Sur le communiqué du KKE et quelques pièces a convictions

, par  Gilbert Remond , popularité : 8%

La marche forcé vers l’euro, puis plus tard sa réalisation, n’en finissent pas d’aggraver le climat social. Les mécanismes qu’il engendre représente une véritable torture pour les couches populaires. Pourtant, l’austérité qu’il leur impose n’est pas seule conséquence de sa mise en place, s’ajoute à elle un véritable pourrissement des institutions démocratiques, l’union européenne se saisissant de la fenêtre qui lui était ouverte pour réduire autant que possible le cercle du discutable. Ainsi devient ennemi celui qui demande a rediscuter ce qui a été décidé indiscutable.

C’est par exemple Junker qui ne s’embarrassant pas de clause de style déclare sûr de son fait et de sa fonction « il n’y a pas de choix démocratique contre le traité européen » Allez circuler il n’y a rien a dire. Pourtant nous le voyons bien, ce référendum fait ressortir le spectre du traité constitutionnel de 2005 car comme l’écrit Lordon dans le texte ci-dessous « c’est tout un lourd passé qui se retrouve relié dans le mot référendum, le sale petit secret de toute une construction institutionnelle qui ne se sent pas d’autre devoir vis a vis de la démocratie que celui du simple oblat verbal de la célébration de mot et en réalité n’a pas d’autre projet la concernant que d’extinction méthodique »

La guerre idéologique est donc déclarée. Derrière la question de la dette se trouve en fait celle de la souveraineté des pays membre de la Communauté européenne, de leur liberté de parole et d’action face aux décision de la troïka. La Grèce n’est pas seule en cause et la leçon vaudra pour les autres. Derrière arrive L’Espagne et le Portugal. Il faut faire entendre à leur peuple que rien ne doit jamais bouger, qu’ils ne peuvent conduire au pouvoir des aventuriers qui s’en prendraient aux sacro-saintes lois de l’économie libre et de sa concurrence non faussée. Derrière tout cela, ce sont aussi les intérêts des banques allemandes et françaises qui sont touchés, et dont nos gouvernants sont les fondés de pouvoir comme l’a montré récemment la crise des subprimes et les milliards qu’il fallu leur accorder a fond perdu. C’est donc celui de nos propres capitalistes et non pas d’une entité économique vaguement supra-nationale cachée derrière des acronymes opaques.

D’ailleurs le responsable de la social-démocratie allemande, président de surcroît du groupe siégeant au parlement européen, n’y va pas par quatre chemins ; il annonce sur de son fait et sans s’embarrasser de savoir s’il s’ingère dans les affaires intérieures d’un pays souverain « de nouvelles élection seraient impératives si le peuple grec vote pour le programme de réforme et donc en faveur du maintient dans la zone euro et que Tsipras de façon logique démissionne », loin de se rappeler de l’époque ou son pays resté débiteur de l’argent emprunté de force par les nazis se voyait bénéficier d’une annulation de dette. Il enfonce le clou en prophétisant une nouvelle chance pour la Grèce qui serait alors débarrassée de Syrisa. Ainsi tout est dit de la passion anti-démocratique européenne qui découvre une haine égale a celle qu’engendrait jadis les haines religieuses pour tout ceux qui refusent l’allégeance au nouveau dieu. Comme le dévoile Todd devant un aréopage de plumitifs ébahis, puis très vite scandalisés dans son « qui est Charlie », l’euro est devenu le nouveau veau d’or et ses adorateurs en ont fait la source d’une haine porté par des institutions politiques qui se nomme commission de Bruxelles, BCE euro groupe etc.

Enfin la CES elle aussi se met dans la partie. Elle soutient dans un communiqué officiel paru le 1 juillet son syndicat grec qui demande l’annulation du référendum tout en affirmant que l’orientation européenne de son pays n’était pas négociable et en apportant son soutient a la monnaie unique et a une Europe fédérale.

Pour autant tout n’est pas si simple. Syrisa certes est dans le collimateur, mais Syrisa représente en même temps une perspective qui recherche un compromis impossible pour sauvegarder une chimère a laquelle le PGE s’accroche toujours, celle d’une europe sociale qu’une volonté politique pourrait un jour établir. Or il n’est pas de réorientation possible de cette construction politique. Elle n’a pas été prévue pour celà et l’actuel bras de fer qu’elle engage aujourd’hui en est la démonstration. C’est la raison pour laquelle le KKE a choisit un positionnement différent qu’il expose et explicite dans un communiqué que je publie ci dessous.

Pour lui la chose est claire. La coalition au pouvoir veut avec cette initiative faire approuver ce qui résulte de la faillite de ses engagements, c’est a dire un mémorandum ou les concessions faites a la Troïka conduiraient a des sacrifices supplémentaires pour les catégories populaires. Pour le KKE le référendum conduirait dans tous les cas a poursuivre les mesures anti populaire puisqu’en refusant le plan de l’euro groupe il donnerait leur accord pour celui dont était porteur la délégation gouvernementale.Pour le KKE faut refuser cette fausse alternative qui conduit de Charybe en Cylla celui qui s’y prête.Il appelle par contre le peuple a exprimer sa volonté de sortir de l’UE de demander l’annulation de la dette, le pouvoir aux travailleurs et la socialisation des grands monopoles.

Ces positions qui découlent d’une stratégie claire ont le mérite de replacer le débat politique dans un cadre qui est celui de la bataille de classe a laquelle les oligarchie capitalistes convoquent les peuples. Elle procède aussi d’une cohérence qui vise a donner les moyens d’une autre politique. Celle ci nécessite de s’attaquer a la propriété capitaliste et a s’émanciper des institutions politiques qui lui permettent de se reproduire et d’asservir les peuples, aussi est-il étonnant pour pas dire choquant de lire ici et la les jugement a l’emporte pièce et les formules lapidaires employé par certains qui se disent camarades mais se posent en experts sur de leur concepts sans s’être frotté au contradictions du terrains ni aux réalité du pays.

Cependant je terminerai en leur répondant en reprenant la conclusion que donne Lordon a son texte en la faisant mienne a mon tour « En réalité l’événement offre peut être la la meilleurs occasion de découvrir et pour certain de redécouvrir tout court, que l’internationalisme réel consiste moins dans le dépassement imaginaire des nations que dans la solidarité internationales des luttes nationales. Et dans leur induction mutuelles. Les grecs sont sur le point l’ordre néolibéral e son institution principale : la monnaie unique européenne. Pour nous qui souffrons des pouvoirs entièrement vendus a cet ordre, être a la hauteur de l’éclaireur grec ne réclame pas moins que de nous retourner contre nos gouvernements » D’une certaine manière c’est ce a quoi nous engage le texte de rouge midi qui lance un appel pour une nouvelle consultation de notre peuple sur la poursuite du processus de l’intégration européenne et le maintient dans l’euro, en développant cette exigence par des luttes sociales et politiques.

Gilbert Remond

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