Affirmer le rôle de la Nation contre la Mondialisation capitaliste

Lutter contre la mondialisation, c’est être aussi réactionnaire que les luddites, dit Pascal Lamy - Partie 1

, par  Jean-Claude Delaunay , popularité : 4%

On connaît le mouvement luddite qui, dans l’Angleterre du début du 19ème siècle, se traduisit par la destruction de métiers à tisser. A cette époque, les machines-outils industrielles servaient d’ossature au mouvement d’expansion du capitalisme. Rétrospectivement, on a pu dire que les luddites étaient réactionnaires en cela qu’ils menaient un combat perdu d’avance. Marx porta sur eux le jugement suivant : « La machine est innocente des misères qu’elle entraîne… Il faut du temps et de l’expérience avant que les ouvriers, ayant appris à distinguer entre la machine et son emploi capitaliste, dirigent leurs attaques non contre le moyen matériel de production mais contre son mode social d’exploitation » (Le Capital, Livre 1).

Dans l’un de ses entretiens, Pascal Lamy (PL) fait allusion aux luddites pour qualifier diverses thèses contemporaines relatives à la mondialisation. « La thèse de la démondialisation… est une thèse réactionnaire. Ce qui compte n’est pas le passé mais l’avenir » (entretien sur Europe 1 avec J.-P. Elkabbach, 25 juin 2013). L’hostilité au processus actuel de mondialisation capitaliste, celle par exemple exprimée par Nicolas Dupont-Aignan, Arnaud Montebourg, Maurice Allais, Jean-Luc Gréau, ou bien encore par tous ceux que l’idéologie mondialiste nomme « les intégristes souverainistes », est par lui qualifiée de ringarde ou de réactionnaire. Ce serait, en quelque sorte, des néo-luddites.

Ces gens nourriraient « l’idée que l’on doit revenir au monde d’avant ». Or c’est impossible et ce serait vain, défend PL. En interprétant sa pensée je dirai que « la mondialisation » serait, selon lui, la vaste machinerie du monde moderne comme les métiers à tisser furent la machinerie du libre-échange. Il ne faudrait pas confondre « le métier à tisser » (en l’occurrence « la machine mondialisation ») et les rapports sociaux qui l’enveloppent. Vouloir briser la machine serait réactionnaire. Certes, on peut vouloir améliorer les rapports sociaux, mais on ne pourrait pas changer la machine.

Nombreux sont ceux ayant déjà critiqué les thèses de PL. Je pense cependant que son argumentation est perverse. Il faut donc s’y opposer sans relâche et dans le détail, avec encore plus d’obstination que celle qu’il met à la défendre. Cette thèse appartient à l’idéologie courante. Elle constitue l’essentiel de la pensée socialiste actuelle et elle imprègne, malheureusement, certaines franges de la pensée communiste. Pourtant, je ne vois aucune raison de m’y soumettre et les imprécations de PL relatives à la nature réactionnaire de toute pensée opposée à la mondialisation contemporaine ne m’impressionnent pas [1]. Je ne confonds pas, comme lui, domination du Capital et capacité du Capital à découvrir les chemins de la modernité.

Je souhaite donc, dans cet article, commencer à discuter la thèse défendue par PL. Pour cela, je développe ici mon argumentation à travers 4 points, dont voici les titres :

- 1 - La mondialisation n’est pas un phénomène technique.
- 2 - En décrivant la mondialisation capitaliste comme un phénomène technique, et notamment comme une simple « mondialisation », quelle conséquence théorique pour PL ?
- 3 - Les acteurs et les lois économiques de la mondialisation capitaliste.
- 4 - Est-il possible, au plan économique, de réguler et maîtriser la mondialisation capitaliste ?

Après les conclusions tirées de l’examen de ces 4 points, je chercherai, dans un autre article, à progresser dans l’examen des propos de Pascal Lamy. Les problèmes en cause dépassent largement sa personne. Ce sont, de plus, des problèmes difficiles. On doit donc prendre le temps qu’il faut pour chercher à les comprendre.
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1 - La mondialisation n’est pas un phénomène technique.

Le procédé le plus couramment utilisé par les idéologues des classes dominantes pour mettre leurs conceptions de la société « hors débat » et ensuite « hors révolution » consiste, au plan intellectuel, à en naturaliser les concepts.

Naturaliser les concepts signifie leur donner un contenu physique, technique, naturel en quelque sorte. Il s’agit de les sortir de la politique. Ainsi la mondialisation est-elle mise « hors débat » et « hors d’atteinte révolutionnaire » si elle est décrite et acceptée comme relevant de la technique ou du monde physique.

C’est ce que fait PL. Selon lui, la mondialisation doit s’imposer, quoique l’on fasse, dise ou pense, parce qu’elle relèverait de la technique. Certes, il explique qu’elle est enveloppée par des règles, des lois, des comportements. Elle est enveloppée par des rapports sociaux. Mais ces derniers ne seraient qu’un voile, un habit. En tant que phénomène technique, la mondialisation serait une réalité aussi solide que le roc.

