A Pékin, avec la participation des communistes russes s’est tenue une conférence sur « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme » de Lénine Service de presse du Comité régional d’Astrakhan du Parti communiste, à la suite d’un voyage en Chine

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A l’invitation du Centre pour l’étude du socialisme mondial (Chine), une délégation du Parti communiste de la Fédération de Russie a pris part au séminaire scientifique dédié au 100ème anniversaire de « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme »

https://kprf.ru/international/new-world/156835.html

Le séminaire a eu lieu le 5 Juillet à Pékin.

La délégation comprenait le secrétaire du Comité central du Parti communiste Mikhail Kostrikov, le député de la Douma régionale de Samara Sergueï Rakitine et le secrétaire du Comité régional d’Astrakhan du Parti communiste, rédacteur en chef du journal, « Pravda d’Astrakhan » Alexandre Tokarev.

Le séminaire réunissait des représentants de la communauté scientifique chinoise, venus de différentes villes du pays. En outre, le séminaire a été suivi par les professeurs de l’Université de Moscou Gratchikov et Tsygankov.

La réunion a eu lieu dans les locaux de la revue « Quishi », une publication du Comité central du Parti communiste chinois.

Quelle est la pertinence des conclusions de Lénine il y a 100 ans ? Quelle forme prend l’impérialisme aujourd’hui, au début du XXIème siècle, et quelles sont les menaces qu’il fait peser sur le monde ? Comment construire des relations russo-chinoises dans ces conditions ? – ces questions et beaucoup d’autres ont été discutées lors du séminaire à Pékin.


Le discours d’ouverture a été prononcé par le membre du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale, vice-président de la commission des affaires judiciaires du Congrès national du peuple, ancien vice-président du Centre pour l’étude du socialisme mondial Li Shinmin.

Le contenu principal de sa déclaration se résume aux dispositions suivantes :

Nous vivons encore dans l’époque de l’impérialisme, dont le sujet principal est aux États-Unis. Mais le capitalisme connait inévitablement des périodes de crise. Et l’Amérique fera porter le poids de la crise financière sur les épaules des autres. Le capitalisme financier est un phénomène pourri, mais on doit se préparer pour une lutte sévère.

Globalement, l’écart entre les pays et les peuples riches et pauvres va croître. Toutes les grandes richesses seront concentrées dans les mains d’un groupe restreint de gens qui gouvernent le monde. Donc, la résistance à un tel ordre va augmenter. La gauche et les idées socialistes (même aux États-Unis) seront renforcées. Les gens vont agir (et agissent déjà) contre un système fondé sur l’argent.

Li Shinmin conclut que nous (les adversaires d’un tel ordre mondial) devons nous mettre sérieusement à l’élaboration de stratégies de résistance à l’agression impérialiste. Nous ne nions pas la possibilité d’une guerre majeure dans 3-5 ans, explique Li Shinmin parce que lorsque d’autres moyens d’action ont été épuisés, le capitalisme a toujours eu recours à la guerre. Les adversaires probables des Américains seront la Chine et la Russie.

Dans l’arsenal des impérialistes, souligne Li Shimmin, il y a également le "soft power" : la lutte idéologique, l’imposition des valeurs occidentales (principalement américaines) de la démocratie et de l’économie de marché dans le monde entier.

Dans le contexte des risques mentionnés ci-dessus et en tenant compte de la triste expérience de l’URSS, nous devrons rester vigilants et construire une relation plus étroite entre la Chine et la Russie.

Aujourd’hui, la communauté mondiale tout entière peut être divisée en trois grands groupes : le premier monde – les États-Unis, le deuxième monde – l’Union européenne et le troisième monde – la Chine, la Russie et tous les autres pays.

Les Etats-Unis ne permettront pas à la Russie de se développer avec succès. La raison : la Russie possède un complexe militaro-industriel développé, par ailleurs, elle est riche en ressources naturelles.

En conclusion, Li Shinmin a noté qu’un moyen de sortir de la situation actuelle est de rassembler les pays en développement entre eux puis avec les pays du deuxième monde (Europe) en opposition à l’expansion croissante des États-Unis. Actuellement, dans le monde existent les conditions pour l’essor du mouvement socialiste, au milieu du siècle il y aura un certain nombre de nouveaux États socialistes. Le Parti communiste russe à cet égard a de bonnes perspectives.

Les participants ont parlé de l’expérience réussie de développement de la Chine au cours des dernières décennies. En Chine, on assiste au développement du socialisme avec ses propres caractéristiques. En économie, la position dominante est occupée par la propriété étatique. Dans le même temps, il a souligné le rôle du marché dans la répartition des ressources. Conscient de la valeur du marché, le gouvernement chinois a déclaré que l’économie ne devrait pas perdre son orientation socialiste. La privatisation des biens est jugée comme une chose négative.

