Les nouveaux philosophes apprennent le langage de la rue

, par  Gilbert Remond , popularité : 3%
JPEG - 734.3 ko

Il y avait trop longtemps que les clercs du pouvoir ne faisaient plus parler d’eux. Ils étaient éclipsé par la dignité des luttes, ce qui devenait à la longue insupportable à tout ce petit monde de parasites. Il fallait donc qu’ils se réintroduisent pour justifier leur statut de figures intellectuelles officielles. Voila qui est fait. Ils sont partis à la chasse aux coups médiatiques et en reviennent la besace pleine. Nous aurons même droit à deux prises pour le prix d’une, puisque l’inénarrable Caroline par l’odeur alléchée, en profite pour fourrer son nez de fouineuse antipopuliste dans cette "Nuit debout" où elle n’avait elle non plus guère de place. Je n’ai pas une attirance particulière pour Marianne, mais le reportage que donne le journal montre deux vidéos, une de l’expulsion du philosophe misanthrope et l’autre de "son ressenti de l’évènement" donné en direct au représentant d’un courant très douteux qui se nomme cercle des volontaire français (ce courant recrute dans les milieux d’extrême droite pour le Donbass).

Que nous dit Finkielkraut ? Qu’il passait pour écouter par lui-même ce qui se disait sur la place. De qui se moque-t-il ? D’autant que cette initiative repoussée lui donne l’occasion de lancer toute une diatribe contre l’occupation de la place par un courant sectaire qui refuse le débat et privatise un lieu publique ! Tiens il me semble avoir entendu quelque chose de très approchant dans la bouche du responsable local du FN ! Non cette initiative ressemble fort à une provocation. Nous verrons bien les développements qu’elle prendra par la suite. Je vous mets le lien pour que vous vous en rendiez compte par vous même. Je profite de l’occasion pour vous signaler la présence quelques heures plutôt de Varoufakis, lui aussi venu faire son petit tour.

Décidément, la sphère médiatique ne perd pas de temps. Par un savant mélange des genres, elle croise les grandes questions du moment avec un art calculé du risque de confusion. Ainsi vendredi soir, "Ce soir ou jamais" nous invitait à une passe d’arme Badiou, Varoufaquis (encore lui), pour mettre en évidence les thèses de ce dernier sur la nécessite de garder le cadre européen et de trouver un compromis du genre de celui qu’avait trouvé Roosevelt (tient un américain) pour éviter le désastre, puis samedi soir, Ruquié reproduisait le même dosage hybride en invitant Gattaz et Ruffin. Des faces à faces aux petit oignons qui permettent d’euphémiser les contradictions en développement et de faire du consensus par ébrasement des positions représentées ; d’ailleurs Ruquier conduit bien son émission. Il intervient comme un juge de paix sur le débat. Dès lors ou Gattaz pourrait être en difficulté, il coupe son contradicteur, limite les démonstrations. Ruffin est finalement canalisé.

Gattaz en grand manipulateur de talent qu’il est, trouve même le moyen de complimenter le film et son auteur, car voyez-vous, Gattaz est un homme de cœur qui est sensible au désarroi des autres et sait s’indigner à leur spectacle. J’ai trouvé qu’il labourait bien son terrain, faisant en direct une démonstration claire qu’il faut refuser justement de se retrouver sur son terrain. Ruffin a bien essayé de dire qu’il s’agissait de système et non de personnes, ce positionnement s’avère tout simplement impossible sur les médias du système. La télévision publique est d’abord et avant tout une arme de combat aux mains du pouvoir et des patrons. Il faudrait que nous revenions à nos schémas classiques des structures et infrastructures. La guerre idéologique est plus que jamais dans les attributions des appareils idéologiques d’état. Sortons de leur terrain, les "Nuits debout" ne s’apparentent pas à celle que Jean Fréville voyait finir à Tours. Bien au contraire, sous peine de la voir tomber de nouveau pour longtemps, il nous faut revenir à ce moment fondateur afin d’en éviter tout retour. C’est à ce moment fondateur que notre texte "Unir les communiste, le défi renouvelé du parti communiste" nous convie afin de le faire vivre et de le renforcer.

