UE, euro, libre-échange…
Connaissez-vous La Riposte ?

, par  Alfred Gautier , popularité : 2%

Ce groupe fait partie de la « Tendance marxiste internationale » et propose, notamment la nationalisation des grands moyens de production ainsi qu’une fédération des « États socialistes d’Europe ».

La Riposte dit militer pour le « renforcement du PCF, dans l’unité de tous les communistes, quelles que soient leur opinion sur les différentes questions d’ordre politique ou stratégique qui font débat au sein du parti ».

Elle indique que « dans un parti aussi important que le PCF, des divergences d’opinion sont inévitables. La lutte contre le capitalisme pose des problèmes qui ne sont pas simples à résoudre. Notre point de vue – et celui de l’immense majorité des communistes – est qu’on peut surmonter ces divergences au moyen de discussions fraternelles et démocratiques, sans personnaliser les problèmes et sans remettre en cause l’unité du parti. »

Dans les faits, le comportement de La Riposte ne correspond en rien à ce baratin angélique. Ce groupe adore les polémiques nominatives, orchestrées à sens unique.

Comme elle l’explique dans sa page de présentation « les communistes sont tous d’accord sur la nécessité de lutter contre le capitalisme et d’en finir avec ce système  ».

On peut contester ce point de vue, mais ce n’est pas ici le sujet. Ce qui étonnant, une fois ce préalable admis, c’est de constater que La Riposte met toute son énergie à faire croire l’inverse à ses lecteurs !

Les arguments de La Riposte sont d’une malhonnêteté rare. Par exemple, dans un article du 17 juillet, elle avance que « la sortie de l’euro n’a pas sa place dans le programme du PCF. »

C’est un point de vue qu’elle peut essayer de défendre. Mais ce qui est lamentable, c’est qu’elle n’hésite pas à dire que, comme le FN, il s’agirait de la « sortie de l’euro et de l’UE sur la base du capitalisme » !

Tiens, les communistes (Gerin, Dang Tran…) ne proposent plus la fin du capitalisme ? C’est un peu gros !

Au 34ème congrès déjà, La Riposte tentait de faire croire que le texte « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps » ne voulait « pas remettre en cause le capitalisme  » ; « l’appropriation sociale des moyens de production » était une formule floue, « introduite dans le vocabulaire du parti à l’époque de Robert Hue » (!).

Et bien entendu, les propositions défendues dans le cadre du 35ème « congrès » par l’opposition la direction sont éludées : « (re)nationalisation des secteurs clefs de l’économie, (…) être plus clairs et plus offensifs que de vagues « pôles public (…) renationalisation d’EDF et de GDF (…) mobiliser pour la nationalisation des banques et des établissements de crédit  ».

En fait, seule La Riposte a le monopole du communisme. Pourtant, si l’on regarde de près, ce groupe se prononce d’une manière ambiguë sur des questions comme le libre-échange mondial, la monnaie ou encore la sortie de l’Union européenne.

Pour commencer, La Riposte affirme que « de manière générale, les mesures et contre-mesures protectionnistes mèneraient à une contraction du volume des échanges internationaux. Une politique protectionniste ne permettrait pas de défendre les emplois et les « productions nationales ». Au contraire, elle se traduirait par leur destruction à une échelle encore plus massive qu’à présent. »

Intéressant ! Sur la question du libre-échange, La Riposte équivaut strictement au Figaro (dont l’un des slogans publicitaire était « en matière d’économie nous sommes pour le libre-échange. En matière d’idées aussi ») ou encore au social-traître Pascal Lamy, dirigeant de l’OMC ! Étrange !

La Riposte, qui dit soutenir la révolution au Venezuela, ignore tout à fait qu’Hugo Chávez a mis en place l’ALBA pour promouvoir la logique coopérative dans les échanges plutôt qu’une zone de libre-échange avec les États-Unis.

Il ne lui vient pas à l’idée une seconde que le libre échange est utilisé pour mettre en concurrence les peuples et améliorer le taux de profit réalisé au niveau mondial par les grands groupes capitalistes…

Avec des pays d’Afrique du Nord par exemple, les accords d’association avec l’UE prennent la forme d’accords de libéralisation des échanges de biens, services et capitaux. Si on prend l’accord d’association avec la Tunisie, l’article 34 prévoit la libre circulation des capitaux concernant les investissements directs en Tunisie et le rapatriement du produit de ces investissements et de tous les bénéfices en découlant. L’article 36 édicte qu’est « incompatible avec le présent accord toute aide publique qui fausse ou menace de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions ».

