Conseil national du 7 février 2009

Intervention non retenue de Pasquale N. Fédération de Paris, 20ème ardt.

, par  Romilda , popularité : 2%

J’avais préparé une intervention pour ce second conseil national. Hélas bien qu’inscrite, je « n’ai pas été retenue » parmi les camarades. J’envoie cette intervention à CommunisteS pour qu’elle soit publiée. Une autre intervention suit, que j’ai pu faire dans l’après-midi. Quelques remarques sur la "charte" qui nous a été proposé suivent également.
Bonne lecture.

Pasquale N.


1 - Voici cette intervention telle que je l’avais rédigé :

« Quelles sont les priorités du parti communiste alors que la crise du capitalisme sévit, rejetant des millions de gens hors de leur emploi, de leur logement, les réduisant à l’invisibilité ? Combien de sans domicile fixe, de sans abris ? De gens rejetés par le système capitaliste sur le bas côté d’une route qui mène au château des rentiers, à des rêves uniquement basés sur la rentabilité, l’argent et le pouvoir ? J’ai rencontré cette semaine une femme à la rue après avoir été licenciée en 2004. Elle était secrétaire comptable dans une entreprise privée. Elle est maintenant handicapée et dort dehors.

Il y aurait depuis un an 217 000 chômeurs en plus ce qui donne plus de 2 millions de chômeurs comptabilisés et en réalité le double. Nous le savons, l’Europe n’est pas étrangère aux licenciements massifs dans des entreprises qui ferment pour reprendre ailleurs leur activité pour plus de profit et toujours au détriment des travailleurs et de l’économie des pays. Nous le savons pour avoir milité pour le non au référendum, cette Europe là est celle des riches, du capitalisme, de toujours plus de précarité. Cette Europe là, si loin des vrais gens ne peut se substituer aux luttes sociales. Nous l’avons vu le 29 janvier : L’attente du peuple dans toute sa diversité, est grande, afin qu’il y ait des changements radicaux dans cette société ! Et non des promesses sans suite d’aménager une Europe fondamentalement hostile aux travailleurs où il est tout juste permis de quémander un salaire « décent » comme le font nos amis socialistes. Dans des manifestations de travailleurs licenciés par leur entreprise nous voilà en train de distribuer le quatre pages sur les élections européennes ! Quel déphasage avec la réalité sociale ! La nécessaire coopération internationale ne peut pas se faire en renforçant un cadre antidémocratique qui a été fabriqué sur mesure par le capitalisme. Notre message ne doit pas être compris comme si nous demandions « plus d’Europe » au nom de vagues promesses sociales qui ne seront pas tenues, car les capitalistes qui la dirigent risquent de nous prendre au mot ! Nous ne devons pas servir, et le PGE non plus, de caution de gauche à l’Europe fédérale.

Voici une proposition : Changer d’Europe, c’est suspendre l’application des traités européens de Maastricht à Lisbonne qui bafouent la souveraineté populaire et qui nous empêchent de défendre les travailleurs au nom du libéralisme et de la concurrence.
Changer d’Europe, c’est aussi sortir de l’Alliance atlantique qui est porteuse de guerre et d’agression ! Sur ce point nous pouvons tous tomber d’accord : demander la sortie de la France de l’OTAN, sans attendre que cette organisation agressive soit réformée.
Pour ce faire, faisons circuler une pétition à l’échelle nationale qui pourrait être relayée dans les autres pays par tous les militants progressistes, en vue de la manifestation du 4 avril à Strasbourg.

Deuxième et dernier point :

La commission « transformations » :

Il appartient à tous les membres du CN de s’y impliquer. Pour cela cette commission doit être transparente et rendre compte de son travail par des comptes rendus et des retours vers les membres du CN, qui permettent de prendre position à toutes les étapes de la réflexion. J’aimerais connaître les enjeux de cette commission : transformer oui mais dans quel esprit ? Je pense qu’elle devrait avoir vocation de revoir les statuts de notre parti et d’améliorer notre fonctionnement pour plus de démocratie. Pour un parti qui fonctionne de bas en haut et non plus de haut en bas. Pour un parti où les directions seront responsables devant la base. Elle pourrait faire des propositions pour renforcer notre culture révolutionnaire et marxiste. La crise du capitalisme fait ressortir toute son actualité ».


Remarques sur le déroulement de la séance et sur le projet de "Charte" :

J’ai pu intervenir l’après midi sur un tout autre thème que l’Europe, juste en réaction à une proposition qui n’a pas été envoyée comme cela aurait du l’être selon moi aux membres du CN, mais seulement à l’exécutif. Je joindrai succinctement les grandes lignes de cette intervention, très brève d’ailleurs, les secondes étant comptées pour certains camarades et les minutes largement prolongées pour certains autres. Des interventions sans inscriptions du type « je réponds à l’intervention de x ou de y », ce qui faisait reculer la possibilité aux inscrits de passer. Certains camarades étant appelés par leur prénom avec un trémolo tendre ou amical dans la voix de la présidente de séance, d’autres comme moi par leur nom de famille (là aussi il a fallu y mettre bon ordre, j’ai rappelé qu’avant « Noizet » il y avait un prénom qui en l’occurrence était « Pasquale »). J’ai entendu une camarade grommeler d’un air offusqué, « Moi on m’appelle tout le temps comme ça et je ne dis rien ». Il s’agit là de commencer par le respect minimal dû à n’importe quel membre du parti. Je n’ai pas fait mon service militaire et « Noizet » a aussi un prénom et quelque chose dans la tête. Ce qui est fort de café ce sont les donneurs de leçons qui veulent instituer une « charte » et qui ne se conduisent pas de la même manière avec tous les camarades. Lorsqu’au bout de quatre ou cinq interventions qui allaient bien au-delà des 3 ou 4 minutes consenties, je suis allée jusqu’à la tribune pour demander à la présidente de faire respecter les temps de parole car il y avait des inscrits qui ne passeraient pas dans ces conditions, elle a dit plus tard « une camarade me fait pression ! Je dois vous demander de raccourcir votre intervention ! ». Une demande légitime est devenue une pression !
Il parait que maintenant tout va changer dans le « règlement » du parti. Une charte, baguette magique va tout modifier. C’est sûr, dans les précédents conseils nationaux on ne savait pas débattre et c’est sans doute pour cette raison que le parti a fait un si mauvais score aux présidentielles ! Le coupable c’est le fonctionnement du conseil national. N’allez pas chercher plus loin !
Une camarade qui n’était pas de cet avis a déclaré qu’elle était au CN depuis 6 ans et ne s’était exprimée qu’une seule fois, mais que là elle prendrait la parole pour la deuxième fois pour souscrire à cette charte !

