Graves menaces sur Renault Douai et Sandouville

Filière automobile : enjeux de classe et enjeux nationaux par Roger Sylvain

, par  combat.94 , popularité : 2%

Le comportement et les interventions d’Ayrault et de Montebourg - qui jugent "acceptable" la suppression de 7000 emplois à Renault - est scandaleux.

L’état reste actionnaire principal de Renault et, tout en dissertant sur le "produire en France" (pardon, le "made in France" !, les gouvernements refusent de poser la vraie question : les voitures Renault vendues en France doivent-elles être produites en France, OUI ou NON ? Actuellement c’est le cas pour 20% seulement des véhicules vendus chez nous.

Ajoutons que le choix du tout électrique à la place de l’hybride et de l’hydrogène, qui sont les vraies solutions du futur, est considéré comme mauvais par de nombreux ingénieurs.

Qui peut croire encore à leurs promesses ?

Souvenons-nous, il y a 2 ans Ghosn la main sur le cœur annonçait à Flins la construction d’une usine de batteries. Aujourd’hui c’est fini et les batteries, élément majeur des véhicules électriques viendront de chez Nissan au Japon !

De son côté l’état devait créer un réseau national de bornes de rechargement !

Quant à la première expérience française, Heuliez en Poitou-Charente, qui devait être sauvée par le Conseil Régional, elle est... en redressement judiciaire !

On nous avait fait le même coup avec le méthanol quand Breton ministre de Raffarin avait juré-promis qu’en deux ans le territoire allait être équipé !

Qui aujourd’hui parle encore de méthanol ?

Mais pour revenir à la voiture électrique : la moitié seulement du parc de véhicules nécessiterait une centrale nucléaire en vue du rechargement des batteries !

Qu’y a-t-il derrière ces "erreurs" ?

La réalité c’est que Bruxelles a programmé depuis longtemps la disparition de la production automobile en France d’ici 2020.

C’est pourquoi la casse nationale est organisée partout où l’état a le pouvoir de décider. Dans ces conditions le "produire français" n’est qu’une mousse médiatique. Cela avait déjà été le cas pour Billancourt en 1992. Et déjà dans les années 70, Giscard et Helmut Schmidt avaient programmé ensemble la désindustrialisation de la France, notamment la fin de la machine-outil qui était le cœur de métier de Billancourt. A l’Allemagne la grande industrie, à la France le repli sur le tertiaire : les capitalistes français et allemands voulaient réduire la classe ouvrière française qui venait de mener la plus grande grève de l’histoire en 1968.

Sauver Renault-Douai et Sandouville

Si les luttes ne montent pas, le pouvoir annoncera pour 2016 que Sandouville et Douai sont "finies". Des millions de jeunes ne pourront devenir ouvriers, techniciens, ingénieurs… Notre pays devra importer de plus en plus, exporter de moins en moins, et courra à la ruine financière.

Voilà les vrais enjeux pour la classe ouvrière et pour le pays.

Mais les états-majors syndicaux, notamment des fédérations, vont-ils se mobiliser sérieusement pour la filière automobile (PSA, Renault et les équipementiers) ? Vont-ils mettre en cause sur le fond, l’euro, l’Union européenne et le "détruire en France" européen, ou vont-ils faire… le minimum syndical avec un seul objectif caché "Ne gênons pas nos bons amis du PS !" ?

A la classe ouvrière de s’en mêler pendant qu’il en est encore temps !

Roger Silvain

30/04/2013

Ancien secrétaire général de Renault Billancourt

Et administrateur RNUR de 1981 à 1986

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