Pourquoi commémorer Stalingrad ? Rassemblement à Paris pour le 70ème anniversaire de la victoire de Stalingrad, le 2 février à 15h, place Stalingrad (métro Jaurès)

, par  lepcf.fr , popularité : 1%

Et d’abord, dans quelle situation sommes-nous pour le faire ? Il y a peu d’années, les faiseurs d’opinion les plus largement diffusés ont fait quelques titres à propos de la bataille de Stalingrad : ils s’agissait de saisir l’occasion de la sortie d’un film, un véritable navet négateur de l’évènement historique, pour dénigrer cette bataille autant qu’il leur était possible de faire.

Aujourd’hui, ils en parlent toujours de manière réductrice et tendancieuse, mais beaucoup plus rarement.

Leurs textes et leurs discours continuent une réécriture qui nie l’histoire : ils fondent et articulent leurs présentations autour des thèses réactionnaires que nous connaissons depuis longtemps, et que nous avons toujours combattues parce que nous les savons fausses ; ces thèses ne contiennent aucun document nouveau, aucun fait nouveau : rappelons par exemple que toutes celles qui traitent des crimes commis par les SS ou par les miliciens reprennent les arguments et récits diffusés par les SS et par les pétainistes, les unes le jour même, les autres le lendemain de leurs crimes.

Réécrire ainsi l’histoire, en niant sa vérité, aboutit dans tous les cas à réhabiliter les criminels et les kollabos, et à condamner les résistants comme s’ils étaient des criminels ; si les faiseurs d’opinions réactionnaires aboutissaient à leurs fins, une chose est certaine et annoncée sans aucune ambigüité par de nombreux précédents historiques : tous les Résistants sans exception seraient condamnés !

Aujourd’hui, ce processus de réécriture et de négation de l’histoire a déjà produit de très graves dégâts dans notre société ; au nombre de ces dégâts, il faut citer :

  • la mise aux oubliettes du programme les Jours heureux du CNR et de toute son œuvre, notamment, l’oubli forcé du plan de réforme démocratique et progressiste de nos institutions scolaires, lycéennes et universitaires élaboré par la « Commission Langevin-Wallon » ;
  • la mise au placard, puis le démontage des réalisations de la Libération que furent les statuts de la fonction publique, les nationalisations, la Sécurité sociale, etc… ;
  • le bâillon de plus en plus épais imposé aux luttes démocratiques ;
  • la mise sous l’étouffoir des luttes revendicatives de tous les travailleurs et de leur pensée autonome, individuelle et collective, avec comme résultat l’asservissement de la classe sociale qu’ils constituent ;
  • la montée du nombre des femmes et des hommes privés de travail et contraints au chômage ;
  • la destruction de l’industrie et de l’agriculture de notre pays.
  • ...

Nous voyons dans ces traits caractéristiques de la situation que nous vivons, les effets des processus instrumentaux actifs et délibérés de l’oubli, je dirai : les effets de l’oubli organisé. Si les très riches capitalistes et les politiciens à leur service ont voulu, organisé et propagé cet oubli, nous voyons aujourd’hui que c’est parce qu’ils en avaient besoin, et qu’ils en ont toujours besoin, pour bâtir sur les ruines résultant de ces dégâts l’empire qu’ils appellent l’Europe et pour nous l’imposer.

D’une manière générale, cet oubli actif et délibéré, organisé, a obtenu pour résultat que les jeunes générations (les moins de cinquante ans) semblent à peu près tout ignorer de notre histoire.

Sauf que ces mécaniques de l’oubli ont créé des vides que les plus jeunes générations (lycéens, collégiens, adultes jusque vers vingt-cinq ans...) ressentent comme des manques : il faut observer avec quelle avidité ils écoutent les réponses sincères que les témoins peuvent faire à leurs questions lorsqu’ils ont l’occasion de les poser.

Tout cela donne, à nos yeux, une grande pertinence à la commémoration de la bataille livrée par l’Armée rouge aux forces nazies et fascistes, et de son aboutissement, la victoire de l’Armée rouge, remportée le 2 février 1943. Nous commémorerons cette bataille et cette victoire en célébrant le 2 février 2013 à Paris le soixante-dixième anniversaire de la victoire.

Il s’agit pour nous de rappeler l’importance qu’avait aux yeux de tous les Français dès son début, le 22 juin 1941, la guerre que faisait l’Armée rouge pour résister à la tentative hitlérienne, mussolinienne, horthyste, franquiste, pétainiste, etc... de reconquérir les territoires de l’ancien empire des tsars de Russie, et pour la repousser : cette importance, c’était l’espoir de vaincre l’oppression, de vaincre les forces armées du nazisme et du fascisme.

Aux yeux de tous les résistants, cette importance tenait à ce que cette guerre modifiait de manière décisive le rapport des forces armées en apportant à toute la Résistance, l’appui considérable de l’Armée rouge et de l’industrie soviétique.

Cette importance grandissait à chacune des batailles que les armées de Hitler, de Mussolini, de Horthy, la « Légion azùl (Légion bleue) » franquiste, la « LVF (Légion des Volontaires français contre le bolchévisme) » pétainiste, etc... devaient livrer contre l’Armée rouge. Elle a pris la force de l’évidence lorsque commencèrent les combats retardant l’invasion dans son approche de Stalingrad.

La victoire de Stalingrad, remportée par l’Armée rouge le 2 février 1943, a transformé l’espoir raisonné et documenté en la victoire probable en certitude que désormais, la victoire était en marche.

Cette certitude confirmait avec une grande force la place du combat au premier plan des préoccupations de tous les Résistants, tout en plaçant tout près, au second plan, la victoire et ce qu’il fallait faire de la victoire ; le besoin de se donner les moyens de participer à la victoire stimula grandement le mouvement fédérateur de tous les Résistants et lui permit d’aboutir à la formation du Conseil national de la Résistance, qui se réunit pour la première fois le 27 mai 1943 ; immédiatement, le besoin de concevoir ce que la nation victorieuse ferait de sa victoire assigna au Conseil national de la Résistance la tâche d’inscrire dans un programme les principes qui animaient la Résistance et les directions de la nécessaire réorganisation du pays, afin que, la victoire obtenue et l’ennemi chassé de notre territoire, les Résistants avec toutes les citoyennes et tous les citoyens, avec toutes les travailleuses et tous les travailleurs de notre pays, s’en servent pour réorganiser la France en l’assurant contre le retour des trahisons de l’avant-guerre : le programme les Jours heureux est le produit de ces travaux.

Il faut porter la plus grande attention à la diversité des signatures que recueille l’appel à commémorer la bataille et la victoire de Stalingrad : ce sont les signatures de communistes avec ou sans carte, de gaullistes, de socialistes, de syndicalistes, de gens d’opinions très diverses : leur diversité se rapproche beaucoup de la composition du mouvement qui s’était fédéré dans le Conseil national de la Résistance.

Voilà les raisons pour lesquelles il faut commémorer la bataille de Stalingrad et son issue victorieuse.

Jean-Pierre Combes, jeudi 17 janvier 2013

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