôt une parité en trompe-l’œil. On risque même de n’avoir que 10% de femmes élues et même moins parce que, avec le mode de scrutin, ce ne seront que les têtes de listes qui vont être retenues. C’est pour cette raison, et pour faire vivre réellement la parité, que le PCOT a décidé, pour les 27 ou 28 circonscriptions prévues, de présenter comme têtes de listes pour moitié des femmes et pour moitié des hommes. De cette manière-là, les femmes auront véritablement la possibilité d’être présentes dans cette Assemblée Constituante.

Pour en venir plus directement à la question de l’islamisme, pour le PCOT, il faut éviter de tomber dans le piège de la réaction, parce que le spectre de l’islamisme continue à être brandi. Sarkozy ou Berlusconi ou la Maison Blanche appuyaient Ben Ali parce qu’ils voyaient en lui un barrage contre l’islamisme. Ben Ali également expliquait aux Tunisiens qu’il les réprimait pour barrer la route à l’islamisme.

A mon avis, il faut faire très attention parce que chaque pays a ses spécificités et qu’en politique, il ne faut pas avoir peur de tel ou tel parti, il faut savoir lutter concrètement au lieu de rester dans les cafés ou les hôtels 4 étoiles. Il faut aller dans les cités populaires à Tunis, dans la Tunisie profonde et discuter avec les femmes, les pauvres et dire ce que nous proposons. C’est ce que fait le PCOT, c’est de cette manière-là qu‘on peut changer la réalité en Tunisie et barrer la route à une nouvelle dictature.

Il ne s’agit pas d’expliquer le monde, il s’agit de le changer en luttant réellement pour transformer le rapport de forces, en allant vers les masses populaires qui vont voter et qui sont capables de faire la révolution.

Hamma Hammami, porte-parole du PCOT (Parti communiste des ouvriers de Tunisie)

Juillet 2011

Source : La revue Différences


[1] Parti islamiste.


Commentaires

Logo de pam
mardi 25 octobre 2011 à 11h31, par  pam

une remarque sur le PCOT. C’est effectivement un parti communiste comme le PCOI (Iran) et d’autres qui n’est pas le parti communiste "historique". Celui-ci a changé de nom comme beaucoup d’autres pour devenir Ettajdid (le renouveau). IL faudrait avoir une vraie connaissance de l’histoire de ces partis pour pouvoir les caractériser politiquement.

Ce qui est sûr, c’est que l’ancien PCT a suivi une ligne de "réforme", abandonnant la référence au marxisme et son nom. Il a eu des positions qu’on va dire "complexes", en tout cas difficiles à comprendre pendant la révolution, acceptant un poste au premier gouvernement de "sauvetage" du système Ben ali, alors que le PCOT était un des acteurs politiques significatifs des luttes ouvrières qui ont précédé la révolution.

Notre invitation au PCOT ne veut pas dire que nous prenons parti dans le débat sur un point de vue communiste en Tunisie. Nous voulons écouter et comprendre...