Selon PL (conférence du 20 décembre 2012, Forum Europe), on peut la définir à l’aide des trois composantes principales suivantes : 1) Les nouvelles technologies (celles du transport des marchandises et de l’information). C’est la composante essentielle. 2) La multilocalisation de la production. Pour atteindre et dépasser sans cesse l’efficience technologique, les processus de production seraient désormais éclatés de par le monde dans des « chaînes de valeur globales ». 3) L’urbanisation croissante de la planète. Ce dernier phénomène engendrerait à son tour de nouveaux facteurs d’efficience.

La conclusion qu’il tire implicitement de ces trois composantes est que la mondialisation serait de nature technique. Elle n’aurait rien à voir dans son essence avec « la politique », ou, comme disent les marxistes, avec les rapports sociaux. Car les nouvelles technologies, par exemple, ne sont ni de droite ni de gauche, n’est-ce pas, mon cher Watson ? Elles sont, tout simplement. L’efficience économique, qui serait, selon PL, le moteur de la multi-localisation, ne serait, elle aussi, ni de droite ni de gauche. Elle est, elle s’impose, c’est une force. Il en est de même de l’urbanisation. Pascal Lamy ne serait qu’un observateur attentif de ce qui existe au plan technique, tout comme le Doyen Jèze, autrefois, observait que les ponts n’étaient pas des êtres politiques.

En réalité (c’est moi qui parle), les nouvelles techniques ne sont pas à l’origine des nouveaux rapports sociaux. Ce sont les nouveaux rapports sociaux qui appellent le besoin de nouvelles techniques. Marx n’est pas le penseur de la technique, c’est le penseur des rapports sociaux ainsi que du travail. Par suite, c’est le penseur des techniques nouvelles que les rapports sociaux, eux-mêmes nouveaux, appellent et contribuent à développer, notamment au niveau du travail, dans la lutte et la contradiction.

2 - En décrivant la mondialisation capitaliste comme un phénomène technique, et notamment comme une simple « mondialisation », quelles conséquences pour Pascal Lamy ?

La principale conséquence est la suivante. PL fait dériver de sa description technique une partie des nouveaux rapports sociaux politiques, de la mondialisation en cours. Il inverse le cours des explications comme du mouvement réel. Bien entendu, il ne parle jamais de « mondialisation capitaliste » mais toujours de « mondialisation ».

Pour lui, la grande transformation (l’aspect technique de la mondialisation) serait à l’origine du grand basculement (son aspect politique, le rôle nouveau des pays émergeant). Puis, par voie de conséquence, le grand basculement donnerait à la « mondialisation » un caractère durable.

En effet, selon lui, l’efficience économique induite par la mondialisation aurait été le point de départ de la croissance impétueuse des pays émergents (Chine, Inde, Russie, Brésil, Afrique du Sud, Indonésie, etc.). Cette évolution, ponctuée par le recul de la misère mondiale et la formation de « nouvelles classes moyennes » (25% de la population mondiale dans 20 ans, selon PL), serait irréversible. Elle s’imposerait donc aux pays anciennement dominants de l’hémisphère Nord.

PL reconstruit l’histoire avec un manque total de rigueur intellectuelle et de respect des faits. En réalité, la mondialisation actuelle est née de la crise généralisée du Capital des années 1970. Dans tous les pays développés, à cette époque, les capitalistes (les grands, ceux qui font le destin du monde, pas les petits qui travaillent comme sous-traitants des grands) ont cherché une issue aux difficultés qu’ils rencontraient dans la mise en valeur du capital. Il existe des tonnes de travaux à ce propos. Cette issue a consisté, pour eux, à « libérer le Capital » des contraintes que ce rapport social fondamental pouvait rencontrer dans « les vieux pays » et à se lancer dans l’aventure économique du monde. Enfin seuls, enfin libres ! Je vais reprendre dans le point ci-après les traits essentiels de cette « libération ».

Mais ce que je retiens ici, pour critiquer les propos de Lamy, est que les traits majeurs de cette « libération » ont consisté en la mise en place de nouveaux rapports sociaux de fonctionnement du Capital, au premier rang desquels la priorité désormais accordée à l’entreprise géante mondialisée, la mise en place d’une infrastructure financière mondiale, la mise à l’écart et la destruction des nations comme territoires pertinents de l’activité économique, une modification radicale du rôle des États dans le fonctionnement économique, et, cela va de soi, la surexploitation des travailleurs, ceux des vieux pays comme ceux des nouveaux, mais avec des effets politiques et psychologiques complètement opposés. Ce sont tous ces rapports sociaux nouveaux (nouveaux en ce qui concerne le fonctionnement courant du Capital, mais pas du tout nouveaux en ce qui concerne l’essence du Capital) qui ont tissé la trame de la mondialisation capitaliste de la fin du 20ème siècle. C’est dans ce cadre que se sont installées les nouvelles technologies et, notamment, la considérable réduction du coût de l’information comme du coût direct du transport des marchandises.

