« La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle »

, par  communistes , popularité : 3%

(Où il est question notamment de l’abandon de la dictature du prolétariat comme prélude à l’effondrement de l’Union soviétique, notes et traduction de Marianne Dunlop pour Histoire et Société)

Le 13 mai à Moscou s’est tenue l’assemblée plénière du Comité central de l’organisation panrusse « scientifiques russes d’orientation socialiste » (RUSO, selon l’acronyme russe), consacrée au 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre.
https://kprf.ru/ruso/165286.html

Service de presse du Comité central du Parti communiste. Aleksey Bragin.

14/05/2017

La séance est présidée par le Président du CA RUSO Ivan Nikitchuk. Sont présents également le vice-président du Comité central du KPRF, Dmitri Novikov et le secrétaire du Comité central du KPRF Mikhaïl Kostrikov. Le Plénum de RUSO a réuni plus de 100 personnes, y compris des invités étrangers en provenance du Venezuela, du Vietnam et d’Argentine.

Au début de la réunion, les membres de RUSO ont reçu des médailles commémoratives du Comité central du Parti communiste, « 100 ans de la Grande Révolution socialiste d’Octobre. » .

Dmitri Novikov : « RUSO – est l’un des plus importants centres de recherche du Parti »

La séance a été ouverte par le vice-président du Comité central du KPRF, Dmitri Novikov. Il a transmis les salutations au Plénum du chef des forces patriotiques du peuple de Russie, Président du Comité central du Parti communiste, Guénnady Ziouganov.

« Toute force politique a besoin de capacités intellectuelles, de centres de recherche et d’analyse. Le Parti communiste n’est pas seulement une force politique. C’est un parti qui vise à transformer le système socio-politique et socio-économique actuel. Notre parti a une vision de l’avenir. Cet avenir c’est le socialisme  », – a dit Novikov.
« Une telle approche exige une étude scientifique des processus qui se déroulent dans la société : économiques, sociaux, politiques, spirituels et culturels. Comme a dit Staline : « Sans théorie, nous somme morts. » Lorsqu’il ne s’agit pas d’un parti populiste, opportuniste, mais d’un parti avec une idéologie solide, on ne peut pas négliger l’importance des travaux théoriques et de recherche  », – a déclaré Dmitry Georgievich.

« En ce moment, nous préparons activement le XVIIe Congrès du Parti communiste (1). Le Comité central du Parti communiste est le principal centre de recherche et d’analyse de notre Parti dans la période considérée. Un grand travail a été accompli. Les plénums du Comité central ont étudié un certain nombre de questions importantes », – a déclaré Novikov.

« Ainsi, en octobre 2013 a été examinée la question nationale et les tâches du parti pour renforcer l’amitié entre les peuples. Un Plénum important a été celui d’octobre 2014, qui a examiné l’état de la classe ouvrière en Russie et les tâches du Parti pour travailler en milieu ouvrier. Le Parti communiste a donné sa définition du prolétariat russe moderne, nous avons souligné que la dictature du prolétariat est la dictature de la majorité, dirigée contre la dictature bourgeoise de la minorité ».

« En mars 2015, nous avons abordé la question de « L’héritage révolutionnaire de la Grande Révolution d’Octobre et les tâches du Parti communiste ». Quelques mois plus tard un plénum a examiné le problème de la politique de jeunesse du Parti. « Sur les tâches du Parti pour combattre l’antisoviétisme et la russophobie » – a été le thème de la dernière réunion plénière. Nous avons montré le contenu social et de classe de la russophobie et ses relations avec l’anti-soviétisme. Toutes ces sessions plénières ont joué un rôle majeur dans la lutte concernant d’importantes questions scientifiques, politiques, économiques et sociales du point de vue de l’analyse marxiste-léniniste ».

« Le Comité central du XV Congrès a donné dans son rapport politique une analyse des problèmes socio-économiques dans le monde d’aujourd’hui, il a introduit la caractéristique de la mondialisation, qui avait déjà été abordée dans les travaux de Ziouganov. Le parti considère le globalisme comme une forme moderne de l’impérialisme ».

« Tous ces thèmes examinés au Comité central du Parti communiste ont également fait l’objet d’une étude des scientifiques d’orientation socialiste. RUSO est l’un des plus importants centres d’analyse et de recherche, proche du Parti. Cette organisation ne comprend pas seulement des membres du Parti communiste. RUSO a parcouru un long chemin avec le parti et a contribué à l’étude d’un certain nombre de questions importantes », – a déclaré le vice-président du Comité central, faisant l’éloge de cette organisation.

