Le défi démocratique, Georges Marchais et Alexis Tsipras...

, par  Gilbert Remond , popularité : 8%

J’ai fait un petit montage de textes sur George Marchais auquel j’ai rajouté un lien, sur un film tourné par Marcel Trillat à l’occasion de la sortie du "Défi démocratique". Je n’en ai malheureusement que seize minutes qui correspondent à une interview de Georges en compagnie de Mireille Bertrand. j’ai découvert à cette occasion, cette dernière, jeune et calme, jolie dans sa simplicité et agréable à entendre, saine dans ses raisonnements.

On a l’impression d’être sur une toute autre planète que celle ou nous vivons. L’un comme l’autre parlent de socialisme, de pays socialistes qui ne connaissent pas l’inflation, où les salaires augmentent, où les gens sont logés à des prix bon marché qui intègrent le téléphone, l’eau, le chauffage. L’exposé est concret. Le descriptif des forces sociales à rassembler est clair. Tous deux insistent avant tout sur la dimension sociale et non politicienne du rassemblement. Cependant une seule chose me laisse perplexe, l’insistance portée sur la dimension démocratique.

Je crois que plus le temps passe, moins je vois possible cette stratégie. Le changement que pouvait apporter une stratégie issue d’un rassemblement type union de la gauche pour une démocratie avancée, me semble impossible dans les conditions institutionnelles de notre pays. Plus le temps passe et plus la crise s’approfondit pour les masses, et plus je pense que nous devrons pour en sortir, organiser une mobilisation de type révolutionnaire, combinant mouvement de grève et mobilisation de masse sur des objectifs vitaux.

La monté des contradictions dans l’Europe capitalistes et entre puissances impérialistes, risque bien de nous entraîner vers une période de guerre et de répressions intenses. C’est pourquoi l’Ukraine est un théâtre qui ne se limite pas au bruit et à la fureur shakespearienne. Il se rapproche de plus en plus d’un drame de type orwellien où les souffleurs appartiennent à la police de la pensée. Aussi est-ce la raison pour laquelle je crois que le "Défi démocratique", s’il est un livre à relire pour comprendre ce qui aurait pu fonctionner mais qui a dysfonctionné il y a trente ans, n’est pas un livre a réécrire.

Nous allons devoir revenir à des choses plus discrètes, mais plus efficaces, en particulier aux fondamentaux, pour ré-élaborer une pensée combative dans les circonstances où nous nous trouvons. De nombreux camarades réutilisent des articles publiés par des sites fascisants. J’essaie de comprendre ce qu’il se passe. Je pense que le manque d’informations, allié à un manque de formation, conduit à se satisfaire d’analyses qui ont l’apparence d’analyses anti-impérialistes, car nous manquons de références et surtout des bases pour les décrypter chez les nouveaux communistes.

Je me rappelle trop Fiterman (le porte plume du "Défi démocratique") qui déclarait avec une conviction tranquille que l’impérialisme était une phase dépassée parce que nous entrions dans un monde où la force de la politique prenait le pas sur la politique de la force. Je pense que cette disposition d’esprit qui nous vient de Gorbatchev n’a pas fini de nous nuire parce qu’elle est toujours en cours dans la direction du parti. Elle est celle qui domine dans le PGE. Je suis assez atterré quand je lis ce qui s’écrit sur les pages Facebook des groupes qui se réclament du PCF, au sujet de la Grèce et de Syrisa qu’ils attendent comme le messie, chevillé au cœur, par la conviction que son triomphe prochain amènera le changement en Europe.

En gros, le soleil demain se lèvera à Athènes ! Impossible de les raisonner, ils ont trouvé leur nouvel idole, leur nouveau sauveur suprême. C’est comme ça, ils ont besoin d’avoir un type à suivre et à applaudir. Après Mélenchon, les voilà tous derrière la nouvelle Pythie (je devrais dire le dernier Apollon) que les médias et la classe politique nous offrent, mes contradicteurs semblent même ne pas se rendre compte qu’il existe des communistes en Grèce qui ont une analyse différente, puisque quand je leur parle de 81 et de Mitterrand ils me répondent que les communistes à l’époque n’étaient pas dupes. Oui, et bien on voit où leur clairvoyance nous a conduit.

Nous retombons donc sur le "Défi démocratique" et la nécessité de reprendre son texte (je dois ajouter que j’y ai cru moi aussi, que j’avais besoin d’y croire après avoir connu les amertumes de l’errance gauchiste, ce qui fait qu’il y a deux expériences malheureuses a repenser, celle de l’union de la gauche et celle du gauchisme post-soixante-huitard).

Gilbert Remond


Interview de Georges Marchais sur le "Défi démocratique"


http://www.cinearchives.org/Films-447-293-0-0.html

A l’occasion de la sortie du livre le "Défi démocratique" en septembre 1973, Georges Marchais est interviewé en compagnie de Mireille Bertrand. Au cours de cet interview, Georges Marchais répond aux questions du journaliste Marcel Trillat et explique la nécessité du défi démocratique, sa complémentarité avec le programme commun cosigné avec les socialistes et les radicaux de gauche. Selon Georges Marchais, le défi démocratique annonce la mise en place de la société socialiste de demain et la manière d’y parvenir. L’essentiel des réponses est donné par le premier secrétaire du Parti communiste, Mireille Bertrand intervient de manière plus brève et non systématique.

Contexte Historique : en 1972, la droite est au pouvoir, Georges Pompidou est président de la République, les communistes signent alors avec le parti socialiste et les radicaux de gauche un Programme commun de gouvernement. En septembre 1973, Georges Marchais alors premier secrétaire du Parti communiste, fait paraître un livre intitulé le "Défi démocratique". A l’occasion de la sortie de ce dernier, il est interviewé en compagnie de Mireille Bertrand. Au cours de cette interview Georges Marchais explique la nécessité du défi démocratique, sa complémentarité avec le programme commun.

Personnalités : Georges Marchais et Mireille Bertrand
Descripteurs : Programme commun, URSS, défi démocratique, liberté
Production : Unicité
Auteur : Jacques Bidou
Directeur de production : Anne-Marie Roy
Chef opérateur : Bruno Mue

Lieux de consultation : Ciné-Archives, Archives françaises du film, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Forum des images, BNF

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