Simultanément, un certain nombre de pays émergents, après avoir expérimenté les limites de leur organisation sociale (pour la Chine, par exemple, l’échec du socialisme de pénurie à la Mao Zédong), se sont lancés dans la réforme, l’ouverture et le développement, intégrant le capitalisme, et donc les autres pays développés du monde, à leur mode de production. Ce n’est pas la mondialisation qui a provoqué leur développement. C’est leur aspiration immense au développement économique, et donc la mise en place de nouveaux rapports sociaux, qui les a poussés à intervenir dans le monde comme ils le font.

Il s’est donc produit une conjonction heureuse entre la crise du capitalisme dans les pays développés et l’aspiration au développement économique rapide dans les pays sous-développés. L’état actuel de l’économie allemande illustre cette coïncidence.

Le point de départ de l’analyse que l’on doit faire du monde contemporain n’est donc pas une analyse technique. C’est une analyse sociale. L’intérêt du marxisme est, pour employer le langage un peu étrange de Marx, de « défétichiser » ces rapports sociaux nouveaux en montrant que leur origine est "dans la société" et non dans "la nature" ou dans "la technique". Le rôle des idéologues du capitalisme mondialisé est au contraire de les « fétichiser », de les décrire comme naturels, comme extérieurs à la société, comme techniques, et donc s’imposant à tous. Défétichiser les rapports sociaux revient à se donner les moyens intellectuels de les transformer. Au contraire, accepter leur fétichisation, c’est abandonner a priori toute volonté révolutionnaire et transformatrice de ces rapports.

3 - Les acteurs et les lois économiques de la mondialisation capitaliste

Quels sont les acteurs et les principales lois de fonctionnement de la mondialisation capitaliste ?

- a) Les acteurs de la mondialisation capitaliste.

On peut distinguer 3 catégories d’acteurs dirigeants de la mondialisation capitaliste :
— 1) Les firmes géantes. Initialement le territoire national était la base productive des grandes firmes, le territoire national et le reste du monde étant le lieu d’écoulement de leurs produits. Puis, pour des raisons de rentabilité, elles ont eu le besoin d’exporter non seulement leurs produits mais leurs processus productifs, de se rapprocher des marchés de leurs produits, de se rapprocher de facteurs de production économiquement plus avantageux.

Le résultat est que l’entreprise géante n’est plus organisée autour de la production d’un produit. Bien sûr, l’entreprise géante vend des produits. Mais son activité principale n’est plus la production en tant que telle [2]. Elle rassemble des opérations effectuées ici et là de manière sous-traitée et disséminée. Par suite de quoi, organisée autour de contrats et non plus de produits, elle devient avant tout un centre d’information, un centre d’achats, un centre financier. La finalité de l’entreprise géante en est profondément modifiée. Le territoire national original ne compte plus sous l’angle de la production. La politique économique nationale d’autrefois, elle s’en moque.

Cela dit, en même temps que le Capital est libéré des « contraintes nationales », au plan de la production, des impôts, de la consommation de ses produits, la concurrence mondiale des capitaux passe à une échelle supérieure. Les entreprises petites et moyennes du territoire national sont embringuées dans le sillon des entreprises géantes, par exemple en tant que sous-traitantes. Elles subissent les effets de la mondialisation capitaliste, même si elles restent cantonnées dans leur petit territoire d’autrefois. Toutes les entreprises, grandes ou petites, de tous les pays développés sont aujourd’hui entraînées dans la mondialisation capitaliste.

— 2) Les acteurs financiers. La cour de récréation des entreprises géantes est désormais le monde entier. Là où existent de bonnes conditions de rentabilisation de leurs capitaux, elles investissent. Elles font appel à des actionnaires ou s’endettent. Mais elles peuvent avoir besoin de quitter les lieux, et très vite.

Dans leur marche vers le taux de profit maximum au plan mondial, elles ont besoin d’institutions qui leurs permettent d’engager et de dégager leur mise de façon rapide. Elles ont besoin de marchés financiers. Elles ont besoin de places où se rassemblent les collecteurs de cette épargne, tels les fonds de pension, ou d’éventuels acheteurs de leurs actifs. De la même façon qu’existent autour du globe des ceintures de volcans, existent, au cœur de la mondialisation capitaliste des ceintures de marchés financiers (un peu plus d’une trentaine dans le monde) animés par des investisseurs financiers de toutes sortes.

Les États, de leur côté, sont poussés à financer une partie de leurs dépenses via les marchés financiers. Les titres publics de créance deviennent une sorte de refuge pour les créanciers (car les États « ne font pas faillite », en théorie). Mais, simultanément, l’ampleur de la dette des États est soumise au contrôle implicite des opérateurs financiers mondiaux.

