Réflexions dans la lutte politique.

Limites du FDG Soulever quelques contradictions pour travailler à les résoudre.

, par  Gérard Garcia , popularité : 2%

Dans la préparation du 36ème congrès, pas assez nombreux sont les communistes à s’interroger. Entre le suivisme des uns et la résignation de bien d’autres, c’est la diminution continue du nombre d’adhérents et la faible participation aux consultations qui domine. La direction actuelle du PCF est-elle en état de faire évoluer cette tendance lourde ? Nous n’en sortirons pas sans un rigoureux et contradictoire examen des conditions si diversifiées de la lutte. Une contribution.

Notre camarade Gérard Garcia du bureau de la section Ouest-biterrois (34) nous fait parvenir ces réflexions d’actualité sur le Front de Gauche.

Il milite dans une section traversée concrètement par le débat, la théorie se heurtant ces derniers jours à la pratique quotidienne. Dans le cadre de la première partielle opposant une socialiste sortante, (élue de 10 voix en juin, dans une triangulaire, le candidat PCF du Front de gauche ayant alors rassemblé 3445 voix au premier tour) à l’ancien député UMP député, jusque là, de la circonscription.

Le PG n’a pas hésité dès le premier tour à appeler à voter socialiste. GA et FASE se « contentant » elles de promouvoir une candidature excluant les communistes, principale force organisée, et de loin dans la circonscription, dans un rapport de 10 à 1 !

La candidature PCF-Front de gauche a finalement été gagnée par la réalité du rapport des forces et le principe de la reconduction des candidatures de juin 2012. Le résultat des premiers et second tours corrélés à ceux des deux autres votes simultanés, montre tout le chemin à faire dans le combat anticapitaliste. En cette période de congrès nous publions ces réflexions pour participer aux débats.

La capacité de Gérard à pointer certaines contradictions peut grandement nous aider. Toutes les positions exprimées alimenteront utilement les débats.

Paul Barbazange, candidat PCF-Front De gauche dans la 6ème circonscription de l’Hérault.


Limites du FDG

Si dans le débat qui précède le congrès, le FDG se limitait à ce qu’il est, alors il y aurait moins de polémiques et de divergences à son sujet.

Pourquoi ne pas convenir une fois pour toutes, que la première ambition du FDG se veut d’être un rassemblement prêt à s’élargir pour ensuite, affronter toutes les séquences électorales ?

Comment peut-on penser et avec quel instrument peut-on mesurer qu’à un moment, le FDG aura été un élément dynamique ?

Si c’est avec le résultat des élections présidentielles, c’est raté. Sans ne rien enlever à la brillante campagne de Mélenchon largement relayée par les médias pour canaliser et dévier un électorat prédestiné au PS, il faut bien reconnaitre que celui-ci a également bénéficié de la méconnaissance du candidat du NPA, mais aussi de LO. Et la très mauvaise campagne des écolos, lui a même permis de surfer sur ce thème. La nature ayant horreur du vide le PG vient d’inventer l’éco-socialisme.

Mais tout compte fait, avec les forces regroupées et après l’expérience ultra négative des CUAL (Comités Unitaires Anti-Libéraux), Mélenchon réalise juste deux point de mieux que Robert Hue déjà fortement compromis par la mutation et les prémisses de la gauche plurielle.

Entre temps nous avons déjà perdus 45% de nos conseillers régionaux et nous venons de perdre plus de la moitié de nos députés.

Jusqu’à présent on ne peut pas non plus affirmer que six mois après les élections la dynamique du FDG soit devenue le levain d’une nouvelle conscience de classe et le ferment de luttes qui tendraient à se généraliser.

Nous restons dans la même configuration d’un mécontentement qui grandit se manifestant par des luttes sectorielles ; « peut être » en attendant une autre échéance électorale et restant toujours limitées sur le terrain de la défensive.
Nous voilà de retour juste avant le mouvement de 2010, mouvement qui au passage avait jeté dans les rues bien plus de monde que tous les électeurs du FDG et tous ceux drainé par nos meetings.

Il ne faut pas oublier que le Front de gauche s’est constitué après que nous ayons emmagasiné les victoires contre le CPE, celle du référendum de 2005 et que le mouvement pour la défense des retraites avait largement dépassé ce thème et canalisé le mécontentement hors du champ revendicatif, le portant au niveau de l’exigence d’un changement de société. C’est l’âpreté de l’affrontement et l’échec de ce mouvement qui est cause de l’ajournement des luttes et avait renvoyé l’espoir populaire aux échéances de 2012 ; c’est gonflé de cet espoir que s’est nourrie la « dynamique du FDG ». L’implication dans cette campagne du monde syndical, démontre sans ambigüité l’attente d’un « règlement de compte ».

