La lettre de juillet 2014

, par  Jacqueline Roussie , popularité : 2%

Le premier juillet 2014

Monsieur le Président Obama

The White House, 1600 Pennsylvania Avenue N.W., Washington DC 20500 USA

Monsieur le Président,

Votre concitoyen Bowe Bergdahl a été libéré le samedi 31 mai en échange de cinq anciens hauts cadres talibans détenus à Guantanamo.

Il est inadmissible que vous n’ayez pas encore pris de mesure pour faire libérer les trois cubains, Gerardo Hernández, Antonio Guerrero et Ramón Labañino, qui eux luttaient contre le terrorisme que votre pays exerce à l’encontre de leur pays.

Cuba vous a proposé un échange humanitaire avec votre concitoyen Alan Gross. Vous n’avez toujours pas répondu favorablement à cette demande. Est-ce à dire que le gouvernement taliban vous semble plus fréquentable que le gouvernement Cubain ? Il est vrai que vous avez inclus Cuba dans votre liste des pays qui soutiennent le terrorisme, alors que le Qatar véritable parrain des groupes djihadistes n’y figure pas…

Connaissez vous, aux États-Unis, la fable de Jean de La Fontaine « Le loup et l’agneau » ?

Gerardo Hernández, le plus lourdement condamné des trois, purge une peine de prison de deux perpétuités plus quinze ans. Il est accusé de « conspiration en vue de commettre un assassinat », pour l’affaire des deux petits avions de l’organisation HAR (Hermanos al Rescate), abattus le 24 février 1996 sur ordre du gouvernement cubain. Vous savez très bien, Monsieur le Président, que cette lourde charge imputée à Gerardo Hernández, est un grossier montage.

Selon l’acte d’accusation de Gerardo Hernández, le FBI était au courant depuis 1994 de sa mission d’infiltrer les organisations de la mafia terroriste de Miami. S’il y avait eu le moindre soupçon contre lui, dans ce drame des avions de HAR, il aurait été, sans nul doute, arrêté en 1996. Aucune preuve de la culpabilité de Gerardo Hernández n’a jamais pu être apportée, et le Ministère Public lui-même, avait demandé qu’on enlève cette accusation de son dossier, reconnaissant qu’elle était impossible à prouver.

Mais, comme je vous le rappelais dans ma précédente lettre, Hector Pesquera, le responsable du FBI de Sud Floride, avait déclaré le 22 janvier 2003 à « Radio Martí », à propos du réseau Avispa dont Gerardo Hernández était le responsable : « je suis arrivé ici en mai 1998. On m’a mis au courant de la situation. Nous avons alors commencé à mettre l’accent sur le fait que cette enquête ne devait pas en rester aux questions de renseignements. Elle devait changer de nature et se transformer en une enquête criminelle ». C’est clair, il fallait coûte que coûte mettre un crime sur les épaules de Gerardo Hernández !

Cette lamentable tragédie des avions n’aurait jamais eu lieu, et les jeunes pilotes seraient toujours en vie si l’organisation HAR avait respecté les nombreuses mises en garde de la FAA (fédéral Aviation Administration) sur les risques que prenait HAR en violant maintes et maintes fois l’espace aérien cubain, allant même jusqu’à survoler la capitale cubaine pour y déverser des milliers de tracts.

Bien qu’il soit étranger à cette affaire, mais puisqu’on lui en a attribué une part de responsabilité, la moindre des justices vis-à-vis de Gerardo Hernández, serait de savoir si le gouvernement de Cuba était dans son droit en abattant ces deux petits avions, quelle que soit l’opinion que l’on puisse porter sur cet acte. Les radars cubains indiquaient qu’ils volaient au-dessus des eaux territoriales cubaines, alors que le gouvernement des États-Unis affirme qu’ils étaient dans l’espace aérien international.

Ce point de litige pourrait être facilement éclairci en déclassifiant les documents concernant ce drame, pour pouvoir consulter les photos satellite dont dispose votre gouvernement. Les avocats de Gerardo l’ont demandé à plusieurs reprises, de même que le 5 mars 2013, Peter Schey, avocat et président du Centre pour les Droits humains et Constitutionnels de Los Angeles.

Malheureusement, les gouvernements des États-Unis ont toujours rejeté cette demande, et vous n’avez encore rien fait pour débloquer cette situation, Monsieur le Président. Il est aberrant de s’en tenir aux paroles du témoin de l’Accusation, Bjorn Johansen, pilote du navire « Majesty of the seas », pour localiser l’endroit exact où sont tombés ces avions. Cette localisation n’est pas fiable, d’abord parce qu’elle est fondée sur des observations humaines, et ensuite parce que son objectivité est contestable. Bjorn Johansen travaillait alors pour la compagnie de navigation « Caribbean Cruises » qui soutenait financièrement la FNCA (Fédération Nationale Cubano-Américaine), et son second sur le navire était Peter G. Whelpton, membre de cette même FNCA.
Cette organisation FNCA a pour obsession de renverser le gouvernement de Cuba. En 1992, elle s’est dotée d’une structure clandestine, la « commission paramilitaire », chargée secrètement d’organiser des actions terroristes. On la retrouve derrière la plupart des attentats contre Cuba qui ont eu lieu entre 1990 et 1998, ces attentats pour lesquels précisément les Cinq sont venus infiltrer les groupes terroristes de Miami !

Monsieur le Président, ne croyez-vous pas qu’il est grand temps de mettre un point final à l’injustice faite depuis près de seize ans aux cinq Cubains, en libérant les trois qui sont toujours emprisonnés dans votre pays. Un échange humanitaire avec Alan Gross est une perche qui vous est tendue, sachez la saisir pour le bien de vos deux pays.

Recevez, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments humanistes les plus sincères.

Jacqueline Roussie

64360 Monein (France)

Copies envoyées à : Mesdames Michelle Obama, Nancy Pelosi, Kathryn Ruemmler et à Messieurs Joe Biden, John F. Kerry, Rand Beers, Harry Reid, Eric Holder, Denis MacDonough, Neil Eggleston, Rick Scott et Charles Rivkin, ambassadeur des États-Unis en France.

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