Dans la mire des Etats-Unis, l’Iran

, par  Danielle Bleitrach , popularité : 4%

Les Etats-Unis après avoir comme ils l’avaient prévu utilisé la France pour lancer les hostilités en Libye et remis in fine l’opération à l’OTAN, continuent à avancer leur pion vers leur objectif : l’Iran.

Il faut en décrire quelques manœuvres qui n’apparaissent pas encore au grand jour tout en étant bien avancées : nous ne reviendrons pas sur la Libye, mais il devient de plus en plus évident que l’opération avait pour but non seulement d’asseoir la domination sur les ressources énergétiques libyennes mais de prendre pied à l’intérieur d’un monde arabe secoué par des révoltes populaires(mais aussi Maghreb, Afrique). Il est plus intéressant, parce que encore partiellement caché, de tenter de mettre en lumière quelques autres points stratégiques à travers lesquels les Etats-Unis avancent sur leur triple objectif : un s’assurer la maîtrise de l’énergie mondiale, deux tenir par la force et par la division un monde arabe en pleine révolte, trois viser à terme l’Iran, et sans doute au-delà.

Réorganisation du monde arabe autour de l’hégémonie saoudienne

Première mise en lumière : réorganisation du monde arabe autour de l’hégémonie saoudienne. La manière dont Barhein a été offert à l’intervention saoudienne n’est pas un fait isolé, simplement lié à l’existence d’une base nord-américaine, mais doit être analysée en vertu du contrôle prioritaire du Golfe persique et de l’Iran, et d’une tentative de contrôle de ce monde arabe par une alliance de fait des saoudiens avec l’Egypte et Israël. Les révoltes du monde arabe seront utilisées non sans habileté. Ainsi on attisera celle contre les dictateurs qui résistent aux Etats-Unis, alors qu’on aidera à la répression des peuples qui s’opposent aux alliés des Etats-Unis.A ce titre l’analyse chinoise (présentée ci-dessous) sur ce qui s’est passé en Libye montre l’inquiétude de ce pays et la dénonciation des buts poursuivis : l’invasion de la Libye témoigne d’une stratégie impérialiste autant que de tactiques face à des problèmes internes. On peut ajouter le fait qu’ en utilisant à la fois les ambitions du président égyptien de la ligue arabe, les inquiétude de ce pays et d’autres sur le mouvement de rébellion, on a entraîné certains pays arabes, la France ayant joué les bons offices. Il a été dans un premier temps choisi de renforcer voir de créer une situation d’insurrection de la région de Benghazi, expliquent les chinois, puis comme Kadhafi mettait en danger la dite rébellion, il a bien fallu passer à l’offensive avec toujours le même recours aux campagnes médiatiques et au prétexte humanitaire, Sarkozy servant de déclencheur à l’affaire.

Le thème de la guerre humanitaire

Deuxième mise en lumière : bien voir comment les Etats-Unis et les Européens, qui contrôlent 90% de l’information mondiale, lancent le thème de la guerre humanitaire sur la dénonciation, souvent bien réelle, des exactions contre les peuples et en « améliorant » le marketing par l’invention de quelques grossiers mensonges pour « chauffer l’opinion publique » . A ce titre il faut souligner également que les Etats-unis ont repris pied depuis un an dans le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU qu’ils avaient boycotté jusqu’ici.La dernière session de ce Conseil des droits de l’homme témoigne que leur activité au sein de ce Conseil paye, l’Europe y était littéralement submergée par les voix du Tiers monde, l’arrivée des Etats-Unis et d’une ambassadrice qui se consacre à temps plein à ce poste,Eileen Donahoe, a obtenu le résultat de diviser ce qui se présentait comme un bloc uni. La tournée d’obama en Amérique latine dans des pays comme le Brésil, le Chili, venait en appui de cette stratégie qui consiste à aborder les problèmes de façon transrégionale, multilatérale et de fait isoler les pays que l’on veut attaquer en combinant destabilisation interne, propagande médiatique et campagne sur les droits de l’homme.

