Conférence internationale organisée par le PRCF

Message de solidarité prononcé par Harpal Brar, président du Parti communiste de Grande Bretagne (marxiste-léniniste)

, par  communistes , popularité : 2%

Message prononcé le 4 mai 2013 aux journées internationales du PRCF à Paris, les 4 et 5 mai 2013. Traduction GQ

Chers camarades

Au nom du parti communiste de Grande Bretagne (marxiste-léniniste) je suis ici pour manifester notre solidarité avec le Pôle de renaissance communiste en France dans ses efforts pour bâtir un parti communiste vraiment révolutionnaire, au pays de la Commune de Paris. Nous vous souhaitons un grand succès dans cette noble tâche.

Chers camarades, nous nous trouvons au milieu de la crise du capitalisme la plus profonde depuis celle de la fin des années 1920. Comme toutes les crises capitalistes, il s’agit d’une crise de surproduction, bien qu’elle soit sentie plus fortement dans la sphère financière. C’était à prévoir, dans la mesure où la spéculation enfiévrée sur les marchés des actions, des obligations, des dérivés financiers, etc, n’est rien d’autre que le reflet du manque d’opportunités de profit dans la sphère productive.

Après l’effondrement aux États-Unis de la banque d’investissements Lehman Brothers, il faillit se produire une dislocation totale du système financier impérialiste, avec les grandes banques dans toutes les métropoles de l’impérialisme au bord de la faillite. Pour sauver le système financier, pour sauver les banques, les gouvernements impérialistes y ont déversé des sommes gargantuesques. Mais bien qu’ils aient ainsi empêché la ruine de ces institutions, ils n’ont pas résolu le problème de fond, ils n’ont fait que transformer la crise bancaire en crise de la dette des États souverains, de sorte qu’aujourd’hui ce sont les États qui doivent faire face à leur tour à la menace de faillite.

En conséquence, de nombreux gouvernements ont été contraints à des mesures d’austérité fiscale extrêmes qu’ils ont mis en œuvre en s’attaquant au niveau de vie de la classe ouvrière, en combinant coupures dans les dépenses sociales, destruction d’emploi, et hausse des impôts. L’ensemble constitue une tentative de sauvetage du capitalisme par le transfert de centaines et de centaines de milliards de dollars prélévés chez les travailleurs, vers les barons voleurs du capital financier. Même les moins avertis des travailleurs commencent à comprendre que le capitalisme n’est qu’un racket monopolistique.

Maintenant les banques ont retrouvé leur rentabilité, mais elles refusent de prêter de l’argent aux gouvernements en difficulté (sauf à des conditions usuraires), en arguant du manque de crédit de ces gouvernements. Et par dessus le marché, les mesures d’austérité qui ont été mises en œuvre, loin de réduire le déficit des budgets des États souverains, ne font que l’aggraver, puisqu’elles ont, comme il était inévitable, aggravé le chômage, diminué en conséquence les rentrées fiscales, et augmenté les dépenses d’indemnisation.

Un débat oppose maintenant les représentants des factions keynésiennes et monétaristes du capitalisme monopoliste, les premiers demandant la croissance et les seconds la poursuite de l’austérité. Mais en vérité aucune de ces factions ne détient de solution au problème fondamental du capitalisme, qui est celui du retour des crises de surproduction, elles-mêmes conséquences de la contradiction entre les forces de production socialisées et leur appropriation privée.

En fait, le capitalisme se trouve confronté au dilemme du personnage du célèbre conte chinois qui est en train de mourir de soif, avec en main pour seule boisson une coupe de poison. S’il boit, il meurt, s’il ne boit pas, il meurt.

Confrontés à ce dilemme, les pays impérialistes font ce qu’ils ont toujours fait lorsqu’ils se sont trouvés dans cette situation dans le passé - ils intensifient leurs attaques contre la classe ouvrière à l’intérieur de leurs frontières, et contre les peuples opprimés à l’extérieur, tout en cherchant à doubler leurs rivaux et leurs concurrents. Cela conduit à l’intensification de la contradiction entre capital et travail dans les pays impérialistes, de la contradiction entre un minuscule groupe de nations impérialistes et exploiteuses et la grande masse des pays opprimés à l’échelle mondiale, et de celles qui opposent entre eux les divers pouvoirs impérialistes en concurrence.

En me limitant à la situation britannique, chers camarades, je dirais qu’il y a une vague montante de colère dans certaines couches de la classes ouvrière. Cependant, la résistance de la classe ouvrière aux attaques qu’elle subit a été étouffée jusqu’à présent par l’emprise social démocrate, par l’intermédiaire des dirigeants syndicaux.

On constate la même chose dans le mouvement anti-guerre, qui est sous le contrôle des agents de ceux-là mêmes qui s’attaquent aux travailleurs à l’intérieur et mènent des guerres aux peuples opprimés à l’extérieur.

