Une autre façon de poser les questions du rassemblement anti capitaliste en Europe...
Initiative contre le traité Merkel-Sarkozy Rassemblement à l’appel de communistes

, par  lepcf.fr , popularité : 1%

Vous trouverez ci-dessous le discours prononcé par un de nos camarades, par ailleurs secrétaire de section du PCF ne se reconnaissant pas dans la candidature Mélenchon aux présidentielles. Avec les camarades de sa localité (Montady, dans la grande banlieue de Béziers), ils font vivre un "Comité riposte" visant à rassembler les exploités. Pour prépare le 29, trois autres camarades ont pris la parole, l’un sur les questions de la paix et du désarmement, deux autres sur la défense du service public de La Poste (sur la base d’actions déterminées dans le secteur) et sur la situation générale. Une soixantaine de personnes ont participé. A verser aux débats sur les conditions et les modalités d’actions du rassemblement anticapitaliste.

Paul Barbazange, Béziers


Chers amis, chers camarades,

Nous sommes ici à l’appel de la confédération européenne des syndicats, relayé par le comité riposte de Montady pour dire NON au traité Merkel-Sarkozy, NON à l’austérité, NON à la régression sociale en France et en Europe.

Le 1er mars les dirigeants européens vont se réunir une fois de plus, sous l’impulsion du duo Merkel-Sarkozy, pour un sommet consacré à un nouveau traité. Il complètera le Mécanisme Européen de Stabilité (sorte de FMI européen) voté le 21 février par les parlementaires français de droite et l’abstention de la majorité des députés socialistes…

Ce traité n’est pas, comme on nous le présente, l’adhésion à un code de bonne conduite budgétaire. Leur bonne gestion libérale, on sait ce que c’est : on en a gouté pendant trente ans et à toutes les sauces… On n’en veut plus...

Le traité Merkel-Sarkozy est un coup d’Etat contre la démocratie, un cran de plus dans l’intégration à l’Europe capitaliste, un cran de plus dans la soumission des peuples aux intérêts des puissances d’argent.

Ce traité vise en fait à placer les gouvernements européens sous la tutelle des institutions européennes pour imposer aux peuples toujours plus d’austérité et toujours plus de régressions sociales.

On le sait, ce sont les dirigeants des multinationales et des grandes banques qui tirent les ficelles de ces institutions. On y trouve les partisans les plus zélés des politiques libérales menées ces trente dernières années, qui ont certes permis aux multinationales d’engranger des profits faramineux, aux banques de s’en mettre plein les coffres mais qui ont fait de l’Europe un véritable champ de ruines.

Ici, nous connaissons les conséquences de ces politiques. Ce sont celles qui arrachent les vignes, poussent les viticulteurs à la faillite et les coopératives à la ruine. Ce sont celles qui ferment nos classes comme cette année encore à Montady, qui privatisent les services publics comme La Poste. Ce sont celles qui délocalisent nos entreprises, qui veulent supprimer les communes et les départements et mettre les collectivités territoriales au service de l’accumulation capitaliste.

C’est pourquoi nous avions massivement voté NON au référendum de 2005, NON à la concurrence libre et non faussée, NON à la libre circulation des capitaux, NON à l’indépendance de la BCE, NON aux privatisations et nous avions bien raison. Mais les dirigeants européens et français n’en ont tenu aucun compte. Bien au contraire, ils ont donné tous les pouvoirs aux banques et aux marchés financiers en faisant voter le Traité de Lisbonne, contre la volonté du peuple français.

Aujourd’hui cela ne leur suffit plus, ils veulent aller encore plus loin dans les sacrifices imposés aux populations et pour cela il faut mettre les peuples sous tutelle. Et pour quels résultats ?

Regardez ce que devient la Grèce. Écoutez ce que les Grecs disent de leur pays : « Tout s’écroule. Nous vivons sous une dictature économique. La Grèce est le laboratoire où l’on teste la résistance des peuples. Après nous, ce sera le tour des autres pays d’Europe ». Alors le prochain c’est lequel ? l’Espagne ? dont l’économie a été totalement laminée, le Portugal, l’Irlande, l’Italie et bientôt la France si nous les laissons faire.

Heureusement il y a l’Allemagne, le modèle de notre président. Un pays merveilleux l’Allemagne… encore plus endetté que la France. Rien qu’entre 2005 et 2010, le taux de pauvreté y est passé de 12,2 % à 15,6 %, soit la plus forte augmentation en Europe. Au total, 2,5 millions de salariés travaillent pour moins de 5 € de l’heure dans un pays où le salaire minimum n’existe pas. Un emploi sur dix est un mini-job de moins de 400 €, qui n’ouvre pas droit aux cotisations sociales.

Le modèle allemand, c’est celui de la précarité et de la pauvreté des salariés et des chômeurs. Et c’est celui que veulent aujourd’hui nous imposer les classes dirigeantes. Si on les laisse faire, elles nous ramèneront au XIX siècle ! Avec ce traité nous sommes bien dans la situation d’un affrontement entre les peuples d’Europe et l’Europe du capital.