« Il est important qu’entre le Comité central du Parti communiste et le Conseil de RUSO existe une relation stable, et cette interaction est assurée par Ivan Ignatevich Nikitchuk avec sûreté, intelligence et constance, » – a déclaré Dmitry Georgievich.
«  A l’occasion du 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre nous organisons des conférences scientifiques, des tables rondes, il y a un grand travail éditorial. En novembre 2017 nos travaux seront clôturés solennellement au cours d’événements internationaux. La dix-neuvième Réunion internationale des Partis des travailleurs se tiendra début novembre à Saint-Pétersbourg. Ensuite, les participants viendront à Moscou pour y poursuivre le travail et tenir une table ronde consacrée au 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre. Nous avons déjà eu une réunion du groupe de travail sur les préparatifs de la réunion internationale  », – a déclaré Novikov.

Dans la suite de son intervention il a également parlé du travail du Centre d’études politiques du Comité central du Parti communiste (2), de la chaîne de télévision « ligne rouge » et du journal « Pravda ».

« Nous nous heurtons à des forces politiques qui mènent leur propagande. Des moyens considérables sont engagés afin de fausser l’histoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre en Russie, de fausser l’histoire de l’édification soviétique  », – a-t-il dit amèrement.

« Nous souhaitons sincèrement un plein succès aux activités de RUSO. C’est un centre intellectuel très important du parti, qui est amené à jouer un rôle particulier dans la promotion des réalisations du socialisme, défendre la vérité sur l’histoire soviétique, lutter contre la falsification de notre passé. Nous avons beaucoup à faire. Et il nous faudra poursuivre dans cette voie avec honneur », – a dit en conclusion le vice-président du Comité central du Parti communiste.

Ivan Nikitchuk : « La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle »
Puis le Président du CC de RUSO Nikitchuk a présenté son exposé :

« La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle ».

– Camarades !

Le XX siècle a été marqué par plusieurs événements d’importance historique. C’est la victoire sur le fascisme dans la Seconde Guerre mondiale, la maîtrise de l’énergie atomique, et la percée humaine dans l’espace. Mais le plus remarquable est l’accomplissement de la Grande Révolution socialiste d’Octobre.
Nous, les scientifiques, fidèles aux principes des grandes idées du socialisme et du communisme, nous inclinons aujourd’hui avec respect et admiration devant l’héroïsme de nos ancêtres qui ont réalisé il y a cent ans une percée historique dans la lutte des travailleurs pour leur libération de l’oppression et de l’humiliation millénaires.

La victoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre est, en effet, un exploit sans précédent du prolétariat héroïque de la Russie pour briser la chaîne séculaire de l’exploitation de l’homme par l’homme. C’est à la fois l’hymne du parti bolchevique – le parti de Lénine et de Staline – qui a réussi à guider le vaisseau de la révolution vers les grands espaces de la transformation socialiste. C’est aussi la symphonie majestueuse des bâtisseurs du socialisme en URSS, qui ont sauvé le monde du fascisme et créé dans une période historiquement courte une superpuissance, la première à s’élancer dans le cosmos. Enfin, c’est un clairon qui durant toutes les années du pouvoir soviétique a appelé les peuples opprimés à la lutte pour leur libération.

Le prolétariat de Russie, dirigé par le Parti bolchevique, a pu non seulement renverser le pouvoir des capitalistes et des propriétaires, mais aussi conserver le pouvoir dans une lutte difficile contre l’intervention et l’encerclement capitaliste, qui avait déchaîné la guerre civile dans le pays.

Dans le creuset de la révolution est né un nouveau type d’état – l’état de la dictature du prolétariat, et le pouvoir soviétique – le pouvoir des travailleurs et de la paysannerie laborieuse.

Les libéraux et antisoviétiques d’aujourd’hui présentent souvent la Russie tsariste comme un quasi paradis sur terre, que les bolcheviks auraient détruit en prenant le pouvoir. Qu’en était-il de ce paradis ?