— 3) Les États. Ils interviennent, ou au contraire, sont incapables d’intervenir, dans deux domaines distincts.

Le premier domaine d’intervention est celui de l’ordre politique mondial. Ici, les États-Unis jouent le rôle de « gendarme en chef ». Le capitalisme a toujours eu besoin d’un État-gendarme. On peut dire que, sur ce plan, la mondialisation capitaliste est dotée des bases d’une action mondiale de gendarmerie.

Nous avons le triste privilège, en France, d’observer combien les élites socialistes se plaisent à intervenir politiquement dans le monde, au nom de l’idéologie des Droits de l’Homme et se comportent en réalité pour ce qu’ils sont, des partisans résolus de l’impérialisme, le système politique mondial ayant leur soutien. Ils ne sont plus seulement des partenaires loyaux du capitalisme. Ce sont, aujourd’hui, des partenaires loyaux du capitalisme mondialisé.

Je ne leur ferai pas le reproche d’être des supplétifs de l’Amérique du Nord. En effet, cela pourrait laisser croire que, si les socialistes agissaient seuls en tant que gardiens des intérêts politiques les plus généraux du Capital mondial, cela trouverait grâce à mes yeux. Il n’en reste pas moins, sous cette réserve, que leur servilité mal récompensée envers l’Amérique donne de la France une image peu honorable.

On remarque cependant que, eu égard à la nature composite de la mondialisation capitaliste (pays capitalistes, pays émergents diversifiés), les gendarmes capitalistes du monde n’ont plus les coudées aussi franches qu’autrefois. Il n’a pas été indifférent de passer du G5 (1975) au G8 (1998), puis au G20 (1999), quand bien même ces regroupements mondiaux n’auraient pas de pouvoir de décision [3].

Le second domaine d’intervention des États dans le monde est celui de l’ordre économique. Dans ce domaine, les agents moteurs de la mondialisation capitaliste ne disposent, au plan mondial, d’aucune institution étatique qui régulerait l’ordre économique mondial.

La stabilité économique du monde repose sur la morale et la bonne volonté, ce qui, dans les pays capitalistes, ne veut pas dire grand-chose. En réalité, non seulement le processus de la mondialisation capitaliste fonctionne sans filets de sécurité mais il est émaillé de ces zones de non-droit économique absolu que sont les places financières « libres ».

- b) Les lois économiques de la mondialisation capitaliste.

J’en, énonce quatre :

— (1) La loi du taux de profit mondial maximum. Comme indiqué supra, les firmes géantes ratissent toute la planète, là où il y a du revenu. Elles ont besoin de la plus grande mobilité économique et législative possible : marchés et acteurs financiers, pas d’entraves à leurs déplacements, évasion fiscale maximum, accords divers, par exemple accords de l’OMC (marchandises, libertés financières), accords de l’OCDE (investissements).

— (2) La loi de la valeur mondialeunique (ce qu’on appelle « la loi du prix unique »). En vérité, la théorie marxiste permet d’être plus précis que la théorie courante. D’une part, il tend certainement à s’établir une valeur unique des produits et des services, même si, d’autre part, les prix des produits (ou les taux d’intérêt) peuvent être encore très différenciés.

— (3) La loi de l’hyper-concurrence. La mondialisation capitaliste se fraie son chemin dans le cadre d’une concurrence exacerbée. La compétitivité mondiale devient le maître mot du vocabulaire économique. C’est le harcèlement permanent des salariés qui l’emporte.

— (4) Le triangle d’incompatibilité de Mundell. Cette règle empirique indique que si, dans un pays, fonctionne la mobilité totale de ses capitaux, il n’est pas possible de réaliser, en plus de cette mobilité, une politique monétaire indépendante ET une politique indépendante des taux de change. Il faut choisir entre ces deux dernières branches de la politique économique. En général, avec la mondialisation capitaliste (liberté généralisée des capitaux), les États (ou leur équivalent territorial) choisissent de fixer le taux de l’intérêt (la circulation des capitaux). Le taux de change (variable pesant sur les échanges commerciaux) s’adapte en conséquence, sans que cette adaptation soit nécessairement adaptée aux besoins généraux de l’économie.

Il ressort de cette règle que la mondialisation capitaliste accroît les degrés de liberté des capitalistes mais réduit les degrés de liberté de la nation, ou de l’ensemble géographique considéré.

Si l’on fait le bilan de cette partie, on aboutit aux deux grandes conclusions suivantes : le processus de mondialisation capitaliste entraîne d’une part la dévalorisation des nations et d’autre part la régression de l’ordre mondial, tant au plan politique qu’économique.

D’un côté, les « lois » économiques de la mondialisation capitaliste anéantissent progressivement les nations telles qu’elles fonctionnaient dans les années 1950-1980.

