Cuba : c’est beau d’être communiste, même si ça cause des maux de tête

, par  communistes , popularité : 2%

Voilà la grande leçon que j’ai reçue des Cubains, le socialisme comme un pacte d’amour et non de concurrence, c’est aussi cela que je tente de partager avec vous dans mes mémoires avec tant d’autres, d’Aragon au petit indien coupeur de cannes qui était si fier de me raconter sa huelga, en passant par ce peuple cubain si passionnément aimé.

(note et traduction de Danielle Bleitrach)

Marx a décrit la société communiste comme une association d’individus libres : « La seule société dans laquelle le libre développement des individus cesse d’être une simple phrase » [1], dans le communisme, le libre développement de chacun sera la condition du libre développement de tous.

Auteur : Raúl Antonio Capote | internacional@granma.cu

Nous sommes sur le chemin que nous avons choisi et que nous défendons : le socialisme.

 
Le socialisme ressemble à l’homme, tout comme le fascisme est la négation de l’homme. Le socialisme est « le chemin » non exempt d’erreurs commises par le communisme, c’est une voie de justice pleine d’obstacles, marquée de défis, par des revers et des avancées. « Dans la construction socialiste, nous planifions le mal de tête ce qui ne le rend pas rare, c’est même le contraire. Le communisme sera, entre autres, une aspirine de la taille du soleil » [2].

Le capitalisme cherche à semer le manque de confiance en soi pour l’être humain, il exalte le cynisme, le moi révéré, comme Ayn Rand définit l’idéal du capitalisme : « Tandis que le créateur est égoïste et intelligent, l’altruiste est un imbécile qui ne pense pas, ne sent pas, ne sait pas juger, agir » [3].

Avant la Révolution française, il y a eu une profonde bataille d’idées en Europe, avant les soulèvements révolutionnaires, une nouvelle façon de voir le monde a fait son chemin. Les Lumières ont semé la graine qui a engendré la Révolution. Un consensus s’est créé dans toute l’Europe, une internationale bourgeoise de l’esprit a surgi. « Chaque révolution a été précédée d’un intense travail de critique, de pénétration culturelle, de pénétration des idées » [4].

Si notre façon de voir le monde est marquée par l’axiologie du capitalisme, si notre principe de base doit être à nouveau dépassé, si l’égoïsme est le moteur qui meut nos vies, si nous voyons la misère comme une sorte de fatalisme et la société divisée en classes quelque chose de naturel et d’immuable, si nous n’avons pas confiance en l’être humain et en sa capacité de changement, en son altruisme, de quoi parle-t-on ?

Ce n’est pas seulement avec les missiles, ce n’est pas seulement avec les armées, ce n’est pas seulement avec les forces de police, que les puissants assoient leur domination, les défenses du capital sont dans l’inconscient des individus et sont plus puissants que l’arme la plus moderne développée par le complexe militaro-industriel. Ce sont elles que le capital actionne contre nos intérêts et qui protègent les gouvernements qui les accomplissent. Il est difficile de se libérer du rêve narcotique de la consommation et de l’atroce individualisme.

Le système éducatif du capitalisme est conçu pour former l’homme du capitalisme. Il exalte la concurrence, le manque de solidarité, l’individualisme. « La classe qui a les moyens de la production matérielle a en même temps les moyens de la production idéologique » [5].

Dans la société capitaliste, l’homme vit une illusion de liberté, c’est une marchandise et entre les marchandises – car tel est l’homme du capitalisme –, il ne peut y avoir de solidarité, mais seulement de la concurrence.

La solitude d’un homme écrasé par les machines productives et le commerce est la marque du capitalisme, c’est l’être humain aliéné soumis à la violence de la propagande, assiégé jour et nuit, entouré de chants de sirènes, manipulé et qui se vend pour acheter et acheter des choses auxquelles souvent il ne peut pas accéder, ou des objets dont il n’a aucun besoin. La situation de l’homme dans un capitalisme sous-développé, dépréciant totalement sa valeur marchande, est encore pire.

La crainte naturelle de l’homme de s’aventurer dans le monde inconnu de la liberté est astucieusement exploitée par le capitalisme. L’homme qui découvre que le monde a deux options devant l’inquiétude générée par une telle découverte : soit il retourne au calme perdu, soit se déclare libre et risque de changer le monde et de construire des relations fondées sur l’amour.

Nous, les révolutionnaires, rêvons, mais nous ne vivons pas dans les nuages. Nous rêvons, mais nous construisons. Nous, révolutionnaires, devons être passionnés, émouvoir, impliquer tous, révéler cette nouvelle réalité, enseigner notre doctrine sur la base du possible, de la science et de l’amour de la vie, de l’être humain, de la nature. Nous devons être des transformateurs et des rebelles.

Marx a décrit la société communiste comme une association d’individus libres : « La seule société dans laquelle le libre développement des individus cesse d’être une simple phrase », dans le communisme, le libre développement de chacun sera la condition du libre développement de tous.

Notre Constitution affirme dans son préambule la conviction que Cuba ne reviendra jamais dans le capitalisme et que seul le socialisme et le communisme permettent à l’être humain d’atteindre sa pleine dignité.

Le premier article de la Constitution stipule clairement que Cuba est un État socialiste de droit et de justice sociaux, démocratique, indépendant et souverain, et l’article cinq réaffirme qu’il est dirigé parle Parti communiste de Cuba, unique en son genre, Martiste, Fideliste, marxiste et léniniste, à l’avant-garde. Organisé par la nation, principale force politique de la société et de l’État, il organise et dirige les efforts communs déployés dans la construction du socialisme et la progression vers la société communiste.

Nous sommes sur le chemin que nous avons choisi et que nous défendons : le socialisme avec son passé et sa genèse du futur. Le socialisme en tant que voie vers le domaine de la pleine réalisation humaine, la société du bien-être, du bien-vivre, non seulement en raison des niveaux atteints de justice et d’équité, mais également en raison des taux de développement élevés, résultat des progrès des sciences, de la technologie, des moyens de production et des forces productives, déchaînés, libres, hautement qualifiés : la société communiste.

Voir en ligne : Sur le blog histoire et société

[1Karl Marx, Friedrich Engels : L’idéologie allemande, In : MECW. Vol 5, p. 439

[2Roque Dalton : À propos des maux de tête.

[3Ayn Rand : Le printemps, Éditorial Grito Sagrado, Buenos Aires, Argentine, 1993, p. 145-146.

[4Compilation de Gerardo Ramos et Jorge Luis Acanda : Gramsci et la philosophie de la praxis. Editorial Sciences sociales, La Havane, 1997, pp.106-107.

[5N. Ivanov, T. Beliakova, E. Krasavina : Karl Marx, sa vie et son œuvre, Godley Books, Royaume-Uni, 2011.

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