Quelques thèses sur la séquence électorale de 2012

, par  Le Fraternel , popularité : 1%

Quelques thèses en vrac au lendemain du 2e tour :

- 0. L’abstention est un mal qui ronge la politique, c’est-à-dire la place accordée au peuple dans les choix faits en son nom. Que le peuple participe si peu au choix de son avenir révèle des fractures énormes dans la société française, qui devraient inciter le PS à plus de modestie dans sa victoire, et la représentation nationale à s’interroger sur sa légitimité face au pouvoir exécutif.

- 1. L’invocation des causes externes pour expliquer notre échec aux législatives est insuffisant. Les obstacles mentionnés (médias, mode de scrutin, volonté hégémonique du PS, inversion du calendrier, etc.) sont véritables, mais pas plus qu’en 2007 et 2002. Il faut donc chercher ailleurs les causes de la perte de la moitié de nos élus, en l’occurrence les causes internes qui, mettant en question la ligne du Front de gauche et du PCF, ne seront vraisemblablement pas mis en avant par nos directions.

- 2. Il est indispensable de sortir du déni de la réalité dans lequel se complaisent la direction du Fdg et du PCF depuis des années, symptôme de gauchisme aggravé :

a. Ce n’est pas la gauche antilibérale qui était majoritaire au référendum de 2005 ;

b. Dès lors, aucun des candidats antilibéraux de 2007 ne pouvait prétendre devenir président de la république (que n’ai-je entendu nos dirigeants dire très sérieusement que Marie-George Buffet serait la dernière présidente de la Ve république !).

c. Contrairement à ce que son entourage espérant ou proclamait, Mélenchon ne pouvait pas non plus être élu président de la république.

d. Mélenchon et la direction du PCF refont l’élection législative avec des "si" : si le mode de scrutin était autre, si le PS n’était pas hégémonique... transformant virtuellement la dure réalité en un monde merveilleux, qui n’existe pas, dans lequel le Front de gauche est quasiment majoritaire.

- 3. Si la campagne présidentielle de Mélenchon a été bonne sur de nombreux points, rétrospectivement, les législatives permettant de mieux la comprendre, les 11% obtenus ne sont en fait que le résultats du siphonage de l’électorat d’extrême-gauche, sur la base d’un discours gauchiste et hystérique ne permettant pas son élargissement à d’autres composantes.

- 4. La stratégie adoptée à l’égard du FN a été la pire qui soit, et aucun des objectifs formulés sur ce terrain n’a été atteint. Il faut de toute urgence sortir de cet antifascisme donneur de leçons pour reconquérir avec humilité ces électeurs des classes populaires qui votent pour l’extrême-droite.

- 5. Le rapport à la gauche de pouvoir a été complètement mal géré. Si la campagne présidentielle nous a donné quelques espoirs, c’est en réalité la ligne adoptée depuis plus de dix ans, privilégiant la gauche en général à la construction d’un projet politique propre, qui nous a mis dans cette impasse (au sens propre : on a avancé dans une direction au bout de laquelle on se trouve bloqué, car elle ne débouche sur rien).

- 6. L’argument fondamental de la direction du PCF consistant à promouvoir la candidature de Mélenchon à la présidentielle pour mieux réussir aux législatives où nous avions la grande majorité des candidats se révèle être une arnaque complète. Pire : il a probablement été un obstacle à un bon résultat.

- 7. Rétrospectivement, pour toutes ces raisons, il est clair que le choix d’André Chassaigne ou, comme je le suggérais en 2007, d’Alain Bocquet, qui ont tous deux gagné face au PS, à l’UMP et au FN, auraient été bien plus pertinents pour conduire notre campagne électorale.

- 8. La ligne idéologique du PCF est à revoir, en sortant de la posture libertaire-gauchiste-sociétale-européiste. Il doit bâtir son projet politique propre, dont le Front de gauche n’est pas l’aboutissement, mais seulement un moyen parmi d’autres d’y parvenir.

- 9. La stratégie du PCF est à revoir, et si le Front de gauche persiste, il faut le sortir de l’ornière gauchiste dans laquelle il se trouve. Mais pour ça, il faut que les communistes et le PCF ne contentent pas d’être les gentils organisateurs d’assemblées citoyennes au cours desquelles seuls les membres du PG et des groupuscules mélenchoniens prennent la parole pour demander la sortie du nucléaire ou la légalisation de tous les sans-papiers ou une Europe encore plus fédérale.

Jonathan

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