Sortir de l’Euro, oui, pour sortir du capitalisme

, par  Maurice Decaillot , popularité : 5%

La zone où l’euro a été imposé comme monnaie unique est aujourd’hui clairement en difficulté profonde, menaçante, suscitant parmi les populations des inquiétudes accrues. L’exigence se répand de se débarrasser du poids des pressions qui lui sont associées.

Le temps est venu de regarder en face les causes de cette situation. Celles-ci dépassent largement les origines souvent généralement admises, telles que la domination des marchés financiers et leurs crises, l’ambition allemande de domination européenne, auxquels s’ajoutent les reproches, souvent adressés aux euro-sceptiques, de repli égoïste ou d’utopisme.

Les causes de cette situation

Une première cause, fondamentale, trop souvent masquée, est à chercher dans la pratique généralisée de l’échange marchand, dont les déséquilibres séculaires provoquent aujourd’hui les diverses distorsions économiques, sociales, politiques observées. Cet échange marchand a fait l’objet de consécrations institutionnelles sans précédent au cours des dernières décennies, particulièrement à partir du traité de Rome signé par les promoteurs de l’Europe marchande en 1957. Il a légitimé dans toute l’activité sociale la concurrence libre et non faussée, reprise et accentuée, depuis, par les autres traités européens, décrivant comme bénéfique la pression à la baisse des prix qui en résulte, au mépris de la reconnaissance sociale, humainement fondamentale, du travail des personnes actives, et réduisant la transaction d’échange à un rapport entre le puissant décideur et le démuni subordonné contraint à l’acceptation du déséquilibre.

Ce déséquilibre a abouti, au fil des années, dans chaque pays, à l’accentuation des distorsions sociales. Le même déséquilibre a abouti, dans les rapports entre pays aux caractéristiques économiques et sociales différentes, à l’approfondissement des distorsions économiques, plongeant les pays défavorisés dans la dépendance, à l’avantage d’oligarchies mondiales renforcées.

Dans la même logique, une cause supplémentaire a aggravé la situation. En Europe, après des décennies de renforcement de ces tendances, l’abandon des monnaies nationales et le passage a l’euro a mis en concurrence directe, brutale, les personnes de pays aux niveaux d’activité déjà visiblement différents, la concurrence accentuée conduisant les plus faibles, notamment dans le sud de l’Europe, à une détérioration aggravée de leur situation.

La concurrence marchande ne limite pas ses effets à accentuer les distorsions entre acteurs sociaux. Elle a aussi pour effet, en dévalorisant largement les productions dites compétitives, poussées à la guerre de tous contre tous, de réduire les revenus d’activités, d’étouffer des productions, de conduire aux réductions de salaires, aux suppressions d’activités et d’emplois, à l’affaiblissement des rémunérations, et par là à la déficience des marchés solvables et à sa propre aggravation, à l’écrasement des ressources nécessaires aux indispensables services publics, ensuite au recours palliatif aux financements spéculatifs prétendus risqués, aux accaparements oligarchiques de marchés et de positions dominantes par les groupes puissants. Rappelons-le dès maintenant : loin de l’idée parfois soutenue d’une « destruction créatrice », le léger avantage momentané d’une baisse de prix se paie des lourds dommages des pertes de salaire, d’emploi, de revenu, de solvabilité ; chaque gagnant en parts de marché, puis en tarifs de position dominante, a pour très lourde contrepartie les nombreux perdants de la compétition marchande capitaliste.

L’accentuation brutale par l’euro de la concurrence dans l’Europe marchande a, dans chaque pays, accru ainsi fortement les déséquilibres sociaux. Elle a aussi, de façon de plus en visible, creusé les fossés entre pays différents.

Encore dans la même logique, une cause supplémentaire a été ajoutée aux précédentes. L’unification de la monnaie s’est accompagnée d’un accaparement du contrôle de la stratégie monétaire par la seule Banque Centrale Européenne, qui, selon un principe défendu depuis des siècles par les milieux marchands, échappe à tout contrôle politique, et conforme son action aux seules attentes du monde commercial et financier. Du fait de cette acceptation, par les institutions européennes, de cette soustraction de la monnaie à la volonté démocratique, les peuples sont ainsi privés d’un outil essentiel, qui devrait être l’adaptation de l’émission de monnaie aux évolutions de l’activité réelle permettant aux peuples de vivre. Ainsi a été institué l’absolutisme marchand, imposant automatiquement aux États de conformer leur action aux exigences du marché affairiste.