L’Iran dans la mire des Etats-Unis

troisième mise en lumière : il suffit donc de suivre qui est désigné par cette stratégie pour comprendre quelle opération est envisagée.La nomination d’un rapporteur sur l’Iran et sur la violation des Droits de l’homme par ce pays est une grande victoire pour Washington, non seulement pour la première fois depuis neuf ans l’Iran est ainsi mis en cause, mais comme il avait été procédé pour la ligue arabe, le vote brésilien a été acheté semble-t-il en échange d’un siège permanent à l’ONU, ce qui présente le double avantage de diviser le front anti-impérialiste, le BRIC et en même temps in fine d’offrir un siège au Conseil de sécurité à un pays que l’on a fini de déconsidérer. Mais là n’est pas l’objectif premier bien que l’ONU ait pour l’administration Obama une importance perdue sous Bush. L’objectif premier est bien de « travailler » l »opinion internationale en employant la carotte et le bâton avec les dirigeants et les campagnes médiatiques avec les peuples dont on veut empêcher la protestation.

Face à ces grandes manœuvres, s’il est évident que l’on ne peut pas considérer que l’Iran est le pays où les droits de l’homme ne sont pas violés, c’est une litote, il faut bien mesurer quels sont les enjeux réels et quelle analyse, quelle politique et stratégie doit être celle des communistes et des forces progressistes.

Ces manœuvres impérialistes ne cherchent pas à assurer le triomphe des Droits de l’homme, le respect de la démocratie et la paix dans le monde, il faut en être convaincu.

Loin du but officiel de la "démocratie", une stratégie de redomination

Outre le fait sur lequel il est bon de revenir sans cesse que ni les Etats-Unis ni les Européens ne sont qualifiés, tant de par leur histoire que leur politique actuelle, à s’ériger en juge du reste de l’humanité, ce viol systématique des souverainetés nationales n’a aucun but humanitaire, ni d’instauration de la démocratie. Ce qui est recherché est exactement le contraire : s’emparer des ressources énergétiques, asseoir une domination qui vacille et imposer un modèle économique qui provoque ces révoltes, financiarisation, pillage, crises multiples, énergétique, climatique, alimentaire. Pour cela il s’agit non seulement de conforter des tyrans mais encore de remplacer ceux existant par d’autres corrompus et clients des Etats-Unis.

Enfin pour imposer cette stratégie de domination on s’appuie sur les deux instruments de la puissance des Etats-Unis :

1)la domination militaire, une armée qui a elle seule est plus importante que toutes les autre réunies et qui utilise son potentiel de menace pour former des coalitions, et pour entretenir l’armada otanesque. Leurs expéditions , vu la dissymétrie sont de simple police mais créent le chaos et les souffrances d’une armée d’occupation et d’une résistance locale, avec des chefs de guerre.

2) la domination médiatique pour favoriser ces opérations par un mélange d’indignation et d’apathie.

Tout cela parce que la véritable domination des Etats-Unis, la domination financière, à cause du poids du dollar, est menacée par la montée de la Chine. Nul n’ignore qu’il existe désormais aux Etats-Unis un fort courant qui souhaite très vite attaquer ce pays avant que sa puissance ait encore grandi.

Enfin il faut noter en conclusion que l’attaque de l’Iran est la plus périlleuse qui soit, on a vu ce que représentait le nucléaire dans le contexte d’une catastrophe naturelle, imaginez une attaque contre les centrales iraniennes et c’est bien de cela qu’il s’agit. En outre, par le détroit d’Ormuz transite l’essentiel de l’énergie mondiale, 40% d’un pays comme la Chine (peut-être est-ce ce qui est visé ?) et voyez les conséquences.

Donc il faut s’opposer à cette stratégie impérialiste qui menace la paix et une grande partie de l’humanité, non pas en défendant l’indéfendable, mais en montrant bien la nature réelle des enjeux. il faut proposer des négociations basées sur la diplomatie avec d’autres acteurs que les pays occidentaux et les Etats-unis.

Danielle Bleitrach

Voir en ligne : sur le blog Changement de société

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