Elections russes

Préparons-nous pour de nouvelles batailles Rapport de G.A. Ziouganov

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Après les toutes récentes élections en Russie, le Président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, G.А. Ziouganov, rend compte au Plénum de mars 2018 du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie (Service de presse du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie).

Chers camarades,

Nous venons de vivre une campagne politique complexe et très responsable. Les élections du chef de l’Etat ont eu lieu en Russie. Dans cette campagne, nous avons déclaré avec assurance : le pays a besoin d’un programme de développement, d’un programme de progrès économique, d’une nouvelle industrialisation et de l’instauration de la justice sociale. Sans la mise en œuvre de cette stratégie, la Russie ne peut éviter un effondrement mettant en danger sa souveraineté. Chacune de nos étapes dans cette élection a été subordonnée à l’objectif de sortir pacifiquement et démocratiquement le pays de la crise, de l’impasse où il était conduit par le régime oligarchique.

En décembre de l’année dernière, lors du XVIIème Congrès du Parti, nous avons nommé l’un des dirigeants d’entreprise les plus talentueux et les plus prospères de Russie – Pavel Nikolayevitch Groudinine – comme candidat à la présidence. Seul notre candidat s’est présenté aux élections présidentielles avec un plan clair et bien fondé pour résoudre les tâches les plus difficiles auxquelles la Patrie est confrontée. Le programme anti-crise du Parti communiste a formé la base du programme « 20 étapes de Pavel Groudinine ».

Nos propositions pré-électorales, l’activité de toutes les structures et le candidat lui-même, une large union du Parti communiste avec les forces populaires, de gauche et patriotiques ont assuré un soutien massif des citoyens. Et notre candidat, contre vents et marées, a acquis la stature d’un grand homme politique.

Vladimir Ilitch Lénine a enseigné que le parti doit analyser de manière exhaustive à la fois ses succès et ses erreurs. Pour avancer avec confiance, nous devons évaluer objectivement ce que nous avons mené avec succès lors de cette dernière campagne électorale, et quelles ont été nos lacunes.

Des élections sur fond de crise

La campagne électorale s’est déroulée dans le contexte d’une crise croissante de l’économie et de la sphère sociale. Les élections ont été accompagnées d’un effondrement de l’industrie nationale. Elles ont été précédées par une période prolongée de baisse des revenus des citoyens et une augmentation des inégalités sociales. Pratiquement tout témoigne du fait que le modèle de capitalisme sauvage imposé au pays engendre la dégradation et la déchéance, démontre sa banqueroute complète.

La détérioration de la situation se produit dans le contexte d’une exacerbation sans précédent de la situation de la politique étrangère depuis la guerre froide. Les Etats-Unis ont directement déclaré la Russie comme étant leur adversaire géopolitique et militaire, avec qui il est nécessaire de se battre avec tous les moyens disponibles. Les Américains l’ont déclaré ouvertement dans la doctrine de la sécurité nationale.

L’Occident crée constamment de nouvelles provocations destinées à discréditer la Russie et à justifier des attaques agressives contre elle. En fait, des mesures sont prises pour former la prochaine Entente pour lutter contre notre pays. Il devient de plus en plus clair que nous est déclarée une guerre d’anéantissement.

La Fédération de Russie a réagi en améliorant le complexe militaro-industriel et en renforçant son bouclier nucléaire. Soutenant cette étape, nous insistons sur le fait que pour une sécurité fiable, l’arsenal nucléaire à lui seul est catégoriquement insuffisant.

Les adversaires de la Russie se comportent de manière de plus en plus débridée. Ils comprennent comment notre économie est affaiblie et vulnérable, minée par des « réformes » libérales. L’oligarchie avide mine le pays de l’intérieur, renforce sa scission. Plus longtemps le système actuel odieux se maintiendra, plus la Russie sera vulnérable face aux adversaires extérieurs. Ils s’attendent à ce que, avec la crise croissante dans l’industrie, la science et la gouvernance, nous ne serons pas en mesure de renforcer nos défenses et de maintenir la stabilité interne.

Le taux de déclin de la production industrielle au cours de la dernière année a montré un record dans cette décennie. Presque tous les secteurs de l’économie continuent de se détériorer. Les investissements dans ceux-ci diminuent constamment. Dans le développement innovant de l’industrie, la Russie est 4-5 fois plus bas que les principaux pays industriels. La faible croissance du PIB russe est invisible au microscope, et si l’on ne prend pas en compte le secteur des matières premières, il baisse.

Contrairement aux promesses des autorités, l’économie russe ne s’est pas libérée de sa dépendance aux matières premières. Au contraire, elle devient de plus en plus « accro » aux hydrocarbures. Le cours actuel condamne le pays au rôle d’appendice d’États hautement développés. Même dans le secteur des matières premières, la détérioration de la capacité de production a atteint 55%. Les experts préviennent que si la situation ne change pas, dans 10-15 ans, le pays ne sera pas en mesure de produire de « l’or noir » dans les volumes nécessaires à l’exportation. Et si les autres branches restent en ruines, il n’y aura rien pour reconstituer le budget et les réserves d’or et de devises étrangères.

Déjà dans le budget actuel pour la prochaine période de trois ans, les libéraux du gouvernement ont prévu une réduction substantielle des dépenses sur pratiquement tous les éléments économiques et sociaux. Ils contraignent l’industrie et la médecine, et l’éducation, et la science à se serrer la ceinture. Ils les privent de leurs dernières ressources qui leur permettraient de se développer véritablement.