Sans oublier, bien sûr, que notre peuple venait de prendre 5 ans avec Chirac et Raffarin et 5 de plus avec Sarkozy, la droite la plus dure que nous aillons connue, c’est surtout dans se contexte que s’est manifesté ce rejet et par défaut l’élection de François Hollande.

Malgré le cadre institutionnel qui maintenant impose inconditionnellement le vote utile, la courte victoire de Hollande.

Et l’actuelle érosion de cette majorité ne permet pas d’espérer un rapide ressaisissement, nous en avons l’expérience ; c’est à coup de stigmatisations et de boucs émissaires que va encore s’éparpiller le mécontentement, dispersant l’électorat.

Il faut donc sortir du schéma traditionnel, le FDG pouvant rester le socle d’un rassemblent électoral tout terrain.

Mais la finalité du FDG ne doit en aucun cas devenir l’axe de notre stratégie. Ce que certain dans notre parti appellent « Un rassemblement à vocation majoritaire », nous renvoie aux échecs des « unions de la gauche », même une évolution favorable de nos forces au sein de cet amalgame ne permettrait plus la mise en œuvre d’un réel changement de société.

Les forces du capital minées par les contradictions qu’elles ont du mal à surmonter, nourrissent une bataille idéologique sans précédent, d’un autre côté l’usure interne du combat de l’union aurait vite raison de notre volonté et de notre énergie.

Sur ce terrain le capitalisme gagne depuis longtemps toutes ses batailles. Le PS malmené et même tiraillé par la lutte de classe, reste moins sensible à cette dernière pression et pour se sortir d’affaire est toujours tenté par un recentrage. Le « Peuple de gauche » n’existe que dans la tête et le discours de nos dirigeants ; le PS fait comme à son habitude une politique de droite, une partie du salariat vote FN, l’autre largement s’abstient.

Une partie importante de l’électorat est pas prête à réintégrer le cadre étriqué de la « maison gauche ».

Si nous voulons passer à autre chose il faudra bien plus que le moteur hybride que préconise Roger Martelli.

Nous avons aujourd’hui besoin d’un moteur qui accumule les qualités d’un puissant réacteur supersonique, et qui produise de l’énergie à revendre pour irradier les consciences et nourrir le mouvement des masses.

Ce n’est pas en nous imposant de toutes nos forces dans l’espace d’une majorité qui pousse la virgule juste après les 50% et n’a de fin en soi que la conquête du pouvoir dans un cadre condamné par l’expérience, que nous serons en capacité d’aider à la transformation de la société.

A force de ne pas vouloir apeurer le peuple, nous même nous prenons peur.
Ainsi, comme pour en édulcorer le contenu, nous avons repris à Mélenchon le terme de « Révolution citoyenne » et nous rajoutons pacifique et démocratique, en prenant soin de l’opposer aux éventuelles violences d’une minorité agissante, en réduisant l’acte révolutionnaire à un seul itinéraire possible, de l’isoloir à l’urne, mais également en raccourcissant le temps de la prise du pouvoir en le restituant instantanément aux parlementaires.

Naturellement, c’est dans le cadre de cette légitimité immunisante que de façon pacifique et grâce au travail législatif que nous mettrions en œuvre le programme commun au FDG, déjà court-circuité par le nouvel « éco-socialisme ». Nouvelle république, appropriation sociale, nationalisations des secteurs clés, nouveaux droit aux travailleurs, refonte des traités Européens… etc.

Quant on voit la guerre des classe que livre la bourgeoisie au monde du travail il y a de quoi s’interroger sur l’avènement d’une révolution tapis rouge !
Alors pourquoi fuir la réalité de l’inévitable affrontement de classe,
d’autant que les salariés sont habitués et le vivent quotidiennement dans l’âpreté des conflits qui les opposent au capital ?

Pourquoi avec la multiplication de fronts, vouloir briser l’idée de l’indispensable et incontournable constitution d’un unique front de classe ????

Gérard Garcia, Bureau de section ouest Biterrois, secrétaire de la cellule de Cazouls-les-Béziers (34).

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    Un film
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  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

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  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).