Européennes : appel à ne pas voter Front de gauche dans le sud-est

, par  Pascal Brula , popularité : 3%

Les élections municipales étant passées, il semblerait que la direction du PCF continue à mener son petit train-train de sénateur dans ce véhicule bringuebalant qu’est la stratégie du Front de gauche, une stratégie suicidaire de cartel d’appareils. Apparemment, la déculottée qu’a prise le PCF-FDG avec la perte de 57 communes de plus de 3.500 habitants sur 185 (dont de nombreuses villes historiques, tenues depuis des décennies par le PCF) n’a pas l’air de remettre en cause cette stratégie… Accroché au train du réformisme, le Front de gauche mène le PCF droit dans le mur et sa direction semble s’y complaire. Tout juste si elle a concédé exceptionnellement la tenue d’une convention pour l’automne prochain, dont les premiers intervenants dans l’Huma commencent à nous ressortir la fameuse métamorphose, du genre : "mais puisque je vous dis que le communisme est un boulet !".

Le Front de gauche, c’est la capitulation

Dans la foulée, arrivent les "européennes". Et l’on peut dire sans trop se tromper qu’il y a continuité dans le laisser-aller. Aux groupuscules faisant partie du FDG, la direction du PCF a tout lâché ; on peut même parler de démission honteuse : peut-elle encore donner l’illusion de croire au "C" de PCF ? De plus, la direction méprise tellement les adhérents qu’elle a tenu à leur faire avaliser cette capitulation par un vote, trois semaines avant les élections, alors que tout était bouclé. Et comme toujours, la forme va avec le fond. Car cette capitulation l’est aussi devant le capitalisme, avec cette reconnaissance d’impuissance qu’est la pseudo-revendication d’"Europe sociale" ou de "Refondation de l’Europe" qui ne verront jamais le jour. Nous avons suffisamment de textes sur le site "Lepcf.fr" développant l’idée que les solutions communistes à creuser, sont du côté de la sortie de l’UE, de l’euro, de l’OTAN, si l’on veut sortir du capitalisme.

Alors, vient le temps du "Que faire ?" dimanche prochain, jour de scrutin. Habitant Lyon, je me réfère aux listes présentées dans la "région" sud-est. Comme d’habitude, dans sa profession de foi, le FDG voue aux gémonies l’"Europe de la finance", ce qui est bien pratique pour éviter de parler du capitalisme. D’ailleurs, c’est un sujet consensuel, car toutes les listes, peu ou prou, veulent mettre à raison la finance : ça ne mange pas de pain. Mais dans ce fatras qui nous est présenté par le FDG, y-a-t-il une idée, un acte, un nom auquel se raccrocher pour trouver une raison de voter pour cet attelage petit-bourgeois ? Même la présence du PCF doit se deviner : son logo est minuscule, à égalité avec des groupuscules dont je ne connaissais même pas l’existence (comment le citoyen moins politisé peut-il les connaitre ?). Alors je m’interroge : comment un communiste ou un électeur communiste peut-il se retrouver dans le contenu et la liste présentée par le Front de gauche dans la "région" sud-est ?

Examinons cette fameuse liste. On y retrouve Elisa Martin du PG ; c’est une ancienne du PS qui a tout tenté pour virer les communistes de la mairie de Saint-Martin d’Hères. Après plusieurs échecs, elle s’est présentée dernièrement à Grenoble avec les Verts et a été élue ; et alors que le FDG avait une majorité pour diriger la communauté d’agglo… elle et les élus PG ont fait élire le candidat du PS ! Mais que fait-elle donc sur la liste FDG ?

De quel chapeau sort Marie-Christine Vergiat ?

Quant à la tête de liste, il s’agit de la députée sortante, Marie-Christine Vergiat, qui émane du contingent présenté par le PCF ; pas par moi en tous cas, car on ne m’a jamais demandé mon avis, ni aux autres adhérents d’ailleurs. Il est édifiant de connaitre son curriculum vitae :
- Membre du PS de 1980 à 2005,
- Secrétaire du groupe PS à l’Assemblée nationale de 1989 à 1997,
- Membre de différents cabinets de ministres PS dans le gouvernement Jospin de 1997 à 2002,
- et cerise sur le gâteau : membre de différents cabinets de ministres UMP (Fillon, Lamour) de 2002 à 2004 sous le gouvernement Raffarin !