De l’autre, l’ordre politique mondial ne s’est aucunement amélioré, pas plus que l’ordre économique mondial. Ils ont régressé l’un et l’autre. La violence guerrière s’est accrue de la part des impérialismes, comme on a pu l’observer hier avec la Libye, comme on peut l’observer aujourd’hui avec la Syrie. Quant aux crises économiques, elles ont été, depuis 1980, de plus en plus graves et fréquentes.

En se situant seulement dans le plan économique, que faut-il faire ? Faut-il, si l’on souhaite défendre les intérêts de la France, intégrer encore plus notre économie dans la mondialisation capitaliste et accepter à terme sa disparition comme économie indépendante ?

Faut-il, au contraire, s’opposer résolument à ce courant dominant ? Mais alors, au nom de quels principes et à la suite de quelles analyses ? Avec quels alliés, en France et dans le monde ? En promouvant quels changements ?

4 - Est-il possible, au plan économique, de réguler la mondialisation capitaliste, comme le pense Pascal Lamy ?

Il est clair que, si l’on envisage de sortir de la mondialisation capitaliste, c’est notamment pour la raison qu’on ne peut pas la réguler, ce que je vais examiner dans cette partie.

Jusqu’à présent, le fonctionnement de la mondialisation capitaliste s’est accompagné d’une absence à peu près totale de régulation économique mondiale. Cela pourrait-il évoluer ? Peut-on envisager la création d’un État mondial compensateur, au moins dans certains domaines de l’économie ?

Dans la phase antérieure du capitalisme monopoliste d’État, les économies des différentes nations étaient tant bien que mal stabilisées grâce à des institutions et à des décisions de politique économique nationales. L’ordre monétaire du monde (Accords de Bretton Woods) avait d’ailleurs été conçu pour ça.

Dans la phase actuelle, celle du capitalisme monopoliste financier mondialisé, où l’emporte au plan mondial la liberté absolue des capitaux (financiers, productifs et marchandises), il n’existe plus de régulation nationale équilibrée du rapport entre Capital et Travail et il n’existe pas davantage de régulation mondiale des crises engendrées par le Capital.

Après l’éclatement de la dernière crise, le gouvernement de la Chine a lancé (novembre 2008) un grand plan de dépenses (600 milliards $). C’était un acte volontaire, une décision totalement chinoise.

Ce plan n’a pas été suffisant pour résorber la crise mondiale. Il a quand même eu un effet stimulant des activités dans les pays développés, notamment les États-Unis. Sans doute avait-il été aussi lancé dans l’intérêt de l’économie chinoise. Les dirigeants chinois ne sont pas des philanthropes et n’ont pas les moyens de la philanthropie. C’est un vieux principe de la sagesse humaine que de donner pour recevoir. Do ut das. Mais comment se fait-il que ce principe de sagesse n’ait pas été traduit, au plan institutionnel mondial, par une sorte de volonté générale de régulation concertée ?

Pascal Lamy pense que la mondialisation devrait être maîtrisée (notion de « mondialisation maîtrisée » par lui proposée en 1999, avant qu’il ne devienne Commissaire européen au Commerce).

Il n’est pas le seul à faire ce genre de commentaire. M. Sarkozy s’est lancé dans cet exercice après la crise de 2007-2008. M. Borloo, par exemple, fait tout le temps des discours sur l’aisance avec laquelle il serait possible de « maîtriser » la mondialisation « si on le voulait ». M. Swab, fondateur et Président du Forum de Davos, s’exprimait récemment sur ce point. « Après la crise économique, nous devons repenser notre système mondial et nos processus de décision… La coopération et la gestion de la copropriété mondiale doivent être stratégiques plutôt que réactives, en priorisant les besoins mondiaux et en corrigeant les déséquilibres… Nous devons non seulement servir nos propres intérêts mais aussi ceux de tous ceux avec qui nous sommes interconnectés » (Chine informations, Liu Ying, 12 Septembre 2013). Et ainsi de suite. Oui, sur le papier, c’est facile. Mais en réalité ?

La thèse que je défends ici est que cette maîtrise n’est pas possible, structurellement, par la seule volonté des forces capitalistes mondialisées, et que, en tout cas, nous en sommes fort éloignés. Quels sont mes arguments ?

On peut commencer par rappeler certains débats qui eurent lieu, pendant la première guerre mondiale, au sein du mouvement « social-démocrate ». Ils portaient sur la capacité du système impérialiste à organiser entre ses membres des règles de paix. Comme on le sait, K. Kautsky produisit, peu de temps avant le déclenchement de cette guerre, la notion de super-impérialisme (Super-Imperialism, paru en septembre 1914 dans Die Neue Zeit, traduction anglaise). Le danger de guerre, selon lui, avait pour fondement « le nationalisme » mais non les pulsions et contradictions économiques internes du capitalisme impérialiste. Il estimait possible, rationnel, que les capitalistes puissent suivre le mot d’ordre que Marx lançait aux prolétaires du monde : « Capitalistes de tous les pays, unissez-vous ! ».

