Cérémonie pour le 65ème anniversaire de la RDA

Discours de Olaf Harms, secrétariat du présidium du DKP (Parti Communiste Allemand)

, par  Gudrun Stelmaszewski , popularité : 1%

Discours du représentant du DKP (Parti communiste allemand), Olaf Harms, membre du secrétariat du présidium du DKP, à l’occasion de la cérémonie pour le 65ème anniversaire de la RDA (République Démocratique Allemande) au Cabinet d’histoire de la RDA à Bochum.

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Chères amies et chers amis,
Chers camarades,

D’abord, je vous remercie cordialement pour l’invitation à cette cérémonie au nom du DKP. Je viens de Hambourg, la ville natale d’une personnalité exceptionnelle : Ernst Thälmann. C’est en outre le seul lieu en RFA, entretenu par les moyens privés, où il y a encore un mémorial de ce communiste extraordinaire et leader ouvrier et de ses camarades en lutte. A cause de cela, je veux ouvrir mon discours de bienvenue en citant Thälmann : « Des journées commémoratives n’ont pas de sens, s’ils n’auront pas un effet sur le présent et la future ».

L’objectif des socialistes et communistes soviétiques et allemands était, à l’origine, garder une Allemagne entière, un nouveau départ et une mutation de toute l’Allemagne sans des fascistes, des profiteurs de la guerre et des capitalistes. Il devrait être construit une vraie nouvelle Allemagne démocratique et pacifique. C’est ainsi qu’il a aussi prévu le Traité de Potsdam par les quatre puissances victorieuses en 1945.

Mais il s’est passé autrement : « Plutôt l’entière moitié de l’Allemagne, que la moitié de l’Allemagne entière » - conformément à cette devise d’Adenauer, l’Allemagne fut divisée. La proposition soviétique de conclure un traité de paix avec une Allemagne démocratique et antifasciste fut rejetée en faveur d’une "intégration" dans l’Occident capitaliste (fondation de la RFA, le 23/05/1949) et dans son alliance militaire et agressive, l’Otan.

La RDA fut fondée le 7 octobre 1949. C’est ainsi que la construction d’une alternative antifasciste et socialiste a commencé à l’Est, dans un effort énorme.

La plupart de ceux qui comptaient à la génération de la construction de la RDA n’étaient pas des gens de l’élite bourgeois, mais les fils et filles des ouvriers et paysans, étant souvent encore peu expérimentés en politique. Ils construisaient un projet contradictoire et antifasciste par rapport à l’ouest capitaliste.

Ils ont fait de la partie de l’Allemagne plus petite un pays qui faisait partie des dix États industriels les plus grands. Ils se dirigeaient vers une alternative socialiste durable face au capitalisme. Ils construisaient un État reconnu dans le monde entier, dont la politique extérieure témoignait de l’internationalisme et de la lutte pour la paix. Dans beaucoup de pays du monde, cet État était respecté pour sa solidarité avec les peuples qui luttaient pour leur liberté nationale et politique. En RDA, beaucoup de réfugiés devant le fascisme ou l’impérialisme ont trouvé une nouvelle patrie.

Dans l’industrie, il n’existait plus les propriétés privées capitalistes des grands moyens de production. Il n’existait plus les anciens agrariens à l’est de l’Elbe avec leurs grandes terres. Les usines avaient passé aux mains du peuple ; ils étaient entreprises socialisées [en all. VEB]. Les terrains appartenaient à ceux qui les cultivaient – aux coopérateurs agricoles. Le droit d’avoir du travail a été fixée dans la constitution.

Le pouvoir d’État n’était plus à côté des millionnaires et milliardaires, mais a été exercé par la Chambre du peuple en alliance avec le Front national [rien à voir avec ce parti de l’extrême droite en France] qui se constitué par les partis, le syndicat et les unions démocratiques. Les Krupps, les Siemens, les Henkels, les Porsches, Quandts et Piechs ne régnaient plus. C’étaient les Tout-les-mondes : les Müllers et Krauses, les Schulzes et Schmidts. L’image qui se fait de lui-même la RDA, c’était un pays où les travailleurs devraient tenir et exercer le pouvoir dans leurs mains, et non les riches.

