Assises du communisme juin 2013

Luttes et batailles électorales Deux confrontations de grande ampleur en 2014

, par  Paul Barbazange , popularité : 8%

2014 verra deux temps électoraux majeurs espacés de 6 semaines seulement. Nous savons tous que leurs résultats sont en grande partie déterminés par le contenu, ou l’absence des luttes revendicatives d’ici là : salaires, emplois, retraites, dignité populaire... Ces temps électoraux auront pour les 5 années à venir une importance décisive, comment les travailler aussi dans le cadre des Assises ?

Dans l’immédiateté des luttes et des batailles électorales, l’apport communiste.

Je lis avec attention la diversité des contributions à la mise en place des assises.
J’entends de tous côtés des craintes fortes devant cette diversité. Les positions des uns et des autres, les histoires différentes, les engagements souvent si difficiles pour être continus au long d’une vie nous y conduisent.

C’est notre vécu, chaque fois individuel, de l’éclatement du mouvement communiste international après l’effondrement du bloc soviétique. Avant l’effondrement nous étions marqués par ses prémisses, mais effondrement il y a eu. Qui plus est, souvent l’unité était élément de façade, occultant la réalité des diversités. Fous nous serions de croire résoudre ces séquelles de l’histoire par notre seule bonne volonté et nos engagements fraternels.

Pourtant notre volonté viscérale de travailler à l’unité du mouvement communiste est l’atout décisif.

Faisons ensemble, à partir de nos différences, au travers de ces différences même, réponses aux questions que nous pose la vie. Pas à nos questions personnelles fussent-elles élégamment formulées, à celles que posent à tous la vie politique, les rapports de forces idéologiques et politiques, son calendrier toujours écrit par la classe dominante, en dehors des situations révolutionnaires.

J’attire donc l’attention de tous, surtout de ceux qui par leur positionnement s’en sentent exclus, et parfois se délectent de s’en exclure, sur l’importance qu’auront au cours de nos Assises l’attitude des uns et des autres par rapport aux deux échéances électorales de 2014 : Européennes et Municipales.

Européennes, je ne m’étendrai pas trop. Nous partageons la conscience communiste fondamentale et historique de l’opposition à structurer nationalement et internationalement à l’Europe Unie. Depuis ses fonds baptismaux, c’est l’Europe du capital, son histoire montre qu’elle n’est pas amendable. Quelle en sera l’expression électorale ? C’est déjà plus difficile et la tentation de l’abstention peut paraître séduisante : on connaît la faible participation à ces élections depuis 1979. Tout porte à penser qu’elle s’accroîtra encore.

Revenons à la réalité, le moment électoral sera un moment de "travail" important de ces questions par les électeurs. Notre devoir est de pouvoir se compter (ça aide aussi !) et de peser. Se mélanger à une abstention dont l’élément fédérateur sera d’abord le dégoût de la politique, le rejet, "le tous pourris" en une orientation d’impuissance. Je la récuse.

Cette question des européennes est particulièrement cruciale pour ceux qui sont membres du PCF. L’actuel positionnement du PGE est intenable, il n’est d’ailleurs plus porté par aucun militant.

Qu’en sera t-il demain ? Nous verrons. Tout dépend beaucoup des luttes en France et en Europe.

Pour l’instant la section de Béziers dont je suis membre propose de poursuivre notre campagne d’il y a quatre ans sur le mot d’ordre de "Faire péter l’Europe capitaliste" par le nouveau mot d’ordre : "Pour construire maintenant, faire péter l’Europe capitaliste".

Les mois qui viennent, s’ils sont l’occasion d’un débat de masse, permettront d’y voir plus clair. Nos assises peuvent être un moment utile.

Mais six semaines avant ce vote européen aura lieu le vote municipal.

Affrontement pour le moins tout aussi important parce que dans les 35.000 communes de notre pays, ce scrutin mobilise traditionnellement une large majorité des électeurs. Même si l’abstention y sera plus forte que dans le passé et nous savons déjà que là réside un formidable problème. Il reste qu’une large majorité des français va se prononcer.

Avec la politique social-libérale et son cortège d’austérité, presque partout la droite extrême (l’essentiel de L’UMP) et l’extrême-droite (le Front National) sont très menaçants. Partout est donc posée la question du rassemblement pour les battre avec comme aile marchante, l’idéologie et les perspectives communistes.