On est en droit de se poser la question : de quelle magouille cette personne est-elle le nom ? Qui l’a imposée ? Alors que le PCF pouvait présenter un adhérent, ou symboliquement un travailleur en lutte (je pense notamment aux Fralib qui étaient poutant mis en avant dans la campagne de Mélenchon), de quel chapeau est-elle sortie ? Avec qui sa présence a-t-elle été négociée ? Mes interrogations relèvent bien d’un positionnement politique et non d’une attaque personnelle, comme certains me l’ont suggéré. On est ce que l’on a fait et ce que l’on continue de faire. Et donc pour moi cette personne ne peut pas représenter le courant désireux de changer de société, ou alors c’est que les dirigeants du PCF font l’aveu qu’il n’y a aucune volonté de leur part de s’attaquer au capitalisme, et c’est grave dans la situation actuelle ! A la limite, on pourrait me dire que MC Vergiat a évolué et qu’elle a désormais adopté des positions révolutionnaires. Difficile de le croire, surtout quant on a passé 25 ans de sa vie à servir docilement le capitalisme sous les couleurs du PS et de l’anticommunisme. Mais pourquoi pas ? Dans ce cas, demandons-lui de faire ses preuves dans une organisation de base ! Mais pas comme représentante d’un parti qui se dit communiste…

De plus, j’ai eu l’occasion de lire la lettre d’information de cette personne qui affiche ses six priorités :
- Promouvoir l’éducation,
- Protéger et développer la culture,
- Développer l’enseignement supérieur public,
- Solidarité en matière d’immigration,
- Refuser le contrôle social, la surveillance et le fichage généralisé,
- Protéger les Roms.

Certes, il s’agit de thèmes à ne pas négliger, mais on cherche en vain dans ses écrits des solutions pour s’attaquer au problème de fond, le moteur du capitalisme, à savoir l’exploitation de l’homme par l’homme et l’accumulation capitaliste. Quid de l’austérité, de la baisse des salaires et des retraites, du dumping social et des délocalisations, de la désindustrialisation et du chômage, orchestrés par l’Union européenne ? La députée sortante conseille même de passer des diplômes universitaires pour « faire face aux aléas de la vie et changer d’emploi quand c’est nécessaire »… On suppose qu’elle veut parler du chômage… On ne trouvera rien non plus sur le combat nécessaire contre cette dictature qu’est l’U.E. et qui s’avance à pas feutrés en supprimant la souveraineté du peuple et ses acquis… Aucune critique de cette euro-saloperie qu’est l’instauration des euro-métropoles contre les communes !

"Que faire ?" dimanche prochain

En conclusion, après avoir évidemment rejeté les listes UMPS, UDI-MODEM (cette dernière ouvertement soutenue par Laurence Parisot, mazette !), FN [1], EELV (plus eurolâtres qu’eux, tu meurs !), les listes trotskistes (tiens, je n’ai pas trouvé le NPA…) et toutes les listes plus européistes les unes que les autres, je pense qu’il est désormais sûr et certains que le FDG n’est pas la solution, à la fois pour le contenu politique et pour ses représentants. C’est pourquoi j’incite très sincèrement les travailleurs en lutte, les chômeurs, les électeurs communistes, les quartiers populaires et d’une manière générale tous les exploités du système capitaliste, à se détourner de la liste Front de Gauche dans le Sud-est, s’ils veulent faire valoir leurs intérêts de classe.

Que reste-t-il alors ? Il y a deux listes qui s’affichent ouvertement pour la sortie de l’U.E. et de l’euro, mais ce sont des listes de droite ; cela étant, le programme du CNR a pu voir le jour à la Libération, non pas grâce à la « gauche », mais grâce à une alliance des communistes avec les gaullistes représentant une partie de la droite, alors pourquoi pas ? Il y a une liste intitulée "Communistes" qui est ouvertement contre l’"Europe capitaliste" et pour la souveraineté nationale ; son bulletin est imprimable ici. Et enfin, beaucoup de mes camarades prônent le boycott. Et bien constatons qu’il n’y a pas qu’une seule solution pour exprimer son point de vue de classe, un point de vue communiste, et que chacun saura le dire à sa convenance.

Pascal Brula, le 20 mai 2014

[1Ces tartuffes ont fait le tour de force de ne pas parler une seule fois de l’euro dans leur profession de foi, alors qu’ils prétendent être pour sa sortie ! De même, pas une seule évocation de la sortie de l’UE, tout simplement parce qu’ils font semblant d’être pour ! L’ambiguïté de leur slogan « Non à Bruxelles, Oui à la France » montre à l’évidence leur duplicité, une des marques de fabrique des partis fascisants…

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