On peut donc inférer de sa position, bien que celle-ci ait été développée sur des bases théoriques étranges (la disproportion entre les secteurs industriels et agricoles et la décroissance du rendement économique à régler cet écart par la guerre), que, pour lui, le réglage mondial concerté des déséquilibres contemporains aurait été envisageable.

La position de Kautsky fut sévèrement critiquée par la plupart des théoriciens et dirigeants du mouvement social-démocrate de l’époque (L. Trotski, R. Luxemburg, N. Boukharine, V. Lénine). Lénine, par exemple, donnait en 1916 une définition indiquant l’agressivité de l’impérialisme. Et il écrivait, dans une brochure sur les États-Unis d’Europe, parue en 1915 : « En régime capitaliste, le développement égal… des différents États est impossible. Les seuls moyens possibles de rétablir de temps en temps l’équilibre compromis, ce sont… les crises dans l’industrie, les guerres en politique ».

Il ne fait donc pas de doute que, selon Lénine, au contraire de Kautsky, le système impérialiste contemporain ne serait pas capable de régler rationnellement et pacifiquement ses contradictions économiques, dans le cadre d’un État mondial, d’un super-impérialisme. Cela dit, on doit se demander si des faits nouveaux sont intervenus depuis la première guerre mondiale.

Le monde a changé depuis 1914-1918. Plusieurs faits pourraient aller dans le sens d’une régulation mondiale concertée. Je vais indiquer trois grands arguments favorables à cette thèse et exprimer mes doutes à leur propos.

Supposons que je dialogue avec un interlocuteur imaginaire. Il pourrait tout d’abord me dire que « … le "capitalisme classique" s’est affaibli. Il n’a plus aujourd’hui la même puissance qu’il y a un siècle. Des pays émergents contestent sa suprématie. Pourquoi ses dirigeants ne seraient-ils pas, de ce fait, enclins à se donner pacifiquement des règles de fonctionnement mondial, pour éviter que le système ne soit encore plus affaibli ? ».

Je suis d’accord que les dirigeants capitalistes ou assimilés du système capitaliste l’ont toujours défendu avec détermination, sachant faire, le moment venu, quand ils étaient en mauvaise posture (par exemple en Mai 1968), les concessions nécessaires pour assurer la survie du système. Mais depuis 1990, le système socialiste de type soviétique est « out ». En outre, les pays émergents sont, pour une partie d’entre eux, le Brésil par exemple, des pays capitalistes. Les entreprises géantes brésiliennes prennent la place d’entreprises géantes américaines dans certains domaines. Elles ne contestent pas le bien-fondé de la mondialisation capitaliste. Les vieux pays impérialistes n’ont, pour l’instant, en ce qui concerne la nature capitaliste des structures sociales de base, rien à craindre d’eux. Quant à la Chine, pays constitutionnellement communiste, elle a besoin du marché mondial actuel pour se développer.

Au total, ce premier argument (l’affaiblissement du système capitaliste) paraît insuffisant pour justifier la formation d’un État mondial compensateur. Les capitalistes issus des « vieux pays » n’ont rien à craindre pour l’instant. Le capitalisme est fondé sur la propriété et l’appropriation privées des capitaux. C’est un système décentralisé dans son essence. Pourquoi se donner la contrainte d’un « horrible » principe de centralisation et de contrôle s’il n’y a pas de danger à l’horizon ? Cet État mondial serait d’autant plus horrible qu’il devrait faire une place à la Chine, à la Russie.

Je poursuis le débat en imagination.

« Oui, mais depuis les dernières décennies, les capitaux des divers pays capitalistes se sont davantage interpénétrés. Un seuil a été franchi. Il tend à se former une classe capitaliste mondiale. Pourquoi cette classe mondiale n’accepterait-elle pas la formation d’un État mondial capitaliste pour faire face aux déséquilibres les plus graves, d’abord pour elle ? ».

L’existence ou non d’une classe capitaliste mondiale est un aspect de la discussion scientifique contemporaine. Je ne suis pas en mesure de trancher, seul, un tel débat pourrait nous aider, même si j’ai des doutes sur l’existence d’une telle classe. Cela dit, on observe que ces capitalistes de dimension mondiale, ainsi que leurs grands commis, comme Pascal Lamy, se déclarent à peu près tous « patriotes » (par exemple entretien de PL avec Francis Brochet, France-monde, 14/07/2013). Il y a bien une raison pour que des individus qui détruisent les nations, qui envoient leurs enfants dans les universités américaines, qui constituent une sorte de famille dirigeante des grands organismes internationaux et pour lesquels le monde est un village, se déclarent patriotes.

Celle-ci, à mon avis, est la suivante : des groupements capitalistes se forment autour des États existants, lesquels assurent leur défense dans l’arène mondiale et concentrent pour eux les capitaux nécessaires. Un État mondial ne pourrait assurer une défense aussi différenciée. Et puis, que voudrait dire « un État mondial » s’il est vrai, comme je l’ai défendu au point précédent, que l’hyper-concurrence entre entreprises géantes est le principe concret de fonctionnement de la mondialisation capitaliste ?