De ces mêmes causes résultent les pressions qui, en comprimant les salaires et les dépenses publiques, poussent à l’intensification de l’exploitation des travailleurs, à leur dépossession et à leur dépendance, et par là l’accentuation en boucle de la concurrence elle-même, y compris entre travailleurs, à l’échelle nationale et mondiale. On voit déjà, avec la fréquence et l’ampleur accrues des protestations en divers pays, que cette évolution ne peut conduire, sous des formes diverses, qu’à des mouvements sociaux importants, tout en obscurcissant dommageablement leurs perspectives.

Dans la même lignée, une quatrième cause s’est ajoutée aux précédentes. Délaissant largement le terrain européen miné par leur domination, les capitaux européens se sont largement investis à l’extérieur, à la fois vers les pays devenus « émergents », et, pour certains, excédentaires, par la force, provisoire, des bas prix et bas salaires, et vers l’économie américaine entretenue par une bulle financière en dollars nourrie d’excédents chinois de même provenance. Cette exportation de capitaux européens a ainsi multiplié la concurrence mondiale, et ainsi l’étouffement, entre autres, de l’économie européenne elle-même.

C’est pourquoi la sortie de l’euro devrait viser, non l’attraction de capitaux venus d’ici et d’ailleurs à la recherche d’opportunités d’extorsion, mais la mobilisation des travailleurs de tous domaines, avec la perspective de les doter des moyens requis pour réaliser l’essor nécessaire des activités socialement utiles.

Il apparaît donc aujourd’hui nécessaire de prévoir une échappée aux déséquilibres, distorsions, dommages qui s’aggravent.

Comment s’y prendre ?

Nous allons montrer qu’il est nécessaire, comme le préconisent des acteurs de plus en plus nombreux, de sortir de l’Euro. Nous tenterons aussi de montrer que ceci serait loin d’être suffisant ; que les enjeux actuels sont plus importants, et doivent conduire à esquisser dès aujourd’hui les voies d’une sortie du capitalisme.

Le but d’une sortie de l’Euro devrait être de permettre aux peuples de retrouver ce qu’ils ont bâti dans leur longue histoire, et dont leur immersion dans la guerre économique mondiale les prive : leur capacité sociale à assurer durablement, solidairement, leur vie. Là serait la vraie condition pour un accès du monde aux coopérations nécessaires, bien plus que des « gouvernances » oligarchiques, à l’avenir de l’humanité et de la planète.

Il convient pour cela qu’apparaissent les pratiques assurant entre les peuples un équilibre économique cohérent, autrement dit, une équité entre peuples. Nous en évoquerons les exigences.

La sortie de l’Euro le permettrait-elle ?

Cette sortie, vers le Franc ou vers une nouvelle monnaie, accompagnée de leur dévaluation, parfois proposée, ne ferait que replacer le pays dans la concurrence mondiale, dans la position que connaissent des pays en « développement », comme la Chine et d’autres, où les dominants gagnent des marchés et font des profits en vendant sous monnaie faible, et donc à petit prix pour les acheteurs, les produits de salariés fortement sous-rémunérés, qui travaillent durement pour l’exportation dévaluée, au détriment des activités utiles aux concitoyens. Le coût accru des importations éviterait, il est vrai, des importations inutiles, injustement invasives, mais renchérirait aussi des importations utiles, et pousserait ainsi les entreprises capitalistes importatrices à rechercher des débouchés extérieurs avantageux, au prix d’une compression des salaires nationaux.

Les expériences passées montrent que, si les dévaluations compétitives ont pu, en des temps de concurrence encore limitée, permettre quelques périodes d’essor capitaliste à certains pays (États-Unis, Japon, Corée...), elles ont relancé la concurrence dans le champ national, avec pour conséquence des déséquilibres sociaux accrus. La stratégie d’une dévaluation compétitive dans le contexte actuel de concurrence mondiale intensifiée ne pourrait que conduire, sous des formes modifiées, aux mêmes dommages économiques et sociaux déjà subis.