Enfin si la répression apporte chaque jour son lot de mauvais coups, elle est principalement dirigée contre la jeunesse, comme le montre les évènements qui se sont déroulés à Vaulx-en-Velin et devant de nombreux établissements scolaires, mais elle se fait particulièrement sentir à Mayotte où le pouvoir envoie ses blindés comme au bon vieux temps de ses interventions coloniales, sans qu’aucun de nos nouveaux constituant ne s’en émeuve. Je pense qu’il serait temps de se secouer et de lancer la riposte, d’exprimer notre solidarité en exigeant que cessent les violences comme vient de le faire l’UEC de Renne dont je reproduit le courrier ci-dessous.

Fraternellement

Gilbert Remond


Finkielkraut se fait tej de la nuit debout

« J’ai été expulsé d’une place où doivent régner la démocratie et le pluralisme, donc cette démocratie c’est du bobard, ce pluralisme c’est un mensonge. D’autant que je ne venais que pour écouter, je ne venais même pas pour intervenir et pour faire valoir mes idées, mais on a voulu purifier la place de la République de ma présence et donc j’ai subi cette purification, avec mon épouse », poursuit-il.

Et sa femme d’ajouter : «  Il faut dire que s’il n’y avait pas de service d’ordre, tu te faisais lyncher ».

Rappelons que cet individu réclamait pour les employeurs le pouvoir de licencier sans entraves

Également dans l’émission Répliques du 24 janvier 2015 "Le nazisme : crime et philosophie" :

Johann Chapoutot (*) :

« Les Nazis considèrent que tout l’héritage juridique n’est pas une protection et une garantie pour les faibles, et pour tous au fond, mais est une entrave qu’il faut lever et de ce point de vue-là, il y a quelques correspondances avec certaines conceptions actuelles du droit et de la norme comme entraves, comme obstacles qu’il faut lever pour laisser s’épanouir les forces vives. Là... »
...
« C’est-à-dire que certaines conceptions économiques ultra-libérales qui considèrent que le droit est une entrave, le code du travail est trop épais par exemple, il faut lever ces obstacles pour permettre le libre développement... »

Alain Finkielkraut :

« ...un peu... euh un parallèle un peu... si vous voulez difficile à soutenir. Après tout, on peut se demander si le code du travail favorise ceux qu’il prétend défendre car beaucoup d’entrepreneurs, patrons, etc. n’embauchent pas aujourd’hui, car ils ne peuvent pas ; si vous voulez licencier, ou s’ils licencient, leur salarié va aux prud’hommes, d’où l’idée qu’un peu plus de fluidité sur le marché du travail serait bénéfique pour tout le monde. Difficile, tout à fait, de faire le parallèle avec cette entrave à la force de l’instinct, brutale, et qui veut se répandre dans le monde aux dépens de l’existence physique des autres. »

Mais après Sarkozy c’est à son tour d’étaler sa culture : « "gnagnagna", pauvre conne »

Julien


Communiqué UEC : Répression du mouvement contre la “loi travail” à Rennes 2

Après plusieurs semaines de mobilisation, réprimée à de nombreuses reprises par d’inacceptables violences policières, l’Union des Étudiants Communistes de Rennes condamne avec vigueur l’évacuation par les forces de police de l’amphithéâtre de Rennes 2 occupé par les étudiant-e-s grévistes.

Il est parfaitement intolérable que la BAC, accompagnée des CRS et de la Gendarmerie viennent ainsi, dans l’enceinte même de l’université, confisquer l’ensemble du matériel militant (banderoles, matériel médical, tracts…) dans le but de mettre un coup d’arrêt à la mobilisation étudiante. Cet acte de violation à la fois de l’enceinte de l’Université, mais également de nos droits est inqualifiable. Les relevés d’identités, interpellations, des militant-e-s sur place le sont tout autant.

L’occupation de l’amphithéâtre était pacifique, la violence de l’intervention de la police était, comme toutes les actions policières des semaines précédentes, totalement abusive. L’UEC condamne l’action du préfet, seul responsable en tant que représentant de l’État, des violences et des abus commis par les forces de répressions, et se joint à l’Assemblée Générale de Rennes 2 en exigeant sa démission.

Les murs qui viennent d’être bâtis entre les étudiant-e-s et leur lieu de lutte sont une insulte à leurs droits et libertés. L’université est, et restera malgré les tentatives de musellement que nous venons de connaître, un lieu d’expression politique.

Brèves Toutes les brèves

Navigation

Annonces

  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
    ... lire la suite

  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).