A propos de la crise et de l’Euro

samedi 10 décembre 2011
par  Robert Brun
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Une intéressante demi journée "étude" s’est tenue à la section du PCF de Romans le 3 décembre dernier.

Elle a permis de mettre en perspective les différentes étapes qui ont conduit à la situation actuelle : recours massif au crédit dès la fin des années 70 ; loi de 1973 qui interdit l’accès direct de l’État à la banque de France ; Traité de Maastricht ; pacte de stabilité d’Amsterdam etc.

Toutes ces réformes ont fait passer la dette de la France de 44 milliards en 1978 à 1500 milliards en 2010. L’état devient la locomotive des marchés financiers.

Causes et conséquences ont aussi été abordées, ainsi que des réflexions pour sortir de cette situation. C’est sur deux d’entre elles, sortir de la crise et l’euro que je propose de poursuivre la réflexion.

Pour sortir de la crise le Parti et son secteur économique proposent des mesures, notamment : permettre à la Banque Centrale Européenne de prêter directement aux états à des taux bas, voire nuls ; la mise en place d’un pôle publique bancaire alimenté par des fonds récupérés sur les dégrèvements de cotisations sociales patronales, pour financer l’investissement, l’emploi et la formation, en particulier dans les PME-PMI ; des droits nouveaux pour les salariés et une bataille idéologique active.

Manque à ces propositions à mon avis, la possibilité pour chaque pays Européen de pouvoir mettre en œuvre ses propres choix en fonction de ses propres intérêts.

Autrement dit, pourquoi faut-il que ce soit la banque centrale européenne et non la banque nationale qui prête à l’état pour financer une politique qu’il peut décider sous le seul contrôle de son peuple ?

D’autre part, tous les pays développés ont approuvé le consensus de Washington, c’est à dire la mise en œuvre du néo libéralisme dans leur pays comme sur toute la planète. A part chaque peuple, qui peut mettre en échec cette stratégie ?

Et cela n’est pas exclusif des coopérations en Europe et dans le Monde. Personne ne conteste les réalisations de l’accélérateur de particules à Genève, de la fusée Ariane ou de l’Airbus qui sont des coopérations engagées avant le traité de Maastricht par des pays libres de s’y engager ou pas.

Enfin depuis 30 ans nous dénonçons la crise, les crises et nous nous évertuons à trouver des solutions pour en sortir, mais ces crises récurrentes sont les conséquences des politiques qui ont été mises en œuvres depuis le début des années 1970. Demain ce sera la crise de l’alimentation, la crise de l’eau, la crise de l’énergie etc.

Peut-on sortir des crises sans sortir du capitalisme ? N’est il pas temps de poser l’issue des crises de cette manière ?

Changer la logique du système, c’est changer le système. Cela suppose un niveau élevé du rapport des forces idéologiques, politique et sociale.

La monnaie unique est elle devenue indépassable ? C’est pour l’instant l’opinion du parti, discutons !

L’euro est une des monnaies importantes de la planète, mais elle est celle qui est dans l’œil du cyclone de la crise, pourquoi ?

Parce qu’il est une monnaie unique qui contraint les pays membres à une concurrence sans protection, ce qui entraine un dumping social et des délocalisations sans limite. Cela affaiblit le marché intérieur et les capacités productives de chaque pays.

Parce qu’il interdit aux pays membres de se financer auprès de leur banque centrale, ce qui les laisse désarmés devant les marchés financiers et la spéculation. La Grande Bretagne ou le Japon ont aussi une dette élevée, mais ils peuvent créer de la monnaie, ils ont les moyens de négocier avec les marchés financiers et d’obtenir des taux d’intérêts de 1 à 2%.

Parce que les ressources et le niveau de développement de chaque pays membre sont différents et supposent des politiques monétaires adaptées à chaque situation.

Parce que l’euro est une monnaie de domination de l’Allemagne sur les autres pays de la zone euro, un Mark avec un autre nom.

Germanophobie ? Certainement pas, il s’agit de faits. Jamais l’économie Allemande n’a autant dominé les pays membres de la zone euro que depuis la création de l’euro.

L’Allemagne a aussi un marché intérieur atone, mais elle tient grâce à la pénétration des marchés des autres pays de la zone, de plus elle utilise largement la main-d’œuvre des pays de l’Europe de l’Est et dans la division Européenne du travail, elle a des productions à haute valeur ajoutée qui lui assure une balance des paiements excédentaires.

La sortie de l’euro comme monnaie unique est elle possible ?

Certains économistes pensent que non, ils pronostiquent une dévaluation de 25%, avec une dette contractée en euro, donc à rembourser en euros ce qui alourdirait sensiblement le poids de la dette.