La charte :

Il y a aura des critères pour ceci et des critères pour cela. On choisira les interventions par région et en suivant sans doute encore beaucoup d’autres critères. Et pourquoi pas la couleur des cheveux pendant qu’on y est, le signe du zodiaque ? Les sensibilités ? Ce sont des tendances ! Donc ces tendances n’ont pas à s’exprimer. Il y a eu un congrès, on en refait pas un autre en voulant débattre. On fait avancer le Schmilblick en faisant du commun (tiens on ne dit plus de l’en commun ? Quel progrès culturel !). On doit surtout rester con-sen-suel. Un monsieur Loyal nous donnera la parole, distribuera les bons et les mauvais points et fera son petit spitch, résumant nos interventions et du même coup mettant en avant... la sienne. D’ailleurs pour les camarades qui sont à la tribune point besoin de chronomètres. Et que j’interviens pour répondre à un camarade avec qui je ne suis pas d’accord et que je le remets à sa place en caricaturant ses dires et que ça fait bien rire, et que je parle longtemps pour ne rien dire et que je me répète et que je lis les 3 pages à haute voix comme en classe pour faire perdre du temps sur les interventions des inscrits qui ne pourront pas tous s’exprimer. Ah, la belle démocratie que voilà !

L’expérimentation a commencé ! (roulement de tambours) Au nom de la démocratie et de l’efficacité ! (trompettes) je passe la proposition d’expérimenter une charte de travail en commun rédigée par le président de notre Conseil national. Le pauvre n’a pas rencontré l’estime escomptée pour sa belle charte de bonne conduite. Une majorité de camarades ont rejeté la copie. Mais attention sans vote ! « Pas la peine de voter ! » ai-je entendu d’une des présidentes de séance suite à la demande d’une camarade qui s’étonnait que l’on ne vote plus rien au conseil national (d’ailleurs on ne sait pas comment elles sont arrivées à présider). Les camarades ne veulent pas tous danser sur cette musique. Maestro mettez m’en une autre ! Il s’agit donc de « changer la phase de préparation du débat des décisions, de leur mise en œuvre ». Mazette, rien que ça ! Dans cette belle charte un des articles (le 4) a fait réagir le plus, voici ce qu’il préconise :

« Organisation des débats :
Le rapport ayant été préparé collectivement et le plan ayant été envoyé huit jours avant, l’inscription pour le débat doit parvenir à la présidence du conseil national 24 h avant pour qu’elle ait le temps de gérer les inscriptions à partir des questions mises en débat : le nombre de camarades inscrits serait limité à 20 ou 30, maximum pour commencer... Un débat a lieu avec la présidence pendant ce délai pour « une répartition équitable » des temps de parole ».

S’exprimer sur les grandes lignes (top chrono) au pas de charge ! Une évaluation de l’activité du conseil national devrait être inscrite à l’ordre du jour (ça ne vous rappelle rien messieurs et mesdames les professeurs ?). Cette phase d’expérimentation est proposée sur plusieurs mois. Comme ça le monde peut continuer à exploser, la crise du capitalisme à le foutre en l’air, nous, on fait des règlements, sans passer par la fumeuse commission des « transformations » : abracadabri abracadabra, tour de magie, on garde le meilleur pour la fin. En attendant on sort du chapeau un groupe de travail pour retravailler la proposition de « charte ». Mais quelle efficacité !

2 - Je suis intervenue sur la question de cette proposition de charte. Voici ce que j’ai dit de mémoire.

« Je suis un nouveau membre du conseil national. Les membres du conseil national sont responsables dans leur section, leur fédérations voire dans d’autres organes. Ils se respectent un minimum. Ils savent ce que sont des débats. Cette charte, c’est du mépris vis-à-vis des membres du conseil national. Je ne comprends pas d’ailleurs comment ayant créé une commission « transformations » dont on ne connaît pas au fond le contenu ni la démarche, (je suppose que cette commission a pour vocation de travailler sur les statuts et cette charte devrait être incluse dans les statuts), y-a-t-il besoin de créer un second groupe pour une rédiger une charte ? Cette charte n’a rien de démocratique lorsqu’elle préconise que les membres du conseil national doivent 24 heures en avance faire parvenir leur intervention qui en plus sera sélectionnée, sur quels critères soit disant « équitables », par qui et comment ? ».

D’autres camarades ont dénoncé aussi ce procédé. Comment peut-on être réactif à l’actualité en ayant bouclé une intervention 24 heures à l’avance ? Beaucoup se sont inquiétés de ces contraintes qui semblent plus être des fermetures au débat et aux décisions communes avec la diversité des points de vue qu’une démarche pour plus d’efficacité.

Pasquale N.

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