De là venait la colère du capital. Cette colère se faisait jour envers un Etat qui s’orientait aux idées de Marx et Engels et aux expériences de la lutte du mouvement ouvrier et communiste international. C’était un État qui était fidèle à l’objectif de construire une alternative anticapitaliste et antifasciste face au pouvoir des monopoles et banques, des boss de l’armement et des profiteurs de guerre, donc face à ceux qui avaient déjà financé le parti de Hitler en 1933. Ces représentants de l’ancien ordre capitaliste et impérialiste ont essayé de saboter et de supprimer cet État de la carte géographique. Ils ont essayé de boycotter, d’isoler politiquement et enfin d’étrangler cette Allemagne antifasciste et socialiste, économiquement plus faible.

Pendant 40 ans, ils ne réussissaient pas. Dans ces 40 ans, l’existence de la RDA et des États socialistes a mis un frein au capitalisme : 40 ans nous avons eu de la paix en Europe. Ont été mis des limites aux parties les plus agressifs du grand capital et du capital monopoliste et à leurs tendances expansionnistes, notamment par des moyens économiques importants qui le socialisme a dû trouver pour sa défense.

Pendant 40 ans, la RDA prenait place comme partenaire invisible aux tables de négociation des partis tarifaires et donnait un coup de main à la plus grande organisation de classe au sein de la classe ouvrière, aux syndicats en RFA.

Pendant 40 ans, l’ouest a dû se mesurer à la RDA, quand il s’agit par exemple de la politique de l’éducation, de la santé et sociale.

Pendant 40 ans, la RDA était l’écharde dans la chair du capitalisme et impérialisme allemand.
Quand le 3 octobre 1990, la RDA a formellement fini d’exister, le capital, refréné jusqu’à ce moment, a été libéré avec des conséquences désastreuses.

La guerre en Ukraine, où il s’agit de la répartition du monde en faveur de leurs profits, témoigne encore de la contribution croissante et agressive de l’impérialisme et de ses larbins. La raison d’État, c’est aujourd’hui « la défense de la RFA » à l’Hindu Kuch [massif dans l’Afghanistan].
Pendant que les impôts sur les entreprises ont baissé, en même temps Hartz IV et les travaux obligatoires ont été introduits, les prétendus jobs pour un euro. La pauvreté est ainsi devenue la loi.

Presque 35 % des actifs ne peuvent pas vivre de leur revenu. Ils occupent un soi-disant emploi atypique, c. à. d. qu’ils travaillent en temps partiel, travail intérimaire ou en emploi minime. Surtout les femmes sont défavorisées : la pauvreté dans l’âge a un visage féminin. L’appauvrissement des larges masses augmente.

Il manque de plus en plus une perspective de vie pour la jeunesse ouvrière. Aujourd’hui, seulement quelques kilomètres d’ici à Cologne, 20.000 jeune syndicalistes de l’IG Metall manifestent pour leur formation, leur formation continue et le passage à un contrat de travail dans la profession étudiée.

En argumentant que les caisses budgétaires sont vides, seront privatisés et soumis aux conditions de profit du capital les aides d’État, les services d’intérêt général et la protection sociale comme par ex. l’approvisionnement énergétique, l’élimination des déchets ou la vente des hôpitaux des villes.

Et avec les prétendus accords sur les libres échanges, comme TTIP ou CETA, les concernés auraient le droit de poursuivre les États en dommages-intérêts, si les investissements ou l’attente du profit ne pouvaient pas être réalisé à la suite d’un amendement législatif ou des mesures politiques. Seulement par un mouvement de masses comme la Journée européenne d’action Stop TAFTA - CETA -TISA le 11 octobre, la chance existera de l’empêcher.