Ce que l’on observe, au plan mondial, ce sont donc, selon moi, des dirigeants de firmes géantes ainsi que les représentants des États. Or ces derniers sont dotés de puissances économiques, politiques, financières, scientifiques, militaires, culturelles, inégales.

L’État des États-Unis est certainement le plus puissant de tous et dans tous les domaines. Il émet la monnaie mondiale. Il dirige l’OTAN. Il est à la pointe des nouvelles technologies. Il draine les cerveaux du monde et son produit phare, Coca-Cola, est partout le symbole de la civilisation.

Avec la mondialisation capitaliste, c’est le modèle américain de la liberté totale des capitaux et des entreprises qui est affirmé. Pourquoi le Président de cet État, à l’occasion d’une réunion du G20, plaiderait-il, autrement que pour rire, le bien-fondé d’une organisation étatique mondiale qui réduirait nécessairement le pouvoir de l’État américain ainsi que le pouvoir de « ses capitalistes » ? Il revient aux capitalistes mondiaux ne figurant pas dans ce lot de s’organiser autour des autres États.

Que les États-Unis ainsi que leurs alliés naturels puissent se mettre en mouvement ensemble pour empêcher toute atteinte grave portée à la liberté absolue des capitaux dans le monde, est une éventualité que les communistes devraient considérer très sérieusement. Si les circonstances politiques le permettent, et si l’un des États capitalistes actuels change de couleur, ils n’hésiteront pas une seconde à intervenir pour préserver « la règle du jeu générale ».

Mais que ces États décident, dès aujourd’hui, de mettre en place un contrôle économique mondial de la gestion de l’ensemble des capitaux ou une monnaie mondiale gérée par le FMI, cela paraît « hors sujet ».

Mon interlocuteur imaginaire lève alors le doigt pour la troisième fois et demande : « Mais enfin, l’Union européenne ne pourrait-elle pas être un exemple pour le monde entier ? Avec l’Union européenne, il apparaît que, même si c’est difficile, il est possible de rassembler des capitalistes et des États dans une même construction. Trotski lui-même n’avait-il pas envisagé cette possibilité ? Pourquoi ce qui est peut-être en passe d’être atteint en Europe ne pourrait-il l’être au plan mondial ? ».

Je renvoie sur ce point à un article important de Pierre Le Gall, sur l’URSS et l’unification européenne, publié par la Revue Française de Sciences Politiques en 1967. Dans cet article, l’auteur rappelle que le refus initial de l’URSS de prêter attention aux débuts de l’Europe reposait sur l’analyse que Lénine avait faite en 1915 (cf. plus haut) sur l’inégalité de développement des États de référence capitaliste, interdisant selon lui qu’une concertation puisse avoir lieu entre eux. Mais à partir de 1962, avec les contributions et analyses de l’économiste A. Arzumanian puis de J. Varga, les positions du gouvernement soviétique changèrent du tout au tout. Le processus de la construction européenne fut pris au sérieux. Ce gouvernement rejoignait en quelque sorte les positions de Trotski, selon lequel les États d’Europe pourraient se réunir pour faire face à l’État américain. Cette hypothèse était par ailleurs cohérente avec sa théorie selon laquelle la révolution bolchévique en Europe ne pouvait être gagnée dans un seul pays.

Je pense que le gouvernement soviétique de l’époque a eu raison de faire évoluer sa position théorique sur l’Europe. S’il est vrai qu’existent, entre Etats impérialistes, d’importantes inégalités de développement, économiques et politiques, comme on l’observe aujourd’hui entre l’Allemagne et les autres pays proches, s’il est vrai par conséquent, que des forces centrifuges traversent leurs relations, elle peuvent également se rassembler et suivre les forces centripètes les conduisant à placer en commun leurs classes salariales sous une tutelle institutionnelle plus étroite.

Ce qui voudrait dire, au plan européen, que plus la contradiction entre Capital et Travail serait forte en ce lieu, et plus la construction institutionnelle de l’Europe serait stimulée, toutes choses égales par ailleurs en ce qui concerne la lutte des classes. L’analyse de Trotski, à ce propos, paraît tout à fait acceptable. Mais cela ne modifie pas ma conclusion relativement à la rationalité d’un État mondial.

Les capitalistes implantés en Europe sont certes partis eux aussi à la conquête du monde, comme leurs homologues américains. Mais ils se sont engagés dans l’organisation institutionnelle de l’Europe pour accroître leurs avantages comparatifs, relativement aux entreprises géantes américaines et non pour réaliser un modèle transposable au plan mondial.

