Contre l’opportunisme, pour le socialisme, pour construire le Parti communiste Intervention de KKE à la réunion internationaliste "Communistes de gauche-Parti communiste d’Italie"

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Le 8 avril 2013 s’est déroulée une réunion internationaliste "Communistes de gauche - Parti communiste d’Italie", au cours de laquelle le représentant du Parti communiste de Grèce (KKE), Elisseos Vagenas, membre du Comité central et responsable de la section des Relations internationales de ce Parti, a présenté une intervention intitulée :

Ci-dessous le texte de cette intervention traduite de l’anglais par la rédaction du Lien :

Chers amis et camarades,

Au nom du comité central, les adhérents et les cadres du KKE vous adressent leurs chaudes salutations internationalistes.

Les préparatifs du 19ème Congrès de KKE commenceront la semaine prochaine à Athènes. Les communistes de Grèce se sont engagés pendant quatre mois dans un processus intense d’activité interne, en discutant les thèses du CC, les projets du nouveau Programme et des statuts de KKE. Cependant, ils ont été en mesure, en même temps, d’allier cette discussion avec la poursuite de leur activité au sein des luttes de la classe ouvrière et des paysans pauvres déclenchées au cours de cette même période, un élément qui démontre les profondes racines que le KKE a dans la classe ouvrière et les couches populaires de Grèce.

Le 19ème Congrès est appelé à examiner l’activité du parti, à poursuivre l’étude du renforcement idéologique, politique et organisationnel du parti de la classe ouvrière. Un parti, qui depuis un siècle, a laissé et laisse sa marque sur les luttes et le développement de la lutte de classe, et de ce point de vue, le congrès de KKE n’est pas une chose qui concerne seulement les communistes de Grèce mais tous les travailleurs de notre pays.

Amis et camarades,

La classe bourgeoise cherche à réformer la scène politique en Grèce qui connaît la profonde crise capitaliste. Les éléments de base de ceci sont la recomposition à la fois du terrain social-démocratique, où le rôle fondamental est pris par un parti qui a dans ses rangs des anciens communistes et qui se caractérise lui même comme "une gauche radicale", et ceci également dans le terrain de la droite, où de nouveaux partis sont créés, parmi lesquels le fasciste "Aube Dorée".

Une composante de cette réforme est l’attaque contre le KKE, à travers laquelle ils tentent d’exercer une pression opportuniste sur notre parti, afin qu’il abandonne sa stratégie révolutionnaire, ou pour réduire la force électorale du KKE afin que sa voix et son intervention politique s’affaiblissent. La proposition de notre participation à "un gouvernement de gauche" fut employée comme un "instrument" pour cet objectif lors des dernières élections. Le KKE a rejeté cette proposition, en payant un "prix" important avec la réduction de sa force électorale, toutefois ce rejet a évité à notre parti de glisser vers une faute historique, et de soutenir ainsi la gestion du capitalisme et de sa crise. Aujourd’hui, quelques mois après les élections grecques, les évolutions à Chypre sont très instructives pour le peuple grec comme cela le démontre bien au sein de l’UE, au sein de la structure du capitalisme, au sujet des intentions qu’une formation gouvernementale de "gauche" peut avoir. Il ne peut y avoir là une gestion favorable au peuple. Le capitalisme a des lois, qui ne doivent pas être ignorées des travailleurs.

Le KKE présente ses propres propositions politiques détaillées aux travailleurs au sujet de la société qui doit exister de nos jours, au sujet du choix de l’économie qui offre du travail. Nous communistes nous ne cachons pas nos objectifs, nous ne sommes pas intéressés à duper les travailleurs dans le but de gagner des suffrages électoraux. En tout cas, le KKE a abandonné les illusions parlementaires des années passées. Nous ne croyons pas que le renversement de la barbarie capitaliste peut être obtenu au moyen des élections parlementaires, sans que cela signifie que nous sous-estimions cette forme de lutte.

Nous disons, alors, aux travailleurs Grecs qu’il y a d’autres conditions objectives pour eux d’organiser sur une autre base leurs vies, la vie de notre pays. Quelle est cette base ? C’est la socialisation des moyens de production, la planification de l’économie, le contrôle populaire des ouvriers. Seul un tel système, le socialisme, peut satisfaire les besoins contemporains du peuple. Les partis qui disent qu’il peut y avoir un système où d’un côté les profits capitalistes sont maintenus, et de l’autre où l’"individu" sera plus important que ces profits, et prétendent encore être "au-dessus des profits" mentent.

Évidemment, un pouvoir de la classe ouvrière en Grèce n’est pas compatible avec la participation à la zone européenne, plus généralement dans les unions impérialistes du Capital, tels que l’UE et l’OTAN. D’ailleurs, notre parti, depuis 1996, depuis son 15ème Congrès, a abandonné les dites "étapes intermédiaires" sur le chemin du socialisme. Tout d’abord la justesse de la stratégie des "étapes intermédiaires" n’a jamais été démontrée nulle part et à aucun moment. Et en dehors de cela, nous croyons qu’une Grèce capitaliste, même si elle est en dehors de certaines de ces unions du capital, ne cessera pas d’avoir des dépendances de diverses sortes, aussi longtemps que le système capitaliste sera maintenu et objectivement continuera de participer aux relations inégales d’interdépendance, qui existent dans la structure du système globale impérialiste. Aussi, nous posons la question du désengagement du pays des unions impérialistes d’une façon complète, en soulignant que seul le pouvoir de la classe ouvrière peut garantir ce désengagement.