Par l’intermédiaire des portes flambeaux de son “aile gauche”, et de ses fidèles serviteurs trotskystes et révisionnistes, le Parti travailliste – le parti même qui a engagé la guerre contre la Yougoslavie, l’Irak, l’Afghanistan lorsqu’il détenait le pouvoir, et qui continue à apporter son soutien aux guerres impérialistes maintenant qu’il se trouve dans l’opposition – contrôle le mouvement anti-guerre. Dans ces conditions il n’est guère surprenant que ce mouvement se soit enlisé, et qu’alors qu’il pouvait faire descendre dans la rue deux millions de manifestants contre la guerre en Irak, il ne peut plus en mobiliser maintenant que quelques centaines.

Et pourtant, trotskystes et révisionnistes veulent que les travailleurs croient que le Parti travailliste est le parti de la classe ouvrière, et qu’il peut être utilisé pour déboucher sur le socialisme en Grande Bretagne !

Nous pensons fermement, au contraire, que le Parti travailliste, depuis son origine, a été est et sera toujours un parti impérialiste assoiffé de sang, qui s’attaque à classe ouvrière à domicile et qui fait la guerre aux peuples opprimés à l’extérieur. C’est un canal pour introduire l’idéologie bourgeoise dans la classe ouvrière. Notre parti continue à soutenir que la classe ouvrière doit se débarrasser de ses illusions concernant le Parti travailliste, si elle veut se placer en position de combattre ses vrais ennemis.

De plus, notre parti considère qu’il est tout aussi essentiel de combattre les opportunistes, qu’ils soient d’espèce révisionniste ou trotskyste, qui malgré l’accumulation des preuves du contraire persistent à entretenir les illusions sur ce parti impérialiste. Nous maintenons, tout comme Lénine que "le combat contre l’impérialisme n’est qu’une mascarade et une tromperie s’il n’est pas inséparable du combat contre l’opportunisme" (L’ impérialisme, stade suprême du capitalisme).

Au moment où la direction opportuniste du mouvement anti-guerre de Grande Bretagne – composé de sociaux démocrates de « gauche », de révisionnistes et de trotskystes - fait de son mieux pour soutenir, par la ruse, de manière détournée, les guerres impérialistes de prédation contre les peuples opprimés, notre parti adresse au mouvement anti-guerre un message de solidarité avec les victimes des agressions de notre propre bourgeoisie, car nous avons la conviction que « le mouvement révolutionnaire dans les pays avancés ne serait qu’un mensonge si dans leur lutte contre le capital les travailleurs d’Europe et d’Amérique n’étaient pas étroitement unis avec les centaines et centaines de millions d’esclaves coloniaux que le capital opprime » (VI Lénine, Deuxième congrès de l’Internationale communiste, 1920).

Après l’effondrement de l’Union soviétique et des pays de l’Est européen, la bourgeoisie impérialiste fut atteinte de triomphalisme et proclama la mort du marxisme. La crise actuelle est pour elle une mauvaise surprise, car elle démontre que la cause du socialisme n’a jamais été plus forte. Le capitalisme, loin d’être éternel, est décadent, parasitaire, et moribond. Il est le principal obstacle aux futurs progrès de l’humanité, et il est la cause de la misère persistante de l’écrasante majorité.

Notre parti fait de son mieux pour apporter la clarté idéologique et théorique au mouvement ouvrier. Nous faisons tout notre possible pour construire un réel parti communiste, capable de se connecter aux grandes masses de la classe ouvrière et capable de les conduire dans la lutte pour le socialisme, par le renversement du capitalisme.

Le mouvement ouvrier en Europe a traversé une période de plusieurs décennies pendant laquelle il n’y avait presque plus aucune résistance au capitalisme. Cette situation résultait de la combinaison entre la prospérité créée par les conditions spécifiques qui suivirent le seconde guerre mondiale, et la dégénérescence et la démoralisation que le révisionnisme khouchtchévien apporta dans notre mouvement. En conséquence le mouvement ouvrier semblait être entré dans une impasse définitive.

Mais comme Marx l’avait remarqué : "Dans les développements de grande ampleur, 20 ans souvent ne comptent pas davantage qu’une journée, quand viennent soudain des journées qui incorporent vingt années".

En observant le développement de la crise de l’impérialisme, nous ne serions pas surpris si, dans un futur pas trop éloigné, nous étions les témoins de journées incorporant quarante années.

La défaite des guerres impérialistes de prédation en Irak et en Afghanistan et la vague montante des luttes dans la classe ouvrière en Europe suffisent amplement à le prouver.

En conclusion de mes remarques, je dirais que les partis communistes partout dans le monde ont le devoir de coopérer les uns avec les autres. Il y a la nécessité urgente de construire un mouvement communiste international uni, qui ne procède plus aux exclusions et aux interdictions pour figer le débat, et qui ne tente plus de perpétuer les schismes et les sectarismes que le révisionnisme khrouchtchévien a introduit dans le mouvement.

VIVE LE MARXISME-LENINISME !

VIVE L’INTERNATIONALISME PROLETARIEN !

MORT A L’IMPERIALISME !

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    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

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    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

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