Conseil national du 24 octobre 2009

Compte rendu de Caroline Andréani

Fédération de Seine-Saint-Denis, Aubervilliers
samedi 24 octobre 2009
par  Caroline Andréani
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Elections régionales : une fois de plus, le Parti communiste est déconnecté de la vraie vie !

Samedi 24 et dimanche 25 octobre, le Conseil national du Parti communiste français s’est tenu sur la question des élections régionales. Le rapport de Marie-Georges Buffet a été un morceau de bravoure pour ne surtout pas aborder les questions essentielles : quel bilan des élus communistes dans les exécutifs régionaux, quel projet politique pour le futur exercice, quelles alliances et surtout, quelles perspectives alors que la réforme des collectivités territoriales, si elle est adoptée telle qu’elle, va vider les conseils régionaux de tout pouvoir d’intervention.

Le bilan d’abord. Les élus régionaux, présents en nombre, ont répété que leur bilan était positif et que s’ils n’avaient pas été dans les exécutifs, les choses auraient été moins bien. On veut bien les croire sur parole. Mais concrètement, nous n’avons pas obtenu d’éléments permettant de juger.

Par contre, les critiques ont été nombreuses sur la gestion de « gauche » des régions. Même les plus suivistes ont fait le constat que les régions, qui auraient pu constituer une opposition véritable à la politique de la droite, n’ont finalement pas joué leur rôle. Et les exemples ont été nombreux de cas où des majorités socialistes se sont contentées d’appliquer les politiques nationales alors qu’elles auraient pu ou du faire autrement. Par exemple, lorsque l’Etat a décidé de transférer les personnels techniques de l’Education nationale aux régions. D’où la remarque en pied de nez d’un élu disant : « De toute façon, ce n’est pas sur notre bilan que nous nous ferons élire »…

Quel projet politique pour les cinq prochaines années ? Très curieusement, personne n’a abordé le sujet. Soi disant, ce projet devrait être ficelé par les « ateliers » mis en place depuis le dernier conseil national. Seule question sur laquelle se sont focalisés les intervenants, les fonds régionaux qui pourraient permettre d’impulser une politique de développement régional. Il va être très compliqué de mobiliser les électeurs sur cette question, si tant est qu’elle ait une quelconque valeur politique. Les fonds régionaux existent depuis des décennies et sont toujours mobilisés par les mêmes grandes entreprises, qui n’hésitent pas à s’en servir pour délocaliser…

Quelles alliances ? Là, les discussions ont été très animées. Partout où le Parti communiste est faible, les communistes sont favorables à des alliances dès le premier tour avec le Parti socialiste « pour avoir des élus », passant sous silence une question pourtant essentielle, les alliances PS/Modem. Le leitmotiv est toujours le même : il vaut mieux avoir des élus que ne pas en avoir… Ailleurs, là où le Parti est sûr de faire 5 % et donc de pouvoir fusionner au 2e tour, la stratégie est différente : Front de Gauche élargi (à qui ?). Les annonces répétées de Jean-Luc Mélenchon qui revendique la tête de liste en Ile-de-France refroidissent toutefois les ardeurs. Et de nombreux camarades s’interrogent sur la répartition des places et des têtes de liste, entre un Parti communiste d’envergure nationale et ses deux « compagnons de route », Parti de Gauche et Gauche Unitaire, qui n’ont ni la même implantation ni la même force militante. Ouvrir le Front de Gauche à d’autres micro-forces politiques ne changera pas la donne.

Quant à la réforme des collectivités territoriales, qui va vider les régions de tout pouvoir, rares sont ceux qui l’ont abordée. Et pourtant, elle devrait conditionner toute notre démarche puisque 2014 arrive à grands pas. Une campagne nationale d’information, l’exigence d’un référendum : rien de tout cela n’a retenu l’attention des membres du Conseil national tellement les questions de boutique leur paraissaient plus essentielles !

Au total, la direction nationale a proposé un de ces textes fourre-tout qu’elle affectionne (et que tout le monde oublie dès qu’ils sont adoptés), où rien n’est défini clairement. Sauf qu’il n’y aura pas de stratégie nationale, et que chacun pourra agir à sa guise en fonction de ses intérêts.

Décidément, on peut se poser la question de savoir où va le Parti communiste. Manifestement, même ses dirigeants n’en savent rien !

Caroline Andréani


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