Soulignons à ce propos que les exonérations d’impôts et de charges réclamées par le patronat, ne pouvant jamais se mesurer aux effets des gains de productivité et des abaissements de salaires, ne procurent que des avantages concurrentiels marginaux et momentanés, contribuant à accélérer la course guerrière à une compétitivité destructrice de revenus, au détriment des salariés et des populations, à qui le pouvoir en fait payer le poids.

La maîtrise de l’Euro par les autorités européennes actuelles sert de base aux stratégies européennes. On observe leurs contradictions internes profondes.

D’un côté, toutes les dispositions sont prises pour imposer de plus en plus fortement le dogme de la concurrence, comme l’illustre entre autres l’obligation faite au gouvernement français d’imposer à EDF, par une loi appliquée au 1er janvier 2011, de revendre à ses concurrents, prétendus défavorisés, une partie de sa production à des bas prix censés rétablir leur capacité concurrentielle. Les conséquences, brutalement destructives de revenus, d’emplois, de services publics, et par là de richesse sociale, de ces recommandations, conséquences souvent niées, sont pourtant à l’origine des dommages économiques et sociaux constatés. Dans le même temps, les autorités européennes, au nom d’un prétendu équilibre des budgets publics nationaux dont elles s’arrogent le contrôle, refusent les moyens de réparer les dégâts ainsi causés, notamment aux membres faibles.

L’autoritarisme européen, et l’euro qui en est un moyen essentiel, creusent le gouffre où s’enfonce l’Europe, en interdisant toute sortie de l’impasse, qu’un fédéralisme européen, accentuant l’autoritarisme oligarchique, ne pourrait que durcir.

Soulignons à ce propos que le remède parfois préconisé de l’alimentation par un budget fédéral, de grands travaux européens censés nourrir une croissance post-keynésienne, ne pourrait aboutir, dans l’environnement concurrentiel, qu’à un gaspillage pharaonique supplémentaire ne procurant, sous le prétexte de « désenclavement », que de nouveaux supports aux flux marchands dominants, bien loin des besoins sociaux.

La nécessité de sortir de l’euro est donc bien présente, pour les raisons qui suivent. On l’a dit : un effet de l’euro a été de mettre en concurrence directe et brutale les pays européens, dans un cadre faisant de cette état de choses une contrainte inconditionnelle pour les États participants. A ceci s’ajoutent les autres contraintes associées, liées aux traités et aux institutions de l’Europe marchande officielle. Une conclusion à tirer de tout ceci est qu’une évolution efficace vers l’équilibre viable entre peuples devrait viser la sortie des pratiques marchandes concurrentielles, pour mettre en place des modes de coopération internationale visant l’équité.

Quitter l’Euro, un repli national stérile ?

Quelle serait la situation d’un pays ayant quitté l’Euro pour équilibrer ses changes ? Que devrait-il faire pour y faire face ?

Personne ne peut aujourd’hui, alors que les grands flux internationaux de richesse sont contrôlés par les grands groupes capitalistes marchands mondiaux, espérer une évolution mondiale générale vers l’équité internationale dans un délai évaluable.

Un nouvel acteur s’orientant, par choix démocratique, vers l’équité, devrait donc, pour faire face aux problèmes actuels, avancer vers les actions suivantes :

- Accepter de regarder en face le fait que les partenaires éventuels des échanges internationaux peuvent relever de deux logiques fortement différentes. Certains partenaires, entièrement cantonnés dans la logique marchande concurrentielle et oligopolistique, refuseront tout partenariat s’en écartant, et seront prêts à appliquer à leurs adversaires des procédures hostiles : normes contraignantes lourdement déséquilibrantes, refus de partenariat... D’autres partenaires accepteront des accords fondés sur l’équilibre de tous, définis dans la réciprocité, proposant des modalités d’échange spécifiques.

- Prendre les dispositions nécessaires pour que les mesures hostiles, malfaisantes, fondées sur l’aggravation de l’affrontement concurrentiel et oligopolistique soient contrecarrées vis-à-vis de ces interlocuteurs. Ces dispositions pourraient consister notamment en droits de douane modulés, au besoin élevés, voir dissuasifs, en quotas par domaines, en contrôles stricts des flux financiers sortants et entrants avec le partenaire concerné.