Bien évidemment, un Gouvernement communiste devra annuler les Accords de partenariat économiques initiés par l’Union européenne pour généraliser le libre-échange et les remplacer par des accords bilatéraux entre la France et chacun de ces pays sur la base de la Charte de La Havane (1), dans le but de parvenir à un équilibre des échanges commerciaux entre la France et ces pays (suppression à terme de tout excédent ou de tout déficit durable de la balance des paiements de chaque pays).

C’est une logique non-agressive, mais coopérative qu’il faut promouvoir dans les échanges internationaux. C’est le contraire du libre-échange bourgeois, cher à La Riposte !

S’agissant de la sortie de l’euro, nous l’avons dit, toute l’escroquerie de Greg Oxley et de Jérôme Métellus est de faire croire qu’il s’agirait de ne pas toucher au reste, à la manière du FN, c’est-à-dire de laisser les moyens et les rapports de production intacts.

Politiquement, cela peut être efficace pour tromper et décrédibiliser une proposition. C’est évidemment une supercherie pour diviser les communistes. Car être communiste et contre l’euro, c’est être conséquent, c’est la suite logique.

Au moment du « Pacte pour l’euro plus », La Riposte pense-t-elle convaincre les travailleurs que son programme est compatible avec l’euro et Jean-Claude Trichet ? Pense-t-elle que le communisme est compatible avec une politique monétaire privatisée et au service des marchés financiers, de la rente et de l’objectif d’inflation zéro ?

Non, elle ne le pense pas. Mais elle dit : « on se demande bien aux mains de qui serait la monnaie nationale ? Des travailleurs ? De la CGT ? De la section du PCF Paris 15e ? Non. Le franc français serait soumis aux intérêts des capitalistes français, de leurs banques et des « marchés financiers » internationaux, exactement comme l’était le franc français avant l’introduction de l’euro. La seule façon d’arracher la monnaie au contrôle des « marchés financiers », c’est de nationaliser l’ensemble du secteur bancaire et les grands leviers de l’économie, sous le contrôle des travailleurs et de leurs organisations. »

Qui est contre la nationalisation des banques ? Pas nous en tout cas, c’est fondamental !

Mais pourquoi éluder la sortie de l’euro ? Un gouvernement communiste n’a aucune raison de se priver de mener la politique monétaire qui lui semble bonne pour le développement des forces productives. Récupérer aussi ce levier-là est très important car la monnaie n’est pas neutre sur le régime d’accumulation.

Ceux qui pensent que la monnaie est neutre, ce sont les économistes libéraux monétaristes et les « marxistes » de La Riposte (« si on met en circulation une masse monétaire trop importante par rapport à la production des valeurs réelles produites - ce qui se fait depuis longtemps déjà - on finit par réduire la valeur des monnaies »). En gros, trop de crédits conduit à un emballement et à de l’inflation. Milton Friedman, La Riposte, même combat ?

Attention, il faut savoir que ce que l’on appelle le monétarisme est une machine de guerre idéologique contre l’intervention de l’Etat dans l’économie. C’est une idéologie ultralibérale, qui a inspiré les Reagan, Thatcher, et autres Sarkozy, Merkel et Trichet ! Après l’appui à Lamy, ça commence à faire beaucoup !

Un communiste n’a pas à être effrayé par l’inflation. Il peut contrôler les prix. Il peut répartir la valeur ajoutée. Il peut indexer les salaires sur les prix…

En fait, un régime d’accumulation inflationniste est tout à fait favorable au travail, et nuit au capital : c’était la situation des années 50-70, le taux de profit était bas, JM Keynes parlait d’« euthanasie des rentiers » - et les salaires augmentaient.

C’était avant la création de l’UE et le tournant libéral. C’était avant la BCE et avant l’euro, qui n’a été que la cerise sur le gâteau d’un programme politique ultraréactionnaire dirigé pour la rente, avec l’inflation faible et écrasement des salaires. Et ce programme fait « système » : puisque la demande intérieur baisse, il faut aller chercher ailleurs des débouchés, il faut exporter toujours plus de marchandises, et être plus compétitifs : c’est le cercle vicieux de la mondialisation libérale.

Peu de communistes seront d’accord avec un tel programme : ils le combattent au quotidien. Mais pas La Riposte, apparemment.

