Conférence de presse
Redonnons ses couleurs à la France... Pour que la gauche réussisse il faut un candidat PCF

, par  André Gerin , popularité : 3%
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Conférence de presse d’André Gerin sur sa candidature, le mercredi 27 Janvier.
Il a présenté a cette occasion un document présentant 16 thèmes pour la présidentielle (voir dans la rubrique programme).

CHANGER DE SOCIETE

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy restera apparenté à une entreprise de démolition n’ayant jamais connu d’équivalent, du modèle social français. L’offensive a certes commencé avant lui. Le capital et les forces politiques à son service n’ont jamais accepté les compromis auquel il avait été contraint notamment à la Libération et qui lui imposait un pacte social de répartition des richesses.

Giscard d’Estaing avait ouvert la voie de 1974. Après la parenthèse de 1981 et 1982, François Mitterrand a repris la besogne en particulier avec les grandes restructurations de notre potentiel industriel. La protection sociale constitue une cible depuis 1993 et les réformes qui se sont succédé n’ont cessé d’enfoncer les coins dans le dispositif.

Avec Sarkozy, nous sommes à une autre échelle. C’est l’heure de la revanche. De ce point de vue, l’escapade au Fouquet’s dès son élection acquise a constitué tout un symbole. En cinq ans, tout y sera passé : la réduction du temps de travail, les retraites, la protection sociale, les services publics, les privatisations.

L’heure du bilan a sonné : la paupérisation des couches populaires atteint des sommets. Sept millions de nos concitoyens connaissent la précarité. L’inquiétude ne cesse de grandir dans les couches moyennes. Chacun sent qu’il est lui-même ainsi que ses enfants précarisés, sans avenir assuré. Les délocalisations ne cessent d’étendre leurs ravages et notre potentiel industriel est laminé.

Tout ce parcours depuis 1974 inclut l’œuvre de la gauche au pouvoir : les années Mitterrand, mais aussi les cinq années Jospin. Cela a nourri de la désespérance, une crise idéologique profonde car aucun horizon ne semble visible et le débat politique s’apparente à un théâtre d’ombres.

Les plus riches tiennent le haut du pavé. 1 % des classes privilégiées décident à présent de tout. La finance a le pouvoir et les politiques ne font plus que de la figuration ou jouent les bateleurs en foire.

Le grand capital a repris la main. La mondialisation capitaliste tend à s’imposer. L’Europe en constitue l’un des maillons qui s’est renforcé au détriment des souverainetés nationales. Le bilan du sarkozysme n’en a pas moins un revers : une profonde décomposition sociale, politique, idéologique qui constitue un terrain fertile pour toutes les aventures, toutes les forces négatives et antidémocratiques.

Dès lors, la raison de mon engagement est la suivante : je veux battre Nicolas Sarkozy et la droite. Y parvenir ne passe pas par le casting en cours au PS mais par une rupture avec les politiques conduites au cours de toutes ces dernières années, un nouveau pacte social et un parti communiste régénéré.

TOURNONS LA PAGE DES ANNÉES MITTERRAND

Le 10 mai 2011, nous allons fêter, la victoire de 1981 et l’arrivée de François Mitterrand. Aussi, le 16 juillet 1981 commencent les étés chauds des Minguettes. Nous sommes en 2011, Nicolas Sarkozy aura également poussé au bout la logique institutionnelle de la Vème République. Nous nous trouvons dans une sorte de monarchie républicaine, bonapartiste, de type plébiscitaire.

Tout passe aujourd’hui par l’Elysée. La personnalité de Nicolas Sarkozy n’y est pas pour rien. Ne perdons pas de vue toutefois que l’inversion du calendrier électoral par Lionel Jospin et la gauche a renforcé encore le statut de pivot de l’élection présidentielle au cœur de nos institutions. Tout, dès lors, en découle et renforce la présidentialisation monarchique du pouvoir. Cette dérive déjà en germe dans la décision du Général de Gaulle d’élire le Président de la République au suffrage universel constitue un viol de la démocratie représentative, la confiscation du pouvoir au plus haut sommet de l’État au détriment des représentants du peuple.