Les dirigeants capitalistes veulent faire payer aux peuples le prix des dysfonctionnements à répétition d’un système en bout de course. Regardez par quel tour de passe-passe ils ont réussi à transformer une crise dont les banques et les marchés financiers portent l’entière responsabilité en une crise des dettes publiques puis des dépenses publiques. Autrement dit ce ne seraient pas les multinationales et les banques les responsables de la crise, elles qui s’en sont mis plein les poches pendant trente ans et qui ont spéculé honteusement avec notre argent jusqu’à ce que, ça leur pète à la figure…

Eh non la crise c’est la dette publique… 1600 milliards d’euros de dette publique en France, vous vous imaginez ? … Et bien c’est de l’arnaque ! Vous, vous pensiez peut-être que Messieurs Sarkozy et Fillon étaient là pour réduire la dette ? Pas du tout… ils sont là pour la faire prospérer. Sous le quinquennat de M. Sarkozy la dette publique a augmenté de 600 milliards d’euros. 600 milliards d’euros c’est 20 milliards d’euros d’intérêts supplémentaires, chaque année, pris dans notre poche pour les donner aux banques dont les actionnaires sont les amis de Messieurs Fillon et Sarkozy. Ça s’appelle du racket.

Sachez qu’entre 1980 et 2010 la France a indûment payé 1400 milliards d’euros d’intérêts aux financiers privés. Indûment oui, car nous aurions pu emprunter à taux nuls auprès des banques centrales comme cela se faisait avant 1973 pour rembourser une dette qui aurait pu être réduite d’autant si les gouvernements n’avaient pas multiplié les cadeaux fiscaux aux plus riches et au patronat (170 milliards d’euros/an).

Mais l’avantage de la dette c’est qu’elle rapporte des intérêts aux actionnaires et qu’elle permet de justifier des tours de vis supplémentaires pour les populations. Tout bénef comme on dit pour les capitalistes.

La crise ce serait aussi la crise des dépenses publiques. Nous aurions trop dépensé pour nous soigner, pour éduquer nos enfants, pour payer nos retraites ou pour nos services publics.
- alors que faute de moyen, près d’un Français sur trois renonce aux soins médicaux, parce qu’ils sont trop coûteux.
- alors qu’on entasse des enfants à plus de trente par classe dans les écoles où le gouvernement supprime des postes par dizaines de milliers chaque année depuis cinq ans, comme à Montady par exemple où on en est déjà à trois fermetures de poste.
- alors qu’un million de retraités vivent en France sous le seuil de pauvreté, et que des services publics comme La Poste ne cessent de se dégrader. Jean Claude Llinares nous en dira un mot tout à l’heure.

Pour tout cela il n’y aurait pas d’argent et pourtant ces mêmes gouvernements ont débloqué des centaines de milliards d’Euros pour renflouer les banques ou pour les aventures guerrières en Afghanistan, en Libye ou en Côte d’Ivoire.

Sachez encore que si l’on enlevait au budget de l’Etat le service illégitime de la dette : 50 milliards, que l’on réduisait le budget militaire de la France qui est, en 2010, au troisième rang mondial des dépenses militaires avec 47 milliards, Jacques Cros vous en parlera tout à l’heure, et que l’on ajoute en recette les 60 milliards annuels de cadeaux fiscaux supplémentaires accordés au patronat et au plus riches, il n’y aurait non seulement plus aucun problème de déficit en France mais on pourrait dégager des crédits pour répondre aux besoins les plus pressants de la population.

Il y a donc moyen de faire autrement si l’on a le courage politique d’affronter le mur de l’argent. Notre présence ici devant la mairie est donc tout à fait légitime. Nous y portons les intérêts de la population contre les prédateurs de la finance internationale.

Mais c’est aussi un acte citoyen face au coup fatal que porte le Traité Merkel-Sarkozy à notre souveraineté nationale et à la démocratie. Notre pays a déjà perdu la maitrise de sa monnaie et du crédit au profit des banques privés. Le pouvoir économique ne nous appartient plus, ce sont les multinationales qui décident.

Nous avons perdu notre indépendance militaire en adhérant à l’Otan. Et maintenant c’est la commission européenne qui va faire le budget de l’Etat à la place du gouvernement. Alors… il nous restera quand même la possibilité de décider dans notre commune ?

Pas du tout. On a décidé à Bruxelles et à Paris qu’il y en avait beaucoup trop en France et qu’il fallait en supprimer les trois quarts. Ça coûte trop cher ! Et tout cela pour quoi ? Pour permettre à une minorité de s’enrichir toujours davantage. Ne croyez-vous pas que tout cela, ça commence à faire un peu trop et qu’il est temps que nous réagissions ?

Partout en Europe les peuples se mettent en mouvement. Les grèves générales se multiplient : en Grèce, en Belgique, au Portugal, en Italie, en Espagne et même en Angleterre.

Ne laissons pas les dirigeants capitalistes décider de notre sort. On sait ce qu’ils en font. Il faut qu’ils sachent qu’en France aussi, même dans les villages, leur politique provoque la colère et que les gens se mobilisent.

Sachez que le mercredi 29 février, l’intersyndicale départementale organise une manifestation à Montpellier, que des fédérations de la CGT appellent à la grève, ce jour et que des rassemblements auront lieu partout en France et en Europe.
Je vous invite évidemment à y participer.

Christian Harquel

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