A bas la Junte US / CIA de Kiev, écrasons les fascistes, les troupes de choc de l’impérialisme !

, par  Xuan

Le 9 juillet 2014 à 23:28, par Xuan En réponse à : A bas la Junte US / CIA de Kiev, écrasons les fascistes, les troupes de choc de l’impérialisme !

L’article ’une guerre mondiale entre classes et non entre pays’ d’Ismael HOSSEIN-ZADEH, développe cette thèse selon laquelle il n’y aurait pas de véritable différence de nature entre les pays impérialistes et ceux qui s’y opposent, qui seraient eux mêmes candidats à l’impérialisme

« Qu’ils élisent domicile à New York ou Hong Kong, Moscou ou Bombay, les super-riches aujourd’hui constituent de plus en plus une nation à part entière »

.
Permettez-moi par la critique de cet article de contribuer sur le fond à l’article de Pedro.

Le débat porte apparemment sur le fait que dans la plupart des pays du Tiers Monde ou des BRICS, c’est la bourgeoisie qui dirige et non la classe ouvrière, et que le développement de ces pays aboutit "naturellement" à l’impérialisme.
Cependant, que les pays du tiers monde ou émergents soient dirigés par des oligarques ou non ne change strictement rien à la contradiction entre impérialisme et anti impérialisme.

Lénine, Staline et Mao Tsé-toung avaient d’ailleurs déjà signalé que les bourgeoisies nationales peuvent très bien soutenir aussi des religions et des mœurs rétrogrades, opprimer les ouvriers et les paysans, cela ne change rien à leur participation de fait à la révolution prolétarienne mondiale parce qu’elles affaiblissent les puissances impérialistes. Dans ce sens il s’agit d’une forme particulière de la lutte des classes.

De même on sait aussi depuis la mise au point par Mao Tsé-toung de la tactique de Front Uni anti impérialiste que la bourgeoisie nationale est sujette aux hésitations, aux compromis et aux arrangement avec l’impérialisme, ceci ne date pas de Khadafi et de son « ami Sarkozy ».
Ce qui a changé depuis Lénine c’est que les anciennes colonies ont arraché leur indépendance et que leur combat contre l’impérialisme ne se joue plus sur ce terrain-là, à l’exception des interventions françaises en Afrique par exemple.
Par contre la lutte économique, financière et juridique (au sens commercial) l’emporte sur la lutte armée. Mais il s’agit toujours du même combat contre l’impérialisme, sous une forme différente, actuelle.

Par exemple on s’étonne que la Chine exporte des capitaux et on dit que c’est la preuve que la Chine est impérialiste…mais tous les pays émergents et pas mal de pays du Tiers Monde importent et exportent des capitaux, ils ne sont pas impérialistes pour autant. Cela provient simplement de leur participation aux flux commerciaux et financiers. Le volume commercial de l’import-export chinois coïncide avec sa capacité de production et les flux financiers sont naturellement à l’échelle.
Ou bien devraient-ils vivre en autarcie pour qu’on les considère comme de vrais pays anti impérialistes ou socialistes ? C’est une vue irréaliste, y compris les pays socialistes peuvent et doivent établir des liens commerciaux, à moins d’être soumis à un blocus.
Et on constate que ce sont les USA et les pays européens à leur botte qui pratiquent ce genre de contrainte économique. Ce sont eux les pays impérialistes qui se permettent ce type d’oppression.
Sans entrer dans le détail des situations spécifiques à chacun des pays opprimés, même la Chine et la Russie sont en permanence en butte aux tentatives de subversion US, aux attaques financières et commerciales. Les USA et leurs allés mènent cette guerre sans répit parce que leur avenir de puissance impérialiste est en jeu.
Lorsque Lénine caractérisait les pays impérialistes par l’exportation des capitaux (pas uniquement par cela d’ailleurs) c’était valable pour une époque où seules les puissances coloniales en avaient la capacité. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
C’est cela qu’il faut reconsidérer dans son analyse de l’impérialisme, et non la nature des pays opprimés et des pays oppresseurs qui n’a pas encore changé.

Seulement la situation se transforme sous nos yeux. En 2011 les puissances occidentales ont mené une guerre aérienne contre la Libye. En Syrie elles ont dû intervenir par la Turquie et le Qatar interposés. Entre-temps la Chine et la Russie (ainsi que l’ensemble des BRICS s’étaient opposés à leur intervention militaire et les navires français et US ont dû rebrousser chemin.
Et ce sont des échecs successifs.
En Ukraine elles n’ont pas pu intervenir du tout et l’Ukraine reste liée à la Russie par le commerce du gaz, quel que soit l’oligarque au pouvoir. C’est encore un échec.

On s’aperçoit également que le camp des pays opposés à la domination du dollar s’élargit de plus en plus parce que les USA exportent leur dette et font courir de graves dangers à l’économie mondiale. Des accords commerciaux régionaux s’établissent en monnaie locale et non plus en dollar. Pourquoi ? Parce que l’argent n’est qu’un reflet de la production, c’est du travail productif cristallisé. En conséquence la monnaie mondiale reflète les forces productives à l’échelle mondiale, et ceci est indépendant de la volonté des USA.
Cette situation est transitoire et précède la chute du dollar en tant que monnaie hégémonique. Inévitablement le dollar devra céder sa place de monnaie d’échange universelle à un ensemble de monnaies, dont il fera partie mais sans rôle prépondérant, et l’hégémonie américaine disparaîtra dans la foulée. Est-ce que ce n’est pas encourageant pour la révolution mondiale ?

Si on veut conserver l’esprit et non la lettre léniniste, il faut observer les contradictions dans leurs transformations et non citer dix exemple sans en saisir le fil conducteur, pour conclure d’une magistrale lapalissade :

« les puissants bénéficiaires des guerres et dépenses militaires - les grandes banques (comme principaux bailleurs de fonds des gouvernements) et le complexe militaro-industriel sécuritaire - se développent sur les guerres et les tensions internationales, ils ont néanmoins tendance à préférer les guerres locales, nationales, limitées, ou « gérables » aux grandes guerres régionales ou mondiales qui, dans un mode cataclysmique, pourraient totalement paralyser les marchés mondiaux. »

Mais par un tour de passe-passe plutôt grossier l’auteur aura englobé tous les Etats alors que

les guerres locales, nationales, limitées, ou « gérables »

, etc. sont le fait des puissances impérialistes occidentales et d’elles seules !

L’Europe est prise dans cette contradiction et commence à se diviser sur la conduite à tenir. Par exemple l’Allemagne est liée à la Russie par des accords économiques énergétiques, et à la Chine par la route de la soie, tandis que la France reste collée aux basques des USA, on l’a encore vu avec le dépeçage d’Alstom.
Ceci nous intéresse car il faut savoir si nous devons combattre l’hégémonisme US, le traité transatlantique, la participation de la France à l’OTAN… ou bien laisser tomber tout cela au prétexte qu’il ne s’agit que d’une lutte de chiffonniers ou d’oligarques, qui ne concerne pas la classe ouvrière.

Sous le prétexte gauchiste de s’opposer à toutes les bourgeoisies et de décréter une lutte de classe mondiale (qui ne repose sur rien puisque les classes ouvrières ne sont pas du tout dans les mêmes situations sur le plan économique, politique et organisationnel), les défenseurs de ces théories rayent de la carte la lutte anti impérialiste et son opposé, l’impérialisme lui-même, puisqu’il n’aurait plus de nation à opprimer…
Ça n’a rien à voir avec l’actualisation du léninisme, c’est la révision du léninisme.

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