Deux lectures du Communisme Ouvrier

, par  Pierre Martin , popularité : 2%

Le Communisme Ouvrier est un courant philosophique du communisme, qui revient à l’ordre du jour, des organisations et des fractions de partis révolutionnaires s’en réclament.

UnitéCommuniste veut réaffirmer ici, la vision qu’elle défend de cette filiation.

La question du socialisme : un Mode de Production ou une Phase de Transition ?

L’immense majorité de la Gauche Communiste (historique), comme la totalité des communistes libertaires ont fondamentalement tendance à considérer que le socialisme est un mode de production présentant une logique propre. Elle fait rupture complète d’avec la société qui l’a précédé : le capitalisme privé, car instauration du socialisme et communisme se confondent. L’abolition immédiate de l’Etat, celle du salariat, la fin de l’exploitation etc. tiennent de cette représentation des choses. Incontestablement pour la Gauche Communiste (Que nous appelons " historique " pour permettre son regroupement en un point de vue unique) le communisme doit être instauré dès la fin d’une révolution qui ne peut-être que socialiste, qui voit disparaitre le capitalisme privé. Tout ceci se passant sur un temps extrêmement bref, Le socialisme étant la réalisation de toutes les tâches communistes, le communisme peut- être dit " établi " le jour où ce modèle de révolution est totalement réalisé.

Nous différenciant de cette analyse, nous considérons nous, que le socialisme est une phase de transition qui comprend des moments disjoints même s’ils ne sont pas complètement distincts.
- D’abord, la mise en œuvre du capitalisme d’Etat et le plein épanouissement des tendances les plus démocratiques du mode de production capitaliste à son stade final.
- Ensuite le stade du socialisme d’Etat, qui impose la socialisation objective des forces productives et des rapports de production.
- Enfin le communisme et le déclin de l’Etat.

L’enchainement des deux premiers moments caractérise le socialisme comme phase de transition, et se termine par le dépérissement de l’Etat et de son droit. L’absence de ce déroulé conduit à stagner dans le capitalisme d’Etat, on éternise l’Etat et donc on maintient une bourgeoisie de gestion qui assure la domination à la place de la classe ouvrière.

Le Capitalisme d’Etat, un stade réactionnaire ou un stade progressiste ?

L’autre grand débat qui existe entre les fractions de la Gauche Communiste, est de savoir si le Capitalisme d’Etat est une régression vis-à-vis de l’avancée vers le communisme ou si c’est une phase obligée.

Nous considérons nous, que c’est une phase obligée, qu’il présente donc un caractère progressiste, incontournable. Mais ce stade doit être reconnu comme tel, ses contradictions affirmées, combattues et dépassées pour avancer vers le communisme.

Si on est marxiste et léniniste, si donc on estime que l’Etat ne peut pas disparaître immédiatement et doit être maintenu durant la phase de transition, l’abolition de la propriété privée prend essentiellement la forme d’une étatisation. Essentiellement, car il peut exister aussi des entreprises sous statut de coopératives. Mais le phénomène coopératif est jugé par le mouvement marxiste comme un phénomène marginal. Seuls les théoriciens anarchistes en préconisent la généralisation et l’imposition immédiate. C’est pourquoi tous les marxistes, qui ont été partisans de sa généralisation, se sont vus taxés d’être atteints d’une déviation anarchiste (l’opposition Ouvrière des années 20 ne souffrait pas d’une déviation anarchiste, contrairement à ce qu’affirmait Lénine. Elle ne recommandait pas le recours au marché, pour résoudre les problèmes de socialisation, elle s’inscrivait plus fondamentalement dans la filiation du Communisme Ouvrier. Elle ne contestait pas l’hégémonie du parti en matière politique, elle voulait simplement que se soit les ouvriers qui l’exercent en matière économique, en se servant des syndicats pour imposer un autre procès de production. Cela, la distingue fondamentalement du Communisme Ouvrier classique qui est lui, partisan des Soviets contre le parti et les syndicats, pour mettre en œuvre un tel processus. Mais à la différence des syndicalistes libertaires, l’opposition ouvrière ne préconisait pas la domination des coopératives en remplacement des entreprises d’Etat et n’a pas recule face au capitalisme d’Etat et à l’hégémonie du parti.)