Dans la production mondiale de 1913, la part de la Russie était d’environ 2%, tandis que la part des pays avancés (Etats-Unis, Allemagne, Angleterre, France) était de 20 à 7%. Pour le montant du produit national brut par habitant la Russie était inférieure aux Etats-Unis de 9,5 fois, à la Grande-Bretagne – 4,5, à l’Allemagne – 3,5.
La productivité du travail dans l’industrie en Russie était inférieure à celle des États-Unis de 9 fois ; Angleterre – 5 fois ; Allemagne – 4 fois.

Tout aussi pitoyable était l’état de l’agriculture. Au XIXe siècle, la Russie a connu 40 disettes. En 1911-1912, la famine a balayé 60 provinces. 30 millions de personnes étaient entre la vie et la mort. Selon diverses estimations, entre 1901 et 1912, la famine a tué près de 8 millions de gens.

Plus de 52% des fermes cultivaient la terre avec des araires. En 1913, il n’y avait que 152 tracteurs en Russie (aux Etats-Unis, Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas, Danemark les tracteurs se comptaient par dizaines de milliers). 80% du travail agricole était fait à la main.

Dans la lutte contre les maladies l’homme russe était livré à lui-même. Pour 10.000 habitants en Russie il y avait 1,6 médecins, 1,7 auxiliaires de santé, 1,7 obstétricien et sage-femme. A la campagne, 1 médecin pour 26.000 ha.

Sur 1.000 nouveau-nés, 263 mourraient en Russie avant l’âge de 1 an. En Suède, 70, au Royaume-Uni, 108 et aux États-Unis et en France – 112-115.

Plus de 70% de la population était analphabète. En 1913, le nombre d’étudiants dans tous les types d’écoles (y compris religieuses et militaires) était seulement d’environ 10 millions. Pour 1000 habitants il y avait 1,7 enseignants, et aux États-Unis – 3 fois plus.

Aux États-Unis il y avait plusieurs dizaines d’établissements de niveau universitaire, en Angleterre, 18 universités, en Allemagne, 22, en France, 14, en Russie – 8.
La corruption frappait même les plus hautes sphères du pouvoir. Le Grand-Duc Alexei Alexandrovich a pillé les fonds alloués pour la construction de cuirassés de type « Borodino », suite à quoi la Russie en 1904 au lieu de 10 cuirassés de ce type en avait seulement 5. Sur les destroyers russes, croiseurs et cuirassés il y avait des turbines allemandes, des gyrocompas et télémètres suédois et anglais. Le petit nombre d’avions et de véhicules militaires étaient presque exclusivement de production étrangère.

Voici l’héritage reçu par les bolcheviks en octobre 1917. Mais la situation a été rendue encore plus compliquée après une guerre civile dévastatrice.
Le Grand Octobre a sauvé la Russie de la ruine et malgré la dévastation et les victimes de la guerre civile, a donné une forte impulsion à son développement.
Déjà en mars 1921, le dixième Congrès du RCP (b) décidé la transition vers la NEP. Avant cela, en 1920, le gouvernement de RSFSR sous la direction de Lénine a élaboré un plan prometteur pour l’électrification du pays (GOERLO). Le résultat n’a pas tardé à venir. Le chiffre de la production industrielle brute en 1925 a atteint 75% du niveau de 1913, et en 1926 il l’a dépassé de 8%. Les produits de l’industrie de l’ingénierie en 1925 ont dépassé le niveau d’avant-guerre de 13%. Le pétrole et le charbon ont retrouvé à peu près leur niveau d’avant-guerre. Les industries légère et alimentaire ont été restaurées pour l’essentiel. En 1925, l’agriculture a été remise en état.

En 1926, l’Union soviétique est entrée dans une période de lutte pour l’industrialisation et la collectivisation de l’agriculture.

Le premier plan de développement économique quinquennal (1928-1933) avait pour principaux objectifs la transformation de l’URSS d’un pays agraire et arriéré à un pays industriel, créant ainsi une économie capable de rénover tous les secteurs de l’économie, renforcer la capacité de défense de l’URSS, élever le niveau de vie matériel et culturel du peuple soviétique.

Les objectifs du premier plan quinquennal ont été respectés. Sont apparus les premiers géants de l’industrie, combinats de fer et acier à Magnitogorsk et Kouznetsk, les usines de tracteurs à Kharkov et Tcheliabinsk, les usines d’automobiles à Moscou et Nijni-Novgorod.