- Nouer avec les partenaires favorables des relations de réciprocité, d’équité, ayant pour but explicite l’équilibre des échanges et la possibilité pour chaque partenaire de choisir librement, dans ce cadre, les échanges qui lui sont utiles. Une telle option pourrait comporter, par accord commun :
— Un accord monétaire établissant un taux de change entre partenaires, fondé sur le rapport entre productivités moyennes des ensembles concernés, assurant les conditions moyennes de l’équité entre partenaires.
— En cas de déficit avec le partenaire, des droits de douane adaptés à chaque produit tenant compte de l’importance et de l’utilité reconnue du produit dans les échanges, et du poids du déficit, incitant les acteurs à se rapprocher de la situation d’équilibre.
— Un contrôle des flux monétaires entre partenaires, émettant pour les acteurs, pour une période définie, des autorisations d’achat auprès du partenaire, tenant compte des ventes observées ou prévues.

Contrairement aux allégations trop souvent répétées, de tels dispositifs ne conduiraient pas à un « repli égoïste » de leurs promoteurs, mais faciliteraient, en même temps que le renouveau d’activités locales, notamment industrielles, mais aussi diverses, le rééquilibrage de tous les participants, au bénéfice de toutes les populations locales, pouvant être mieux rémunérées et bénéficier d’activités répondant à leurs besoins. Ainsi serait retrouvé le chemin réel vers ce qui construit les nations : non pas d’abord l’« identité » aujourd’hui rabâchée, mais d’abord la solidarité entre citoyens, dont les États nationaux se portent garants ; celle-ci devant être appuyée, on le voit, sur l’équité entre partenaires sociaux, autant qu’entre peuples. Ainsi pourraient être dissipés les aveuglements qui alimentent aujourd’hui les opinions d’extrême droite en Europe.

Mais cela serait-il suffisant ?

Une monnaie nationale permettrait de financer les capacités nationales aujourd’hui étouffées pour répondre équitablement aux besoins nationaux. Ce serait indispensable, mais largement insuffisant.

a) Les luttes nécessaires et les changements possibles

Il est manifeste que les groupes dominants marchands capitalistes n’accepteront jamais les régulations ici envisagées, et que, tant qu’ils maintiendront leur domination, ils maintiendront également les pressions idéologiques inculquant aux populations l’idée qu’il n’y a aucune alternative.

On évoque certains espoirs parfois exprimés, d’une maîtrise de la monnaie nationale qui, à elle seule, permettrait un développement des services publics, de ce fait, créerait des emplois, et ainsi ranimerait un secteur capitaliste devenant capable de relancer la croissance et l’emploi. Ceci néglige, comme c’est trop souvent le cas, la pression concurrentielle qu’alimentent les capitaux et ses effets commerciaux, sociaux, budgétaires, financiers dans l’économie capitaliste mondialisée actuelle.

Soulignons que, en écart avec certains points de vue, souvent inspirés de Keynes, une maîtrise souveraine de la monnaie est certes très nécessaire à l’accompagnement des activités, mais aussi largement insuffisante pour assurer l’équilibre des échanges, l’absence d’inflation ou de déflation. La monnaie, même nationale, rend les biens offerts apparemment comparables entre eux, mais n’assure pas par elle-même l’équité des transactions, et n’apporte donc pas de remède aux pratiques marchandes concurrentielles, sources réelles de la violence affairiste.

Formulons ici à ce propos quelques brèves précisions de fond. La vie humaine se perennise en permettant à chacun de vivre du travail des autres dans sa diversité. Ceci nécessite un équilibre des échanges sociaux, difficile à trouver et à bâtir, recherché au cours des millénaire et des siècles. La transaction marchande est l’un des outils apparus dans cette fonction. Elle est marquée par un lourd défaut, car elle dissocie le travail fait, de son évaluation, cantonnée dans l’estimation monétaire apparente, sous l’influence de la puissance des partenaires, désolidarisant ainsi les personnes et les sociétés. Malgré cela elle a pu, dans des sociétés anciennes vivant dans la proximité, contribuer à entretenir, souvent cahotiquement, des vies sociales encore fortement coutumières. Cependant, au cours du temps, et à mesure de la complexification de la vie sociale, les pratiques marchandes ont provoqué dans l’histoire des distorsions économiques, sociales, politiques croissantes, et les crises associées. En notre temps, alors que la pratique marchande a envahi le monde entier, suppprimant les échappatoires d’antan, et alors que les technologies ont accéléré à des rythmes sans précédent à la fois les changements techniques et les échanges sociaux, les tares de l’affrontement concurrrentiel de tous contre tous deviennent insupportables de façon essentielle pour les sociétés humaines. Un besoin nouveau profond est celui d’évaluations des biens et des services, non plus privées, subordonnées aux rapports de puissance des partenaires, mais des évaluations fondamentalement équitables, respectant le travail de chacun, admises en commun, à l’avantage de tous.