Sans rentrer dans le détail, la sortir de l’euro permettrait de faire revenir la politique monétaire dans les mains de l’État, et pas n’importe lequel, un État socialiste au service des travailleurs ! Un programme communiste, révolutionnaire, crédible, inclut bien évidemment la fin de la BCE, conçue au-dessus des peuples dans l’intérêt du capital, et le corollaire de la sortie de l’euro.

La Riposte admet que « l’euro visait à protéger les intérêts des capitalistes – et surtout des plus puissants d’entre eux  ». Mais elle ne se bat pas pour sa fin non plus !

Pire, elle reprend à son compte la rhétorique pro-euro selon laquelle la sortie de l’euro « entraînerait une augmentation des prix sur le marché intérieur, ainsi qu’une augmentation massive de la dette publique (qui est en euros). Elle provoquerait inéluctablement des mesures de rétorsion de la part d’autres pays, et notamment de l’Allemagne, des États-Unis et la Chine. »

Tout cela n’est pas très sérieux. J’invite à lire les arguments d’économistes comme Nikonoff ou Jacques Sapir, pour ne pas alourdir le propos (voir notamment : http://www.m-pep.org/spip.php?article2089).

La sortie de l’euro est une nécessité et aurait de grands avantages. Non pas pour déclencher une guerre des monnaies : c’est illusoire. C’est vouloir faire sa croissance au détriment des voisins. C’est tout le contraire de la coopération, d’une « association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement pour tous » (Karl Marx).

Mais il faut bien comprendre que, pour qui réquisitionne la Banque de France, les banques et les compagnies d’assurance, la dette (« capitaliste », car il faut bien l’appeler ainsi), n’est plus rien !

L’État socialiste impose aux banques et aux compagnies d’assurance l’achat régulier de bons du Trésor et la Banque de France lui prête sans intérêt. A partir de 1973, la loi « Rothschild » a interdit à la Banque de France de prêter à l’État sans intérêts : c’est à partir là que la dette a commencé à s’accumuler (par ailleurs, le libéralisme vide les caisses et réduit la croissance, c’est un système global, comme nous l’avons vu, incluant le monétarisme).

Et l’Etat socialiste ne rembourse pas les obligations des plus riches : c’est le défaut partiel. Et ça soulage, c’est ce dont la Grèce a besoin actuellement ! Dubaï et l’Argentine en 2002 ont fait défaut sur leur dette, avec succès. La dette n’est pas un problème pour un Gouvernement réellement progressiste.

Par contre, La Riposte reprend le mythe bourgeois de la dette : la dette serait « un problème grave, très grave » (Oxley, en mars). Si les États annulaient la dette, ils précipiteraient « une nouvelle crise de solvabilité chez les banques et une profonde récession économique ». D’une part, c’est archi-faux et non-démontré, d’autre part, pourquoi La Riposte soutient les rentiers et les actionnaires (bah oui, ce sont bien eux qui possèdent la dette !) ?

Revenons un instant sur la coopération monétaire mondiale. À l’idée avancée d’une monnaie mondiale commune (mais non unique) de coopération, La Riposte est hilare… ne sachant pas qu’un embryon existe déjà, c’est le sucre, mis en place par l’ALBA !

Venons-en à l’UE.

La Riposte dit : « Nous sommes d’accord avec l’idée que si la France était dirigée par un gouvernement communiste, elle « n’aurait plus rien à faire dans les instances » de l’UE (Commission européenne, Parlement européen, etc.) »

Très bien, mais la suite se gâte ! « Mais en fait, la question ne se poserait probablement pas, car le renversement du capitalisme français porterait un coup fatal à l’UE. Sans le capitalisme français (ou allemand), l’UE n’existerait pas. Evidemment qu’un gouvernement communiste français se verrait certainement jeté hors de l’UE capitaliste.  »

Si l’on comprend bien, La Riposte attend que l’on soit « jeté dehors » de l’UE, comme des malpropres, et encore, elle n’est pas certainement, d’où le « probablement » !

Quand on fait de la politique, il vaut mieux être un peu plus assuré. Surtout que le peuple Français a besoin de repères forts. On ne peut pas lui dire que le carcan européen « tombera probablement » tout seul, une fois le communisme décrété.

On ne peut pas dire aux Français : « si vous voulez divorcer, battez votre femme ! ». D’une part, le résultat n’est pas garanti, d’autre part, autant annoncer directement la couleur !

Si vous voulez divorcer, faites le surtout directement ! Prenez votre courage et le taureau par les cornes ! Cela évitera bien des malentendus, que ce soit avec les autres pays européens ou avec les Français !