Lorsque les révolutionnaires de 1789 conçoivent les institutions de la France, ils partent du principe que si le peuple ne peut gouverner directement, il doit élire ses représentants, seuls dépositaires de la légitimité populaire. Ce sont les députés, le pouvoir législatif dont l’exécutif doit dépendre. Nous en sommes bien loin. Aujourd’hui, le Parlement est sous la coupe de l’exécutif. Sans un rééquilibrage institutionnel, il n’existe aucun moyen de reconsidérer aux yeux des français la démocratie représentative.

Face à ce dispositif, quelle a été la stratégie de la gauche et du PCF ?

Après avoir écrit « le coup d’État permanent », François Mitterrand s’est installé à son aise dans la structure institutionnelle qu’il décriait. Quant au PCF, en 1965, il renonce à présenter un candidat et soutient François Mitterrand. En 1969, le PS est au plus bas et le candidat communiste réalise un taux historique. Pourtant, en 1974, nous recommençons et soutenons François Mitterrand. Nous sommes alors en pleine stratégie du programme commun, une démarche d’effacement devant le PS. Ainsi, le piège institutionnel se referme sur nous, favorisant la bipolarisation de la vie politique et nous marginalisant.

Tirant la leçon de ces expériences, nous en avions conclu qu’il fallait présenter un candidat communiste à la présidentielle, même si nous restions empêtrés dans une stratégie d’alliance privilégiée avec le PS, jusqu’à perdre notre âme dans la gauche plurielle.

Le Front de gauche relève de la même démarche. C’est la queue de comète de l’union de la gauche. Mais c’est une coquille vide, un OVNI politique. Mélenchon et son parti de gauche n’ont aucun enracinement, ni militant, ni électoral. La direction du PCF les fait exister au détriment du Parti communiste, alors qu’il faut bien voir qu’ils sont les supplétifs du PS.

A la vérité, il prépare une recomposition politique. Le verbe révolutionnaire de Mélenchon est trop récent pour être sincère. La direction du PCF croit avec cette alliance insolite, contourner le piège de la présidentielle. Mais il le conforte de la même manière qu’hier, avec les mêmes résultats à en attendre. Je propose que le PCF affronte l’élection présidentielle avec ses propres armes, rompre avec la logique de l’alliance privilégiée avec le PS ou ses supplétifs et propose un nouveau pacte républicain et social que nous adressons à la majorité des français, dans l’esprit du Conseil national de la Résistance.

ARRÊTONS DE CRIER AU POPULISME !

A qui profite cette crise politique et idéologique que je viens de décrire ? A ceux qui recyclent à leur sauce les thèmes que nous avons abandonnés et qu’ils dévoient. Le nouveau pacte social que je propose devra réinvestir les valeurs républicaines.

Plus on rendra les étrangers, qui le veulent, fiers d’être français, plus on les arrachera aux nationalistes et aux xénophobes. Il s’agit de combattre les fantasmes Lepénistes, promouvoir les couleurs de la France comme les valeurs républicaines et les faire partager. Nous avons abandonné à Le Pen la référence à la Nation, la défense de l’identité de la France, le souci de la souveraineté et de l’indépendance nationale, le sentiment d’appartenance à un État protecteur et régulateur. A nous de priver le FN de cette force de séduction : Ni communautarisme ni nationalisme en combattant la perversion de l’idée républicaine, en portant encore plus haut et plus fort la francophonie.

Si j’entends bien l’UMP, il faudrait éviter le 21 avril à l’envers. Cela veut-il dire qu’il veut se servir du Front national, chasser sur ses terres idéologiques mais pas le combattre ?

Pour le PS, il ne faut pas recommencer le 21 avril, il ne faut pas se disperser. Il s’agit du traditionnel appel au vote utile, tandis qu’on se satisfera que le FN s’enfle pour handicaper la droite. Le piège mortifère de la bipolarisation a volé en éclats le 21 avril 2002 mais pourtant à quel prix ? Rien n’y fait, UMP / PS continuent comme avant. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette sans propositions alternatives de rupture avec, au contraire, le capitalisme du désastre en héritage selon que l’un ou l’autre l’emporte.

