La politique se fait à la corbeille ce qui apparait incohérent ne l’est pas du point de vue du profit…

, par  Danielle Bleitrach , popularité : 1%

Si l’on veut comprendre quelque chose aux propositions politiques actuelles, juger des candidats à la présidentielles, des forces politiques, il faut se résigner à s’armer de patience et à suivre avec le même intérêt ce qui se passe au niveau rébarbatif de chiffres que vous le feriez devant les hausses de votre cher carburant. Vous êtes capables peut-être de suivre les évolutions de votre budget alors dites vous que les mécanismes financiers ce n’est pas compliqué quand on veut bien suivre quelques chiffres et faits.

I. France : 34.400 chômeurs supplémentaires en octobre

Si l’on veut mesurer les contradictions (apparentes puisqu’en feit elles n’en sont pas selon le prisme du profit et des spéculations) il faut comparer deux séries de chiffre, premièrement l’état de l’emploi en France et la manière dont il indique une récession mais également une transformation de la structure des emplois installant chômage et précarité comme une constante et mettre en regard ces faits avec l’envolée des bourses européennes. De celles-ci non contente de s’envoler en Europe on peut également mesurer qu’elles ont dopé Wall Street.

Selon les chiffres de la Dares dévoilés lundi, le nombre de demandeurs d’emplois inscrits à Pôle emploi en catégorie A s’établit à 2.814.900 en France métropolitaine. Un niveau en hausse par rapport à fin septembre (de 1,2%), et qui n’avait pas été atteint depuis fin 1999. Depuis 1998, la progression du chômage en France est de 38%.

Il ne s’agit pas d’une conjoncture défavorable mais d’une tendance qui s’inscrit dans la durée. Fin octobre, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A s’établit à 2.814.900 en France métropolitaine. Un nombre en hausse de 1,2% par rapport à fin septembre, soit 34.400 demandeurs d’emploi supplémentaires. Sur un an, il croît de 4,9%. En ajoutant les demandeurs d’emploi en catégories B et C (qui exercent une activité réduite), le nombre de chômeurs s’établissait à 4.193.000 en métropole, 4.459.400 en incluant les DOM.

1) Hausse des licenciements économiques

En France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A de moins de 25 ans est en hausse de 0,6%, tandis que le nombre de demandeurs d’emploi âgés de 25 à 49 ans est en hausse de 1% au mois d’octobre et celui des demandeurs d’emploi de 50 ans et plus s’accroît de 2,4%. En octobre, si les entrées pour fin de contrat à durée déterminée diminuent (-1,4%), tout comme les fins de missions d’intérim (-6,4 %), les autres licenciements (-6,7%), les entrées pour licenciements économiques augmentent de 7,7%. C’est-à-dire que si les annonces de licenciement dans les grandes entreprises font quelques bruits, celui des licenciements massifs dans les PME s’opère dans des proportions alarmantes et marque l’existence d’une récession.

2) Baisse des offres d’emploi collectées par Pôle emploi

Sans surprise dans le contexte de crise, le nombre des offres d’emploi collectées par Pôle emploi diminue de 1,3% au mois d’octobre 2011 en France métropolitaine. Ainsi, toujours sur un mois, les offres collectées d’emplois durables (plus de six mois) et d’emplois temporaires (entre un et six mois) sont en baisse de respectivement 4,9% et 3,8%. Quant aux offres d’emplois occasionnels (moins d’un mois), elles augmentent de 20,1%. Ce dernier chiffre doit être souligné tant il marque de fait une tendance préoccupante du marché de l’emploi en insistant sur la précarité.

II -LA BOURSE SE PORTE BIEN

Plusieurs rumeurs sur le front de la crise des dettes souveraines permettent aux indices boursiers de fortement rebondir. A la Bourse de Paris, le CAC 40 s’adjuge plus de 5 % et termine au-dessus des 3.000 points. Face à ce qui est pourtant une récession donc une difficulté de fait à honorer une dette souveraine les marchés poursuivent leur fonctionnement délétère, jouant à la hausse ou à la baisse au rythme de la rumeur qui n’est pas un phénomène étranger à leur fonctionnement mais bien l’indispensable additif à la spéculation.

1) L’envol boursier


CAC40 – Evolution du cours de Bourse

Ce lundi alors même que tombaient les chiffres du chômage, l’annonce de fait d’une entrée en récession de la France on a assisté à la Bourse de paris à l’envolée du CAC 40. En hausse de près de 1,5% dès les premiers échanges, l’indice phare de la place parisienne n’a eu de cesse d’accroître ses gains au fil de la séance pour finalement terminer sur un fort rebond de 5,46 % à 3.012,93 points. Soit sa plus forte progression en une séance depuis le 27 octobre dernier.A Francfort, le Dax 30 a pris 4,60%, tandis qu’à Londres le FTSE 100 s’adjugeait 2,87%. Sur les marchés du sud du vieux continent, l’Ibex 35 madrilène a avancé de 4,59 % et le FTSE Mib milanais de 4,60%. Reste que ces progressions sont à relativiser. Les volumes d’échanges sont restés faibles. Ainsi, à peine plus de 3 milliards d’euros ont été échangés sur le CAC 40. La progression de ce début de semaine tient en effet à des rumeurs relatives à des décisions pour freiner la crise des dettes souveraines qu’à des annonces concrètes pour l’endiguer. Ainsi, selon le journal « La Stampa », le FMI étudie la possibilité de prêter jusqu’à 600 milliards d’euros à l’Italie à un taux de 4 ou 5% sur 12 à 18 mois afin de lui permettre de respirer face à la pression des marchés. Bien que démentie par un porte-parole du Fonds Monétaire International, cette information a fait renaître l’espoir sur les marchés.