L’UE est un Traité, et la manière la plus sure d’en sortir… c’est d’en sortir ! Mais La Riposte ne le propose à aucun moment. Elle pense que le communisme en France porterait « un coup mortel à l’UE ». Ce n’est pas certain du tout. Autant achever la bête nous-mêmes au passage !

Mais pourquoi une telle vision passive ? C’est simple, c’est la conséquence de son analyse de l’UE. Elle estime que l’UE ou l’euro constituent « une propagande fausse et mensongère ».

Or, l’UE, ses traités, ses directives, sa monnaie sont des choses très concrètes, il ne s’agit pas de miroirs aux alouettes, mais d’ARMES DE DESTRUCTION MASSIVES contre les travailleurs, contre le communisme ! D’où la sortie de l’UE !

En fait, la méthode de La Riposte est toujours la même : dès qu’une question se pose, elle s’applique à la tourner ou à l’ignorer.

Elle crie de manière dogmatique : « communisme, communisme, nationalisations, nationalisations » ! C’est du matérialisme vulgaire, qui ne peut suffire à convaincre les travailleurs.

La sortie de l’UE et de l’euro, la sortie du libre-commerce d’une France en marche pour le socialisme, n’en déplaise à La Riposte, qui rêve de fédéralisme européen, sera de grandes mesures d’un Gouvernement communiste. Cela ne nous isolerait pas, mais permettrait le communisme mondial, le pacifisme, la concorde et donnerait un signal aux travailleurs du monde entier !

Prise au piège sur toutes ces questions, La Riposte tente un coup de poker : « Le fait est que nombre de capitalistes européens – et au-delà – sont extrêmement préoccupés par la perspective d’une dislocation de l’Union Européenne, d’une restauration des monnaies nationales et d’une flambée protectionniste reposant sur une série de dévaluations compétitives. Il n’est pas exclu que la gravité de la crise pousse les capitalistes à emprunter cette voie, mais elle n’en serait pas moins extrêmement dangereuse de leur point de vue. N’oublions pas que c’est la flambée du protectionnisme qui a transformé la crise des années 30 en dépression. Que Pascal Lamy – comme tant d’autres – s’en inquiète, cela ne devrait surprendre personne. En même temps, il est absolument clair qu’un tel scénario n’apporterait rien de positif à la classe ouvrière européenne. Les capitalistes s’efforceraient de transférer tout le poids de la crise (comme ils le font déjà) sur les épaules des travailleurs, dont les difficultés, loin de s’alléger, s’aggraveraient. »

Encore, encore une fois, pour La Riposte, ce sont les capitalistes qui mènent la danse ! Le communisme n’intervient à aucun moment, alors que c’est justement notre but que d’éradiquer le pouvoir des capitalistes !

Menacer que les « capitalistes s’efforceront de transférer le poids de la crise sur les travailleurs  » ne peut en aucune manière inquiéter les communistes convaincus au pouvoir : nous saurons parfaitement les contrecarrer !

On revient au point de départ : le faux procès, le sophisme minable selon lequel nous ne proposerions pas de lutter sérieusement pour la sortie du capitalisme.

Dans notre texte du 34ème congrès, nous disions : « depuis quelques années, le socialisme refait surface dans différents points du globe. Ainsi, plusieurs pays d’Amérique Latine se sont engagés dans des expériences progressistes. Elles reposent toutes sur la reconquête de la souveraineté nationale grâce à la nationalisation des banques et des grands secteurs de l’économie  ».

La référence reste d’actualité.

Gautier WEINMANN, PCF à Leforest (62).

(1) Complément sur la Charte de la Havane (issu du M’PEP) :

La France, tout en sortant de l’Union européenne, agirait pour construire un nouvel ordre international. Le contenu de la Charte de La Havane, concernant le commerce international, serait proposé à chaque pays membre de l’Union européenne – mais aussi à tous les pays - dans le cadre de traités bilatéraux.

Élaborée du 21 novembre 1947 au 24 Mars 1948 par 53 pays capitalistes, la Charte de la Havane devait déboucher sur une Organisation Internationale du Commerce (OIC), dans le cadre de l’ONU, en complément du FMI et de la Banque mondiale. Il s’agissait de reconstruire un ordre économique international cohérent après la Seconde Guerre mondiale. Cette OIC n’a jamais vu le jour car le Congrès américain, qui venait de changer de majorité, s’est opposé à sa ratification. Il estimait que les Etats unis devaient s’assurer une totale liberté pour écouler leur surplus de marchandises aux pays qui en étaient dépourvus au lendemain de la guerre.

