La jeunesse syrienne communiste : « Nous ne nous rendrons jamais ! » Interview de Wessam Kahel, membre de la Commission des relations internationale de la jeunesse communiste de Syrie - Bagdash

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Cet interview du responsable de la jeunesse communiste syrienne aux questions internationales, qui a été faite par les communistes italiens et traduite pour "Histoire et société", témoigne du double combat mené par les communistes, contre l’agression impérialiste contre leur pays, mais aussi pour la démocratie et contre le néo-libéralisme du gouvernement syrien, là où le premier combat leur en laisse la latitude (note de Danielle Bleitrach).

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ICP : Quelles sont les dynamiques et les positions internes des communistes sur les différents thèmes en Syrie aujourd’hui ?

Je voudrais donner quelques informations sur les derniers événements. L’armée syrienne a progressé dans des endroits différents. Comme vous le savez, nous sommes un pays assez grand. Donc, l’armée syrienne ne peut pas disperser toutes les forces dans tout le pays. Cette avancée est due à la Russie, mais nous y reviendrons plus tard.

Alep, par exemple. Le sud d’Alep est principalement contrôlée par les rebelles et les réactionnaires qui ont tous été balayés par l’armée syrienne. Cette armée syrienne a pu progresser fortement et rapidement grâce au soutien de la Russie. Plus de 75 endroits dans le sud d’Alep sont maintenant contrôlés par l’Armée syrienne. Non seulement la ville, mais la campagne ouverte. Dans certaines petites villes, l’armée a anéanti les rebelles en quelques heures. Nous avons été surpris par cette rapide avancée.

Dans l’Ouest d’Alep, ils ont aussi fait des progrès importants réalisés contre Daesh cette fois. Dans le sud, il y a les principales organisations terroristes, le Front Al-Nusra affilié à Al-Qaïda et d’autres organisations terroristes plus petites contrôlées par le Front Al-Nusra. A l’Ouest d’Alep, il y a eu des progrès vers Rakka, la capitale dite de Daesh. Nous sommes étonnés par ce progrès, mais nous sommes en même temps plein d’espoir. Aussi autour de Damas, où la plupart des quartiers sont sous le contrôle du gouvernement, et dans la province, surtout dans l’Ouest, où il y a le Front islamique, une organisation contrôlée par l’Arabie Saoudite. Le chef de cette organisation a été tué par une opération syrienne et russe. Son nom était Zehran Hallush. Ce qui est un gros problème pour cette organisation car ils étaient tous dépendants d’une seule personne, pas d’une idéologie. Dans le sud de Damas, à Dara, près de la Jordanie et Israël, où il y a aussi le Front Al-Nusra, l‘armée syrienne a repris le contrôle de certaines grandes villes et des lieux importants. C’est une grande région, mais l’armée syrienne a fait beaucoup de progrès dans toutes les régions. Dans le centre de la Syrie, à Homs, il y avait une petite base où les rebelles étaient cantonnés. L’armée syrienne les a encerclés, et elle a forcé les rebelles à quitter la ville. Homs a été nettoyé. Comme le territoire au Liban est maintenant nettoyé.

ICP : Qu’en est-il de Palmire ?

Malheureusement, comme vous le savez, il y a eu une grande attaque par des centaines, voire des milliers de rebelles pour prendre cette petite ville. C’est une ville importante, car elle est un site historique. L’armée syrienne a battu en retrait parce qu’elle ne voulait pas que les œuvres d’art soient endommagées. Elle est encore sous le contrôle d’Isis, mais l’armée syrienne est à 10 kilomètres. C’est malheureusement le lieu le plus important pour le moment, il y a de grandes villes que l’armée syrienne tente de reprendre.

ICP : cette ville antique a-t-elle subi des dommages ?

Oui, malheureusement... Comme vous le savez, Daesh et d’autres organisations n’ont aucune humanité, aucune raison ; seulement combattre et tuer, détruire toute découverte historique, parce qu’ils sont des organisations réactionnaires avec des idées réactionnaires, ils pourraient être considérés comme relevant d’idéologies fascistes. « Si vous ne venez pas avec nous, nous vous tuerons » ou « Si ce lieu appartient à votre idéologie, je le détruis » : voilà comment ils agissent.

ICP : Comment vous, communistes, qui luttez dans cette situation difficile, comment considérez-vous l’intervention russe et le rôle d’autres, comme le Hezbollah, ou l’Iran, qui disent qu’ils s’opposent à l’impérialisme américain ?