Le Deuxième plan de développement quinquennal (1933-1937) a été réalisé en 4 ans et 3 mois. En 1937, l’industrie a atteint 2,2 fois le niveau de 1932, l’industrie lourde 3,4 fois. Les produits d’ingénierie ont augmenté de près de 1,5 fois.

Le troisième plan quinquennal (1937 -1941) prévoyait la poursuite du développement du fer et de l’acier, des industries du charbon et du pétrole, en particulier la mise en place dans la zone située entre la Volga et l’Oural d’une nouvelle base oléifère, le Deuxième Bakou. L’objectif était de rattraper et dépasser le niveau de la production par habitant des pays capitalistes développés.

La mise en œuvre du plan quinquennal allait bon train. Elle a été interrompue par la guerre déclenchée par l’Allemagne nazie.

Au début de la guerre, l’Union soviétique possédait une puissante industrie, une agriculture socialiste développée et une main-d’œuvre qualifiée. Le 1er janvier 1941 le nombre de spécialistes de l’économie nationale avait atteint 2,4 millions de personnes, dont 909 000 avec une éducation supérieure et 1,5 million une éducation secondaire spécialisée. Dans la dernière année d’avant-guerre, le nombre de diplômés en génie était de 295.000, aux États-Unis 170.000.

L’Etat soviétique au cours des années des plans quinquennaux d’avant-guerre a fait des progrès considérables dans le développement de l’industrie. En 1940, la production d’électricité par rapport à 1913 avait augmenté de 25 fois. La production de charbon multipliée par rapport à 1913 par plus de 6. La production brute de l’industrie chimique, y compris les mines et les produits chimiques, a augmenté de 25 fois.

La production brute de la construction mécanique, en 1940, a dépassé le niveau de 1913 de 30 fois. De nombreuses branches de l’ingénierie ont été créées à partir de zéro dans l’ère soviétique : les tracteurs, l’automobile, l’industrie de l’aviation et d’autres.

En 1940, l’URSS possédait d’une agriculture développée. Dans le pays, il y avait 237.000 kolkhozes et 4.000 sovkhozes, sept mille MTS. L’agriculture disposait de 531.000 tracteurs, 182.000 moissonneuses-batteuses, 228.000 camions et autres véhicules.

Les années de guerre ont démontré une fois de plus les avantages de l’économie soviétique, qui lui ont permis de tenir, de se regrouper, de fournir au front tout le nécessaire dans les conditions les plus difficiles.

Pendant la guerre, le pays a perdu environ 27 millions de citoyens et subi d’énormes pertes matérielles, qui se montent à une somme astronomique – environ 3 billions de roubles soviétiques. Ont été entièrement ou partiellement détruites 1.710 villes et agglomérations urbaines, plus de 70 000 villages, environ 32 000 entreprises industrielles, 65.000 km de voies ferrées, 75 millions de personnes se sont retrouvées sans toit. Les envahisseurs ont détruit 98.000 fermes collectives et 1.876 fermes d’État, ils ont emporté et égorgé plusieurs millions de bovins.

Au cours des cinq premières années après la guerre ont été restaurées ou reconstruites complètement plus de 6.000 entreprises industrielles. Au cours de ces années, les fondations ont été posées de l’énergie nucléaire et de l’électronique. En 1948, près de Tcheliabinsk a eu lieu le lancement du premier réacteur nucléaire et mise en service une usine de séparation du plutonium radiochimique. Cela nous a permis de commencer à tester des armes nucléaires. Le 29 août 1949 sur le site d’essais nucléaires de Semipalatinsk a été testée la première bombe atomique soviétique RDS-1, mettant un terme au monopole américain sur les armes nucléaires.
Dans les années d’après-guerre, le pays s’est développé rapidement avec une augmentation d’environ 10% annuel. Un symbole du progrès technologique URSS a été la conquête du cosmos. En octobre 1957 a été lancé le premier satellite artificiel. Et en avril 1961, s’est élancé dans l’espace le premier homme dans le monde, le soviétique, le communiste Youri Gagarine.

Au milieu des années 80, l’Union soviétique était devenue une grande puissance qui sur de nombreux points occupait la première place au monde. L’autorité de l’URSS sur la scène internationale était incontestée. De nouvelles branches de la science et de la technologie apparurent, liées à l’espace, au développement de l’énergie nucléaire.

