Les gilets jaunes et la lutte des classes

, par  Robert Malcles , popularité : 30%

Alors que certains, y compris au sein du parti communiste : voir, il y a peu, la proposition de base commune "Le Printemps du communisme" : « Pendant longtemps nous (les communistes) avons pensé que les luttes devaient être hiérarchisées, et que les "luttes sociales", directement liées au rapport capital/travail devaient être placées au sommet… Il est grand temps d’en finir avec une vision pyramidale des luttes et d’articuler les combats contre les différents systèmes de domination et d’exploitation (anticapitalisme, féminisme, écologie, antiracisme…) », le mouvement des gilets jaunes remet directement au cœur du débat la question essentielle : la lutte des classes.

Qui sont ceux qui occupent les ronds-points ? Ce sont tous et toutes, et elles sont nombreuses, de tous âges de 17 à 77 ans, des salariés, des artisans, de tous petits patrons, bref les dominés, ceux qui se sentent méprisés, parce qu’ils sont méprisés. Il ne s’agit pas d’un sentiment ou d’une impression vague, il s’agit d’une cruelle réalité.

Tous ceux qui subissent, à des degrés divers, l’exploitation capitaliste, qui subissent, dans leurs chairs, les décisions prises ailleurs, dans les cercles de plus en plus fermés de l’oligarchie financière et de ses relais comme l’Union Européenne.

Bref ce sont les mêmes que ceux qui ont fait la Commune de Paris : classe ouvrière et petite très petite bourgeoisie. Et en écoutant les radios et les télés, je n’ai pas entendu un seul intervenant tenir des propos déplacés. Si le rejet de la hausse des taxes revient régulièrement, je n’ai jamais entendu de remise en cause de l’impôt ou des cotisations sociales. Par contre, les fins de mois difficiles, les fins de mois qui commencent le quinze et parfois avant : oui, cela revient régulièrement et ce qui est bien posé, c’est la nécessité de l’augmentation des salaires.

Et là on touche au cœur du système. Le système est prêt à accepter beaucoup de choses, (révolution des mœurs et autres…) tant que cela ne touche pas au profit et à la propriété.

Le pouvoir aux abois, les médias à ses ordres et la gauche caviar, développent contre le mouvement des gilets jaunes un argument rédhibitoire. Il aurait été lancé, il serait contrôlé par l’extrême-droite. Cet argument faux ne peut que renforcer cette extrême droite qu’ils prétendent combattre. Mais n’ont-ils pas besoin d’un épouvantail pour se maintenir au pouvoir, contre la contestation populaire, dans la bonne tradition mitterrandienne ?

En 1907, Clémenceau n’accusait-il pas déjà le mouvement des vignerons d’être manipulé par les royalistes ?

P. Martinez nous explique qu’il n’est pas question pour la CGT de manifester avec l’extrême droite. Pourtant, à plusieurs occasions, elle l’a déjà fait, et si ce n’était pas ensemble, c’était en même temps. Comme l’extrême droite, les militants de la CGT ont voté non à Maastricht en 1992, ils ont voté non au TCE en 2005, ils ont manifesté dans la rue contre la guerre du golfe en 1991, et on ne remontera pas à 1956 et à l’intervention à Suez.

A ce propos ne faudrait-il pas relire la charte d’Amiens de 1906, qui indique : « La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat ».

Certes ce mouvement n’a peut-être pas le niveau de conscience suffisant, mais n’est-ce pas le rôle des militants aguerris d’y participer et d’élever ce niveau de conscience ? C’est dans la lutte que l’on apprend et, dans ces moments là, les idées avancent vite.

NB : les médias viennent d’annoncer l’arrestation de Carlos Ghosn au Japon. Gagner plus d’un million d’Euros par mois ne lui suffisait pas. Il fallait en plus (c’est du moins ce dont il est accusé) qu’il tape dans la caisse.

Robert Malclès
ANC

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    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

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    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
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