Dès le moment où il a fixé comme son objectif le renversement du capitalisme, le KKE a élaboré une politique d’alliances correspondante. La politique des alliances du KKE doit être objectivement subordonnée au but stratégique du parti. Nous avons rejeté la dite "Unité de la gauche" depuis plusieurs années, avec les forces opportunistes, qui se caractérisent elles mêmes "De gauche", "radicales", etc... parce qu’à notre époque, ces termes ont perdu leur contenu. Maintenant, même les secrétaires de l’OTAN se présentent comme étant "De gauche". Nous déclarons, alors, l’utilité de former une Alliance populaire, qui peut être créée par des forces sociales, qui ont un intérêt dans le renversement du capitalisme, le conflit avec les monopoles et les unions impérialistes. De telles forces sont la classe ouvrière, les semi-prolétaires, les couches pauvres intermédiaires des villes et rurales.

L’alliance luttera pour chaque problème populaire, rassemblera et éduquera la classe ouvrière et les masses populaires dans la lutte et le conflit avec les patrons, les gouvernements bourgeois, les unions impérialistes et mettra en évidence la nécessité et la possibilité d’une autre société. Dans les conditions d’une situation révolutionnaire, l’Alliance populaire sera transformée en un Front révolutionnaire des ouvriers et populaire pour le renversement de la dictature de la classe bourgeoise et l’établissement d’un pouvoir révolutionnaire de la classe ouvrière.

Chers amis et camarades,

Ce qui est d’une importance décisive pour les évolutions, ce n’est pas juste l’existence du PC mais aussi l’élaboration d’une orientation révolutionnaire. Le front contre les positions opportunistes et réformistes, avant tout sur les lieux de travail, dans les secteurs clés importants de chaque pays. Ce qui est demandé c’est le conflit idéologique et politique contre les concepts idéologiques bourgeois, que présentent l’UE et le capitalisme comme la "fin de l’histoire", contre les forces opportunistes, qui proclament la "démocratisation", l’"humanisation" du capitalisme et le "lancement" d’un prétendu "socialisme démocratique" du "21ème siècle". Ce qui est exigé c’est un patient travail avec les couches intermédiaires, qui bien qu’elles soient détruites par la crise capitaliste, expriment leur impatience petite bourgeoise en demandant des "solutions" immédiates, mais toujours dans le cadre du capitalisme, avec des illusions sur une gestion de centre-gauche favorable au peuple, qui en maintes occasions a conduit à l’exacerbation des problèmes du peuple. Ce qui est exigé, c’est que les communistes, les forces populaires, les syndicats, les organisations de masse repoussent fermement les monstruosités des fascistes, en rejetant en même temps le raisonnable du dit "front antifasciste" qui est proposé par les sociaux-démocrates et les réformistes dans le but de prendre au piège les communistes et de blanchir leurs responsabilités dans le renforcement de telles forces, qui sont un produit du capitalisme et le fer de lance de la classe bourgeoise contre le mouvement communiste et ouvrier.

Amis et camarades,

Le regroupement du mouvement communiste international sur des bases révolutionnaires est d’une importance cruciale dans les conditions d’aujourd’hui, alors qu’il continue de nos jours à se retrouver lui-même dans les conditions de la crise, idéologiquement, politiquement et dans le domaine organisationnel. L’influence des opportunistes exerce une pression sur ses rangs. Ils ont créé leur propre "centre" en Europe, avec le dit "Parti de la gauche européenne".

Le KKE considère que la lutte contre l’opportunisme doit être renforcée au niveau national, européen et international, et comme une condition nécessaire pour le regroupement révolutionnaire du mouvement communiste. Avec cette analyse comme point de vue, le KKE non seulement soutient les réunions internationales et régionales des Partis communistes, mais aussi l’idée de l’émergence d’un "pôle communiste" de Partis communistes, qui demeurent fidèles au marxisme-léninisme, à l’internationalisme prolétarien, défend le socialisme que nous connaissons, étudie les évolutions contemporaines et cherche à élaborer une stratégie révolutionnaire commune, reconnaissant l’opportunité et la nécessité de la construction socialiste.

Camarades,

La fragmentation des ouvriers par secteur, couleur, religion, nation, entre ouvriers des pays "pauvres" et dits "riches", entre ouvriers des pays "développés" et en "développement etc. est une partie des plans des classes bourgeoises. Leur objectif est de "diviser pour régner" d’une part et de "mobiliser" les travailleurs sous un "faux drapeau" d’autre part, parfois "pour rendre notre pays grand" et une autre fois "pour rendre notre économie plus compétitive", ou "pour la récupération de la souveraineté nationale" etc... Mais nous connaissons cela à notre époque, à l’époque de la transition du capitalisme au socialisme, qui fut annoncée par la Grande Révolution Socialiste d’Octobre, que le patriotisme contemporain s’identifie avec le renversement du pouvoir bourgeois, de la propriété capitaliste des moyens de production, avec le retrait de notre pays de toute voie capitaliste et de toute coalition entre états capitalistes et alliance impérialiste.

Nous avons une "arme" précieuse dans nos mains, que nous ne devons jamais abandonner et qui peut gêner les plans qui divisent la classe ouvrière. Et cette arme c’est notre internationalisme prolétarien.

Le mot d’ordre "Prolétaires de tous les pays unissez-vous !" est plus puissant que jamais aujourd’hui.

Et nous considérons qu’il est particulièrement important que ce message de l’internationalisme prolétarien puisse s’étendre en Italie. Merci aux efforts qui ont été lancés par les camarades du Parti communiste d’Italie et des communistes de gauche pour construire un parti communiste avec une stratégie révolutionnaire, visant à éradiquer le sale travail de sape à long terme de l’euro-communisme et de l’opportunisme contemporain.

Camarades, nous vous assurons que le KKE sera à vos côtés sur ce chemin difficile et exigeant.

Voir en ligne : Sur le site du Lien, organe du PADS

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