La Belgique au sommet de l’Otan : cher et dangereux Déclaration du parti du travail belge

, par  communistes , popularité : 1%

Ces 8 et 9 juillet, à Varsovie, les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Otan se réunissent pour le sommet biennal de cette organisation. Notre pays y sera représenté par le Premier ministre Charles Michel et le ministre de la Défense Steven Vandeput. Or l’Otan engloutit des fortunes, déstabilise notre voisinage direct et risque d’entraîner la Belgique dans une nouvelle guerre froide.

Lors du précédent sommet de l’Otan, tous les chefs d’État s’étaient engagés à atteindre d’ici 2024 un budget de la Défense s’élevant à 2 % de leur PIB national. C’est pourquoi le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), a sorti de sa manche une « note stratégique pour l’armée belge en 2030 ». Le budget de la Défense belge doit augmenter rapidement. On investira surtout dans du nouveau matériel, entre autres par l’achat très controversé d’avions de combat, de préférence à capacité nucléaire. Cette facture s’élève à 9 milliards d’euros. Et, si l’on prend en compte l’achat et l’entretien de ces nouveaux avions de chasse, le coût pourrait monter jusqu’à 15 milliards.

Alors qu’un million et demi de Belges vivent dans la pauvreté, le gouvernement préfère hypothéquer les générations à venir. En effet, ce sont nos enfants et nos petits-enfants qui vont devoir rembourser ces dépenses colossales au cours des prochaines décennies.

Vers une nouvelle guerre froide ?

Le rapport britannique Chilcot sur la guerre en Irak confirme que les très coûteuses interventions militaires au Moyen-Orient (Afghanistan, Syrie) et en Afrique du Nord (Libye) ont constitué une suite de fiascos et de crimes. Avec leurs missions de bombardements, les membres de l’Otan ont semé la destruction et le chaos dans ces pays. Depuis, la situation n’a fait qu’empirer. Les bombes occidentales créent le terreau du terrorisme. L’experte italienne Loretta Napoleoni observe que, pour les groupes de terroristes, « les bombes occidentales sont la meilleure façon de consolider leur pouvoir et d’attirer de nouvelles recrues ». Chaque victime civile crée de nouveaux terroristes potentiels.

Mais les alliés de l’Otan ne se contentent pas de provoquer le chaos au Moyen-Orient. Lors du sommet, de nouveaux accords seront conclus sur le stationnement d’un roulement de troupes de quatre mille hommes en Pologne et dans les États baltes, c’est-à-dire aux frontières de la Russie. L’extension continue vers l’Est et l’accroissement de la présence militaire à cette frontière russe comporte des risques importants. Même le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, souligne que l’Otan risque d’attiser les tensions : « Ceux qui croient qu’une parade symbolique de chars à la frontière orientale de l’alliance peut créer la sécurité se trompent lourdement. » L’expert américain John J. Mearsheimer estime que le rôle russe en Ukraine est précisément une réaction à l’extension provocatrice de l’Otan. Il s’agit donc d’un cercle vicieux. L’alliance militaire joue ici un jeu particulièrement dangereux, auquel la Belgique ne devrait pas prendre part.

La Suède, la Finlande, l’Irlande, l’Autriche... ne font pas partie de l’Otan

La Belgique fait partie des 191 pays qui ont signé la Charte des Nations unies, qui oblige les États membres de l’ONU à rechercher des solutions pacifiques et qui ne tolère les interventions militaires que dans des cas très exceptionnels. S’inscrire dans la logique belliciste de l’Otan, qui inclut les armes nucléaires, est inconciliable avec ce principe. L’Otan devrait en fait être dissoute. D’ici là, notre pays peut limiter sa contribution à l’Otan et à l’Europe militaire au strict minimum, et commencer par passer d’une politique de défense militaire à une politique de défense non militaire. D’ailleurs, pourquoi la Belgique n’opterait-elle pas pour un retrait progressif de cette alliance militaire ? En effet, toute une série de pays européens – la Suède, la Finlande, l’Irlande, l’Autriche, la Suisse – ne sont pas membres de l’Otan. Si c’est possible pour ces pays, pourquoi ne le serait-ce pas pour la Belgique ?

Avec les principes de la Charte des Nations unies et le droit international comme fil conducteur, le gouvernement belge doit changer de cap et désormais mettre en œuvre une politique de paix active. Ce qui sera tout à fait bénéfique pour notre budget, pour notre sécurité et pour les générations à venir.

Voir en ligne : sur le site du PTB

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