Toute la question du phénomène coopératif est de savoir s’il constitue un dépassement de l’étatisme, ou au contraire s’il ne doit être considéré seulement, que comme un phénomène intermédiaire entre la propriété privée et la propriété d’Etat. Il est claire que dans la compréhension du phénomène qui a prévalu en URSS, la coopérative à été considérée comme une phase intermédiaire entre le privé et l’étatique ; elle était la libre association des petits agriculteurs entre eux avec le Kolkhoze ; chacun apportait son " capital " constitué au mieux d’outils et plus rarement de machines, son cheptel etc. conservant un lopin de terre privatif.

A l’opposé dans le Sovkhoze, l’étatisation a favorisé l’introduction accélérée de la mécanisation et l’utilisation d’une technologie plus importante. Le sovkhoze a été jugé historiquement comme plus " productif ". La réalité c’est que le " productivisme " sovkhozien n’a pas résolu la question de la qualité de la marchandise produite. Les Sovkhozes se sont révélés être des gouffres de consommation productive, pour un produit fini moins divers et moins riche, que celui que le Kolkhoze était capable de fournir, notamment les produits de détail. Mais cette situation, était-elle le résultat du fait que, la forme coopérative est plus " socialiste " que la forme étatique, ou était-ce au contraire parce qu’elle conservait encore un caractère marchand indéniable apte à satisfaire la " volatilité " des besoins du consommateur ?

L’abolition de la marchandise est-elle une réalité immédiatement applicable ? ou le stade ultime du communisme ?

L’apport du mouvement communiste français a été d’insister sur la nature progressiste de l’étatisation quand elle était pensée sous forme de nationalisation. Beaucoup d’étatisation ont été présentées indument comme des nationalisations, notamment dans l’univers anglo-saxon, alors qu’elles n’étaient de fait, que la simple étatisation d’une gestion capitaliste. La même confusion a existé entre le système de reproduction de la force de travail sous assurances sociales dans le système français et dans le système anglo-saxon. Le système de Beveridge, que nombre d’économistes sociaux démocrates osent comparer à la Sécurité Sociale française, en prétendant qu’il en serait l’inspirateur, alors qu’il n’a rien à voir avec le système de protection mis en place par les communistes à la libération ; il assure seulement un assistanat minimal, ramenant la reproduction de la force de travail au minimum vital.
La Sécurité Sociale associe la dynamique des besoins à l’accumulation du capital, Jouant sur sa socialisation objective et l’obligation pour ce dernier d’avoir recours à la consommation collective et à la part socialisée de la force de travail, pour assurer de façon élargie sa reproduction.

Aujourd’hui en France, les forces capitalistes et social - démocrates essaient de revenir sur les conquêtes sociales (nationalisations, Sécu, retraites etc..) en essayant de faire accepter leur dévoiement dans une vision anglo-saxonne de l’assistanat, il s’agit de maintenir un service public et social assurant le minimum pour les " exclus " de la consommation privée ; sinon pour tout le reste de la population, on privatise. Mais les forces progressistes françaises, n’ont jamais été partisanes de ce modèle. Par contre, elles ont toujours pensé l’accumulation du capital dans le cadre de la dynamique de la socialisation objective marchande, que ce soit sous la forme de biens ou de services ou que ce soit sous la forme salariale.

Le statut des nationalisations de 45 prend bien en charge l’esprit de socialisation objective que contient le Capitalisme Monopoliste d’Etat, l’antichambre du socialisme. La nationalisation intègre la représentation des intérêts de la ligne hiérarchique et juridique : le pouvoir d’Etat mais aussi les intérêts des salariés (via leurs représentants syndicaux) et les intérêts des consommateurs, qui doivent être normalement représentés dans les conseils d’administration.
La marchandise est donc représentée dans sa vision la plus extensive (fixation du prix par l’Etat, négociation de sa part salarial avec les syndicats, réalisation de sa valeur avec les consommateurs). Cependant selon nous, elle n’intègre pas la dialectique de la contradiction, qui favorise le passage du capitalisme d’Etat au Socialisme d’Etat, puis au communisme, elle oublie le pôle de la production, l’autre face de la marchandise. Elle n’incarne donc pas le caractère de la division du travail mis en œuvre dans le procès de production. Elle ne permet donc pas d’ouvrir à une logique communiste.

