Samedi 30 novembre à 15h30, maison des associations
« Un jour dans le monde » une machine de guerre contre la politique de Daladier. Aragon et le journal Ce Soir(1938/39) avec François Eychard

, par  Gilbert Remond , popularité : 26%

Je vous invite a venir participer a la rencontre qui traitera de l’expérience journalistique qu’a été celle de ce soir, un journal de gauche d’inspiration communiste destiné a la France des classes populaires pour faire contrefeux aux moyens immenses que possédait la bourgeoisie des deux cents familles contre l’expérience du front populaire et sa politique. Il s’agissait en particulier de faire contre poids a France soir. L’originalité de cette aventure fût qu’elle a été confiée a un écrivain Louis Aragon tout juste primé du Goncourt . Il s’entourera d’ailleurs de nombreux confrères en écriture et de personnalités intellectuelles connues pour leur attachement aux principes républicains, engagés dans la lutte anti fasciste. Les chroniques d’Aragon publiées dans les deux volumes que nous présentera François Eychart couvrent la période qui va des accorts de Munich à la signature du pacte de non agression germano-soviétique, qui entrainera la fin de l’existence du journal pour cause d’ interdiction par les autorités. Nous apprendrons bien des choses avec ces chroniques, que l’idéologie dominante cherche a faire disparaitre de la conscience collective, par exemple que la France elle même cherchait a signer un tel accord de non agression avec l’Allemagne nazie , sa lâcheté devant les exigences sans cesses augmentées de la diplomatie allemande mais aussi de l’italienne alors que la puissance militaire des forces de l’axe ne leur permettait pas d’imposer ces dernières. Une seule préoccupation caractérisait la politique des démocraties européennes" , tout faire pour empêcher le développement des mouvements revendicatifs sous la poussée des forces populaires et bloquer Staline, détruire le régime soviétique qui leur servait de point d ’appuie. En espérant vous voir nombreux

amicalement

Gilbert Rémond

Samedi 30 novembre à 15h 30
Maison des Associations Place Saint Jean 69005 Lyon
carte blanche à François Eychard

pour nous parler des textes d’un jour du monde, de l’aventure journalistique d’Aragon, et de son influence sur son œuvre romanesque et sa formation politique.

Pierre Juquin que nous avions reçu il y a quelques années écrivait dans « Un destin français » : « Cette chose demeure : on ne pourra pas parler d’œuvre complète d’Aragon et on donnera de lui une idée fausse, même sur le plan littéraire, tant qu’on n’aura pas republié intégralement ses articles politiques ». François Eychard permet de combler en partie cette lacune avec les numéros 19 et 20 des annales des amis d’Aragon et d’Elsa Triolet, publiés par les éditions Delga sous le titre « Un jour du monde chronique de Ce soir ».

Ces deux volumes reprennent les articles d’Aragon publiés de 1938 à 1939 dans le journal d’inspiration communiste « Ce Soir » sous la rubrique « un jour du monde » qu’ Aragon avait eu idée de lancer après que Maxime Gorki eut demandé quelques années plus tôt « aux écrivains de tous les pays du monde de collaborer à un tableau d’une journée du monde » Il expliquait les raisons de cette initiative par ces mots : « j’entreprends pour les lecteurs de « Ce Soir » un peu le même travail …. il s’agit de leur donner d’un jour à l’autre, du journal d’hier au journal d’aujourd’hui… une sorte de résumé de ce qu’il faut savoir pour comprendre le journal d’aujourd’hui »

Le retour de ces chroniques dans l’espace public revêt une importance particulière dans la période actuelle caractérisée par le glissement, jour après jour, de l’Europe dans les mains de l’extrême droite. Il est aussi capital de pouvoir les lire quand le parlement européen vient d’adopter une résolution qui amalgame nazisme et communisme, dans un texte qui constitue une véritable insulte à la mémoire des victimes de la barbarie nazie ainsi qu’à celle de ceux qui l’ont combattue.

Ces articles montrent comment, au contraire, Messieurs Daladier, Bonnet, Flandin et leur semblables ont mené le pays au désastre par des mensonges et des calculs inavoués, avant de passer le relais aux Pétain, Laval et autres collabos, comment tous ces hommes qui « portaient la France à la boutonnière parlaient le langage d’Hitler » s’étalant « à tout bout de champ avec grossièreté et violence » dans l’espace public pour finalement signer à plat ventre les accords de Munich. Une paix qui n’était que mensonges et dérision, conduira en 38 à l’occupation des Sudètes puis en 39 à l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes allemandes et finalement, à celle du reste de l’Europe dans une guerre totale et généralisée.

Dans ce contexte et au lendemain du front populaire, « Ce soir » devait être une pièce importante du dispositif stratégique du parti communiste français et de l’Internationale face au fascisme. Puisque les capitalistes arrivaient à faire des journaux de droite avec des professionnels se disant de gauche l’idée des communistes était de faire un grand journal populaire à partir de la même technique, un journal visant à toucher les larges fractions de la petite bourgeoisie ballottée par les événements, à la rassurer quand la presse de droite l’affolait, à la faire réfléchir, à gagner sa confiance. « Ce soir » accordera dans cette optique une grande place à la vie parisienne donnant dans une rubrique « ce soir si vous sortez » les programmes des théâtres, des concerts, des cinémas, des music-halls, etc.

Aragon, auréolé du prix Renaudot, pour son roman « Les beaux quartiers » avait été choisi par Maurice Thorez pour assurer la direction du journal, direction qu’il partagera avec Jean Richard Bloch un compagnon de route. Il sera supervisé par Fried l’homme de l’Internationale, ce dernier jouant un rôle considérable dans l’orientation du journal qu’il protégera contre ses ennemis dans le parti.

Les textes de « Un jour du monde » illustrent le combat d’Aragon pour donner sens à l’actualité. Ils nous montrent un combat qui par sa verve et son sens du détail se rapproche des choses vues de Victor Hugo. Aragon y tourne et retourne les éléments d’information pour leur faire dire ce qu’ils cachent, déconstruit les spéculations hâtives, met en évidence le réel tout en voyant immédiatement l’exploitation politique qui en sera faite dans la presse. Il devient un commentateur qui se propose de révéler semaine après semaine les informations qui contribueront à ouvrir les yeux des Français sur les orientations néfastes qui conduisent à bas le pays pendant que, dans le même temps, il rédigeait les poèmes du « Crève-cœur » et son roman « Les passagers de l’impériale ».

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