Nous sommes guidés par les principes de la primauté du droit, a-t-il été déclaré lors du séminaire, nous attachons une grande importance au développement de la démocratie, au respect du rôle dirigeant du PCC dans le développement du pays.

D’après les discours des camarades chinois, on peut observer qu’au sein du PCC se mène une discussion sur la compréhension de l’expérience du développement du socialisme dans le monde et les voies de développement du pays. Les camarades plus âgés insistent sur l’importance de l’approche de classe dans l’évaluation des processus dans le passé et le présent. Tous les discours sur le socialisme et le marxisme sans approche de classe sont inconsistants, a-t-on déclaré lors du séminaire.


Cependant, tous les participants, y compris parmi les collègues russes, n’avaient pas une opinion unanime sur la question. En particulier, tous ne voient pas clairement que les caractéristiques fondamentales du prolétariat en tant que classe sont la position du travailleur par rapport aux moyens de production et surtout – la conscience prolétarienne. Et donc, comme l’a correctement souligné M. Kostrikov, le prolétaire peut être non seulement une personne travaillant à la machine, mais aussi devant un ordinateur portable.

Le Secrétaire du Comité central du Parti communiste M. Kostrikov a présenté son rapport : « l’impérialisme n’a pas changé de nature ». La principale question soulevée dans le rapport est : Y a-t-il des raisons de croire que le capitalisme tôt ou tard surmontera toute crise, le capitalisme a-t-il réussi à trouver des sources de croissance en lui-même ?

La principale source de la prospérité capitaliste continue d’être le pillage, indique le rapport :

« Chaque saut qualitatif du capitalisme a été obtenu d’une manière ou d’une autre par le pillage. Le pillage a toujours été à la base de la croissance. La défaite du bloc soviétique a été marquée également par le pillage sans précédent de près d’un tiers du globe, constitué par l’Union soviétique, ses alliés et sa sphère d’influence. Qu’est-il advenu du grand héritage que le capitalisme a reçu à sa disposition pour rien ? Il a en fait été englouti en quelques deux misérables décennies. Dès 2007-2008 le capitalisme est à nouveau entré dans une période de crise grave dont il n’arrive toujours pas à se sortir.
Le capitalisme aujourd’hui inhibe clairement le développement des forces productives. Nous le ressentons à partir de l’exemple de notre propre pays …
 ».

Mais cet exemple n’est pas le seul et n’est même pas le plus flagrant, dit M. Kostrikov. Par exemple, en Occident,

« La société « Apple » depuis de nombreuses années mène la guerre des brevets. La société achète beaucoup d’innovations dans le monde, mais elle n’est pas pressée de les mettre en route. Au contraire, ces acquisitions sont destinées à la préservation de la position dominante actuelle de la société. D’une part, elle ne veut pas que le nouveau développement tombe entre les mains de ses concurrents, de l’autre elle ne veut pas investir dans leur développement, afin de ne pas réduire le taux de profit. Le droit d’auteur et le droit des brevets sont devenus un outil polyvalent pour la préservation du monopole. Les corporations, occupant une position dominante, entravent le développement des forces productives à l’échelle mondiale. »

Il y a une réduction des garanties sociales. Au cours des dernières années, la Russie a presque complètement éliminé les systèmes de soins de santé et d’éducation gratuits reçus en héritage de l’Union soviétique. Ces services sont payants. Le cas de la Russie n’est pas une exception. En France, en Allemagne et au Royaume-Uni se déroulent des processus similaires.

Cela est rendu possible parce que « aujourd’hui, il n’y a plus cette concurrence féroce entre le capitalisme occidental et le socialisme soviétique. C’est pourquoi le capital n’a aucune raison de supporter les coûts supplémentaires de la sécurité sociale. On voit encore une fois confirmé : l’essence du capitalisme n’a pas changé, il reste le même. Le capital est resté le principal "bandit" dans le monde » , – a conclu M. Kostrikov.

Se référant aux perspectives possibles de développement du socialisme à l’échelle mondiale, M. Kostrikov a déclaré : « Au sein de la société capitaliste contemporaine se manifestent clairement les tendances d’une nouvelle société. Les technologies de gestion de l’automatisation modernes offrent ce qui manquait : l’efficacité, la flexibilité dans la prise de décision. En fait, elles « s’ajustent » parfaitement pour l’économie planifiée de l’avenir ». Cependant, le nouveau système ne se met pas en place par lui-même, il doit être mis en place par certaines forces politiques.

En Russie, cette force est le Parti communiste, dont le programme anti-crise dit tout ce que nous voyons aujourd’hui dans la pratique, a résumé M. Kostrikov.

S.Rakitine a fait un rapport sur « L’impérialisme russe péri-étatique ou de répartition budgétaire ».