L’enseignement secondaire et supérieur étaient complètement gratuits. Au début des années 80 l’Union soviétique avait 856 établissements supérieurs (dont 65 universités), avec un effectif de près de 5 millions d’étudiants. Pour le nombre d’étudiants par 10.000 ha l’Union soviétique devançait significativement des pays tels que le Royaume-Uni, la République fédérale Allemande, la France, le Japon et d’autres. Il y avait environ sept mille établissements d’enseignement professionnel, avec un effectif de 3,5 millions d’étudiants. Près de 200 000 écoles secondaires, avec un effectif de 55 millions d’élèves.

Au début des années 80, la science en URSS est devenue l’un des secteurs les plus développés de l’économie. Les organisations scientifiques occupaient 1 million de chercheurs.

Après la victoire dans la Seconde Guerre mondiale la position de l’Union soviétique s’est considérablement renforcée. De nombreux pays d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Amérique ont opté pour la voie socialiste du développement. Une organisation pour l’intégration économique de ces pays (CAEM) s’est constituée, ainsi qu’une alliance militaire – le Pacte de Varsovie, pour résister au bloc agressif de l’OTAN. Des troupes soviétiques étaient stationnées sur le territoire des démocraties populaires en Europe, ainsi qu’au Vietnam et à Cuba, garantissant à la population de ces pays une construction socialiste pacifique. Au début des années 80 du XX siècle, le socialisme était en position de vaincre dans une compétition pacifique le capitalisme. Cependant, cela ne s’est pas produit.

À un moment donné ce grand pays s’est retrouvé aux mains de bandits et d’escrocs. Le coup d’Etat contrerévolutionnaire, bien sûr, se préparait depuis de longues années. Le point de départ de ce processus se situe presque immédiatement après la mort de Staline.

Les causes ce qui s’est passé peuvent être divisées en internes et externes.

Le renforcement de l’Union soviétique a porté à sa limite extrême la lutte tant ouverte que cachée du capital contre le travail. Le capitalisme avait peur de la montée en puissance de l’Union soviétique, la croissance de son prestige international. Le camp capitaliste, déchiré lui-même par des contradictions internes, en prévision de la prochaine crise qui pourrait être la dernière, avait besoin de « sang frais » – de nouveaux marchés pour leurs produits, de nouvelles sources de matières premières, de main-d’œuvre bon marché. Et une telle source pouvait devenir et est effectivement devenue l’URSS et les pays socialistes. Les principaux pays capitalistes, en particulier les États-Unis, n’ont pas lésiné sur la dépense de plusieurs milliards de dollars pour la propagande antisoviétique, la formation dans les pays soviétiques d’une « cinquième colonne » de traîtres et renégats. L’un des points clés de cette propagande était la thèse de l’absence en URSS de « vraie démocratie. » C’est cette démagogie de la démocratie qui a été le principal pilon compresseur utilisé contre le socialisme soviétique. Il y a eu aussi l’introduction des relations de marché dans la production, lorsque le profit est devenu la mesure du succès. Cela a créé une âpreté au gain, et a changé la psychologie des travailleurs. Nous avons eu ensuite la devise hypocrite de Gorbatchev : « Plus de démocratie – plus de socialisme ». Sous cette couverture démagogique la classe ouvrière n’a pas vu venir le harnais de l’exploitation qui devait à nouveau l’asservir. Elle n’a pas remarqué qu’elle devenait une nouvelle fois le vendeur de sa force de travail. Le soutien social de Gorbatchev, c’était l’économie de l’ombre (criminelle) et le mouvement prétendument coopératif. Désorienté par le bruit médiatique, l’homme de la rue s’est laissé rouler dans la farine par les « valeurs universelles » de la perestroïka de Gorbatchev, tandis que des escrocs stipendiés et des « extralucides » invitaient le public à placer devant la télévision et la radio des récipients avec de l’eau pour la charger de leur énergie vivifiante, capable de soigner toutes sortes de maux. Résultat, les maladies sont restées, mais le pays s’est dissout.

Mais le fait que le travailleur soviétique, devenu un petit bourgeois, ait avalé avec plaisir ce brouet toxique est avant tout notre faute à nous, les communistes, et au Parti communiste dans son ensemble. Les raisons en sont le renoncement aux normes léninistes de la vie du parti, la promotion à l’intérieur du parti de démagogues et d’ignorants, d’intrigants et de traîtres, le manque d’attention au développement de la doctrine marxiste-léniniste, la fuite en avant, l’abolition de la dictature du prolétariat, l’introduction dans l’économie socialiste d’éléments de gestion incompatibles, le formalisme dans l’éducation de l’homme nouveau – constructeur du futur socialiste.