La construction européenne, dont l’aboutissement effectif est toujours soumis aux aléas de la lutte des classes, n’est pas un modèle d’État super-impérialiste transposable au plan mondial. Elle est conçue comme une composante de l’affrontement concurrentiel mondial et non comme le modèle d’un État super-impérialiste compensateur.

La Chine souhaiterait sans doute que le monde fût une arène pacifiée et civilisée, où l’on puisse débattre et décider « en toute sérénité ». Mais ses gouvernants sont animés par la culture confucéenne de l’harmonie, qui est très différente de la culture américaine du rapport des forces et du conflit frontal.

Le comportement américain est plus conforme au fonctionnement de l’hyper-concurrence capitaliste qu’à la morale enseignée par Kong Zi. No pity no mercy, disent les adeptes de Locke et de Hume. En sorte que, au total, il me semble que le troisième argument que j’avançais ci-dessus (l’éventuelle exemplarité de l’Europe) n’est pas recevable.

Il est temps pour moi de ramasser dans une conclusion partielle les éléments de la discussion menée dans cet article.

5 - Pour conclure momentanément la discussion

Je suis parti de certains propos de Pascal Lamy pour rendre compte de l’idéologie des élites socialistes relatives à la mondialisation capitaliste tout en donnant ma propre interprétation de ce phénomène. Comme Nicolas Dupont-Aignan (ainsi que ses commentateurs) en ont fait le constat, PL est un triste et terne personnage (Cf. Pascal Lamy, Docteur Folamour de la mondialisation, en ligne).

Quoiqu’il en soit, ce que j’espère avoir établi est que l’on doit absolument éviter de confondre la mondialisation et la mondialisation capitaliste. Le discours n’est jamais innocent. Ne pas faire cette distinction, quand on est communiste, revient à se mouler dans « les pensées » de ses adversaires politiques. Parler de mondialisation et non de mondialisation capitaliste revient à exclure la mondialisation capitaliste de la critique révolutionnaire. En tout cas, si l’on emploie le terme de mondialisation sans qualificatif, le contenu du concept doit le plus précis possible.

Car la mondialisation capitaliste suit des règles et des lois qui, sans être des lois physiques, ne sont pas tombées du ciel et ne sont pas de vagues approximations. Elle est animée par des agents concrets et non par des structures abstraites (les marchés financiers, par exemple), comme l’énonce trop souvent le langage militant. L’exigence permanente de compétitivité mondiale au nom de laquelle les entreprises géantes harcèlent et surexploitent leurs salariés, comme toutes les entreprises qu’elles dominent et pressurent, en est la principale manifestation.

N’y aurait-il donc point de salut aujourd’hui hors la mondialisation capitaliste ?
C’est alors que j’ai commencé à m’attaquer à l’idée, développée par PL, selon laquelle la mondialisation capitaliste présenterait, certes des mauvais côtés, mais que les bons côtés l’emporteraient, et de loin. Il conviendrait seulement, selon lui,de trouver les règles de son équilibrage, de sa maîtrise.

J’ai exprimé mes doutes sur cette possibilité et présenté dans le détail mon argumentation. Cela m’a conduit à évoquer des débats anciens qui me seront utiles par la suite.

Maintenant, voici mon programme de travail. Puisque, selon moi, la mondialisation capitaliste ne peut être équilibrée et réglée, puisque les travailleurs du monde entier en feront toujours les frais, ils doivent en sortir. Mais vers quelle issue territoriale et politique ? La nation ? L’Europe ? Cette interrogation fera l’objet de mon troisième papier.

Dans l’immédiat, je souhaite éclairer le fait que la mondialisation capitaliste est coûteuse en même temps que contre-productive. Il convient non seulement d’en sortir, de le faire le plus rapidement possible. Mais il faut agir ainsi pour satisfaire des objectifs et d’autres lois de fonctionnement et de développement que celles actuellement permises par la mondialisation capitaliste.

Jean-Claude Delaunay, septembre 2013

Partie 2 : La mondialisation capitaliste est très couteuse

Partie 3 : Sortir de la mondialisation capitaliste : Pour quel mode de production ? Sur quelle base territoriale ?

[1Je renvoie au chapitre 12 du livre que j’ai rédigé avec Quynh Delaunay, Lire le Capitalisme, Essai sur le capitalisme contemporain, Le Temps des Cerises, 2007.

[2Le paradoxe de l’entreprise géante est de « se centrer sur le cœur de son métier » (donc, apparemment, sur un produit principal) mais c’est pour être « un centre de contrats » plus efficace.

[3Supposons, par hypothèse d’école, que la France devienne, dans sa masse, un pays authentiquement socialiste et antimondialiste. Quel serait l’attitude du gendarme mondial et de ses alliés « socialistes » à l’égard de notre pays et de son gouvernement ? Pourquoi la mise en cause socialiste du capitalisme et de la « liberté d’entreprendre » de très grandes entreprises ne seraient-elles pas évoquées comme des « atteintes intolérables au Droits de l’Homme » ?

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    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).