Nous savons que la Russie est aujourd’hui un pays capitaliste, elle n’est plus l’Union soviétique. Mais nous savons aussi que l’ennemi actuel est l’impérialisme américain, qui est celui contre lequel nous devons lutter aujourd’hui. Nous pensons que l’intervention russe est positive, car elle a donné et donne encore à l’armée syrienne et au peuple syrien une force croissante contre les organisations qui luttent contre notre peuple et notre armée. Depuis le début, cette intervention militaire russe est légitime, parce que c’est le gouvernement syrien, qui a appelé la Russie à intervenir. Donc vous ne pouvez pas appeler cela une invasion ou une attaque. Cela a été d’une grande aide. Dès le début, il y a eu beaucoup d’activités positives, des progrès importants pour l’armée syrienne. Un rôle similaire a été joué par le Hezbollah et l’Iran. Nous avons reçu un soutien militaire. Pour l’armée syrienne et le peuple syrien. Nous pensons que tout cela a été très positif jusqu’à maintenant pour nous, tout comme le soutien à la lutte contre l’agression impérialiste. Cela nous a aussi donné plus de temps.

ICP : Et qu’en est-il des activités de la jeunesse communiste ? Nous pensons que vous êtes activement impliqué dans la défense de la patrie, et aujourd’hui, il s’agit d’être contre une position réactionnaire, mais un jour ce sera différent. Vous pouvez parler de stratégies futures de votre organisation ?

Dans certains endroits, nous ne pouvons pas bouger, nous ne pouvons rien faire, le choix est entre « tenir ou mourir ». Dans ces endroits, il faut maintenir les positions avec l’armée, et nous avons pas d’activités indépendantes dans ces lieux. Mais dans des endroits contrôlés par le gouvernement, l’armée syrienne, comme je le disais, nous sommes actifs tel que nous l’étions avant la guerre.

Je divise nos activités en deux parties : la première est sous la grande bannière « La Syrie ne s’agenouillera pas », qui a été créée par notre leader historique Halid Bagdash il y a plusieurs années. Ce drapeau patriotique est toujours d’actualité. Sous cette bannière, nous continuons notre lutte, nous soutenons l’armée syrienne, nous soutenons la résistance syrienne. Nous partageons ce drapeau non seulement avec les communistes, notre union, notre parti, mais aussi avec d’autres forces nationales importantes qui partagent ce patriotisme. Nous voyons cela non seulement comme notre devoir national et de classe, mais aussi comme un devoir international, parce que la Syrie est une lutte internationale contre l’attaque impérialiste.

La deuxième partie se déroule sous la bannière « À la défense des droits des jeunes syriens ». Elle est reliée à notre lutte sociale et économique contre le libéralisme de notre gouvernement. Nous sommes contre les activités libérales du gouvernement sur ​​la santé, l’éducation, et partout dans le monde. Nous essayons d’avoir des réalisations en matière de santé, d’éducation et d’autres domaines. Nous essayons aussi de poursuivre la lutte pour de nouveaux progrès de l’homme en matière de logement et de travail pour la jeune génération. Nous soutenons également la nationalisation de la production pour le pays, parce que nous pensons que c’est un facteur important dans le soutien de la Syrie.

Nous avons également organisé des événements. Avant la guerre, nous avons organisé un centre de carnaval pour tout le pays. Mais maintenant, à cause de la situation, il est devenu local. Une autre activité est la "Réunion annuelle Halid Bagdash" dans laquelle nous invitons les artistes et chanteurs progressistes. Également en tant qu’organisation, nous avons des discussions et des analyses sur les questions d’aujourd’hui. Nous avons aussi une école de formation pour notre parti et pour les membres de l’Union.

Dans nos universités, en particulier à Damas et à Alep, nous représentons notre union dans la plupart des collèges et même au sein de l‘ "Union des étudiants syriens". Grâce à elle, nous pouvons nous rapprocher de la demande des étudiants et diffuser nos idées communistes, notre analyse et nos opinions auprès des autres étudiants. En outre, il agit de faire connaître les exigences des étudiants et des jeunes en général.

Nous continuons notre lutte malgré la guerre, et nous ne nous rendrons pas.

Voir en ligne : Traduction de l’italien pour "Histoire et société"

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