« Faisons mieux connaître l’œuvre de nos municipalités communistes » (avril 1935)

, par  lepcf.fr , popularité : 2%

Ce texte est tiré des cahiers du bolchevisme du mois d’avril 1935... A quelques mois des élections municipales de 2014, il est intéressant de lire ce qui était écrit dans le cadre de la campagne électorale de l’époque. Certes les temps ont changé, pour reprendre l’expression rituelle, mais il reste beaucoup de similitudes. Les camarades biterrois se sont déjà posés sur ce site la question de l’existence ou non du communisme municipal ; il y a peut-être quelques réponses dans le texte ci-dessous. Pendant une grande partie du XXème siècle, le degré d’évolution du capitalisme faisait qu’il y avait encore une marge de richesses sur laquelle pouvaient jouer les gestionnaires des municipalités. Mais aujourd’hui, qu’en est-il ? Les communes ne sont-elles pas un luxe que le capitalisme ne peut plus s’autoriser ? On en a une réponse dans le verrouillage, la dissolution actuelles des dites communes, ainsi que leur blocage financier... Alors certes, le terrain du communisme municipal se réduit comme peau de chagrin, mais cela ne veut surtout pas dire qu’il soit à déserter ! Ma commune j’y tiens !

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Nous ne nous lasserons pas de répéter que les communistes ne séparent pas leur lutte pour la libération définitive des travailleurs, de leur activité quotidienne pour l’amélioration immédiate des conditions de vie des classes laborieuses.

Les communistes luttent en faveur des revendications immédiates des travailleurs, pour diminuer sans délai la misère de leur classe et parce que loin de s’opposer aux possibilités d’action pour la révolution, c’est le meilleur moyen de se lier aux masses et de les entraîner à des luttes plus décisives.

C’est dans cet esprit que le Parti communiste participe de toutes ses forces aux élections municipales. La période électorale sera pour notre parti un excellent moyen d’accentuer le courant de masse contre le fascisme et la guerre, et de rallier les exploités à nos solutions révolutionnaires à la crise, mais nous interviendrons pour la conquête des municipalités par la classe ouvrière, sous la direction de notre Parti.

Le Parti communiste a son programme municipal, il aura partout où ce sera possible ses candidats et son programme local. Le programme local élaboré sur les bases du programme municipal général du Parti reproduira les revendications immédiates de la population laborieuse sur la base de chaque localité.

La tâche de nos militants est de convaincre les travailleurs que le Parti communiste n’est pas seulement le parti à qui seront dévolues les grandes tâches de demain, mais que notre Parti répond, sans délai, aux besoins les plus élémentaires des travailleurs.

Pour convaincre les masses de cette vérité, nous avons deux moyens :

- 1- Apporter le plus grand soin à l’élaboration des programmes locaux, que nous ne devrons pas craindre de rendre clairs et précis, en tenant compte des moindres besoins des couches laborieuses de la population.

- 2 - Vulgariser l’œuvre importante de nos municipalités communistes.

Le programme, si bien établi soit-il, ne constitue qu’une promesse. L’œuvre de nos municipalités communistes est déjà un passé tangible, que nous devons faire mieux connaître, pour détruire le doute qui subsiste encore sur les aptitudes des communistes à la gestion des municipalités.

La tâche de nos camarades est de démontrer que les communistes ont assuré les gestions les plus actives, et que leur activité municipale a toujours été exclusivement inspirée par la volonté de servir les intérêts des travailleurs.

Les communistes sont les gestionnaires actifs et habiles des municipalités ; nous devons démontrer que partout où ils ont eu les responsabilités de la gestion, ils ont abordé chacun des problèmes qui se posent pour les différentes couches de la population laborieuse et les ont résolus au mieux des intérêts de cette collectivité.

L’enfance, la santé, l’instruction, la jeunesse, les chômeurs, l’assainissement et l’urbanisme des communes ont été traités avec compétence et dans le sens des intérêts de classe du prolétariat par les élus communistes.

Pour en convaincre, il nous faut apporter les exemples précis de ce qui a été réalisé.

Chacune de nos municipalités de la Région parisienne et plusieurs municipalités de province possèdent aujourd’hui des propriétés à l’usage des colonies de vacances enfantines ; des milliers d’enfants vont chaque année à la mer et à la campagne, dans une atmosphère de gaieté et de fraternelle camaraderie qui nous valent l’admiration des populations voisines admiratives de notre organisation impeccable.

