Seconde circonscription des Pyrénées-Atlantiques (64)

Dans le 64 comme ailleurs, la direction du PCF magouille au mépris de la souveraineté des adhérents Courrier de candidature interne pour l’investiture d’un communiste

, par  Joël Yan , popularité : 1%

La fédé 64 a été contrainte de prendre en compte la présentation de
ma candidature ; un vote doit avoir lieu. Dans le courrier que j’ai envoyé, je n’en ai pas fait une profession de foi électorale, mais j’y ai mis ce que j’ai sur le cœur avec le plus de retenue possible.

Beaucoup de camarades partagent ces opinions et je ne me fais aucune illusion sur le résultat de cette démarche vis à vis de l’appareil. Le comité fédéral est contre ma candidature. Je ne m’inquiète pas pour cela parce que le suivisme du Chef qui sait y faire selon les circonstances, tient souvent lieu de ligne politique pour certains camarades qui se plaignent habituellement de n’avoir pas de direction. Je ne pars donc pas vaincu cependant sur le plan des idées.

Joël Yan


Motivation de candidature pour représenter le PCF en tant que candidat titulaire aux élections législatives sur la seconde circonscription des Pyrénées-Atlantiques, alors que les magouilles politiciennes de l’état-major du Front de Gauche ont décidé d’une candidature PG au mépris de la souveraineté des adhérents du PCF.

Chers camarades,

Certains d’entre vous seront surpris de mon insistance afin de présenter une candidature PCF sur la deuxième circonscription de notre département aux législatives de 2012.

Cette circonscription, taillée à l’origine sur mesure pour la Droite enserrait l’essentiel des quartiers populaires de Pau, les quartiers huppés de sa banlieue, dans une vaste "ceinture" rurale, empêchant toute candidature de gauche d’aboutir au second tour.

Nous savons aujourd’hui avec les dernières élections au suffrage universel pour les municipales, les cantonales puis au suffrage au second degré pour les sénatoriales, que la sociologie de la ceinture rurale a changé pour accueillir en nombre de nouvelles catégories sociales qui se distinguent de plus en plus de celles qui habitent les quartiers populaires, par un meilleur niveau de vie.

Ces nouvelles populations se sont laissées gagner peu à peu par le discours consensuel et réformiste du PS, accompagné de nombreuses pratiques clientélistes, qui a progressé y compris en direction des électeurs conservateurs, grâce à une politique locale peu différente de celle de la Droite. Georges Labazée a failli battre Bayrou en 2007 qui de son côté n’est pas resté inactif depuis, disputant au PS sa base électorale, ce qui en dit long sur l’orientation de gauche revendiquée par ce dernier.

Les éléments ne manqueront pas pour relever les privatisations successives de services publics, nationales et locales qui pèsent de plus en plus sur les impôts et taxes payés par les catégories aux revenus relativement modestes dont je fais partie comme beaucoup d’entre vous.

Un des derniers avatars de ce type de politique fut par exemple le vote récent d’une taxe de... 8% sur les factures d’électricité payée par les usagers, sans qu’aucune action de protestation d’élus locaux ne se fasse entendre en direction du gouvernement...

Aujourd’hui la crise du Capitalisme se radicalise et met en danger la situation d’un plus grand nombre de salariés et retraités dont certains se sont sentis jusqu’ici relativement épargnés.

Si pour se débarrasser de Sarkozy beaucoup sont prêts à voter "utile" aux présidentielles, c’est-à-dire pour une austérité social-libérale, il n’est pas sûr qu’ils élisent en toute confiance des députés prêts à voter des lois allant dans ce sens.

C’est donc dans ce contexte qu’un PCF actif dans la société, authentiquement communiste, fier de son identité de parti révolutionnaire aurait toute sa place dans l’affrontement de classes qui nous attend peut-être demain. Le capitalisme ne peut pas se "dépasser" comme certains l’ont prétendu, car il tremble sur ses bases et menace de se débarrasser de ses oripeaux démocratiques pour nous conduire vers de nouvelles dictatures, de nouveaux bains de sang dont nous avons un avant goût avec le peu de considération des dirigeants de l’Europe pour les Peuples Grec, Espagnols, Portugais et Italiens et prochainement le nôtre, étranglés par la finance, et avec les guerres coloniales sanglantes menées en Afghanistan et en Libye.

