Une "révolution de couleur" en Roumanie ?

, par  communistes , popularité : 1%

Envoyé par le Parti socialiste de Roumanie (communiste en fait... car le terme "communiste" est interdit à Bucarest). On appréciera à la lecture du texte la façon dont nos merdias présentent la situation !

Nous constatons que la plupart des médias internationaux affichent incorrectement la situation en Roumanie, montrant seulement le spectacle d’une minorité représentée par le Président Johannis et les manifestants organisés par lui. Les médias ne comprennent pas ou déforment délibérément les véritables événements et leurs enjeux.

Nous allons vous présenter quelques problèmes réels de l’atmosphère roumaine après les élections législatives du 11 Décembre 2016, gagné d’une manière détaché, par le Parti Social Démocrate, PSD, (45,5%), qui a réalisé après une coalition stable dans le Parlement (65,5%).

Le Président Klaus Johannis, contrairement à la Constitution, a fait campagne pour son parti, Parti National Libéral, PNL, et le parti nouvellement créé, le parti de Soros, l’Union Sauvegarder la Roumanie, USR, qui ont gagné moins de 30% des voix. Il a déclaré : "Je veux mon Parlement, Je veux mon Gouvernement”, refuse de reconnaître en Octobre 2015 le gouvernement PSD, dirigé par Victor Ponta, son adversaire à l’élection présidentielle 2014 et veut nommer un gouvernement composé des fonctionnaires roumains de la Commission européenne et des employés des ONG de Soros, dirigé par Dacian Ciolos, ex-commissaire à l’agriculture à la Commission européenne.

Les récentes mesures qu’il a prises sont dirigées contre la coalition :
- Le rejet de la première proposition du Premier ministre, sans aucune motivation ;
- Le retard dans l’approbation de la nomination du gouvernement et le retard dans l’octroi d’approbation pour le budget pour 2017 ;
- Le rejet de la loi approuvée par le Parlement, proposé par le PSD, concernant l’annulation de 102 impôts et taxes, de renvoyer la loi au Parlement et de retarder, par conséquent, son application d’environ trois mois ;

Tous cela, pour empêcher la coalition majoritaire de mettre en place le programme du gouvernement qui prévoit, pour la première fois, plusieurs mesures destinées à accroître le niveau de vie de la majorité. Avec un délai de deux mois, est en cours la première étape d’augmenter les pensions, le salaire minimum, les salaires des enseignants et des médecins, les aides aux personnes défavorisées, la réduction des impôts etc.

Les manifestations contre le PSD qui se déroulent depuis 9 jours devant le gouvernement (Place de la Victoire) ont été organisées grâce à internet par des partisans du président. Ils ont dit que la raison est l’approbation frauduleuse par le gouvernement d’une ordonnance d’urgence sur la modification de certains articles du Code pénal et du Code de procédure pénale, sur la base des exigences de la Cour constitutionnelle et des directives européennes. La vérité a été évidente à partir de la sixième soirée de protestation, le plus grand de tous, après que le gouvernement a abrogé l’ordonnance critiquée. Depuis restent seulement les demandes de rejeter le gouvernement et l’arrestation des dirigeants du PSD. La manifestation spontanée au départ des jeunes de Bucarest a été confisquée par le Président et les dirigeants de ses partis. les manifestants, précédés par la voiture du président, sont passés de l’emplacement traditionnel des manifestations à Bucarest, Place de l’Université, vers la Place de la Victoire, où est le siège du Gouvernement. Les manifestations sont illégales, sans autorisation, mais elles sont très bien organisés, la logistique impressionnante (systèmes laser projetant des messages anti-gouvernementaux sur les bâtiments autour de la place, des pancartes avec des slogans sophistiquée, des jeux de groupes etc.). A certains moments, simultanément dans toutes les villes avec les manifestants, l’hymne national est joué, des flash lights illuminés, grâce à des téléphones mobiles etc.

Dans ces actions, Johannis est soutenu par une partie des services secrets et les chefs des procureurs, qui sont nommés par le Président et, qui craignent à cause des nouvelles dispositions légales de perdre leur rôle de premier plan dans l’état.

Depuis plus de 12 ans, la Roumanie est un État policier. L’ancien président, Traian Basescu, a accru la corruption, et a donné des pouvoirs discrétionnaires aux agents des services secrets et les aux procureurs. Ils ont été transformés en armes pour détruire les opposants politiques. À ces forces se sont ajoutées les directions des entreprises multinationales qui paient leurs employés à participer à des manifestations. A côté de Johannis a été photographié pendant la manifestation le président de "Raiffeisen Bank", Steven Van Groningen. Pourquoi les multinationales ? Parce qu’elles détiennent 98% du système bancaire roumain et plus de 80% de l’économie roumaine.

Le programme du gouvernement actuel veut réduire les bénéfices (en augmentant les salaires et en limitant les impôts et les prélèvements sociaux). En outre, à partir du 01/01/2018 les profits seront taxés dans le pays où ils sont réalisés, par l’application d’une directive européenne.

Le 7 Février, le président, devant le Parlement, a encouragé les manifestants, a attaqué le PSD, a refusé de jouer son rôle constitutionnel de médiateur.
Le 8 Février, la Cour constitutionnelle a rejeté tous les appels contre l’ordonnance d’urgence critiquée, déclarant qu’il n’y avait pas de conflit d’intérêts, le gouvernement est habilité par le Parlement à émettre des ordonnances d’urgence pendant les vacances parlementaires.

Pendant ce temps, Le Parlement a approuvé le budget pour 2017 et a rejeté la motion de censure déposée par le parti de Johannis exigeant la démission du gouvernement.

Consternés par le comportement de Johannis contre le vote de la majorité et l’arrogance avec laquelle il appelle les manifestants anti-gouvernementaux « mes Roumains », d’autres Roumains protestent depuis cinq jours devant la Présidence (Palais de Cotroceni), contre le Président et son système, les agents des services secrets et les procureurs, appelés Binom.

Malheureusement, la haine et la division continuent et évidemment Johannis ne renonce pas a son plan déclaré de changer la majorité parlementaire et d’imposer son gouvernement. Il continue la campagne. Son attaque permanente est dirigée contre Liviu Dragnea, Président PSD, la figure politique la plus populaire du moment, le seul rival fort dans les prochaines élections présidentielles. Il est appelé "condamné" parce qu’il a une condamnation avec sursis pour « l’erreur » de mobiliser l’électorat PSD à voter lors du référendum pour la destitution du président Traian Basescu. Et pour mieux comprendre la manière d’exercer la justice en Roumanie, dix mois apres la condamnation, après plusieurs demandes faites à la cour, il a reçu, le 8 Février, l’avis que, en l’absence de preuve, il a été condamné pour conduite autoritaire et qu’il n’a pas reconnu sa culpabilité au cours de l’enquête. Les procureurs cherchent encore des faux dénonciateurs pour l’intimider ou même l’arrêter. De nombreux politiciens sont de cette façon expulsés de la vie politique.

Le Parti Socialiste Roumain lance des appels pour le calme et l’ordre constitutionnel, pour respecter l’indépendance des pouvoirs dans un Etat de droit, assurer les conditions juridiques du fonctionnement du Parlement et du Gouvernement, les seules institutions responsables dans le processus législatif. Le PSR met en garde contre la manière partisane et les distorsions des médias internationaux dans la présentation des phénomènes sociopolitiques qui ont lieu en Roumanie.

Voir en ligne : Diffusé par le collectif polex

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