Aujourd’hui et depuis le tournant de la rigueur de 1983, les partisans de l’éternisassion du capital comme fin de l’histoire essaient, par tous les moyens, d’effacer de la mémoire collective, le progressisme des nationalisations à la française, par toutes sortes de dévoiements et de travestissements de leur sens dans l’histoire dans notre formation sociale. Si cette opération a été rendue possible, c’est que le courant communiste, n’a pas cherché à populariser ses finalités. Il en est resté au stade des nationalisations de 45 et de 81, mises en œuvre dans une période de progrès, elles ont pu apparaître comme des avancées, mais le reste de la société n’a pas été touché par un tel phénomène. L’environnement du capital privé restant dominant, la société a fait marche arrière et de nationalisées, ces entreprises n’ont bientôt plus exprimé que leur caractère d’étatisation. L’Etatisation, dans la logique privée capitaliste joue le rôle de lieu de production complètement soumis à la logique de rentabilité et de reproduction de celui-ci, la socialisation objective de structures indispensables (transports, énergie etc.) fonctionnant dans cette logique à perte, pour reproduire le capital privé.

La crise de la socialisation objective dans les formations sociales dites " socialistes " et le retour au caractère plus ou moins privé de la gestion des entreprises comme de la main d’œuvre, y compris aujourd’hui à Cuba ou Raûl Castro vient de reconnaître la nécessité d’un retour à la forme privée du salariat et donc exploité, nous oblige à dire clairement qu’on ne saute pas aussi facilement que cela de la marchandise (dont le salariat marxiste, c’est-à-dire exploitée, n’est que l’expression productive) à une comptabilité en temps de travail.

D’abord parce que la comptabilité en temps de travail n’exprime que de façon frustre une toute petite partie de ce que contient la socialisation objective de la marchandise. La démarchandisation est un processus extrêmement long et fragile, dont une mauvaise mise en œuvre dialectique, peut avoir des conséquences extrêmement graves. La politique des bons de rationnement, avec ses magasins vides, sont à l’origine du détournement des masses d’avec ce modèle de socialisation. Cette utopie a assuré plus sûrement que n’importe qu’elle propagande bourgeoise, un soutien inconscient à la défense du capitalisme privée. On ne se débarrasse pas de la marchandise en la réduisant à une unité de compte. On ne s’en débarrasse pas, car excepté dans les régimes autoritaires, plus personne ne prétend fixer objectivement, c’est-à-dire en se substituant à lui, les besoins du consommateur. Dans la société moderne, la marchandise est autant satisfaction de besoins que satisfaction de désirs.
Si les masses d’Europe de l’Est ont soutenu tacitement la restauration du capitalisme privé, si les chinois s’y lancent à corps perdu, c’est que la marchandise capitaliste satisfait, les individus bien plus que la frustre expression de la mise en œuvre de biens et de produits décidé du côté autoritaire de la planification.

Nous considérons nous, que nous ne pouvons pas nous passer du capital, du capital public, du capital d’Etat. La seule solution pour avancer sur la route du communisme sans renoncer aux avantages de consommation apportés par le plein épanouissement du capitalisme est de pousser le capitalisme à sa forme ultime, qui est de détruire la bourgeoisie en devenant tous des salariés productifs, des salariés exploités : des ouvriers. (C’est le terme exact de " classe ouvrière " pour Marx.). Revenir sur les avantages que l’existence du marché nous procure, sans être capable de développer autre chose qu’une utopie de rationnement, c’est asseoir la domination définitive du capital privé ( de la propriété privée). On ne peut se contenter de reprendre les analyses développées dans les années 20 et refuser de tirer le bilan de l’échec des premières expériences socialistes, en se contentant de plaquer un modèle simpliste sur la réalité d’aujourd’hui. Les raisonnements des théoriciens du communisme pur, sont basiques et idéalistes dans leur démonstration. Ils ne peuvent satisfaire qu’au jeu du socialisme par l’esprit dans lequel instaurer le communisme devient simple comme bonjour.

Par contre on analyse mieux en quoi le modèle bolchévik ne peut plus être imité, même quand il essaie de répondre aux idéalités du " communisme pur ".