C’est pourquoi la mise en place d’activités économiques nouvelles, installant l’équité dans les échanges et la maîtrise de leurs moyens par les travailleurs, est un élément essentiel d’une transformation amorcée.

C’est pourquoi on propose ici que, sans attendre un consensus international aujourd’hui visiblement inaccessible, et également sans attendre que triomphent, au niveau national, les idées de la possibilité d’un changement profond, et sans attendre non plus que soit adopté l’ensemble, inévitablement complexe, des lois et règlements pour cela nécessaires, y compris les nouveaux « droits » souvent appelés, des initiatives soient prises, dans la proximité avec la population, par les acteurs motivés de la vie économique, essentiellement de l’économie sociale, de la vie associative et mutualiste, et de la vie politique, notamment locale, débouchant, avec les inévitables limites initiales, sur des réalisations concrètes, visibles, rassembleuses.

b) intervenir non seulement sur les échanges mondiaux mais encore sur les échanges intérieurs à l’ensemble national

C’est pourquoi nous proposons que, dès maintenant, soient prises des initiatives populaires de mise en place de réseaux de vie économique et sociale solidaire, équitable, démocratique, concrétisant pour les populations la possibilité d’une autre vie sociale, débarrassée des ravages de l’affrontement marchand et de l’exploitation capitaliste, ravivant l’aspiration humaine multi-millénaire à la réciprocité, à la convivialité, à la viabilité sociale.

Nous savons donc que, contrairement à certaines recommandations, il ne suffira pas, pour viser la réussite, d’alimenter ces initiatives en moyens financiers, fussent-ils dégagés de l’affairisme et modulés selon de bonnes intentions, mais que, pour cela, la mise en place de nouveaux modes d’échange est indispensable. Cela implique que les échanges internationaux ne soient pas les seuls qui doivent se transformer, mais aussi les échanges intérieurs, locaux et nationaux, qui devront eux aussi échapper à la guerre concurrentielle et accéder, sous les formes à élaborer en commun, à l’équité respectueuse du travail fait.

Ceci est également la condition pour que réapparaisse une monnaie nationale émise à la mesure des besoins sociaux démocratiquement définis et gérés, non soumise aux fluctuations et enflures spéculatives, à l’inflation des prix, aux gonflement des bulles financières et aux plongeons de crashs financiers, aux distributions technocratiques, étatistes autoritaires, et qui permette une réévaluation profondes des dettes extérieures, incluant l’annulation de toutes les dettes financières liées au cercle vicieux de l’endettement financier ayant prétendu sauver l’État, et aussi les entreprises publiques, des déficits induits par l’affairisme marchand et financier. Ceci suppose l’usage dans l’économie, de critères et d’objectifs sociaux démocratiquement définis.

Ces nouveaux échanges sont nécessaires, non seulement pour assurer l’accès à une nouvelle vie des activités économique, mais également pour permettre, par une juste valorisation des ressources créées par le travail, l’essor de plus en plus nécessaire de services publics démocratisés, à la mesure des besoins sociaux.

C’est pour accéder à cette voie nouvelle qu’il est dès aujourd’hui nécessaire de sortir de l’euro, non seulement de l’ordre libéral, mais, bien plus, de la loi de fer de la concurrence marchande agonistique, de la confiscation capitaliste des moyens d’activité et de la domination exploiteuse des hommes, de l’accaparement oligarchique des pouvoirs, de l’étouffement des services publics, de la déshumanisation de la culture, de l’assujettissement affairiste de la communication et des loisirs, afin de rendre au peuple de France et d’ailleurs la souveraineté qui garantit, à travers l’équité, la solidarité, la démocratie, sa capacité fondamentale à bâtir sa vie sociale, à l’avantage de toute l’humanité.

Maurice Décaillot, août 2013

Auteur de :
- Le Juste Prix. Etude sur la Valeur-travail et les Echanges équitables. Editions L’Harmattan, 2003 ;
- L’Economie équitable, un nouveau Projet de Société. Editions L’Harmattan, 2010.

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