Aubagne le 04 07

Scoop TI, C’est parti ! Une victoire

, par  Paul Barbazange , popularité : 2%

Jour de fête et de luttes. Ce qui s’est passé et quelques questions. Luttes revendicatives et luttes de classe. Symboles et productions ouvrières. Qui fait quoi ? L’entreprise, le département, la France...

Scoop TI, C’est parti !

Nous étions deux héraultais au milieu des 1500 personnes venues vendredi soir fêter à Aubagne la victoire des Fralibs, dans l’usine devenue propriété des travailleurs en lutte.

76 salariés, ouvriers, techniciens, cadres qui après 1336 jours d’une lutte remarquable ont battu le trust UNILEVER, son "pdg -monde", ses actionnaires, ses avocats, ses milices patronales, le Medef et l’UMP marseillaise... Le trust est battu, on ne se le répétera jamais assez, les victoires des salariés ne sont pas si fréquentes par les temps qui courent pour que le mouvement ouvrier, ses militants dans leur diversité ne marquent pas celle-ci avec détermination, netteté.

Une lutte de 1336 jours ne peut être, ici, facilement résumée, les militants l’ont vécu, ce fut parfois très dur. Nous y avons participé, comme des milliers d’autres, autant que nous l’avons pu en dépit de la distance.

Nous sommes allés souvent à l’usine, nous avons aidé à recevoir dans le cadre d’opération de solidarité les "Fralib" dans de nombreuses villes de France aux côtés de militants de la CGT, d’autres organisations syndicales parfois, de militants du PCF souvent et d’autres.

Dès le départ l’affaire ne fut pas banale. Un syndicat CGT bien organisé sur des bases de classe construites dans le temps de haute lutte, adhérent à la fédération CGT de l’Agro. Des salariés ayant pour beaucoup déjà subi une délocalisation du Havre sur Aubagne-Gémenos, il y a une dizaine d’années (dans le cadre des primes accordées au patronat pour la réindustrialisation après la fermeture par l’UE et le gouvernement français des chantiers navals) ou venant de la vielle usine historique de thé "L’Eléphant" de Marseille. Un mélange donc de l’expérience des luttes havraises et marseillaises.

Un affrontement sur les salaires et les profits

Avec dans l’usine et dans la population marseillaise une large information sur les énormes profits amassés par le trust sur le travail de ces salariés. Un patron qui décide rien de moins que de transférer les productions (sachets de Thé et infusions commercialisées sous la marque l’Eléphant) en Belgique et en Pologne, l’Union européenne leur servant de faire valoir, d’alibi politique pour organiser la déportation des travailleurs.

Avec un "choix" imposé aux salariés, le reclassement indigne à des milliers de kilomètres de chez soi ou la "prime à la valise", une obole, et un emploi hypothétique, en réalité pour la plupart – femmes en particulier –, le chômage et son cortège de difficultés jusqu’à la retraite.

Contrairement à ce qui se passe dans la quasi totalité des entreprises, la majorité des salariés (soutenus, guidés au jour le jour par la CGT dans son entier et le délégué de l’usine CFE- CGC) décidèrent de lutter jusqu’au bout pour garder leur emploi.

76 sont aujourd’hui partants pour lancer la Scoop TI (pour Thé-Infusions) après de multiples péripéties leur ayant permis d’acquérir les locaux, les machines, d’avoir tout conservé en parfait état et même d’obliger Unilever à participer au démarrage de la scoop.

Une belle pièce de théâtre en entier conçue et jouée par les militants eux-même, a superbement décrypté la lutte avec quelques temps forts : la cellule de reconversion, les tribunaux, les milices, les solidarités, la vie des couples et des familles, les enfants qui grandissent en presque 4 ans, les nécessaires réflexions sur la stratégie et les tactiques...

Pour notre part nous souhaitons qu’elle puisse être encore présentée devant des milliers de militants. C’est une œuvre de réflexions et de courage qui vaut bien des thèses de congrès.

Le meeting qui a suivi regroupait plus de cinq cent personnes. Les orateurs, Cynthia Sanchez-Martin pour l’UL-CGT Aubagne, UD, fédération CGT de l’agro, délégué de l’usine CFE-CGC ont, chacun en ce qui les concerne, souligné les forces du mouvement : solidarité, fraternité, intelligence dans toutes les formes de la lutte des classes des plaidoiries judiciaires à la reconquête de l’usine sur les milices patronales... Thierry Peitavino, secrétaire de l’UD 13, a mis un point d’honneur à montrer le sens des luttes en cours dans le 13, marins contre l’Europe du capital, des conditions de travail indignes et la destruction par ce gouvernement des services publics, la chimie, les intermittents du spectacle... les camarades me pardonneront nous n’avons pas tout noté. La question de la convergence au delà de la solidarité a été marquée. Déjà des actes ont eu lieu, il faut aller plus loin. A Marseille et ailleurs.

Chaque intervenant à partir de sa vie et de ses responsabilités a souligné l’intelligence politique nécessaire à la lutte, tout autant pour définir les objectifs de classe que pour à chaque instant trouver tous les soutiens possibles, et la situation a bien varié au cours de ces 1336 jours ! En visant à chaque instant à ce que chacun soit montré comme responsable de ses actes. André Chassaigne, député communiste président du comité de soutien a été particulièrement mis à l’honneur. A. Montebourg cité pour le décalage entre les promesses et les actes... Mais ce soir de victoire n’était pas le moment d’exercer rancœur. On distinguait dans l’assistance, Pierre Laurent (secrétaire national), Pierre Dharéville secrétaire départemental et le cheminot Didier Le Reste responsable pour le PCF du Front des Luttes. Ainsi que Charles Hoareau de Rouge vifs Marseille et de nombreux militants du PCF, de Rouge Vifs 13. Pour notre part nous n’avons pas entendu à la tribune d’intervention de la Confédé CGT... ce qui interroge.

A l’initiative de Cynthia le meeting s’est conclu par un vibrant "Chiffon rouge", chant ouvrier créé dans les MJC du Havre, alors municipalité d’union conduite par un PCF, devenu dans les années 80 chant de ralliements de la JC, échappant de ce fait à son auteur. Et une extraordinaire Internationale poing levé de la quasi totalité de l’assistance.

Nous nous en souviendrons tous !

La fête, car ce fut d’abord ça, s’est poursuivi par un buffet abondant, occasion de multiples discussions, une deuxième pièce de théâtre donnée par Audrey Vernon, soutien à la lutte des intermittents. Certains avaient quitté la fête pour manifester en Avignon.

Nous savons tous, les 76 de Scoop TI en particulier, que rien n’est définitivement acquis. Il va falloir faire vivre l’entreprise, trouver financements et débouchés. Le capital sera toujours implacable, tant qu’il régentera les affaires du pays. Plus que jamais, les luttes, la solidarité de classe et la fête. La politique de classe.

Paul Barbazange, secrétaire de la section de Béziers ; Maryse Laurent, secrétaire de cellule, Sète.

PS : Je m’en voudrais de ne pas citer les poèmes écrits et lus par notre camarade Francis Combes, poète-éditeur du "Temps des cerises" qui ont enchanté leur auditoire. Poèmes de lutte, de fraternité et d’amour.

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