Au cours des quatre dernières années, les revenus réels des Russes ont diminué d’au moins 13%. Il y a plus de 20 millions de miséreux dans le pays. Une personne sur quatre est incapable de payer pour le logement et les services communaux à temps. Selon les recherches, au cours des 2-3 dernières années, 37% des Russes n’avaient pas les ressources pour s’adapter à la crise. En conséquence, ils ont commencé à emprunter de plus en plus. À l’automne 2017, la part de ceux qui empruntaient à des parents et amis est passée de 40 à 60% et celle de ceux qui achètent à crédit de 12 à 22%. Pour survivre, les gens tombent dans le servage de crédit. Le volume de prêts bancaires à la population a atteint 12 milliards de roubles. La dette des citoyens sur les prêts en roubles est à un sommet historique.

À l’époque, Mahatma Gandhi a posé cette question : « Quelle est la différence pour les morts, les orphelins et les sans-abri, au nom de quoi subissent-ils la tyrannie et la destruction – au nom du totalitarisme ou au nom sacré du libéralisme et de la démocratie ». Donc en Russie, le principe constitutionnel d’un état social est ouvertement bafoué.

Dans le contexte de l’appauvrissement des masses, les milliardaires en dollars et les millionnaires continuent de s’enrichir. Par le taux de croissance de leurs capitaux, la Russie a pris la tête dans le monde. La crise ne fait que contribuer à l’enrichissement des nouveaux riches. Leur fortune personnelle est égale à trois budgets annuels de la Russie. Le développement du pays, c’est le cadet des soucis de ces messieurs. Au cours des dernières années, ils ont apporté plus de 60 milliards de roubles aux banques étrangères et offshore. Alors que la campagne présidentielle était en cours, près de 10 milliards de dollars étaient encore versés hors du pays. C’est plus de deux fois plus qu’au début de l’année dernière. Dans le même temps, les autorités continuent à assurer que la Russie « se relève ». Cependant, la part des capitaux étrangers dans les secteurs les plus importants de notre économie se situe déjà entre 45% et 95%.

Quelques jours après les élections, des événements tragiques se sont déroulés qui ont pleinement exposé la nature laide et destructrice du capitalisme imposé à notre pays. Des dizaines de personnes sont mortes lors d’un terrible incendie dans le centre commercial de Kemerovo « Winter Cherry ». Et à Volokolamsk, près de Moscou, plus de cinquante enfants ont été empoisonnés par les émissions de gaz d’une gigantesque décharge privée. Voici les conséquences pour la société d’un système basé sur la déification des profits et encourageant ceux qui sont prêts à mettre en péril la santé et même la vie des citoyens pour le profit. Un tel système devient mortel pour la société. Ces tragédies confirment l’importance de notre lutte, notre volonté de changer de cap, de construire un socialisme renouvelé. Une société de la dignité et de l’optimisme social.

Une autre voie existe

Camarades !

En allant aux urnes, le Parti communiste et notre candidat à la présidentielle Groudinine, ont étudié tous les problèmes criants qui menacent le pays d’une catastrophe. Nous avons clairement indiqué comment y résister en mettant en œuvre notre programme.

Nous avons justifié la nécessité de nationaliser les sphères les plus importantes de l’économie. Cela permettra d’ôter les leviers de commande à l’oligarchie compradore, pour former un budget à part entière, de remettre sous contrôle de la société les bénéfices énormes des sociétés, les diriger vers l’industrie et l’agriculture, l’industrie de la défense et la médecine, l’éducation et la science, mener à bien une nouvelle industrialisation. Nous avons proposé des mesures efficaces pour lutter contre la pauvreté et garantir les droits sociaux des travailleurs, des retraités et des jeunes familles. Nous avons montré comment résister à l’effondrement technologique et à la croissance des tarifs dans les services de logement et communaux.

Le parti communiste et les forces patriotiques du peuple ont démontré au public les perspectives d’une Russie nouvelle, forte et prospère, avec le triomphe de la justice et du droit. Nous avons une fois de plus prouvé qu’il est impossible de changer l’état des choses pour le mieux sans un virage à gauche.

À la fin des années 90, après le défaut, le pays a été sauvé par le gouvernement de coalition Primakov-Maslyukov-Gerashchenko, soutenu par le Parti communiste. Aujourd’hui, seul un gouvernement d’intérêts national, agissant dans la logique de nos propositions constructives, peut sauver la situation.

Dans une situation qui menace de devenir une catastrophe nationale, les autorités sont obligées de garantir une discussion approfondie des mesures de relance de la Russie. Leur devoir envers le peuple serait de mener un débat à part entière, permettant au pays de choisir exactement le programme qui répond à ses intérêts et qui aidera à faire face à la crise. Mais elles n’ont pas pris cette voie. De plus, le gouvernement a tout fait pour empêcher le KPRF et notre candidat de communiquer leur programme à tous les électeurs. La compétition honnête a été remplacée par un spectacle sale, la calomnie et les provocations.

Les cercles dirigeants sont prêts par tous les moyens à empêcher l’éveil politique de la société et à préserver le cours féodal-oligarchique, conduisant le pays à la dégradation. Ils sont prêts à tout pour empêcher le développement de l’autorité de nouveaux hommes politiques capables d’orienter la Russie sur la voie de la justice sociale et du développement. Dans notre programme anti-crise, ce pouvoir ne voit pas un moyen de sauver le pays, mais une menace à son existence. Une menace qu’elle doit neutraliser – même contre les intérêts de la Russie.

Comme l’ont montré les élections, non seulement les autorités, mais aussi d’autres acteurs de la lutte politique ne sont pas en mesure d’offrir un programme clair pour surmonter la crise et la renaissance de la Russie. Cela a été fait seulement par la KPRF et ses alliés. Notre coalition national-patriotique démontre avec confiance qu’il y a un autre moyen. Une fois de plus, nous avons prouvé que nous avions un programme d’actions qui répond aux intérêts de la majorité absolue des citoyens.