Ajoutons qu’avec la nouvelle réforme du code électoral et la proportionnelle bâtarde (très bâtarde !) étendue aux villages au-dessus de 1.000 électeurs, la possibilité d’avoir des élus de sensibilité communiste (membres d’un groupe, d’un parti ou non) se renforce.

L’un d’entre nous quel que soit son positionnement local, son vécu, ses amitiés ou inimitiés peut-il se considérer comme dédouané à priori de cette échéance ?
J’écris tranquillement non, quitte à compliquer un peu plus ce qui l’est déjà.

Les municipales sont affaires du peuple, d’ailleurs l’Europe du capital l’a bien compris qui voudrait diviser par dix ou par cent le nombre de municipalités et leurs pouvoirs. Les municipales étant l’affaire du peuple, c’est notre affaire de communistes réunis dans cette usine en lutte (Fralib) d’y être pleinement présents.

Et prenons l’affaire pour ce qu’elle est, nous sommes différents, nos 36.000 communes sont toutes si différentes.

Essayons pourtant de dégager ce qui est commun :

Un : la situation de la plus petite à la plus grande commune de France ne sera pas la même dans les 5 ans à venir si existe dans la commune un ou des communistes, élus du peuple, reconnus comme tels et porteurs dans le quotidien de la gestion d’une autre perspective que la gestion loyale du capital et de ses affaires.

Un élu communiste un groupe d’élus communiste est un porte voix exceptionnel lorqu’il tient sa place.

Deux : A situations communales différentes, réponses communistes différentes, c’est sûr, taille de la commune, majorité de "gauche", opposition à une liste majoritaire de droite, habitudes locales... etc, y compris engagement et disponibilité des militants communistes élus, possibilités ou non de s’appuyer sur un "groupe" constitué (dans la municipalité et/ou de militants dans la localité) se réclamant de notre idéologie et de nos pratiques. Il serait fou de penser prétendre régenter tout cela d’un centre quelconque.

Trois : Par contre, la candidature et si possible l’élection de candidats communistes, affirmant leur nom, leur idéologie, leur profession de foi est une nécessité, comme à pratiquement chaque scrutin d’ailleurs... ou presque.

Quatre : Quelles garanties réunir ? Personnellement j’en vois deux :

  • 1) Ces militants ne peuvent y aller qu’en affirmant et en obtenant de la coalition à laquelle ils acceptent de participer, leur totale autonomie de pensée et d’action. Cette autonomie peut exister dans le code des communes (groupes), les communistes ont le droit et le devoir de s’organiser de façon autonome, pas forcément hostile, radicale, mais autonome. S’ils ne le font pas, ils rentreront vite dans le rang des bons gestionnaires du possible ou tout aussi risqué, de la négation de tout, en vertu de principes extérieurs.
  • 2) Cette indépendance idéologique et politique en permanente construction ne peut se gagner que dans un cadre collectif, si possible local, à défaut plus large... y compris national. Cette construction n’est jamais simple, elle est gage de non isolement.

Nous revoilà d’ailleurs au cœur des assises pour tous ceux qui "veulent participer" et ne sont pas insérés dans un cadre national.

Je comprends fort bien à la lecture des diverses contributions combien celle-ci peut paraître loin du "réel", du vécu de beaucoup d’entre nous. Mais c’est de notre capacité à intervenir dans la durée, en communistes sur l’ensemble des sollicitations, interrogations que nous impose la vie, "l’extérieur" en quelque sorte, que dépend le succès à long terme de notre engagement.

Le développement fondamental des luttes de classe revendicatives dépendra aussi beaucoup des réponses apportées au quotidien dans nos localités par les communistes que nous sommes.

Pour conclure, repris mots pour mots d’un important article de Philippe Julien, secrétaire CGT de PSA Aulnay, après quatre mois de grève, paru dans l’Humanité dimanche du 20 au 26 juin, page 90 :

"C’est compliqué de se diriger de manière démocratique, d’arriver à quelque chose d’unique à partir de centaines de pensées différentes. Comment faire pour que la diversité des points de vue ne s’annihile pas mais permette de constituer une force ?"

Paul Barbazange, Béziers.

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    La déclaration complète

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