Logo de Mireille Popelin
mercredi 19 octobre 2011 à 09h07, par  Mireille Popelin

OK pour mon erreur sur le PCOT . Mais il y a un parti ouvrier ( troksiste ) en Algérie, je sais cela ) qui a pactisé avec les islamistes. Je reste dubitative, voire méfiante quant à l’alliance ( même avec des restrictions, pas sur tout ) , avec la partie la plus modérée ( ? ) de cette mouvance . Il y a une énorme différence entre les musulmans qui pratiquent leur religion, acceptent que les non croyants ou autres religions puissent s’exprimer et souhaiteraient la séparation de l’ Etat et de la mosquée, et les islamistes . Ceux qui veulent que la religion gouverne ( en quelque sorte ) . Dans ces islamistes, il y a des courants fondamentalistes ( salafistes ) et des soi-disant modérés. Mais c’est le parti des Frères musulmans , Ennahda qui est en tête dans les sondages, avec 22% des voix . Il y a 105 partis ! le parti qui s’oppose à ce " projet d’Etat islamiste " c’est le parti "démocrate progressiste" d’Ahmed Nejib Chebbi qui a 11% de partisans . Il a été question de constituer un front laïque mais cette tentative a échoué.
Les islamistes qui n’ont été pour rien dans la chute de Ben Ali vont confisquer la révolution ? Habib Bourguiba ’le père de la Tunisie moderne " qui a fait beaucoup pour les droits des femmes doit se retourner dans sa tombe .
Je me souviens des dernières rencontres internationalistes à Vénissieux . Le militant algérien décédé hélas, maintenant , ne s’est pas privé de critiquer le parti communiste français sur sa ligne politique concernant les islamistes en France, de ses compromis , de son aveuglement. Ce qui m’a beaucoup fait rire .Lui, il défendait une ligne claire : pas d’alliance avec ces "assassins" . Lui a bel et bien critiqué la ligne politique de notre direction . D’ailleurs, ne sommes-nous pas, nous , militants du ’ Faire vivre et renforcer le PCF " en rupture avec la ligne politique de notre direction . Vois-tu, Pascal, moi j’ai milité avec toutes les assos , orgas pour défendre la laïcité . En 2005, mon asso l’UFAL a milité de toutes ses forces pour interdire les signes religieux à l’école publique et laïque.Et je suis fière d’avoir gagné cette bataille, alors que les communistes de la direction m’insultent encore !! J’ai écouté ces femmes venant des pays du Maghreb qui nous exhortaient à défendre notre laïcité ! Nous suppliant même . A ce moment-là, il y avait peu de communistes à nos côtés !! Peu voire pas.
Cependant, je vais relire le texte et pour les rencontres, je poserai des questions à notre camarade tunisien. Mais d’ici là, il y a les élections en Tunisie. Et si Ennahda gagne, ce sera une défaite pour tous les progressistes qui seront obligés de "composer" et de céder sur les femmes, la laïcité, l’enseignement etc. Peu ou prou, ils seront obligés de céder ... Ces élections vont nous éclairer et qui sait ? Je pourrais peut-être moduler mon analyse. J’en suis fort capable .
Cordialement , en communiste !
Mireille Popelin

Logo de Pascal Brula
mardi 18 octobre 2011 à 15h18, par  Pascal Brula

Mireille, j’avoue ne pas bien comprendre tes critiques. Tout d’abord, cette intervention n’a pas été écrite en octobre mais au maximum en juillet 2011. D’autre part, je ne vois pas le rapport entre le PCOT en Tunisie et le POI en France qui est d’obédience trotskyste. Enfin, je pense que la ligne à tenir vis-à-vis des camarades d’un autre pays, c’est d’abord d’écouter ce qu’ils ont à nous dire concernant leur propre vécu, leur expérience particulière dans leur pays. Il n’est pas possible de porter un jugement sur une situation dans un autre pays à partir de ce que nous vivons en France. C’est une règle d’or que de respecter et d’écouter ce que ces camarades nous expliquent sans s’immiscer dans leur propre positionnement national. C’est dans cet esprit que nous publions cette intervention qui est à voir et à lire, parce que l’avis des communistes tunisiens sur la question intéresse les communistes français, sans forcément que nous ayons à l’adopter comme ligne de conduite.

D’autre part, il me semble que tes propos ne correspondent pas au texte publié. En effet, il est écrit que sur le fond, les communistes sont en totale opposition avec les islamistes. Les accords qui ont eu lieu, l’ont été dans le cadre de la lutte contre la dictature. Il est dit clairement « qu’une société où il y a la liberté –même si cela profite dans un premier temps à l’islamisme ou à d’autres forces– est meilleure qu’une dictature, meilleure pour le peuple tunisien, en tout cas meilleure qu’un régime dictatorial où il n’y a pas de liberté, ni pour le peuple ni pour les forces démocratiques au nom de la lutte contre l’islamisme ». C’est une position nettement communiste que de hiérarchiser les problèmes, c’est-à-dire d’abord vouloir régler le sort de la dictature qui empêchait toute expression communiste et qui prétendait exister au nom de la lutte contre l’islamisme. Il me semble très sain de vouloir se mettre d’accord « pour faire un travail commun et lutter pour la liberté d’expression, la liberté d’organisation et pour l’amnistie générale. Cela concernait toute la société tunisienne, toutes les forces politiques et ensemble nous avons mené des luttes autour de ces trois mots d’ordre ».