Aujourd’hui nous avons encore une raison d’affirmer : nous sommes une véritable force d’opposition qui a prouvé son droit moral et professionnel au pouvoir.

Sans la mise en œuvre de notre programme, les droits des travailleurs continueront à être violés. Le gouvernement discute déjà de la question de l’augmentation de l’impôt sur le revenu de 13% à 15% [1]. En cas d’annulation du taux préférentiel de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), il y aura une augmentation de 8% du coût des aliments, des biens pour enfants et des médicaments et enfin, à partir du 1er juillet, les tarifs des services publics augmenteront dans toutes les régions du pays. L’augmentation sera de 3 à 6%.

Un cirque au lieu d’un débat

Chers participants au plénum !

Pavel Nikolayevich Groudinine est devenu la cible principale pour ceux qui ont essayé de transformer ces élections en une scène de foire. Il est le seul qui a rejoint la campagne électorale avec une bonne expérience économique derrière lui. Sa prospère ferme d’Etat Lénine peut servir de modèle convaincant pour le développement de la Russie. Il est le seul à avoir offert aux électeurs non des promesses vides et de nouvelles aventures sans lendemain, mais un avenir digne d’un grand pays.

Les autorités non seulement ne voulaient pas seulement l’admettre, mais elles ont été effrayées au plus haut point, mettant en œuvre tout leur arsenal de propagande, de calomnie et de faux. Elles ont utilisé les méthodes les plus viles afin de discréditer le candidat du peuple et de tromper la société. Dans ce contexte, même les sales tours de la clique Eltsine de 1996 pâlissent. L’arbitraire et l’anarchie se répandent dans tout le pays.

Le régime de pleine faveur dans les médias a été accordé à un seul candidat. Le service politique de ceux qui ont plongé des millions de personnes dans la pauvreté, est resté silencieux sur la façon dont l’oligarchie pille la Russie. Mais du matin au soir elle a crié sur les « milliards » inventés de Groudinine. D’autres journalistes ont envahi la vie personnelle de notre candidat, espionné ses enfants et propagé la calomnie. Tout cela a transformé l’élection en une bacchanale humiliante.

Même dans les années 90, nos adversaires ne se sont pas abaissés au point d’organiser des provocations savamment orchestrées lors des débats télévisés. Et maintenant nous avons vu comment, pour créer un scandale supplémentaire, des personnages douteux ont réussi comme par hasard à faire intrusion dans un studio de télévision [2]. Le débat a été construit de manière à en faire des bagarres ridicules et à éviter une discussion sérieuse des problèmes. Ce n’était pas un débat, c’était une parodie d’une conférence de presse misérable, où le problème le plus difficile devait être exposé en une minute ou deux.

Dans les jours précédant les élections, le président sortant a exhorté à se rendre aux urnes et à voter pour une « nouvelle Russie ». En réalité, les autorités n’ont pas offert au pays une image de l’avenir. Ce n’est pas une nouvelle Russie. Ce sont les anciennes cartes de la corruption, par lesquelles les grands fonctionnaires, les oligarques et leurs serviteurs mènent un jeu malhonnête contre les intérêts du pays et du peuple.

L’« union chaleureuse » du pouvoir et du capital a fixé la tâche de neutraliser Pavel Groudinine. Pour ce faire, toutes les ressources étaient impliquées. Les fonctionnaires sur le terrain se sont mis au garde à vous et se sont précipités pour fournir le taux de participation maximal et le résultat souhaité. Les méthodes en ont été élaborées depuis longtemps : effrayer et conduire aux bureaux de vote les employés d’état, organiser des « carrousels » et l’acheminement en masse de faux électeurs, opérer des machinations avec des urnes portatives etc. Un fait scandaleux s’est produit à Moscou, lorsque notre activiste, membre de la commission électorale territoriale, Ivan Yegorov, a été battu juste à côté d’un bureau de vote. Maintenant, il doit subir une lourde opération.

La police a tenu la protection des délinquants. Elle a arrêté nos activistes, saisi des produits de propagande, ignoré les violations insolentes des autres candidats. Elle a obéi docilement aux ordres des autorités, oubliant leurs vraies tâches – assurer la sécurité et la paix des citoyens.

La veille même du scrutin, notre siège a envoyé plus d’une centaine de plaintes bien argumentées à la Commission électorale centrale concernant des violations de la loi. Mais nous n’avons pas entendu de réponses claires : déjà ces faits suffisent pour que le résultat obtenu par les autorités lors des élections ne soit pas reconnu comme honnête.

Hélas, de nombreuses voix en faveur du gouvernement actuel ont été données sous la pression de calomniateurs et de provocateurs. Cette « artillerie lourde » du pouvoir n’était pas juste pour nous. Elle a frappé tous les citoyens du pays, piétinant leur droit de faire un choix significatif. Les élections ont été ouvertement noyées dans une mer de mensonges sans scrupules. Ainsi, le gouvernement a encore plus miné sa crédibilité et sa confiance aux yeux du peuple. Ce n’est pas un hasard si peu de temps après les élections, les masses de la banlieue étaient prêtes à protester contre les hauts fonctionnaires qui ne remplissaient pas leurs devoirs envers le peuple.

Oui, le gouvernement actuel continue d’être soutenu par une partie importante de la société, c’est le résultat d’une propagande télévisée frénétique. Mais l’alternative est en train de se former. Le nombre de ceux qui tirent leurs informations d’autres sources que pro-gouvernementales ne cesse de croître. Contrairement à la sociologie officielle, l’audience Internet a montré le plus large soutien de notre candidat. Parmi les quelques centaines de milliers de participants aux plus grands sondages sur Internet, 56% préféraient Pavel Groudinine. Et nous devons encore intensifier le travail sur Internet, qui est déjà devenu la source la plus importante de la position civile et politique pour la jeune génération.

