Congrès de la CGT

1ère journée de débats et intervention des Fralib Coordination des luttes et nationalisation...

, par  Charles Hoareau , popularité : 7%

Première journée de débats sur le rapport d’activité (adopté à 87,5% des voix). Pour Fabien une tonalité offensive se dégage incontestablement des interventions. plusieurs délégués expriment le souhait que la CGT soit plus claire dans ses revendications, que l’on passe de luttes défensives à des luttes de conquêtes de droits nouveaux. L’unité avec la CFDT et le concept même de syndicalisme rassemblé sont largement questionnés dans plusieurs interventions.

Au chapitre des exigences, une déléguée intervient notamment pour que la CGT continue à demander fermement l’abolition de la CSG.

Sans surprise le rejet de l’ANI fait l’unanimité et l’affirmation du besoin d’une CGT positionnée plus fermement sur la lutte de classes aussi.

Évidemment pour nombre de délégués l’intervention des Fralib était attendue. Dès l’annonce de celle-ci les applaudissements le montrent. Interrompu à plusieurs reprises dans son intervention, il ne pourra de ce fait respecter les sacro saintes 4 minutes imposées aux congressistes, mais comme il dira au président de séance "faire rentrer 3 ans de lutte en 4 minutes c’est dur" !

A l’évidence les 1000 délégués ne lui en ont pas voulu qui se sont levés comme un seul homme pour une de ces ovations qui saluent les grands moments d’un congrès.

Nous la reproduisons donc en entier.


Intervention CGT FRALIB à Toulouse au congrès de la CGT

J’interviens au nom du syndicat CGT de FRALIB et des salariés de notre entreprise en lutte depuis 903 jours contre la fermeture de notre site, pour le maintien de notre activité industrielle et de nos emplois.

Nous voulons mettre en débat trois sujets tirés de notre expérience sur le terrain et de ce que nous voulons que notre syndicat de classe la CGT se saisisse.

Durant 3 ans de lutte, nous avons reçu beaucoup de soutien des syndicats de notre profession et de l’interprofessionnel.

L’Agroalimentaire est concerné par de nombreuses luttes. Des conflits importants sont en cours. D’autres conflits se développent aussi dans toutes les industries, le commerce, la santé, les services publics.

Nous avons participé et organisé nombre d’actions communes avec d’autres camarades menant des luttes, et portons ensemble nos exigences communes.

Avec les Continental Nutrition, le Grand Conseil de la Mutualité des Bouches du Rhône, Pilpa, Goodyear, Ford, les Trois Suisses, Sanofi, Sodimédical, Arcelor et encore bien d’autres.

Nous voulons que notre CGT partage cette démarche de coordination des luttes et des entreprises en luttes pour la défense de l’emploi et du potentiel industriel national.

Pour cela nous proposons que soient mis en place des moyens où toutes nos structures participent pour coordonner les entreprises en luttes.

Les deux autres sujets que nous voulons soulever et qui sont totalement absents du document d’orientation et pourtant bien d’actualité et qui correspondent à de réelles exigences pour un vrai changement de société. Ce sont la réappropriation par les travailleurs des moyens de production et la Nationalisation qui doit être un des moyens pour y parvenir.

Il n’y a que les luttes qui peuvent nous permettre de reprendre aux patrons ce qu’ils nous ont pris ! La preuve en est faite avec notre lutte.

Notre Eléphant résiste et avance doucement mais sûrement vers la mise en œuvre de notre solution alternative et le démarrage de notre SCOP T.I

Nous avons obtenu l’annulation par la justice des trois plans de sabordage de l’emploi présentés par UNILEVER. A l’évidence la lutte paie.

Le dernier Arrêt rendu par la Cour d’Appel d’Aix le 28 février, est très clair. Le 3ème plan patronal est annulé ainsi que les licenciements.

Les salariés ont été licenciés deux fois et deux fois les licenciements auront été annulées !

Nous exigeons que nous soient cédés la marque « Eléphant » ainsi que les volumes de production nécessaires à la reprise de notre activité.

François Hollande et le gouvernement doivent maintenant être conséquents, et faire vivre leur volonté affichée d’être aux côtés des salariés de FRALIB.

Nous voulons leur imposer qu’ils prennent toutes les dispositions pour que soient données toutes les suites concrètes au plan politique, économique et social et faire sauter « le verrou d’UNILEVER » qui bloque la solution alternative.

Les experts du Comité d’Entreprise ont confirmé la viabilité et la rentabilité de notre entreprise. Nous relevons le défi avec détermination et courage, autour de notre projet alternatif qui est la seule solution sérieuse et crédible pour le maintien de notre activité industrielle et nos emplois.

Le combat pour la poursuite de l’activité de production et de conditionnement de thé et d’infusions sur le site de Gémenos, le maintien de la marque « Éléphant » implantée depuis 120 ans en Provence et commercialisée uniquement en France, des tonnages de production en sous- traitance, sont des exigences qu’il faut concrétiser.

UNILEVER doit assumer toutes ses responsabilités. Il en a les moyens, l’État en a la responsabilité !!!

Nous avons obtenu par notre lutte que les bâtiments et les terrains soient rachetés par la Communauté Urbaine de Marseille. Nous avons imposé qu’UNILEVER cède l’ensemble de l’outil Industriel pour l’€uro symbolique.

Cela nous permet de fortifier notre projet pour le maintien de l’activité industrielle autour, avant tout, de la perspective de production de thés et infusions.

Cette nouvelle situation se construit autour de la volonté de « réappropriation ouvrière et publique des moyens de production ».

En septembre 2011, le Ministre du Redressement Productif Arnaud Montebourg, alors en campagne au primaire socialiste pour l’élection Présidentielle est venu nous rencontrer dans notre usine. Il s’exprimait ainsi en ce qui concerne la défense de notre patrimoine industriel et la question posée par les Fralibs. Il proposait de prendre possession de la marque, d’exproprier Unilever, de l’indemniser à la hauteur de ce qu’il indemnise les salariés et il disait qu’il ferait une loi pour cela !!!

Alors, si l’exigence de réappropriation des moyens de production et de nationalisation fait partie des promesses d’un candidat du parti socialiste devenu Ministre aujourd’hui, cela doit être une revendication forte portée par notre syndicat CGT dans le combat de classe qui nous oppose au Grand Capital.

Pour conclure, et comme depuis hier je n’ai pas ou peu entendu parler dans les références internationales de l’évolution des pays en Amérique Latine, je finirai par un :

Hasta la victoria siempre camarades !

La journée s’est achevée par un concert de Zebda... qui "a mis le feu" comme le dit Olivier.

Voir en ligne : Sur le site rougemidi

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  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
    ... lire la suite

  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).