Je sais qu’en employant ces mots, je choquerai ceux qui ne voient que dans les seules élections le moyen de changer la société. A ceux-là je demanderai de faire le bilan de la Gauche au pouvoir en France ou en Europe depuis 1982 : c’est une succession d’alternances avec quasiment la même politique que la Droite à quelques exceptions près et la disparition de la Gauche tout court comme en Italie.

Je suis partisan de l’union de toutes les forces de gauche à condition que nous ayons un rapport de forces suffisant pour peser quand nous ne sommes pas majoritaires. Or, qu’avons nous vécu en France depuis le tournant de la libéralisation du PS de 1983 ? Des reculs sociaux successifs aggravés par l’Europe de Maastricht voulue et construite par la majorité du PS avec les conséquences sociales que nous connaissons : délocalisations massives, chômage, précarité, bas salaires, privatisations qui nous ont frappés au plus près...

Le PCF n’a connu que des reculs aggravés par l’offensive contre les Communistes et leurs idéaux, avec la chute du mur de Berlin et la fin de l’URSS, que beaucoup de camarades restés sur la défensive n’ont pas assumée : nous sommes passés de l’autocritique à l’auto-flagellation puis la démission et l’adhésion pour certains anciens dirigeants de premier plan, au social-libéralisme.

L’idée du « Front de Gauche » pourrait être intéressante s’il s’agissait d’une alliance entre plusieurs forces de gauche, capable d’attirer par ses propositions la gauche antilibérale du PS (ce qui n’a pas été encore le cas) mais il s’agit à mon avis, plus que cela : notre direction nationale a accepté de réduire nos moyens en prenant soin de retarder notre congrès statutaire pour créer de fait une sorte de parti électoraliste républicain : le « Front de Gauche » qui est une marque déposée par le Parti de Gauche, dont le programme , « le petit livre "rouge" », intitulé "l’Humain d’abord", semble conçu comme une trame sur laquelle chaque candidat pourra localement broder à sa façon, à l’aide de comités de soutien grimés en "comités citoyens" pour faire campagne et gagner des voix. Un programme à mon avis, ne se construit pas pendant une campagne électorale.

"L’Humain d’abord" pourrait être considéré comme la base d’un compromis avec d’autres formations politiques de Gauche pour une candidature commune aux présidentielles : mais pourquoi avoir lié cette élection aux législatives et "placé" notre congrès après ces élections, ce qui nous a empêché d’élaborer un programme ou des propositions Communistes ?

Le flou des propositions contenues dans cette ébauche de programme n’aura rien de contraignant pour celui ou celle qui s’en réclame sans se soucier de la présence de contradictions flagrantes. Par exemple : Comment "nationaliser" certains secteurs stratégiques (banques, assurances, énergie...) relevant de la souveraineté nationale sans se heurter à une Union Européenne que les concepteurs du « Front de gauche » ont intégrée en oubliant que le NON au traité de Lisbonne, découle directement du NON au traité de MAASTRICHT, en semant l’illusion qu’on peut changer "de l’intérieur" l’Union Européenne ? Qui veut "réformer la BCE" accepte du même coup toutes les règles de l’UE et adhère au fédéralisme qui en est la conséquence. La BCE c’est l’Europe de Maastricht et les Communistes ont voté « contre » et se souviennent de l’abstention de la majorité des parlementaires socialistes qui a permis à Sarkozy de contourner la réponse populaire au référendum de 2005.
Ce renoncement a eu des conséquences graves pour la crédibilité du Parti sur la question européenne et a été vécu comme un abandon des travailleurs touchés de plein fouet par la précarité, les bas salaires, la désindustrialisation par les délocalisations.

La construction de l’UE a été pour nous synonyme de reculs sociaux : que l’on soit ouvriers, employés, travailleurs du Privé comme du Public. Rien d’étonnant que bien des regards se soient tournés vers le parti de Le Pen qui a su récupérer ces déceptions et transformer des colères légitimes en divisions et en haines encore contenues dont nous devrions nous soucier davantage, d’autant que le Sarkozysme s’applique de même, sur les mêmes thèmes et sur le même terrain à creuser de larges fossés d’incompréhension qui finiront par être préjudiciables à tous ceux qui se réclament des valeurs de Gauche.