De plus, le fait de mettre autour d’une table différents partis, dont les islamistes (Ennahda), pour lutter contre la dictature, a permis d’aboutir à des résultats non négligeables comme par exemple la reconnaissance des « acquis des femmes tunisiennes, tous les partis même les islamistes s’engageant à ne pas toucher au code du statut personnel et même à développer de nouveaux acquis pour les femmes tunisiennes » ou comme le fait « que le régime démocratique que nous revendiquons ne peut être qu’un régime civil basé sur le respect des valeurs républicaines et des droits humains ».

Enfin, il est clairement énoncé que pour « une éventuelle alliance entre le PCOT et Ennahda, la réponse est négative » et que « le PCOT se bat pour la laïcité en Tunisie, pour la séparation de la religion et de l’État ». D’ailleurs, peut-on faire une confusion entre Ennhada et les troubles fomentés par les intégristes en Tunisie ? Je t’avoue ne pas être suffisamment informé pour le faire.

Amitiés

Logo de Mireille Popelin
lundi 17 octobre 2011 à 12h43, par  Mireille Popelin

Désolée, mais l’alliance avec les islamistes en Tunisie ou ailleurs, ça ne passe pas ! Cet article écrit le 10 octobre 2011 ne fait aucune allusion aux attaques des salafistes contre la révolution, contre les femmes etc. L’Humanité, mon journal communiste relate ( ça n’a pas toujours été le cas, sa position est claire, contre les islamistes ) les attaques contre la chaîne Nessma " . Cette menace "fait craindre le pire" titre le journal . Nous avons vu la manifestation violente de ces barbus, criant leur haine contre la démocratie, car pour eux, c’est le diable, le Coran est la seule solution et la charia la loi !
Ayant lutté avec les femmes démocrates du Maghreb pour les droits des femmes en France, pour défendre la laïcité, nous, femmes de France, féministes et laïques n’accordons aucune confiance aux islamistes ! Ni aux extrémistes de toutes religions d’ailleurs.
Le POI existe aussi en France, et je connais sa politique d’alliance, ici aussi . Mais moi je suis une femme, je n’accepterai jamais de militer dans un parti qui s’allie avec mes ennemis, des fascistes religieux.
Le discours de Marine Le Pen est séduisant pour les milieux populaires ( qui ont perdu le PCF et sa structuration par l’éducation populaire ) . Pourrions-nous nous allier avec Le Pen parce que ce parti s’oppose à Sarkozy ?

Ces islamistes divisent le monde ouvrier, en créant des syndicats musulmans, qui ne sont pas sur une lutte de classe mais ne cherchent qu’à obtenir des aménagements pour leur religion. Nous avons les mêmes islamistes
dans nos quartiers merci ! Ce sont des fascistes et les progressistes n’ont rien à gagner à une alliance avec eux , pour abattre la dictature, les ennemis de nos ennemis ne sont pas forcément nos amis.C’est avec une alliance avec le pire que le grand mufti de Jérusalem s’est allié avec Hitler ! Pour lutter contre l’occupant anglais.
D’autant que les islamistes ( "modérés" ( soi-disant ) ou extrémistes , salafistes etc. sont anticommunistes !
Le PCF a été embarrassé pour l’Iran ( je me souviens j’étais déjà au parti ) Il fallait combattre le Chah , mais fallait-il soutenir les islamistes ? Résultat : les Iraniens ont fait tomber une dictature militaire, économique mais ils ont eu une dictature religieuse d’une violence pire à mon avis ( surtout pour les femmes )
En Tunisie, les intellectuels sont agressés , menacés de mort, le climat se détériore et la révolution est en danger.
Ils ont voulu chasser le maître mais ils sont menacés par Allah ... La salle où
devait passer le film " Ni Allah ni maïtre " a été saccagée. Et le patron de la salle a fait des excuses !
Non, mille fois non, pas d’alliance entre les partis communistes et les islamistes !
Mireille Popelin
communiste et féministe

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