Les points les plus importants de la Charte de la Havane sont :

L’article 1 qui en fixe les buts indique clairement qu’il s’agit « d’atteindre les objectifs fixés par la Charte des Nations Unies, particulièrement le relèvement des niveaux de vie, le plein emploi et les conditions de progrès et de développement ». De même, l’article 2 précise que « la prévention du chômage et du sous-emploi est une condition nécessaire pour (…) le développement des échanges internationaux et par conséquent pour assurer le bien-être de tous les autres pays ».

La recherche de l’équilibre de la balance des paiements (art. 3- 4- 21) est le principe essentiel de la Charte
. Il montre le mieux les différences entre les mesures préconisées par l‘OIC et celles pratiquées par l’OMC. Selon la Charte, les relations bilatérales doivent reposer sur ce principe : « Aucun pays, à long terme ne peut fonctionner avec une balance déficitaire ». Le texte précise que « les Etats membres chercheront à éviter les mesures qui auraient pour effet de mettre en difficulté la balance des paiements des autres pays ». Et l’article 21 détaille « les restrictions destinées à protéger la balance des paiements », cependant strictement encadrées par l’OIC.

Tout ceci est à l’opposé de la concurrence effrénée pour la conquête des marchés et de la « priorité aux exportations » pratiquées dans le cadre de l’OMC et de l’UE. La Charte par ailleurs n’hésite pas à avoir recours à des mesures de protection, diabolisées par le néolibéralisme. Grâce à ce principe d’équilibre de la balance des paiements, le commerce international devient une pratique de coopération et non d’affrontement : c’est la fin de la guerre commerciale.

Le contrôle des mouvements de capitaux (art. 12). Les investissements étrangers sont autorisés mais c’est à chaque État membre de déterminer s’il les « autorisera (…) et dans quelle mesure et à quelles conditions il les autorisera ». Chaque État membre pourra de plus prendre toutes les mesures de sauvegarde nécessaires pour s’assurer que ces investissements étrangers « ne serviront pas de base à une ingérence dans ses affaires intérieures ou sa politique nationale ». L’application de ce texte aurait donc évité un certain nombre de pratiques bien connues actuellement (OPA, fusions et acquisitions transfrontalières…).

L’intervention de l’Etat est autorisée (art. 13, 14 et 15). L’article 13 propose que « les États membres reconnaissent que, pour faciliter l’établissement, le développement ou la reconstruction de certaines branches d’activité industrielle ou agricole, il peut être nécessaire de faire appel à une aide spéciale de l’Etat et que, dans certaines circonstances, l’octroi de cette aide sous forme de mesures de protection est justifié ». Les articles suivants énumèrent ces protections telles que subventions, contrôle des prix… Les accords préférentiels entre plusieurs pays sont même autorisés mais tout ceci se négociera dans le cadre de l’OIC entre tous les États concernés. Toutes ces mesures sont aux antipodes des idées du libre échange qui s’acharne à supprimer tous les « obstacles » au développement du commerce et tout particulièrement les aides des États.

L’interdiction du dumping (art. 26). Le dumping est interdit car « aucun État membre n’accordera directement ou indirectement de subvention à l’exportation d’un produit quelconque, n’établira ni ne maintiendra d’autre système, lorsque cette subvention ou ce système aurait pour résultat la vente de ce produit à l’exportation à un prix inférieur au prix comparable demandé pour le produit similaire aux acheteurs du marché intérieur ». Son application aurait permis d’échapper à la disparition presque complète en France de secteurs économiques comme le textile, la chaussure, l’ameublement…

La possibilité de « restrictions quantitatives » (art. 20). Tout en recommandant de les éliminer, la Charte les autorise dans des conditions très précises et sous le contrôle de l’OIC. Ici, les mesures de protection ne sont donc pas taboues mais strictement encadrées.

Voir en ligne : Sortir de l’UE ? Réponse au camarade Weinmann

La Riposte diffère du Figaro en ce sens qu’elle n’est pas pour le libre-échange en matière d’idées !

Ainsi, lorsque j’ai souhaité poster un commentaire de fond dans une page s’en prenant particulièrement à moi, la censure a frappé, au motif que mon commentaire « contient trop d’énormités pour être publié ».

(Bien entendu, les commentaires les plus cons sont autorisés, du genre : « Alors s’enfermer, seul, avec tous nos chers patrons bourgeois, non merci ! », « socialisme à la française, surement avec baguette et saucissons »…).

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