Les résultats officiels des élections sont déjà connus. Le Kremlin s’était fixé des tâches spécifiques à cette occasion. Et ces tâches ont été réalisées. Ayant placé l’enjeu sur l’agenda de la politique étrangère, les autorités ont pu compter sur différentes couches de la société. Selon les données officielles, un peu plus de la moitié de tous les électeurs du pays ont soutenu Poutine. Il a remporté l’avantage dans toutes les régions, parmi les électeurs de tous âges et de tous les métiers. Formellement, les autorités ont réussi à confirmer la « légitimité » de ces élections.

Oui, les élections ont été validées. Oui, Poutine a réussi à obtenir la majorité. Mais nous savons aussi que notre résultat est beaucoup plus élevé. Formellement, le candidat du Parti communiste et des forces patriotiques du peuple Pavel Groudinine a pris la deuxième place, recevant 11,8% des voix. C’est moins que notre résultat à la dernière élection présidentielle, mais 1,6 million de voix supplémentaires pour le parti qu’aux élections de la Douma en 2016. Notre candidat est apparu comme l’opposant principal de V.V. Poutine. En outre, PN. Groudinine a obtenu plus que V.V. Zhirinovsky, K.A. Sobchak, G.A. Yavlinsky, B.Yu. Titov, M.A. Suraykin, S.N. Baburin tous ensembles.

Par ailleurs, les chiffres sont suspects dans plusieurs régions. Pendant longtemps, les mauvaises traditions d’« ajustement des résultats » sévissaient dans les régions de Mordovie, de Kemerovo et de Rostov et d’autres. Maintenant s’y sont joints la Kabardino-Balkarie, des territoires de la région de Moscou et un certain nombre d’autres régions.

Beaucoup sont sceptiques devant le résultat mirobolant du pouvoir, obtenu dans un contexte de dévastation du pays. Pour atténuer cette impression, les cercles dirigeants ont accepté d’invalider des élections dans un certain nombre de bureaux de vote. Cependant, en général, les résultats du vote suscitent beaucoup de questions. Par exemple,dans des bureaux de vote voisins, les résultats diffèrent radicalement. Comment pouvez-vous convaincre les gens de la « pureté » de ces données ?

Le philosophe espagnol Jose Ortega y Gasset a déclaré : « Le sort de la démocratie sous toutes ses formes et son développement dépend d’un détail technique infime – la procédure d’élection. Le reste est secondaire. ». Un des résultats probables des élections passées est un changement dans le système de falsification. Ainsi, le nouveau système de vote « sur le lieu de résidence » n’est rien de plus que la légalisation des « carrousels ». Nous ne pouvons pas exclure la distorsion directe des résultats de vote utilisant les KOIB (vote électronique). Ceci est démontré par une diminution linéaire des résultats de vote de pratiquement tous les candidats et une augmentation des résultats de l’un d’entre eux à mesure que progresse le décompte des voix de l’Extrême-Orient vers le centre du pays.

En général, les élections n’étaient ni justes ni équitables. Notre représentant à la Commission électorale centrale E.I. Kolyushin, interrogé à ce sujet, a courageusement souligné que les élections n’étaient ni équitables ni objectives.

Je tiens à vous rappeler que ceux qui falsifient les élections participent à l’appropriation du pouvoir et au vol des pouvoirs officiels. L’ « Ajustement » des résultats réels du vote constitue un crime sans prescription, pour lequel les coupables seront punis tôt ou tard.

Pour résumer

Les dernières élections se sont avérées sales et malhonnêtes à bien des égards. Elles ont prouvé le besoin de renforcer notre lutte pour l’abandon de l’actuelle voie destructrice, pour la lutte dans l’intérêt des travailleurs. Et nous avons le devoir d’agir en ce sens.

Notre parti a pour ce faire une base idéologique et organisationnelle forte. Les « rebuts administratifs » des cercles dirigeants ne sont pas parvenus à désorganiser le Parti communiste. De plus, de nombreux comités ont réussi à unir les partisans d’autres organisations politiques pour la première fois.

Le bloc des forces patriotiques du peuple de la République de Sakha-Iakoutie, ainsi que le Parti communiste sont entrés dans le mouvement « Les gens choisissent Groudinine » avec l’union des camionneurs. Le Comité du Parti républicain a organisé un travail actif dans les réseaux sociaux. La République a le pourcentage le plus élevé de vote pour notre candidat – 27,25%.

Notre quartier général des élections à Primorye (extrême-orient) a attiré d’importantes ressources supplémentaires. Au cours de cette campagne, les chefs d’entreprise et les petites entreprises ont eux-mêmes offert leur aide spécifique. Grâce à ce travail, le programme anti-crise du Parti communiste et de son candidat a été soutenu par 21,4% des résidents du territoire.

Dans le territoire de l’Altaï et dans la République de l’Altaï, où le résultat de P.N. Groudinine était de 23,67% et 20,66% respectivement, toutes les forces populaires-patriotiques ont activement rejoint la campagne électorale du Parti communiste.

Dans la région d’Omsk, nous avons également reçu plus de 20%. L’une des plus fortes branches du Parti communiste a ici reçu l’appui d’un certain nombre de syndicats, d’associations d’« actionnaires » victimes de fraude, des anciens combattants et des enfants de la guerre.

Les représentants de plus de 40 associations publiques de Bachkirie sont entrés dans le bloc républicain de soutien à Groudinine.