Le petit jeu se poursuit la troïka UE-BCE-FMI va continuer sur sa lancée, donner de l’air aux banques en fournissant de l’argent que l’on fait payer aux peuples. Il faut bien comprendre que quand jacques Attali explique que l’euro peut s’effondrer d’un jour à l’autre, il ne fait que dire ce dont sont convaincus la plupart des économistes. Voici pas mal de temps que les Banques ne trouvent plus à emprunter sur les marchés et que les États européens sont chargés de pallier cette carence. Il suffirait que l’Allemagne refuse de continuer et reprenne ses billes pour que tout s’effondre et comme dans le même temps la dite Allemagne impose sa vision de ce fait à tous les pays de la zone euro, à savoir une BCE qui prête aux banques et n’aide pas l’investissement productif la récession se poursuit rendant toujours plus vraisemblable l’explosion de la zone euro. Il faut mesurer que l’Allemagne a pour elle non seulement le rapport de forces économique mais également la légalité européenne, ce que sont les institutions de la zone euro, un des plus beau licol néo-libéral qui se puisse imaginer.

Alors pourquoi dans une telle situation qui combine récession et menaces d’explosion de la zone euro, les marchés sont-ils en état d’euphorie et qu’est-ce qui provoque la dite euphorie ?

2) Un nouveau sommet européen vers le profit et contre la démocratie

La France et l’Allemagne ont accéléré leurs réflexions sur une redéfinition radicale de la zone euro. Même s’il est officiellement affirmé qu’un « super gouvernement européen » n’est pas à l’ordre du jour de fait l’évolution de crise en crise vise le contrôle plus strict de la politique budgétaire des pays membres. Une proposition du couple franco-allemand sera déposée lors du sommet du 9 décembre et pourrait être adoptée sans passer par une révision des traités européens qui nécessite l’unanimité des États et est donc à la fois longue et risquée. Nous sommes nous le voyons en pleine « démocratie ». Et par parenthèse que dire et que faire quand dans un tel contexte nous voyons tous les candidats à la présidentielle y compris le candidat désigné par le PCF s’affirmer à des euros enthousiastes. la palme du crétinisme ou de l’inconscience revenant aux écologistes.

Autres facteurs de soutien, selon plusieurs rumeurs, le gouvernement allemand serait prêt à autoriser la BCE à jouer un rôle plus important en échange de gages sur la rigueur budgétaire. C’est peu vraisemblable et Nicolas Sarkozy a opéré un retrait qui tient de la débâcle en rase campagne et ce ne sont pas les résultats actuels de la France qui vont lui donner des armes.

Ces rumeurs, pour la plus part démenties, témoignent seulement de la fébrilité des intervenants à l’approche du sommet européen des 8 et 9 décembre qui réunira les chefs d’État et de gouvernement de l’Union Européenne. Alors même que chaque sommet depuis quelques années est marqué par le choix de solutions qui s’avèrent insuffisantes et même nocives, sans parler du coût exorbitant de ces réunions au sommet dont rien ne sort si ce n’est une avancée dans le brouillard du néolibéralisme.

3) Où et comment les valeurs sont-elles dopées ?

Néanmoins à cause de ces rumeurs sur le marché des changes, la monnaie unique était en forte hausse face au billet vert. A la clôture des marchés européens un euro s’échangeait contre 1,333 (+ 0,71%). Dans le même temps, les prix du baril de pétrole progressaient. Ainsi, le Brent de la Mer du Nord gagnait 1,74% à 108,25 dollars tandis que le WTI s’échangeait contre 98,26 dollars (+ 1,54%).

Si l’on considère le front des valeurs au-delà de la dette souveraine des États, celui-ci ne se porte pas mal et il y a encore pour les boursicoteurs pas mal de profit à faire avec les entreprises. Et là nous avons une nouvelle constante du système, la plus forte progression a été Axa (+ 13,11%). BNP Paribas grimpe de 10,33. Mais en général les banques continuent à progresser. Société générale et crédit agricole grimpent de 9,60% et 8,88% justement parce que les marchés attendent du prochain sommet des mesures qui iront dans le sens de leur solvabilité.

Mais ce qu’il faut bien voir également c’est que les entreprises qui licencient massivement comme Arcelor-Mittal (+ 7,83), Peugeot (+ 7,54%) touchent comme d’habitude le salaire des licenciements et de ce fait la confiance des investisseurs.

Il me semble que c’est clair, alors maintenant avant de vous engager dans le soutien à un candidat écoutez bien ce qu’il propose ? Le fait de continuer dans l’euro comme le candidat du Front de Gauche ? De donner toujours plus de pouvoir à l’Europe comme les écologistes ? De continuer la rigueur pour les peuples en tentant d’être plus juste mais sans remettre en question l’Europe et la zone euro comme le candidat du PS ? Le fait est qu’il faut battre Sarkozy et la droite mais entretenir une quelconque illusion sur les autres est une mauvaise action et une manière d’obtenir l’inertie devant cette situation. C’est mon opinion et c’est pourquoi je m’abstiendrai au premier tour.

Danielle Bleitrach

Brèves Toutes les brèves

Navigation

Annonces

  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
    ... lire la suite

  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).