Le 16 juillet 1942 de Petit Louis La France c’était Lazare Pytkowicz

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Lazare Pytkowicz, comme le sapeur Camember est né un 29 février. Lorsqu’il est fait Compagnon de la Libération le 7 novembre 1945, il n’a pu fêter depuis 1928, année de sa naissance, que quatre anniversaires. Ce qui ne l’empêche pas d’être singulièrement dégourdi. Il habite avec sa famille à Paris, et a 12 ans moment de la défaite de 1940, dès ce moment-là il aide son frère et sa sœur aînée pour participer à des activités de résistance. Il distribue des tracts appelant à la manifestation des étudiants du 11 novembre 1940. On trouve sur le net le récit de son histoire et avec un peu de chance on peut l’entendre en voyant ou revoyant le documentaire d’Antoine Casubolo : « Les derniers Compagnons ».

Le 16 juillet 1942, il est raflé avec sa famille, et emmené au Vel’ d’Hiv’. Il faut l’écouter raconter avec calme et une émotion maîtrisée la décision de s’enfuir discutée avec ses parents dont il sollicite la permission. Profitant d’une bousculade, il arrache son étoile jaune et s’évade. Hébergé par des membres de la résistance, il est envoyé à Lyon pour être exfiltré vers l’Algérie. Il refuse et réclame de combattre les Allemands. Il a 14 ans, adopte le pseudonyme de « Petit Louis », et, transportant documents argent et armes, devient agent de liaison des Mouvements Unis de Résistance (MUR).

Le 24 octobre 1943, il est arrêté par la Gestapo, sur le pont de la Guillotière à Lyon. Il passe entre les mains de Klaus Barbie pour être « interrogé ». Lorsqu’il décrit cette séquence, le réalisateur du documentaire lui demande « s’il aurait parlé », voyons alors ce sourire qui dit la conviction que non, jamais. Pour se reprendre aussitôt : « oui mais attention, moi je n’ai eu que les coups, je n’ai pas subi la baignoire »… Profitant d’un transfert, le petit bonhomme parvient à filer, échappe aux balles de ses geôliers, et reprend immédiatement contact avec son groupe pour repartir au combat. « Brûlé » à Lyon, il remonte à Paris et reprend ses activités sous les ordres de Serge Ravanel. Le 27 janvier 1944, il est encore arrêté, cette fois par la Milice. Transféré à Moulins, il est remis à la Gestapo. En juillet les Allemands décident de transférer leurs prisonniers de Moulins à Paris avant la déportation en Allemagne. Le 14 juillet sur les quais de la Gare de Lyon, une fois de plus Petit Louis fausse compagnie à ses bourreaux.

Sain et sauf à la Libération, en 1945 il attendra les siens en vain à l’hôtel Lutétia. Aucun ne reviendra. Pris en charge par ceux qui l’avaient caché en 1942, il est renvoyé au lycée pour y reprendre ses études. C’est là qu’un jour de novembre 1945, il voit le pion rentrer dans la classe, pour lui dire qu’il est convoqué chez le proviseur. Dans le bureau duquel, interrogatif il se rend pour tomber sur un général en uniforme, qui lui débite la formule sacramentelle et lui accroche sur la poitrine la Croix de la Libération, il a 17 ans.

Écoutons le raconter simplement, comment retournant dans sa classe, il met la médaille dans sa poche pour éviter que les copains ne se foutent de lui. On a alors la gorge nouée et l’envie d’embrasser ce frère. Parce que son histoire nous dit que le 16 juillet 1942, la France ce n’était pas Pétain, Laval, Bousquet ou Brasillach.

La France c’était Lazare Pytkowicz.

Voir en ligne : sur le blog vududroit de Régis de Castelnau

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