Arrêtons de crier au populisme à la moindre occasion. Tant que l’on refusera de débattre sur des sujets comme le rôle de l’État, la faillite de l’Europe, la dictature de l’argent roi, la défense de la laïcité, tant que seront tabous la régulation de l’immigration, l’insécurité, les délocalisations, le Front national et Marine le Pen en feront leur miel. Un FN qui défend un modèle de capitalisme sauvage de destruction des modèles sociaux et qui se nourrit du pourrissement et du laissez faire des partis politiques traditionnels.

L’enjeu n’est pas tant d’être contre le FN, il faut s’en servir comme électrochoc d’un peuple en désarroi, en scission avec les élites politiques, en colère, avec des mouvements de révolte qui montent. La France profonde réclame le respect de la démocratie, de ses libertés, du peuple de la Nation, le moment est venu de bouleverser la politique, c’est le sens que je donne à ma candidature comme communiste et républicain.

PAS DE SUJETS TABOUS

Il existe sur notre territoire des ghettos de la République. Ils sont le résultat de la paupérisation, du chômage de masse, de la ségrégation, de l’insécurité sociale. Ne soyons pas naïfs : dans des quartiers, la violence est devenue la norme. Des mafias se sont installées. La délinquance, la drogue et la criminalité enkystent nos cités.

Sans l’éradication de la misère, des maux endémiques dont souffrent nos cités, rien ne sera possible. Mais nous ne pouvons ignorer les dérives qui s’y installent, l’instrumentalisation des difficultés comme faire-valoir des idéologies les plus régressives.

Soyons lucides : l’islamisation depuis les années 90 et les émeutes de novembre 2005 en font partie. Ne confondons pas l’Islam, deuxième religion de France et d’Europe, et la volonté d’une minorité d’imposer la charia sur certains territoires de la République. Mais efforçons-nous de tarir la source qui nourrit l’intégrisme en faveur d’un islam compatible avec nos valeurs républicaines, comme l’est devenu le catholicisme, non sans difficultés, dans le cadre des lois sur la laïcité, la séparation de l’église et de l’État (1905).

La gauche et le PCF doivent s’emparer de ces questions. Elles concernent pourtant le cœur du pacte républicain, les conditions du vivre ensemble. Déserter ce terrain, c’est abreuver ceux qui souhaitent l’occuper avec l’objectif de dresser les habitants de France les uns contre les autres pour imposer les modèles les plus réactionnaires.

Il s’agit d’enjeux au cœur du nouveau pacte social et républicain que je propose.

POUR QUE LA GAUCHE REUSSISSE IL FAUT UN CANDIDAT PCF

Deux questions sont posées au peuple français : comment battre Nicolas Sarkozy et mettre un coup d’arrêt à son entreprise de démolition de la France ? Comment faire pour que la gauche ne déçoive plus et réussisse ? Soyons clairs : nous ne considérons pas la mondialisation capitaliste comme un cadre indépassable avec l’Europe comme relais. Nous ne voulons pas continuer une démarche d’union de la gauche, qui a déjà échoué, pour justifier des alliances électorales.

En mai 2007, la gauche aurait dû gagner. Au-delà des raisons pour expliquer sa défaite, la gauche a cessé de penser.

Il nous faut revisiter les fondamentaux depuis Marx, assumer notre histoire pour écrire une nouvelle page. Nous avons besoin de porter les trois pensées de la culture de gauche : réformisme, libertaire, révolutionnaire. Nous en avons besoin pour construire des propositions utiles pour l’avenir.

D’autres chemins sont possibles si nous voulons déboucher sur un véritable changement pour que la gauche gagne et surtout qu’elle réussisse durablement. Quel que soit le candidat PS, même s’il ne nous convient pas, en aucun cas il ne peut être notre adversaire, sous peine de rouler malgré
nous pour Nicolas Sarkozy.

Nous devons nous adresser à l’ensemble du peuple de France, cette majorité d’hommes et de femmes, d’horizons divers, qui ne supportent plus que leur avenir soit imprévisible, qui veulent que nous reprenions notre destin en main, que la France retrouve ses couleurs.

Le Parti communiste a su historiquement joué ce rôle. J’appelle à cette régénération, à un nouveau pacte social. Tel est le sens de ma candidature. Il faut un candidat communiste. 2012 est un rendez-vous qui peut changer la donne.

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