Nous ne pouvons en rester au stade du Socialisme d’Etat, à l’existence d’un personnel chargé d’assurer la mise en œuvre du travail productif sans être lui-même concerné par ce phénomène. Si on en reste au stade du Socialisme d’Etat et qu’on se lance dans la distribution de bons en nature pour se substituer au salariat sans avoir résolu, la question de son improductivité propre, on abouti à masquer la source objective de création de richesse, à la diluer dans un salariat bureaucratique ou plus personne n’est capable de mesurer ce qu’il apporte comme valeur réelle à la société, et à la masse des improductifs naturels (jeunes, vieux, malades, etc.) qui eux ne sont pas prêt de disparaître.
Le socialisme d’Etat, antichambre du communisme ce n’est pas un capitalisme d’Etat qui se bureaucratise dans une utopie improductive. Le socialisme d’Etat antichambre du communisme c’est le socialisme qui pousse le capitalisme, l’automouvement de valorisation de la production, jusqu’à sa phase ultime, celle qui conduit à liquider la bourgeoisie.

Le retour au marché sous la forme de coopératives, ou sous la forme d’unité de production autocentrées, comme nous le propose les anarchistes et la Gauche Communiste Historique, permettent-elles de satisfaire au besoin des Trusts modernes et leurs investissements dans la mondialisation économique (le seul jugement de petits producteurs associés favorise - t’il une telle possibilité). Qui tient la monnaie (ou la compta en temps de travail) et la Comptabilité Nationale dans ce type de macro-économique ?.

Le retour aux coopératives c’est le retour aux prolégomènes du libéralisme économique, au marché sans le capital, c’est-à-dire aux illusions petites bourgeoises qui considèrent que c’est le méchant Capital qui a perverti le marché, pervertit la libre association des producteurs. La production d’une société de petits producteurs indépendants, constitue l’illusion économique libérale dans toute sa splendeur, la théorie libérale bourgeoise économique et les néo - classiques, ne disent pas autre chose. Il n’y a pour eux, de propriété privée qui ne se pense qu’individuelle. Mais le capital n’est-ce pas la mort de la propriété privée individuelle, n’est-ce pas l’annonce absolue de la victoire des trusts, la victoire de la socialisation la plus objective des forces productives, la victoire du collectivisme de la société par actions.

En revenir aux illusions du marché libéral bourgeois concurrentiel, comme le préconisent les ultralibéraux et les anarchistes, c’est nier l’avènement historique de l’impérialisme, la domination historique des trusts, n’y a-t-il pas d’autre lieu d’initiative que la petite entreprise ?

En quoi le salarié de la grande entreprise doit-il se penser privé d’initiative et de créativité ? Pourquoi devrait-il se contenter d’être le jouet d’un procès de production et de travail se décidant sans lui. Ce n’est pas parce que la grande entreprise capitaliste, qu’elle soit privée ou d’Etat, imposent à leurs salariés ce type de relations, pour en accroître l’exploitation, qu’elles sont fatales et qu’un autre type de management, tout aussi créateur de richesses, ne peut y voir le jour.

C’est bien là que gît la contradiction, c’est bien de là que surgit la déception des milliers de salariés des services et des entreprises publiques ou nationalisées qui ne voient pas fondamentalement changer la nature des relations et la nature du travail dans ces unités, alors qu’ils sont en droits d’exiger qu’on leur ouvre la voie de la socialisation , la voie du collectivisme le plus intégral, le plus résolu.

La social-démocratie ne veut pas utiliser les tendances objectives qui poussent au communisme moderne, au communisme de la période des trusts, c’est pourquoi elle s’arrange toujours pour faire dériver vers un " socialisme " en trompe l’œil, un socialisme qui ne suscite qu’une seule envie celle de faire marche arrière chez tout salarié :
" si c’est ça la propriété publique, si c’est ça la nationalisation, alors autant faire marche arrière et revenir au privé " voilà ce que dit le salarié échaudé par les expériences sociales - démocrates. Tout ceci sans oublier que ces salariés sont aussi des consommateurs, qui ne sont pas près de renoncer à ce que le marché moderne du Trust, la production massive tayloro-fordienne de biens et de services, leur a apporté.