Le formalisme dans l’éducation de l’homme nouveau a été, peut-être, l’un des principaux facteurs de la défaite du socialisme. Le Parti a sous-estimé la présence dans l’état d’esprit de propriétés et aspirations qui sont étrangères à l’homme de l’avenir socialiste et communiste, et qui se sont formées dans la longue histoire de l’humanité. Ce désir de vivre dans le luxe, la richesse, au détriment des autres, de vivre en profiteur, de voler, d’arracher, etc. Ces propriétés ont largement déterminé le comportement des gens sous le système esclavagiste, le féodalisme et le capitalisme. Ces propriétés sont dans bien des cas, la cause de nombreuses conquêtes militaires. Ce sont ces qualités viles de l’homme sur lesquelles se sont appuyés ceux en 1991 et les années suivantes ont écrasé l’Union soviétique. Nous nous souvenons tous des fausses promesses de devenir le propriétaire de deux « Volga » pour un voucher, ou le slogan publicitaire de Golubkov « Nous restons assis ne rien faire et l’argent tombe goutte à goutte » -, etc. Il suffisait d’ouvrir la boîte de Pandore, et les gens ont massivement oublié les idéaux de la justice, de la fraternité, l’amitié, l’altruisme, et les serments donnés, trahissant en même temps non seulement le gouvernement soviétique, le parti, mais aussi leurs pères et grands-pères qui ont sacrifié leur vie pour défendre le pouvoir des Soviets, et ces gens se sont précipités dans le tourbillon du marché dans l’espoir de s’enrichir. Mais sous ce beau papier d’emballage, pour la grande majorité, ce furent la ruine et la pauvreté.

La prise en compte insuffisante de l’influence de ces mauvais traits de la nature humaine, alliée au populisme primitif, sont visibles également dans la tentation de brûler les étapes, quand on a commencé à faire la promesse que « la génération actuelle de peuple soviétique vivrait sous le communisme. » La promesse Khrouchtchévienne de construire le communisme en 20 ans a compromis l’idée socialiste. De plus, elle a, bien qu’indirectement, fait pencher très dangereusement le peuple en faveur de la « société de consommation » à l’occidentale.

Après la mort de Staline, il y a eu une épuration des cadres idéologiques. En conséquence, c’est l’intelligence du parti et du peuple soviétique qui ont souffert, ses buts ont été dénaturés. A cette époque, ont été adoptées non seulement des décisions idéologiquement peu judicieuses, mais simplement hostiles au Parti et à tout le peuple soviétique.

Une de ces décisions est l’abandon de la dictature du prolétariat. Ce problème est l’un des plus importants et fondamentaux du marxisme. Dans le programme du parti adopté au XXII Congrès, l’état de la dictature du prolétariat s’est transformé en Etat du peuple tout entier, un organe exprimant les intérêts et la volonté de tout le peuple. Cette thèse est dans son essence profondément non scientifique et contraire au marxisme-léninisme. Dans son célèbre ouvrage « L’économie et la politique à l’époque de la dictature du prolétariat » (octobre 1919), Lénine souligne en particulier : « Le socialisme signifie l’abolition des classes. La dictature du prolétariat a fait pour cette destruction tout ce qu’elle pouvait. Mais on ne peut pas détruire les classes immédiatement. Les classes restent et resteront à l’époque de la dictature du prolétariat. La dictature ne sera plus nécessaire lorsque les classes disparaitront. Elles ne disparaitront pas sans la dictature du prolétariat ». La société soviétique restait une société de classe, et soulever la question de l’abolition de la dictature du prolétariat était une grosse erreur, qui a également contribué à l’effondrement de l’URSS.

Une autre décision qui a porté un coup irréparable à la conscience sociale du peuple soviétique, ce fut la soi-disant démystification du « culte de la personnalité », qui n’était pas dictée par les circonstances objectives des activités de Staline, mais basée sur l’animosité personnelle de Khrouchtchev envers Staline. Soit dit en passant, les positions du rapport secret de Khrouchtchev, adoptées par le XXe Congrès du PCUS « pour information », sont toujours en vigueur. Nous pensons que le Comité central du Parti communiste devrait discuter de cette question et prendre sa décision lors du prochain congrès du parti et dans un communiqué désavouer la position du rapport Khrouchtchev. Il est nécessaire de mettre un point final à cette question, formuler exactement l’attitude du parti face aux insinuations sur les activités de Staline.