La pratique de la branche régionale de Sverdlovsk du Parti communiste de la Fédération de Russie incluait des technologies avancées. Fin janvier, une « ligne directe » de notre candidat à la présidence a été lancée ici. Les appels ont été reçus 24 heures sur 24. Le travail du centre a été assuré par 44 bénévoles. Au total, environ 70.000 appels sont arrivés. Ce travail a permis de reconstituer la base des partisans du Parti communiste dans tout le pays. Les citoyens les plus influents et les plus actifs ont apporté un soutien important au parti.

Afin de préserver le résultat du parti, des équipes d’observateurs ont été formées lors des élections. Au total, pour assurer le contrôle dans les bureaux de vote, le Parti communiste de la Fédération de Russie a pu mobiliser 238.000 personnes.

Notre système de comptage parallèle des votes s’est révélé nécessaire. Au total, 25.708 protocoles y ont été inscrits, soit 27% de leur nombre total. Aucun autre parti politique n’a un tel outil.

En 2016, les résultats des élections à la Douma d’Etat ont fait apparaître sur la carte russe, la « ceinture rouge » de la Sibérie. Le soutien à Russie Unie n’a pas dépassé 40% ici, tandis que le soutien du KPRF était de l’ordre de 20-30%. Cette ceinture se composait des Régions d’Omsk, Novossibirsk et Irkoutsk, la République de l’Altaï, la Khakassie et la Bouriatie.

Maintenant, comparativement à la baisse générale des résultats en pourcentage dans le pays, la « ceinture rouge » s’est significativement élargie, atteignant presque toute la Sibérie et l’Extrême-Orient. En 2016, il y avait six territoires dans ce groupe de régions où le résultat du Parti communiste était de 1,5 à 2 fois plus élevé que la moyenne nationale. En 2018, il y avait beaucoup plus de telles régions. Un fort contingent est constitué par la Sakha-Yakoutie et le territoire de l’Altaï. On a 15% et plus pour notre candidat dans les régions d’Omsk, Tomsk et Novossibirsk, le territoire de l’Altaï, la République de l’Altaï et de Khakassie, la région d’Irkoutsk, de Bouriatie, Sakha-Iakoutie, Amour et la région autonome juive, Khabarovsk, Primorye et le Kamchatka, l’oblast de Sakhaline. A ces 15 régions sont adjacentes la région de Magadan, les territoires de Transbaïkalie et Krasnoyarsk, où les résultats de Groudinine sont également au-dessus de la moyenne nationale. Ainsi, parmi les 21 régions de la Sibérie et de l’Extrême-Orient le seul problème pour le Parti communiste reste la région de Kemerovo, Touva et la Tchoukotka.

Dans les vingt régions présentant les meilleurs résultats pour Grudinine, il y a huit régions de la Sibérie, sept régions de l’Extrême-Orient, trois régions du secteur de la Volga (régions Mari El, Oulianovsk et Orenbourg) et deux de Russie centrale (régions de Kostroma et Ivanovo).

D’une part, il faut remercier les organisations du Parti et les électeurs de la Sibérie et l’Extrême-Orient, qui ont résisté à l’impact monstrueux de la propagande officielle et de l’arbitraire administratif. D’un autre côté, le parti communiste a perdu son soutien dans un certain nombre de régions importantes pour nous. Dans 10 territoires, notre résultat a diminué de 5% ou plus par rapport à 2016.

Cependant, Groudinine a été en mesure de l’emporter dans de nombreux territoires emblématiques. Tout d’abord, dans sa banlieue. Dans son district Leninsky, il a reçu plus de 31% des voix. Et à deux bureaux de vote dans le village de la ferme d’État, 55,6% et 67% des électeurs ont voté pour lui, seulement 35,7% et 41,6% pour Poutine. Et ce malgré le fait que les autorités ont amené ici près d’un millier d’électeurs dont ce n’était pas le lieu de résidence.

Fait très intéressant : Groudinine l’a emporté au bureau de vote du Consulat général de Russie en Iran. Mais plus important encore, notre candidat a reçu de 25 à 37% des voix dans de nombreuses régions « universitaires ». Cela signifie qu’il a été soutenu par une proportion notable de jeunes électeurs.

Notant nos succès, nous devons faire attention aux lacunes graves. Dans plusieurs régions, nos bureaux n’ont pas réussi à organiser de travail explicatif, n’ont montré aucune activité dans la diffusion de documents imprimés, n’ont pas fait campagne sur Internet. Les plus remarquables sont les carences dans les régions de Briansk, Kaliningrad, Magadan, Mourmansk, Tambov, dans les districts autonomes de Tchoukotka. Cela a directement affecté les résultats de notre candidat.

Parmi les problèmes majeurs d’aujourd’hui, l’agenda de la politique étrangère est un problème particulier. En l’utilisant, les autorités assurent leurs succès de propagande. Nous devons en tenir compte. Chacun d’entre nous doit se souvenir : sans la fermeté dans la défense des intérêts nationaux, sans le patriotisme et la volonté d’affronter l’hégémonie américaine, aucun politicien aujourd’hui ne peut compter sur le soutien de la majorité. Personne ne peut espérer que les électeurs le croiront.

La tâche la plus importante en même temps est de montrer la nature compradore de l’oligarchie russe. Cette caste est complètement dépourvu de sentiments patriotiques et absolument corrompue. Son idéologie est le cosmopolitisme et le profit. Nous avons de nombreuses occasions de rappeler que le Parti communiste a toujours agi comme un défenseur cohérent des intérêts nationaux. Nous avons expulsé l’OTAN de Feodosia, nous ne l’avons pas laissé entrer à Oulianovsk et Nijni Novgorod. Nous insistons sur la reconnaissance des Républiques populaires de Donetsk et Lougansk. Et c’est nous qui envoyons régulièrement des convois humanitaires au Donbass.