Je prétends pour ma part qu’il faut sortir de l’UE (et de l’Euro) qui montre chaque jour son visage d’outil conçu et réalisé pour les besoins du Capital qui nous fait payer de plus en plus cher SA crise afin de pouvoir continuer sa fuite en avant.

Nous ne pourrons jamais travailler à une quelconque solution à l’échelle internationale, sans passer par le respect de la souveraineté nationale et de notre indépendance qui s’exprimeront par le contrôle effectif et démocratique de TOUS les secteurs essentiels nécessaires à une vie décente et harmonieuse pour chacun de nos concitoyens quelque soient leur situation sociale et leur lieu de vie, sans crainte de sanctions de l’UE ou autre puissance supranationale.

Nous devons retrouver toutes les valeurs progressistes d’un parti communiste internationaliste respectueux des diversités des peuples européens et au delà de ceux du monde entier et non accompagner le mouvement fédéraliste en cours qui tend vers une dictature économique et politique du grand capital exercée par les pays "forts" sur les "faibles".

Si je fais acte de candidature en tant que Communiste en l’absence d’autre candidature du PCF à laquelle j’aurais laissé la place volontiers, c’est parce que j’appartiens à une section, celle de Nay, vivante et active et populaire, comportant des ouvriers, employés, retraités qui portent haut les valeurs de notre idéal : depuis les actions contre la privatisation de l’eau, en passant par l’organisation par le PCF et la CGT PTT de Nay de la "votation" sur la défense du service public de la Poste en octobre 2009, rassembleuse, à laquelle tous les élus PS ont été contraints de s’associer et qui a recueilli 721 suffrages contre la privatisation sur 724 exprimés. Je ne compte pas les réunions, conférences-débats qui ont toujours été des succès de fréquentation : salle comble sur la Résistance, salle comble pour une conférence de l’historienne Annie Lacroix-Riz, sur les retraites, sur la nécessité de la nationalisation d’EDF... Je ne compte pas les bons résultats aux élections cantonales réunis sur les noms des candidats PCF...

Nous sommes confrontés à une décision venue d’en haut, résultat d’un marchandage qui n’a aucun rapport avec l’activité réelle des partis concernés sur la seconde circonscription détenue par un de nos « voisins » géographique, ce qui m’a conduit à déposer ma candidature conformément aux statuts de notre Parti.

Quelles sont l’implantation et la présence réelles du Parti de gauche sur notre circonscription ? Nous l’avons vu à la campagne électorale des dernières cantonales où le suppléant du Parti de gauche, malheureusement souvent absent de la campagne représentait seul son parti.

Le résultat de ces cantonales n’a d’ailleurs pas dégagé de dynamique en faveur du « Front de Gauche ».

La présence d’un représentant du PCF au premier tour, de par ses exigences d’une véritable politique de Gauche pour le second tour, risquerait-t-elle de gêner davantage qu’un candidat du Parti de Gauche, la victoire possible cette fois d’un candidat du PS ?

Je n’en suis pas persuadé, et je n’aurai pas été plus loin dans la voie d’un doute qui me saisit et qui peut être nourri par des faits vécus ou rendus publics dans notre département.

Est-il normal qu’un de nos cadres s’érige publiquement partie prenante des débats internes du PS local, comme on l’a vu maintes fois, montrant du même coup une certaine dépendance vis à vis des décisions de ce parti à notre égard ?

Nous commençons malheureusement à être habitués des relations ambigües entretenue avec le PS par le secrétariat de notre fédération, qui ont souvent ridiculisé le PCF avec des marchandages électoraux foireux, qui montrent bien que rien n’a été fait au contraire, pour améliorer notre rapport de forces vis à vis d’un parti qui n’a de cesse de se débarrasser des "contraintes" de gauche exigées par nos militants et nos électeurs.

Le PCF n’est-il qu’un parti électoraliste se satisfaisant d’avoir "conquis" avec le PS la municipalité de Pau grâce à une triangulaire, avec une victoire, essentiellement due au maintien du MoDeM ?

Que devons-nous penser de ces propos relevés dans SUD-OUEST (29/10/2011) de l’actuel secrétaire départemental : « Il y a aujourd’hui une situation brûlante, mais dans le même temps, beaucoup ne sont pas dans la certitude, et ils ont bien raison, qu’UNE MAJORITÉ DE GAUCHE NE CHANGERA PAS LEUR VIE » (souligné par moi) et le journaliste de conclure malicieusement : « C’est lui qui le dit ! » ???