D’autres économistes pensent que c’est possible à condition de contrôler les capitaux, de modifier les règles jurisprudentielles, de contrôler les marges et les circuits financiers, alors que conserver une monnaie unique se traduirait par un surcroit d’austérité, une faible croissance et la poursuite de la désindustrialisation.

Notons que les pays Latino-Américains de l’Alba ont crée une monnaie commune, pas une monnaie unique.

Quoi qu’il en soit, rester dans un système de domination ne peut pas être une perspective et si nous avons le rapport des forces pour imposer un autre fonctionnement de l’euro et de la banque centrale Européenne pourquoi ne pas mettre le système à l’endroit en permettant à chaque pays d’avoir les moyens de sa politique, ce qui n’interdit pas au contraire toutes les coopérations utiles.


Commentaires

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dimanche 11 décembre 2011 à 18h42, par  Paul Barbazange

Faire péter l’Europe capitaliste !

Je viens de lire avec grand plaisir l’article de Robert Brun. Vrai effort d’expression simple et convaincant sur une réalité politique complexe, difficile à décortiquer car au coeur de l’affrontement idéologique.
Il n’a jamais été simple de parler en communiste de monnaie, finances, banques... choix politiques et actions dans ces domaines.
Cet article m’aide. Il nous aidera. Je souhaite y apporter complément au travers de la réflexion et de l’action de ma section.

Depuis le non au référendum nous avons choisi d’agir sous le mot d’ordre :"Faire péter l’Europe capitaliste".

Pourquoi ? Parce qu’il est impératif dans l’action politique de dessiner par un mot d’ordre facile à reprendre l’objectif politique proposé.

De faire simple, sans être simpliste. Populaire sans populisme !

A l’expérience, modeste pour le moment , mais réelle, ce mot d’ordre fonctionne.
Il interroge, il mobilise.
Un par son fond : Europe capitaliste, faire péter

Deux : par sa forme : faire péter... des camarades l’ont fraternellement qualifié de "Corse..." C’est leur choix, après tout la population corse a sû à un moment critique de l’histoire, en 1943, faire preuve de l’utilité de la lutte armée.
En fait il nous semble bien souligner l’essentiel
L’Europe politique capitaliste, parce que capitaliste depuis sa mise en place en 1956 est organisée contre les exploités, contre les peuples, contre les nations, toutes les nations. Elle s’est peu à peu structurée, institutionalisée. Y compris sous la forme de la construction de partis politiques européens socio- démocrates ou de droite créés pour cela.
Qu’est le PGE dans ce cadre ? La question peut être poseée. Parce qu’elle est utile.
"Faire péter" La forme dit bien le fond. Nous ne nous heurtons pas à une situation dans laquelle continuité électorale ou idéologique seraient acceptables, c’est bien de ruptures qu’il est question.

Quand au niveau où se réaliseront ces ruptures, nationaux, européens... Comme je suis convaincu que c’est lorsqu’une idée s’empare des masses qu’elle devient une force, je réponds qu’à mon sens rien ne viendra de l’Europe entitée géographique, politique,idéologique, encore moins de la mise en cause hypothétique de l’une de ses institutions. Les ruptures se construiront là où agissent les peuples, au plus près des masses dans l’action. Donc sur les lieux de production, d’échange, de formation et de services, en un mot dans les entreprises.
Beaucoup sont aujourd’hui des "transnationales" aux structures tentaculaires, aux contours difficiles à saisir nous le savons ; C’est quand même dans la réalité la plus proche des travailleurs que nous avons une chance de les battre.
Où , quand et comment ? Nul état major ne peux prétendre prévoir.
Pour nous c’est en France que tout se jouera, pour d’autres au Portugal ou en Grèce... Pourquoi pas demain en Allemagne...? Les acquis des luttes pour le socialisme dans ce pays, RDA comprise, sont toujours là , à nous communistes internationalistes de les fructifier face aux pratiques de collaboration.
Face au capitalisme centralisé et autoritaire d’aujourd’hui et de demain soyons les militants de la proximité.
Le cadre national n’a rien perdu de sa pertinence.

Rien ne se décidera d’abord au siège ou même autour du siège de la BCE.
Nous aurons trannsformé la Banque de France avant, juste avant peut être, mais avant ! A raisonner autrement nous déléguerions à nouveau à d’autres la responsabilité du devenir de notre peuple. Nous savons d’expérience où cela peut mener.
Nous le savons tous
Débattons et agissons.
Paul Barbazange Béziers. Le 11 12 2012.

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