Après la bataille

Chers camarades, amis, camarades d’armes !

Nous sommes sortis forts, quoique avec des pertes, d’une bataille très difficile. Malgré tout, nous avons grandement réussi. Nous continuerons de corriger les lacunes et d’utiliser la meilleure expérience. Nous avons accepté le combat et sommes devenus plus expérimentés et intelligents. Nous irons de l’avant avec foi dans la justesse de nos idées et dans leur victoire inévitable.

Aujourd’hui, dans la foulée, il est très important de tirer un certain nombre de conclusions fondamentales. Je vais me concentrer sur les dix principales. Et l’analyse des résultats se poursuivra avec le co-rapport d’Ivan Melnikov, qui dirige depuis de nombreuses années le travail de l’état-major électoral du Parti communiste.

Premièrement. En préparant les élections et en formant notre stratégie, nous avons à juste titre rejeté la tactique de leur boycott. Il a été décidé de profiter de toutes les occasions pour participer à la campagne électorale afin de promouvoir le programme du parti, de mobiliser nos atouts, d’attirer de nouveaux adhérents, de toucher les travailleurs et la population en général. En conséquence, nous avons été en mesure de diriger la vague de mécontentement en l’état actuel des choses. Les gens ont un espoir de changement pour le mieux. Nous avons senti leur soutien sous diverses formes – depuis l’augmentation du nombre de demandes pour rejoindre le parti à la créativité des masses dans les réseaux sociaux.

Notre lutte juste continue. La demande de changements dans la société devient plus aiguë. Nous continuerons à en tenir compte dans notre travail quotidien. Ce n’est pas par hasard que les médias d’État ont formé l’image de Poutine non seulement en « garant de la stabilité », mais aussi en « initiateur de changements futurs ». Une partie significative des citoyens de Russie attend de lui des initiatives qui peuvent améliorer la qualité de vie. Si le gouvernement ne répond pas à cette demande de la société, il peut rapidement provoquer une crise politique de grande ampleur.

Deuxièmement. À la nouvelle étape de la lutte, nous continuerons à résoudre la tâche principale – mener une lutte active pour la mise en œuvre de notre programme pour la renaissance socialiste de la patrie. D’une campagne électorale à l’autre, nous proposons de véritables mesures pour sauver le pays. Lors du Forum économique d’Oriol en 2016, j’ai pu présenter le programme « Dix étapes pour une vie digne ». Il s’appuyait sur l’expérience soviétique et mondiale, sur les nombreuses années d’expérience du Parti. Maintenant, il s’incarne dans les « Vingt pas de Paul Groudinine ». Nos propositions reçoivent une réponse vive parmi la population. Une nouvelle unité d’idées et d’actions se développe autour d’elles. Il est temps de déployer un mouvement national à l’appui de notre programme et la formation sur cette base du gouvernement de la confiance populaire.

Dans le même temps, nous avons la possibilité d’approfondir notre offre à travers de nouveaux programmes sectoriels et législatifs dans l’intérêt du développement de la science, de la sécurité de la production, de l’écologie et de bien d’autres enjeux.

Nous devons tous bien nous préparer pour les prochaines étapes de la lutte. Et nous donnons notre parole que nous suivrons de près les agissements des autorités, nous les surveillerons constamment et analyserons chacune de leurs étapes douteuses. Nous montrerons honnêtement la situation réelle, qui est très différente de l’image de la télévision. Nous exhortons nos alliés sur le terrain à s’engager activement dans ce travail. C’est la seule façon d’amener les gens à la vérité et de les encourager à faire un bon choix politique.

Troisièmement. Nous sommes la seule véritable opposition, la seule alternative au pouvoir. Notre parti a tenu bon dans cette campagne électorale d’une bassesse sans précédent, un tabassage médiatique inouï de notre candidat "indésirable" et un encensement incroyable des autorités. La Commission électorale centrale n’a même pas réussi à maintenir une impartialité extérieure. Par ses actions, elle a seulement souligné le caractère donné de ce qui se passait. Nous avons fait face à l’arbitraire de l’administration et de la commission électorale, et à une attaque féroce des médias. Le KPRF condamne fermement toutes les actions visant à discréditer les élections présidentielles en Russie. Nous chercherons à enquêter en profondeur sur les faits de violation de la législation électorale et à traduire en justice les auteurs d’infractions pénales.

Comme dans la campagne présidentielle de 1996, avec le journal « A Dieu ne plaise » et le slogan « Achetez de la nourriture pour la dernière fois ! », a été utilisé contre nous la même méthode de diffamation, de mensonges éhontés et malveillants. De plus, cela a créé des menaces de division du parti et, devant tous ces défis, notre candidat et toute notre équipe s’en sont tirés avec succès. Le parti a fait preuve de courage et de force d’âme, a livré une bataille décisive aux provocateurs de tous poils. Le Parti communiste a montré sa stabilité et sa solidarité, sa capacité de rénover le style de travail et de s’adapter aux nouvelles conditions.

À la suite du vote, la majorité présidentielle constitue une masse sociale extrêmement hétérogène. Le chef de l’Etat est allé aux élections en tant que candidat indépendant. Son refus de se présenter au nom de Russie Unie est un signe de méfiance envers ce parti. En outre, ce fait est l’un des signes de l’établissement d’un régime de pouvoir personnel. Mais l’expérience historique montre que de tels régimes ne jouissent pas de stabilité à long terme.

L’opération spéciale visant à élever Jirinovski au rôle de deuxième homme politique du pays a échoué lamentablement. Les positions du Parti libéral-démocrate se sont fortement affaiblies. Les perspectives de « Russie juste » sont encore plus vagues. Elle n’a pas osé se lancer dans la course pré-électorale et est arrivée très près de l’achèvement de son cycle de vie.