Cette majorité dont parle le porte parole national, se fera-t-elle avec le Front de Gauche ?

Est-ce à dire qu’on nous prépare sans perspectives mobilisatrices, un nouvel alignement, une nouvelle participation de ministres du PCF à un gouvernement social-libéral soumis aux exigences des marchés financiers en cas de victoire de Hollande ?

J’en profiterai pour relever l’honnêteté de JL Mélenchon qui en toute logique se refuse à participer personnellement à un gouvernement dans ces conditions : il n’en est pas de même pour le Front de Gauche dans lequel curieusement J.L.Mélenchon ne peut « témoigner d’un tel débat » (L’Humanité des débats des 4, 5 et 6 novembre 2011).
- Que ferait-on alors, si le Front de Gaucche envoyait des ministres communistes, des exigences populaires que nous prétendrions porter ?
- Seraient-elles dévoyées pour assurer la promotion sociale de certains d’entre nous les mieux placés auprès du PS ?
- Avec quelles conséquences pour la vie de ceux qui n’arrêtent pas de souffrir de ces politiques qui creusent les inégalités ?

C’est cette orientation et sa mise en œuvre, contenant en germe la disparition des raisons d’être de notre Parti que je combats. Ce processus de renoncement est en marche depuis trop longtemps dans notre parti au plus haut niveau. Il est allé depuis le premier échec de Robert Hue et se poursuit aujourd’hui en faisant disparaître peu à peu l’identité Communiste, celle d’un outil de la lutte des classes en échange d’une coalition électoraliste fabriquée de toutes pièces, qui va déboucher sur un nouveau parti mis au service exclusif et sous la direction de ses élus et éligibles, comme les autres partis...

A l’heure où des travailleurs me disent que la crise actuelle conforte les analyses des Communistes, qu’ils découvrent et « apprennent » à leurs dépens ce qu’est une société de classe, accepterons-nous encore qu’on dise que « nos histoires sont de vieilles lunes », devrions-nous abandonner notre action, notre place spécifiques, nos tribunes d’expression dans la société et dans son paysage électoral pour paraître plus "soft", moins "extrémistes" qu’avant, alors que les Travailleurs dans notre pays s’appauvrissent de jour en jour et qu’il y a 2,2 millions de Millionnaires, record d’Europe de la richesse ?

De quel côté se niche donc la froide cruauté qui consiste à laisser plonger des milliers de nos compatriotes, travailleurs qui ne vivent plus de leur travail, chômeurs et retraités, dans la Misère matérielle et morale pour assurer la fortune des financiers, leur mise en concurrence avec des femmes et des hommes traités en esclaves ?

La crise qui frappe durement aujourd’hui parmi mes amis, mes proches et leurs enfants, nous donne raison et nous n’en avons aucune pour abandonner notre idéal communiste et notre combat révolutionnaire pour changer le monde en renversant le Capitalisme.

Je dépose ma candidature, à la suite des Camarades qui nous ont transmis la Sécurité Sociale, la culture du Service public dans un pays dévasté, appauvri, tout juste sorti de la guerre, qui ont su aussi affronter le colonialisme et les profiteurs en tous genres, Camarades actifs et dévoués de la base jusqu’au sommet du Parti sans en tirer pour autant ni de gloire ni d’honneurs.

Comme beaucoup d’entre vous, je ne pourrai me résigner à ce que notre parti déserte le terrain de la lutte des classes pour se dissoudre dans je ne sais quelle aile gauche de la social-démocratie, dans un bipartisme à l’Américaine excluant de la Politique de larges parties du Peuple, les plus exploités pour les laisser entre les mains du FN.

Pour terminer, j’estime que dans une circonscription où le Parti existe et agit, en l’absence totale d’activités d’autres formations du front de Gauche, comme sur la seconde circonscription, il serait normal que le PCF désigne un Communiste comme titulaire, soutenu par le PG et le « Front de gauche ». Comme Jean-Luc Mélenchon, aux présidentielles devrait être candidat du PG soutenu par le PCF et le « Front de Gauche ».

Joël Yan, trésorier de la section de Nay du PCF, candidat titulaire à l’investiture du PCF sur la seconde circonscription des Pyrénées Atlantiques.

Fait le 7 novembre 2011

PS Je vous serais gré de bien vouloir me transmettre la liste complète des votants.

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