Ratage – Anti-terrorisme : l’échec cuisant des Etats-Unis au Mali

14 janvier 2013

L’opération militaire française lancée vendredi 11 janvier au Mali est suivie de très près par les États-Unis. Sans participer directement, les forces américaines offrent une aide « en termes de renseignement et en termes de soutien, de logistique et de ravitaillement en vol ». Une aide qui pourrait s’avérer précieuse, car les États-Unis connaissent bien la région. Depuis plusieurs années, comme le rapporte le New York Times, Washington a financé et formé l’armée malienne, considérée jusqu’ici comme la plus à même d’offrir une résistance solide à la menace islamiste. « Le programme anti-terroriste le plus ambitieux jamais mené dans la région », avance le journal, qui s’est soldé par un échec total.

Non seulement les autorités maliennes ont perdu le contrôle du nord de leur territoire au profit des groupes islamistes, mais les unités entraînées par les Américains ont été les premières à faire défection, « passant à l’ennemi avec leurs troupes, leurs armes et les fruits de leur entraînement à un moment crucial », selon un responsable militaire malien cité anonymement.

« Effondrement »

Selon les calculs du NYT, le Pentagone a dépensé « entre 520 et 600 millions de dollars depuis 4 ans », aidant les gouvernements d’une région allant du Maroc au Nigeria. Mais c’est au Mali où les Américains ont concentré le plus de ressources. En vain. D’un côté, le capitaine Amadou Haya Sanogo, qui a bénéficié de l’entraînement américain, renverse le président Amadou Toumani Touré sans que les États-Unis aient vu venir le coup.

De l’autre, c’est l’afflux de combattants islamistes dans le nord du pays en provenance de Libye qui accélère les choses. Revenus armés et aguerris après la révolution libyenne, les islamistes s’allient temporairement aux Touaregs du nord pour mettre en déroute l’armée malienne. « Les mêmes unités entraînées par les Américains, vues comme le meilleur espoir pour repousser une telle offensive, se sont révélées l’élément central de leur défaite », souligne l’article, notant que la plupart de ces unités étaient commandées par des Touaregs.

De nombreux responsables interrogés par le NYT regrettent que les États-Unis se soient tant reposés sur des éléments touareg alors que ce peuple se bat depuis plusieurs décennies contre la domination du gouvernement de Bamako. « Le quasi-effondrement de l’armée malienne, et notamment des unités entraînées par les États-Unis, suivi d’un coup d’État mené par un officier entraîné par les Américains, a stupéfié et embarrassé les leaders militaires américains », constate enfin le journal. Mis à mal par cet échec, le Pentagone se tient en retrait de l’opération « Serval ».

Lu sur le blog de Danielle Bleitrach

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