Pendant les élections, il a été misé sur le nouveau projet libéral de Sobchak-Gudkov. C’est Gudkov, avec Katz, qui a aidé le parti Yablokoà obtenir de bons résultats aux élections de Moscou en 2017. À l’avenir, les chances de succès de la présentatrice de Dom-2 peuvent augmenter. Cependant, à ce stade, il y a un effondrement complet des libéraux. Le soutien à toutes les forces pro-occidentales est tombé à 3,5%.

En général, la majorité des candidats n’a pas mené de lutte sérieuse. Ils ont accepté d’agir comme des figurants médiocres et cyniques. Suraykin et Baburin sont devenus les spoilers de notre candidat. Et les autres se battaient contre nous, et pas contre le pouvoir actuel. Les spoilers se sont ridiculisés. La vidéo pré-électorale au sujet de notre expérience créative de la ferme Lénine a été reprise à leur manière, non seulement par Suraykin mais aussi par Titov. Cependant, ceux qui utilisent ce genre de techniques, franchement parlant, sont engagés dans la criminalité et n’ont aucun avenir sérieux.

Quatrièmement. Le KPRF a mis à l’ordre du jour l’exigence d’un renouvellement de la vie politique russe. Nous avons nommé l’une des figures les plus prometteuses de la Russie moderne en tant que candidat à la présidence. Nous avons mis en avant celui qui incarne la combinaison de l’entreprise commerciale et de la justice sociale, en prenant soin des citoyens et en maîtrisant les dernières technologies. Une partie significative de la société a vu dans Pavel Groudinine un homme avec qui il est possible de renouveler la Russie et de guérir les plaies à vif de notre société.

L’expérience unique de la ferme d’état de Lénine est devenue célèbre dans tout le pays. L’image de l’homme a été renforcée par deux douzaines de voyages de notre candidat dans les principales régions et plus d’une centaine de rencontres avec des électeurs et des journalistes. Nos événements publics ont commencé avec la présentation des porte-paroles, puis se sont poursuivis avec le VIème Congrès de la jeunesse de la Fédération de Russie, la célébration du 100ème anniversaire de l’Armée rouge, la journée du 8 Mars, et se sont terminés avec les rassemblements nationaux « Pour des élections justes » et le mouvement du forum « Enfants de la guerre ». Le succès de Groudinine au cours du vote par Internet indique l’expansion de nos opportunités parmi ceux qui sont d’âge jeune et moyen.

Cinquièmement. Dans les bureaux de vote, où se trouvent les entreprises populaires de Groudinine, Kazankov, Bogachev, Sumarokov, notre candidat a reçu un véritable soutien. C’est ici que l’expérience sociale personnelle des gens les a convaincu des avantages du socialisme, de l’efficacité des formes collectives d’organisation du travail. C’est pourquoi ils ont passé le test et rejeté toute la saleté déversée sur notre candidat. Nous continuerons à élargir constamment les possibilités des entreprises nationales. Elles démontrent le mieux la nécessité d’une transition du capitalisme bandit-oligarchique au socialisme renouvelé.

Le film « Territoire de l’optimisme social » a parfaitement fonctionné pour la campagne électorale. Nos camarades sur le terrain l’ont activement utilisé. Mais ce n’est pas tout. Dans cette courte période de la campagne électorale notre chaîne de télévision « Ligne rouge » a publié 18 documents spéciaux sur la ferme d’État V.I. Lénine, à propos de la vie de l’entreprise et de ses habitants. Deux rapports spéciaux leur ont été ajoutés concernant le procès des « actionnaires », 12 portraits vidéo des principaux producteurs et 2 rapports spéciaux – « Education sans barrières » et « Pourquoi la ferme d’État de Lénine ». Je suis sûr que tous nos militants ne connaissaient pas ces nombreux matériaux. Cela doit être fait. Considérons en particulier ceci dans les études de parti et dans la communication avec les citoyens.

Sixièmement. Au cours de la campagne électorale, nous avons réalisé une large unification de la gauche et des forces patriotiques du peuple. Nous avons créé un bloc, dont le noyau est notre parti. Le Parti communiste a confirmé sa volonté d’unir les patriotes sur des questions majeures, multiplié sa riche expérience des relations alliées et est prêt à l’augmenter. Elle est prête à maximiser son potentiel avec ceux qui chérissent la Russie. Nous le démontrons depuis longtemps dans le cadre de l’état-major du mouvement de protestation panrusse qui, sous la direction de Kachine défend résolument tous ceux qui sont humiliés par la vie présente.

En même temps, nous devons nous rappeler les leçons amères d’une telle expérience liée à G.Semigin, S.Glaziev, S.Baburin et d’autres. Tout d’abord, il est nécessaire de renforcer le parti, d’élargir ses capacités de toutes les manières possibles. Nos alliés les plus fiables sont les travailleurs, notre idéologie et nos structures organisationnelles, notre volonté et notre expérience dans la lutte pour le pouvoir des Soviets. Ce n’est qu’en renforçant nos organisations, alimentées par la jeunesse et la formation des cadres, que nous serons en mesure de résoudre des tâches de plus en plus complexes. Les conditions pour doubler nos effectifs ont mûri.

Septièmement. Nous avons mené une campagne électorale énergique. Nos propositions de programme ont été distribuées par millions d’exemplaires. Les comités centraux et régionaux ont publié plus de 100 millions d’exemplaires de produits imprimés. Les numéros spéciaux de la Pravda et de SovetskayaRossiya ont bien fonctionné. Nos vidéos pré-électorales ont présenté l’expérience unique de la ferme d’État de Lénine et ont transmis l’image de notre candidat – réfléchie, active, énergique.