Toutes ces erreurs ont finalement conduit au coup d’Etat contre-révolutionnaire avec les chars faisant feu sur le pouvoir soviétique, un tournant tragique dans l’histoire de notre Etat et notre nation, sur la communauté socialiste, qui a influencé tout le cours de l’histoire mondiale. Les échos de cet événement se poursuivent aujourd’hui, en prenant parfois la forme d’affrontements ethniques sanglants et de tragédies humaines. L’une d’elles sont les massacres du Donbass.

Depuis plus d’un quart de siècle, le pays se débat dans le marais du capitalisme sauvage. Le peuple a été pillé et jeté dans la misère par les prédicateurs de la « démocratie ». Au lieu de la démocratie, on a l’arbitraire bureaucratique généralisé, la violation cynique de la constitution, la prise illégale du pouvoir par la manipulation des résultats des campagnes électorales, toutes sortes de restrictions et le « filtre » à travers lequel sont nommés des candidats commodes pour la fonction publique à différents niveaux. Toutes les sphères de la société ont subi d’énormes dégâts. Ont été détruit des secteurs entiers de l’économie, la campagne est dévastée. Les citoyens ont été privés des principales réalisations du socialisme – le droit au travail, aux loisirs, au logement, à l’éducation et aux soins de santé gratuits. Le marché intérieur a été inondé de marchandises étrangères. Le pays a, en effet, cessé de produire quoi que ce soit d’autre que l’énergie et autres matières premières, devenant un appendice de l’économie de l’Ouest. Le pays est plongé dans une crise permanente, dont on ne voit pas la fin. Les autorités n’ont pas de plans ou de stratégies, ou bien leurs plans et stratégies, consciemment ou pas, conduisent à la destruction du pays.

L’éducation, la santé et la science ont été victimes d’une réforme sauvage. La part de la Russie dans l’économie mondiale en 2014 était d’environ 5%, en 2016 de 3,3%, en 2020, elle sera de 2,6%, s’approchant des indicateurs de la Russie tsariste en 1913. En 2016, en termes de PIB, la Russie est classée 6e dans le monde, mais le PIB par habitant est 44ème.

Le pays est livré à une vente aux enchères, qui se poursuit encore aujourd’hui. Le nombre total de sociétés entièrement détenues par l’État ne représente aujourd’hui que 9%. Le gouvernement, le 2 février de cette année, a examiné, et maintenant envisage sérieusement la privatisation de VTB (banque du commerce extérieur), des chemins de fer russes, de la poste russe et d’autres avoirs majeurs. Il est prévu de transférer à des mains privées, y compris étrangères, environ 500 sociétés anonymes, 300 FSUE. La privatisation guette plus d’un millier d’autres objets de propriété de l’Etat. Toute cette machine sera vendue en trois ans pour une somme ridicule, le budget chaque année recevra 56 milliards de roubles.

Aujourd’hui, l’économie appartient à la Russie seulement pour moitié. Au début de 2015, dans le secteur de l’extraction des minéraux, la part des capitaux étrangers était égale à 56%, dans l’industrie manufacturière, 40%, dans la production d’électricité – 30%, dans le secteur du commerce de gros et de détail – 90%. De plus, au cours des 3 dernières années la part de capitaux étrangers a augmenté d’un tiers. Un jour, nous pouvons nous réveiller dans un pays qui ne nous appartient pas.

En ce qui concerne la forme de la restauration du pouvoir soviétique, elle peut être relativement paisible, si la bourgeoisie russe pour son auto-préservation renonce à la violence contre les masses laborieuses, le jour où elles voudront se débarrasser de son omnipotence. Mais le meilleur exemple de libération nous est montré par l’héroïque prolétariat russe, qui sous la direction des bolcheviks a obtenu la victoire dans la Grande Révolution socialiste d’Octobre. Et cet exemple devrait nous inspirer à de nouvelles victoires.

Je vous remercie pour votre attention !

(1) qui s’est tenu depuis, le 27/05/17

(2) école centrale du Parti

Voir en ligne : notes et traduction de Marianne Dunlop pour Histoire et Société

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  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
    ... lire la suite

  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).