La stratégie du capitalisme d’Etat : reconnaître l’obligation de la socialisation d’Etat, mais il fait tout pour en détourner les salariés et les consommateurs. Il faut pervertir la socialisation objective, pour telle le schizophrénique libéralisme économique, en rester à l’ontologie individuelle. Rocard ne dit pas autre chose avec son : " Small is beautifull ", Attali et son marché ultra libéral, ne se conduit pas autrement. Quand la droite social-démocrate sent le vent du boulet de l’histoire de la socialisation objective du capitalisme monopoliste lui passer près de la tête, elle fait tout pour tirer l’expérience en arrière.

La bourgeoisie rouge des expériences " communistes " classiques à l’opposé de la social-démocratie est, elle, incapable de produire de la marchandise, elle ne produit que du rationnement ; mais elle est tout autant incapable de créer une nouvelle figure politique et sociale du salariat.

Elle ne rabat pas le salarié sur son individualité de consommateur, comme la social-démocratie, mais elle est ne réussit pas mieux à lui offrir un projet collectif de producteur. D’où un " socialisme " qui s’éternise, dans une situation sans satisfactions. Ni du côté du marché, ni du côté du pouvoir (dépérissement de l’appareil d’Etat, par généralisation du statut d’ouvrier).Cela dure jusqu’à ce que ceux d’en bas se révoltent, et que ceux d’en haut, qui veulent bénéficier des avantages en nature et du marché que leur domination assure, préfèrent retourner au capitalisme privé.

Nous devons pousser à la liquidation du capitalisme privé et à la liquidation de la bourgeoise et il n’y a de liquidation que dans leur socialisation objective. La socialisation du capital c’est le capital public, la socialisation de la bourgeoise c’est le salariat exploité. L’appareil d’Etat se gère par destruction de son autonomie, on délègue l’exploité sur mandat impératif, pour une courte période et par turn-over (Commune de Paris) dans le but d’assumer les missions improductives. On s’attaque à la division du travail, pour que tous soyons en capacité d’assumer les missions. On décide collectivement de ce que l’on veut produire, et comment on veut le produire, on utilise pour cela les moyens de production mis à notre disposition. Ce n’est plus eux qui fixent les limites, dans un procès de travail et de production qui nous échappe, c’est nous ; on n’a plus besoin d’échafauder de vaines utopies sans monnaie et sans marchandises, le communisme primitif est mort et enterré. Vive le Communisme des Trusts, vive la grande industrie moderne ! Vive la socialisation la plus objective !

C’est cela notre filiation au léninisme et à la première expérience de socialisme d’Etat. Nous les revendiquons, à la différence de la Gauche Communiste et du Communisme ouvrier des origines. Mais nous affirmons que ces deux derniers ont bien posé la question du communisme, la question de sa nature. Cependant leur modèle, jamais mis en œuvre, est un modèle utopique qui n’aurait sans doute pas mieux réussi dans le contexte de l’époque que le modèle de Lénine dévoyé par Staline.

L’échec de Lénine provient de son absence de rapport dialectique à ce modèle dans la critique qu’il leur adresse (" La Maladie Infantile. " et " sur l’Infantilisme de Gauche "), dans " l’Etat et la Révolution " il est encore en lien philosophique avec eux, mais après (au moment du 10ième Congrès) il n’exprime plus que les intérêts de ceux qui sont entrain de devenir la nouvelle bourgeoisie rouge.

Lénine a instauré le Capitalisme d’Etat tout en cherchant le socialisme d’Etat,
Staline l’a transformé en terreur " rouge " pour mieux s’assurer la soumission du groupe dirigeant. Il a perverti le déroulé du processus révolutionnaire en utilisant uniquement l’appareil répressif d’Etat et non la conscience des masses, la conscience politique de classe. Il a tué le militant au profit du commissaire, le salarié productif au profit du fonctionnaire. La défense de l’Etat dit " Ouvrier " est devenue la tâche de tous les partis communistes alors qu’ils auraient dû, d’abord, défendre la classe ouvrière soviétique. La classe ouvrière contre son Etat, mais L’Etat, on ne peut pas s’en passer, tant que la classe ouvrière unifiée comme figure universelle n’est pas réalisée, penser autrement c’est une utopie. L’utopie nous tue, le réalisme communisme nous fait vivre, en fixant l’étapisme de son avènement.

Pierre martin (groupe unitecommuniste) Sept 2010

Voir en ligne : article d’origine sur le site unitecommuniste

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