Notre chaîne « Ligne rouge », a fonctionné à plein, offrant chaque jour des nouvelles, des films documentaires, et la discussion des problèmes dans le programme « Point de vue ». Tout le temps d’antenne était subordonné à l’obtention du résultat politique nécessaire. 32 émissions issues d’événements préélectoraux ont été organisées. Nous avons accumulé une expérience fondamentalement nouvelle dans les réseaux sociaux. Des résultats intéressants ont été montrés par un groupe de travail d’agitateurs volontaires du parti dans un réseau dirigé par Marat Muzaev. Pour nous, c’est la première campagne électorale que le KPRF et ses partisans ont menée sur Internet presque sur un pied d’égalité avec le service d’information du régime au pouvoir. Le rôle de notre activité sur Internet continuera de croître. Nous devons en tenir compte dans le travail pratique au centre et sur le terrain.

Huitièmement. Beaucoup de nos camarades pendant les élections ont montré leurs meilleures capacités d’organisation et de propagande. Il s’agit de Yuri Afonin, Dmitry Novikov, Leonid Kalachnikov, NikolaiKolomeytsev, AlexeiKornienko et Alexander Iouchtchenko, Alexander Kravets Nina Ostanina, Viktor Gubarev, Lioubov Chvets, Viktor Romachkine, Valery Izhitsky, Maria Prusakova, Roman Kobyzev, Anatoli Dolgacev et bien d’autres. En toute confiance, ceux qui représentaient un large éventail de nos alliés ont fait leurs preuves. C’est Viktor Sobolev, Larisa Baranova, Maxim Shevchenko, Yuri Boldyrev. Nos dépenses pour la préparation de la relève au Centre d’études politiques se justifient pleinement. Cette année, le nombre de ses diplômés dépassera un millier de personnes, et nous devons prendre soin d’étendre la gamme de programmes de formation, en fonction de notre expérience.

Neuvièmement. La formation d’un gouvernement de confiance nationale est la principale condition de mise en œuvre dans la vie de notre programme anti-crise. Mais la lutte pour sa mise en œuvre ne sera pas facile. Nous ne pouvons pas obtenir de résultats sans multiplier les manifestations, sans augmenter l’activité dans la rue et sans faire monter le mouvement ouvrier. Chaque communiste devrait accorder le maximum d’attention à ces domaines de nos activités. De plus, la participation au développement de protestations de masse devrait être l’élément principal de l’établissement de relations avec nos alliés.

Dixièmement. Les plans pour le travail du parti pour l’année en cours sont connus. Nous devons célébrer l’anniversaire de V.I. Lénine et le 200ème anniversaire de la naissance de Karl Marx, organiser nos actions les jours des 1 et 9 mai, la cérémonie d’admission pour les pionniers, préparer de manière adéquate le 100ème anniversaire du Komsomol léniniste.

Une grande élection régionale s’annonce. Nous devons mener trente campagnes. Les questions de préparation à leur égard devraient être placées au centre des préoccupations des organisations du parti. Contre nous a été utilisé non seulement du matériel calomnieux, mais aussi une manipulation directe des résultats. Le groupe parlementaire du Parti communiste dans la Douma d’Etat continuera à travailler sur la refonte du système électoral. Il est tout aussi important d’améliorer le mécanisme des partis pour surveiller le processus de vote. En ce qui concerne les violations flagrantes de la loi, nous ne reconnaissons pas les résultats des élections dans la région de Kemerovo, en République de Mordovie et Kabardino-Balkarie, et dans un certain nombre de territoires. Afin de participer avec succès aux élections de septembre il faut mobiliser les forces pour identifier les zones de totale falsification, exiger des condamnations et le licenciement des personnes responsables.

Camarades !

Le Parti a accumulé une grande expérience politique. Nous en aurons grandement besoin. Nous devons renforcer la lutte pour atteindre nos objectifs ! Pendant la campagne électorale, le programme des forces patriotiques du peuple est devenu la propriété de tout le pays. La lutte pour sa mise en œuvre ne s’arrêtera pas un jour, pas une heure.

Des milliers de personnes au cours de la campagne ont annoncé leur désir de rejoindre les rangs du Parti communiste. Ayant reçu le mandat de confiance de millions de Russes, nous devons le justifier. La Russie du futur, c’est un socialisme renouvelé et la justice sociale. Un pays de la haute technique et de l’espace. Construire une nouvelle société nécessitera des combattants politiques qui sont prêts à ne pas reculer devant les provocations et l’arbitraire. Des gens convaincus, courageux, forts et déterminés.

« Pas un pas en arrière ! Tel doit être notre principal mot d’ordre ». Ce sont les paroles de l’ordre légendaire n° 227, que Staline a signé en ces jours difficiles où les fascistes se battaient de toutes leurs forces contre la Volga. Avec ces mots, l’armée soviétique a écrasé l’ennemi. Et aujourd’hui, quand la tâche de sauver la patrie nous revient, nous pouvons répéter ces mots comme un appel à notre lutte pour la Russie, pour son avenir.

Derrière nous se tient la vérité de l’histoire ! Avec nous – les aspirations et les espoirs du peuple, l’expérience d’un grand pays !

La lutte continue !

La route sera maîtrisée par celui qui marche.

Bonne route, mes camarades et amis !

Traduction Marianne Dunlop (sur le site du parti communiste russe)
pour le blog de Danielle Bleitrach, Histoireetsociété

[1Il n’existe toujours pas d’impôt progressif sur le revenu en Russie !

[2Les « communistes de Russie » de Saint-Pétersbourg se sont officiellement excusés pour cette pitrerie organisée par leur candidat Souraïkine.

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