1968-2018

Classes sociales : la vraie-fausse fin des ouvriers Analyse de Louis Maurin, Alternatives économiques

, par  auteurs à lire , popularité : 3%

Au moment des événements de 1968, l’usine France tourne à plein régime. C’est la période faste des Trente Glorieuses. De l’agroalimentaire à l’automobile, on embauche à tour de bras, en « important » pour cela de nombreux immigrés. Le chômage n’existe presque pas, les syndicats restent bien implantés et le rapport de force joue en faveur des travailleurs. Les ouvriers veulent leur part du gâteau et ils l’obtiendront lors des accords de Grenelle de mai 1968.

Mais l’euphorie sera de courte durée. Au début des années 1960, la mine a déjà amorcé son déclin, entraînant des conflits sociaux. En mars 1963, les mineurs de Lorraine sont en grève et marchent sur Paris. Dès le milieu des années 1970, la croissance flanche. On stoppe l’arrivée des immigrés. L’industrie entame un déclin qui n’a pas cessé depuis plus de quarante ans. La part des ouvriers passe d’un tiers de la population active à un cinquième aujourd’hui.

Beaucoup ont confondu ce déclin avec la dilution des classes populaires au sein d’un vaste ensemble de classes moyennes. Pour autant, les ouvriers n’ont pas disparu : ils sont encore 5,2 millions. Et la baisse de leur nombre a été compensée par l’essor des emplois de services peu qualifiés : les employés constituent aujourd’hui près de 30 % de la population active, deux fois plus qu’au milieu des années 1960. Un grand nombre de métiers d’employés cependant sont très proches de ceux des ouvriers par leurs conditions de travail, leurs rémunérations et la faible autonomie dont ils disposent. Beaucoup de couples sont ainsi formés d’un ouvrier et d’une employée. Deux catégories qui représentent presque la moitié des actifs.

En cinquante ans, les classes populaires ont donc changé de visage : elles sont davantage fragmentées, les métiers se sont diversifiés et féminisés, les conditions de vie se sont améliorées. Pour autant, la France est loin d’avoir été « moyennisée » et l’invisibilité sociale des catégories populaires est l’un des éléments qui nourrit les tensions de notre société.

Louis Maurin, le 31 mai 2018
Alternatives économiques

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