Nos colonies trouvent leur prolongement dans les patronages municipaux. En beaucoup de communes les patronages cléricaux sont dépassés par nos groupements d’enfants.

Les communistes ont construit des écoles, mais la fierté des communistes est d’avoir construit les plus belles écoles avec des capitaux souvent inférieurs à ceux utilisés par les municipalités bourgeoises.

Des dizaines de milliers de travailleurs ont admiré, lors de leur inauguration, les groupes Karl Marx de Villejuif, le groupe Octobre d’Alfortville, l’école de Bagnolet, l’école maternelle de Malakoff et tant d’autres réalisations qui, tant en province que dans la région parisienne, ont mis à la disposition des enfants et du personnel enseignant des locaux où la santé et l’instruction sont un souci constant.

Aux efforts intéressés de la bourgeoisie pour le groupement sous son influence des jeunes travailleurs sur le terrain sportif, les municipalités communistes ont répondu par l’ouverture de clubs de la jeunesse, par la création de stades et terrains de jeux dans chacune de nos localités.

Les jeunes travailleurs ont été l’objet de la solidarité effective des municipalités communistes, lors de leur départ à l’armée, par l’envoi d’argent de poche aux jeunes soldats.

L’interdiction par le gouvernement de cet appui aux soldats par les municipalités a amené la constitution de caisses du sou du soldat, sur l’initiative des organisations ouvrières.

La santé a suscité nos efforts constants. Dans presque toutes nos municipalités, nous avons ouvert des dispensaires à la population. Les dispensaires qui n’ont rien de commun avec la forme de semblables organisations bourgeoises unissent dans une même formule des techniciens capables, dotés d’un appareillage moderne, à une organisation souple, répondant parfaitement à toutes les exigences de la population.

Aux consultations de médecine générale et de nourrissons, nous avons ajouté des services de spécialités (gynécologie, chirurgie, nez, gorge, oreilles, yeux, etc.), les rayons ultraviolets, la diathermie, la radio, etc. Les soins prescrits par les docteurs sont appliqués par des infirmières qualifiées.

Nos villes ont été transformées ; presque partout les voies communales ont été canalisées en eau et gaz, l’assainissement est en cours de réalisation par la pose de canalisations d’égouts, l’état de la viabilité est considérablement améliorée.

L’urbanisme a été pour nous la mise en œuvre de grands travaux apportant un peu de confort et d’hygiène dans les foyers ouvriers et la réalisation d’une viabilité et d’un éclairage de nos rues.

Après avoir lutté avec les mal lotis, pour arracher de l’État une solution à leurs misères, nous avons œuvré avec eux pour les travaux indispensables à leur bien-être.

Nous restons avec les mal lotis, pour arracher de l’État les crédits que celui-ci refuse par « mesure d’économie » et pour obtenir un allègement de leurs charges.

Dans la crise, les municipalités communistes ont été les plus frappées, étant donné le contenu essentiellement prolétarien de nos villes. Malgré cette situation particulièrement défavorable, nous avons ajouté à notre appui pour la défense des revendications des chômeurs une aide matérielle constante, sous la forme de l’organisation de soupes populaires comme à Ivry, de distributions de denrées alimentaires ou de charbon, par les secours médicaux gratuits comme dans toutes nos municipalités.

Nous avons fait au maximum de nos possibilités et plus que partout ailleurs, pour venir en aide à la fraction la plus cruellement frappée par la crise.

Tout cela est l’œuvre de nos municipalités communistes.

Nous devons ajouter que cette œuvre ne se distingue pas seulement par son ampleur et son orientation de classe, elle est différente parce qu’exempte de tout scandale. Les communistes n’ont pas été seulement des gestionnaires actifs, ils sont restés des gestionnaires honnêtes sous la direction de leur Parti.

Aucun topaze [référence à la pièce de Pagnol où "topaze" est un pseudo-homme d’affaire corrompu et malhonnête] dans notre Parti et s’il devait s’être trouvé un indésirable, les travailleurs savent avec quelle fermeté celui-ci aurait été impitoyablement chassé de nos rangs.

Le bilan de nos municipalités communistes est la garantie essentielle que nous pouvons apporter aux travailleurs de qui nous sollicitons les suffrages.

Ne manquons pas d’exalter l’œuvre des municipalités communistes au cours de la dernière gestion et développons le programme municipal de notre Parti qui poursuivra et étendra l’œuvre entreprise pour la défense des intérêts immédiats des travailleurs.

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