Détruire la Russie est au coeur des objectifs de l’impérialisme étasunien

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Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité du président des États-Unis entre 1977 et 1981, fut un des stratèges les plus influents de Washington. Son livre "Le grand échiquier" (1997) a défini le programme des États-Unis pour dominer le monde en plaçant l’Eurasie au cœur de sa stratégie. Cela explique largement ce que nous sommes en train de vivre actuellement en Ukraine, et nous apprend que l’impérialisme US n’est pas près de lâcher le morceau... Ci-dessous, nous mettons en ligne des extraits éclairant de ce livre, extraits publiés dans un ouvrage de Michel Collon de l’année 2000, "Monopoly - L’OTAN à la conquête du monde". Où l’on apprend (hypothèse formulée en 1997 !) que le grand danger géostratégiques pour les États-Unis serait une alliance entre la Russie, la Chine et l’Iran...


Comment dominer le monde ?

par Zbigniew Brzezinski

Eurasie : « L’Eurasie demeure l’échiquier sur lequel se déroule le combat pour la primauté mondiale. (...) La façon dont les États-Unis "gèrent" l’Eurasie est d’une importance cruciale. Le plus grand continent à la surface du globe en est aussi l’axe géopolitique. Toute puissance qui le contrôle, contrôle par là même deux des trois régions les plus développées et les plus productives. 75% de la population mondiale, la plus grande partie des richesses physiques, sous forme d’entreprises ou de gisements de matières premières, quelque 60 % du total mondial. » (p.59-61).

Empire US : « La tâche la plus urgente consiste à veiller à ce qu’aucun État ou regroupement d’États n’ait les moyens de chasser les États-Unis d’Eurasie ou d’affaiblir leur rôle d’arbitre. » (p.254).

« Dans la terminologie abrupte des empires du passé, les trois grands impératifs géostratégiques se résumeraient ainsi : éviter les collusions entre vassaux et les maintenir dans l’état de dépendance que justifie leur sécurité ; cultiver la docilité des sujets protégés ; empêcher les barbares de former des alliances offensives. » (p.68).

Affaiblir la Russie : « Si l’espace central (de l’Eurasie) rompt avec l’Ouest et constitue une entité dynamique, capable d’initiatives propres, s’il assure son contrôle sur le Sud ou forme une alliance avec la Chine, alors la position américaine en Europe sera terriblement affaiblie. » (p.61).

« Une confédération russe plus ouverte, qui comprendrait une Russie européenne, une république de Sibérie et une république extrême-orientale, aurait plus de facilités à développer des liens économiques étroits avec l’Europe. » (p.258-259).

« En 2010, la collaboration franco-germano-polono-ukrainienne pourrait devenir la colonne vertébrale géostratégique de l’Europe. Une question essentielle se pose : ce scénario se déroulera-t-il dans un environnement apaisé ou dans un contexte de tensions croissantes avec la Russie ? Il est trop tôt pour donner une réponse. » (p.118).

« Un grand danger potentiel : la naissance d’une grande coalition entre la Chine, la Russie et peut-être l’Iran, coalition "anti-hégémonique". » (p.84).


Carte tirée du livre "Le grand Échiquier"

L’Ukraine : « Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire en Eurasie. (...) L’Ukraine constitue l’enjeu essentiel. » (p.74).

« Si l’Occident devait choisir entre une Ukraine démocratique et une Ukraine indépendante (ndlr : Brzezinski veut dire opposée à la Russie et dépendante de l’Ouest), ce sont les intérêts stratégiques - et non des considérations démocratiques - qui devraient déterminer notre position. » (p.160).

Chasse gardée : « Dans le golfe Persique, une série de traités de sécurité, conclus pour la plupart à l’issue de la courte expédition punitive contre l’Irak en 1991, ont transformé cette région vitale pour l’économie mondiale, en chasse gardée de l’armée américaine. » (p.53).

Contrôler l’Europe : « Le problème central pour l’Amérique est de bâtir une Europe fondée sur les relations franco-allemandes, viable, liée aux États-Unis et qui élargisse le système international de coopération démocratique dont dépend l’exercice de l’hégémonie globale de l’Amérique. » (p.103).

Expansion de l’OTAN : « L’expansion de l’OTAN est essentielle. A défaut, les États-Unis n’auraient plus les moyens d’élaborer une politique d’ensemble en Eurasie. Si l’élargissement de l’OTAN ne se réalisait pas, l’échec des États-Unis pourrait rallumer les aspirations géopolitiques, aujourd’hui dormantes, de la Russie. » [1] (p.113).

Main basse sur le pétrole de l’ex-URSS : « L’Azerbaïdjan, en dépit de ses faibles dimensions et de sa population limitée, recouvre une zone névralgique, car elle contrôle l’accès aux richesses du bassin de la Caspienne et de l’Asie centrale. Un Azerbaïdjan indépendant, relié aux marchés occidentaux par des pipelines qui évitent les territoires sous influence russe, permet la jonction entre les économies développées, fortes consommatrices d’énergie, et les gisements convoités des républiques d’Asie centrale. » (p.113).

Empêcher l’alliance Moscou-Pékin : « En effet, la Chine pourrait être le pilier d’une alliance "anti-hégémonique" de type Chine-Russie-Iran ; elle s’imposerait d’elle-même comme étant la nation la plus forte, la plus dynamique, le chef de file. » (p.113).

Zbigniew Brzezinski, Le grand Échiquier - L’Amérique et le reste du monde, Bayard, Paris, 1997.

Ce livre est accessible en format pdf ici.

[1Commentaire de Michel Collon : "l’objectif de l’OTAN n’est pas la protection des peuples, mais la domination des multinationales - surtout US - sur l’Europe de l’Est et l’Asie. Et particulièrement d’empêcher les peuples du Caucase de disposer de leurs ressources naturelles".

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