Appel international de soutien aux militants du Parti Communiste Polonais condamnés à la prison pour "propagation du communisme"

, par  lepcf.fr , popularité : 4%

Le 31 mai 2016 quatre militants du Parti Communiste Polonais ont été condamnés par le tribunal de première instance de Dąbrowa Gόrnicza à 9 mois de prison ferme ou à des travaux d’intérêt général ainsi qu’à une forte amende pour avoir "propagé l’idéologie communiste" dans leur magazine "Brzask" et sur leur site internet.

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Le tribunal a jugé les militants selon une procédure spéciale appliquée dans les cas de délits dans lesquels « la culpabilité de l’accusé ne pose pas de doute ». Le tribunal n’a pas mené de procès selon la procédure du code pénal, se basant uniquement sur l’acte d’accusation. De ce fait, les accusés ont été privés du droit à la défense alors qu’ils avaient déjà demandé à être jugés selon une procédure pénal normale.

Les militants du KPP (Parti Communiste Polonais) sont accusés sur la base de l’article 256§1 du code pénal : « Qui publiquement fait la propagande pour un système fasciste ou autre totalitaire et appelle à la haine du fait de différences nationales, ethniques, raciales ou liées à la religion sera puni d’une amende, de limitation ou de privation de liberté jusqu’à 2 ans ».

Le pouvoir avait déjà tenté d’ajouter à cet article l’interdiction de présenter publiquement des symboles communistes mais la mobilisation internationale l’avait empêché. Le 19 juillet 2011 le Tribunal Constitutionnel avait rejeté ce projet de loi comme contraire à la liberté d’expression.

Accuser les militants communistes polonais de propagande totalitaire est encore un pas vers la mise à égalité du communisme avec le fascisme afin d’interdire totalement l’activité des communistes.

La procédure pénal contre les communistes polonais avait été mise en route par le député du parti Droit et Justice Bartosz Kownacki en 2013. Le procureur avait alors refusé de traiter la plainte déposée par ce député, mais la procédure pénale s’est accélérée l’année dernière après les élections perdues par ce parti. Le 31 décembre 2015 le Procureur Régional de Katowice a envoyé au Tribunal de 1ère instance de Dabrowa Gornicza un acte d’accusation contenant l’accusation suivante : « Vous avez publiquement fait l’apologie d’un système politique totalitaire en tant que membre du comité de rédaction du magazine "Brzask" et dans ce cadre vous y avez publié des contenus lié directement aux idées communistes, marxistes et léninistes, publications qui sont accessibles sur le site internet www.kompol.org ce qui dans le contexte des expériences historiques est contraire aux valeurs démocratiques »…

Les Communistes polonais sont donc condamnés pour avoir poursuivi leur activité statutaire légale !

Les communistes polonais soulignent que l’institution du Procureur de la République est complètement soumise aux instances politiques, c’est à dire au Ministre de la Justice, Zbigniew Ziobro de Droit et Justice, également nommé Procureur Général. Et il est patent que le pouvoir politique traite l’extrême droite d’une toute autre manière : au moment de la condamnation des rédacteur de "Brzask", les néofascistes de ONR (Obόz Narodowo Radykalny – Le Rassemblement National Radical) défilait dans la rue de Bialystok pour fêter le 82ème anniversaire de leur fondation… Ils portaient alors des étendards avec le symboles de la phalange, des torches allumées et appelaient publiquement à liquider leur ennemis politiques, c’est-à-dire faisaient complètement référence au fascisme historique. Malgré cela le Ministère de la Défense a programmé d’armer les fascistes en les intégrant à la nouvelle structure de défense territoriale. Auparavant un tribunal à Czestochowa a relaxé un homme qui faisait commerce de tee-shirts avec inscriptions racistes sans y voir une violation de l’article 256 du code pénal. Dernièrement le Ministère de la Justice et le Procureur Général ont suspendu l’exécution du jugement d’un nationaliste condamné pour agression sur un policier.

La condamnation à la prison des communistes polonais pour délit d’opinion est lié à la promulgation par le Parlement d’une loi "interdisant de propager le communisme" qui mène actuellement à l’effacement de tous les noms de rues qui font référence à l’histoire du mouvement ouvrier et à l’histoire de la Pologne Populaire, ce qui est une destruction sans précédent de la mémoire ouvrière. Pendant ce temps, l’Institut de Mémoire Nationale exige que les collectivités territoriales détruisent les monuments commémorant la Libération par l’Armée Soviétique, y compris les monuments des cimetières des soldats soviétiques tombés sur le territoire polonais.

La destruction des monuments de la mémoire ouvrière et la falsification de l’histoire sont les pratiques les plus évidentes des pouvoir fascistes.

L’État bourgeois pense qu’il va terroriser le KPP et les militants communistes polonais par cette répression anti-communiste et que cette campagne anti-communiste va lui profiter. Cependant cette répression est concomitante avec l’augmentation de pratiques anti-sociales barbares de l’Union Européenne. La solidarité avec le KPP et le soutien aux communistes persécutés dont l’action se déroule dans des conditions très difficiles, sont très importantes et doivent devenir massive – chaque protestation devant les ambassades polonaises seront des actions décisives et efficaces.

Les répressions anti-communistes doivent cesser, et les lois anti-communistes abrogées !

À bas la falsification de l’Histoire ouvrière !

Komunistyczna Partia Polski KPP

Parti Communiste Polonais

Voir en ligne : Signez la pétition contre la répression !

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