En Russie, la « petite et moyenne production, précédemment disparates et en concurrence les unes avec les autres, deviennent des monopoles sous le contrôle des fonctionnaires, – a noté le rapport. – Et ce processus en Russie a déjà franchi l’équateur, et est en voie d’achèvement ».

« Les citoyens russes pour la plupart ne réalisent pas que le terme "Etat" sous le capitalisme et le socialisme ont un contenu différent. Par conséquent, les processus de monopolisation et étatisation sont bien acceptés par la population. Ceci étant, une propagande bien menée conduit au fait que le prolétariat, qui est maintenant sérieusement divisé, continue de soutenir le pouvoir d’Etat au service des intérêts des monopoles. « L’idéologie impérialiste pénètre aussi la classe ouvrière », remarquait à juste titre Lénine. »

Cependant, S. Rakitine pense qu’il y a dans tout cela un côté positif : « La concentration des monopoles dans la gestion péri-étatique et la participation de l’Etat dans les structures monopolistiques permettra dans le cas d’arrivée au pouvoir du Parti communiste de remettre le plus tôt possible la machine d’état sur la voie socialiste. La Russie est maintenant à un stade de développement qui peut entraîner son absorption dans l’impérialisme mondial, sa transformation en un appendice fournisseur de matières premières.

Seule la venue au pouvoir du Parti communiste, armé de la théorie marxiste-léniniste, riche de l’expérience historique du développement et de la construction du socialisme, fera de la Russie un pays socialiste vraiment puissant, qui, en alliance avec les pays socialistes existants seront en mesure de remporter la victoire sur l’impérialisme mondial »

– conclut C. Rakitine.

Le rapport « Une alternative populaire au capitalisme » a été présenté par A. Tokarev. Il y a cent ans, Lénine dans son ouvrage « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme », a fait valoir que le capitalisme a épuisé ses possibilités en tant que système économique. Et aujourd’hui, dans ce cadre capitaliste, la civilisation mondiale n’a pas de perspectives, indique le rapport.

C’est une voie fondamentalement différente du développement qu’ont choisi les autorités du Bélarus et de la Chine, l’amélioration du système socialiste, plutôt que sa destruction, comme cela a été fait en Russie. L’expérience en Biélorussie, pays régulièrement visité par des représentants du Parti communiste, est devenue un objet d’intérêt dans les régions russes. Elle est particulièrement pertinente là où ont été crées des entreprises populaires, qui pendant la crise se sont montrées le modèle le plus efficace de la production. L’expérience des entreprises populaires en Russie a été discutée au Plenum du Comité central du Parti communiste ce printemps.

Tokarev a donné quelques exemples d’entreprises populaires et expliqué leur différence qualitative avec les entreprises capitalistes.

Les entreprises populaires – Naberezhnye Chelny carton et papiers, l’exploitation agricole "Zvenigovsky" dans la République de Mari- El, la « ferme d’Etat Lénine » dans la banlieue de Moscou – sont différentes des autres en ce qu’elles n’appartiennent pas à des oligarques qui viennent ramasser les profits et sortir l’argent du pays. Le vrai maître ici est le collectif des travailleurs. C’est à lui que reviennent la gestion, la propriété et la disposition des biens. Le travailleur de l’entreprise est à la fois un fabricant et un actionnaire. Il est copropriétaire de la production, plutôt que de la spéculation. En participant à la gestion et la prise de décision, il porte la responsabilité conjointe des résultats d’exploitation. Un tel équilibre des droits et des responsabilités est l’un des avantages concurrentiels principaux.

A la tête de ces entreprises sont des communistes ou des sympathisants de notre parti.

En ce qui concerne le socialisme, selon les communistes russes, il ne peut venir par des réformes d’en haut, auxquelles les autorités ne sont pas intéressés. Il n’est possible que par en bas. Dans la Russie bourgeoise-oligarchique actuelle, les entreprises populaires russes sont des îlots de socialisme, elles sont le germe de son avènement– telle est la conclusion faite dans le rapport de Tokarev.


Toutes les présentations faites lors du séminaire ont été incluses dans un recueil édité à part.

Le séminaire scientifique tenu à Pékin est un jalon important au niveau international dans la préparation du 100e anniversaire de la Grande Révolution d’Octobre. Au vu du bilan des interventions, et par le fait même de tenir un tel événement à un tel niveau, nous pouvons dire que la Chine étudie sérieusement l’héritage théorique de Lénine et met la théorie en pratique. Et la Chine elle-même donne un signal concernant le fait que, dans l’avenir, elle pourra devenir le centre du monde socialiste, ce qu’était autrefois l’Union soviétique.

Voir en ligne : traduction du russe par marianne pour histoire et société

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