Déjà ces peu d’exemples suffissent : non, le capitalisme ne peut pas être la fin de l’histoire. En prenant comme critère la campagne des médias qui se déroule de nouveau à l’occasion de « la chute de mur », il faut constater que la RDA est vivante comme il y a 25 ans. Malgré tous les essais de « délégitimer la RDA » (ainsi le ministre de la justice Kinkel du FDP, Parti libre démocratique, à cette époque), on n’a pas réussi de rayer du mémoire les 40 ans du socialisme sur le sol allemand. On pourrait demander : « Qui parle encore du FDP ? – Personne. De la RDA, tout le monde en parle ! ».

Et je pense, ils sont encore trop peu. Le moment est venu, par exemple dans les syndicats, de recommencer une discussion sur la société, sur cela qui serait une alternative au capitalisme.
« Le socialisme garantit d’avoir le droit au travail, réalise la protection sociale durable et fait possible l’égalité des droits et la libération de la femme. Il garantit que les syndicats et les autres organisations des gens travaillant ainsi que chaque personne ont le droit et la possibilité réelle pour organiser ensemble la vie sociétale. Il garantit l’égalité des chances dans l’éducation et l’accès à la culture humaniste à tous. Le socialisme encourage l’éducation et la formation, la littérature, les théâtres, les arts plastiques et la musique, le sport et d’autres activités créatives. Il y arrive de créer les conditions pour que l’être humain puisse avoir une éducation générale, devenir politiquement majeurs et s’épanouir librement, pour qu’il puisse mener une vie autodéterminée et autonome dans la paix, la liberté, la justice et la solidarité et la protection sociale et dans le bien-vivre pour tous les gens. Le socialisme signifie une nouvelle et en même temps une échelle plus haute de la démocratie. » (Programme du DKP)

La RDA peut être un exemple pour cette discussion, celui d’une autre société qui est fondamentalement différente, qui dépasse le capitalisme, qui est une société socialiste. Nous devrons bien sûr répondre aux questions pour savoir, comment est arrivé la défaite et le démantèlement de la RDA. Et nous constaterons que non seulement un seul facteur est responsable, qu’il s’agit des causes à l’intérieur et à l’extérieur, mais aussi d’une divergence par rapport aux normes socialistes. Nous en devrons apprendre.

Mais le plus important, c’est que cet Etat RDA signifie un choix socialiste sur le sol allemand contre l’impérialisme allemand. La RDA, son antifascisme conséquent, sa défense de la paix, de la détente et du désarmement ainsi que la réalisation des droits fondamentaux sociaux appartiennent aux plus grands acquis du mouvement ouvrier allemand et ils font partie de l’héritage humaniste en Allemagne. En conséquence, nous exigeons aujourd’hui que tous les citoyens de la RDA, qui subissent et subissaient, à cause de leur « proximité particulière du parti et de l’État », des chicanes professionnels, juridiques et politiques, l’emprisonnement et d’autres préjudices matériels ou financiers (par ex. des prestations vieillesses), sont à réhabiliter et à mettre sur un pied d’égalité avec tous les autres citoyens.

Le souvenir de 40 ans de la RDA et son 65ème anniversaire sont pour nous, face à la situation menaçante en Europe de l’Est et au Proche et Moyen Orient, une raison en plus d’entretenir le modèle et l’héritage antimilitariste et antifasciste de la RDA.

Plus jamais doit présenter le sol allemand une menace militaire pour d’autres peuples. La République fédérale d’Allemagne doit quitter l’Otan, ce pacte militaire impérialiste.
Le 65ème anniversaire de la fondation de la RDA nous rappelle aux obligations :

« Plus jamais le fascisme, plus jamais la guerre ! »

Et il nous rappelle : « L’avenir, c’est le socialisme ! »

Voir en ligne : Le discours est paru le 29/09/2014 sur http//news.dkp.de

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