Réflexion politiques d’un militant syndical et politique. Données pour une unité de pensée et d’action.

Après le conseil national du 8 et 9 avril, débat politique et perspectives Rassembler les communistes sur des bases de classe pour rassembler les exploités

, par  Robert Auzeby , popularité : 3%

Développer un débat serein, y donner un contenu de classe réel, réfléchir à ce que pourrait devenir un véritable Front de Gauche appuyé sur un parti de classe cohérent, le PCF. Quelques propositions immédiates d’actions facilitant le débat démocratique interne.

La résolution adoptée par le CN appelle à un « débat serein et responsable de tous les communistes ». Comment considérer dès lors l’attitude du premier responsable du parti dans les médias au premier soir du CN et ses prises de positions personnelles sans ambiguïté concernant son choix sur le candidat à l’élection présidentielle ? Peser sur les consciences des communistes ? Ce serait inacceptable et scandaleux ! Fébrilité stratégique ou volonté « d’évolution du parti communiste quant à ses fondamentaux » ? Positionnement personnel ou expression de la direction ? Son attitude nourrit tous les questionnements et à l’évidence pas de la plus saine des façons.

Quoiqu’il en soit, il ne saurait être question et d’aucune façon, que les communistes soient dépossédés de leurs responsabilités de communistes. C’est aux communistes, à tous les communistes de choisir leur candidat à l’élection présidentielle, pas à la direction du parti, premier responsable y compris. La position du PCF sur l’élection présidentielle au suffrage universel est connue et partagée par les communistes. Pour autant c’est une réalité. Les communistes n’ont pas pour habitude d’éviter les difficultés, ils les affrontent. Quel que soit leur niveau de responsabilité, chaque communiste compte pour un et nul ne saurait se prévaloir d’une quelconque prépondérance dans les choix qui concernent tous les adhérents du PCF. Notre responsabilité collective c’est que tous les communistes puissent se prononcer et se prononcent en toute connaissance de cause, en ayant tous les éléments de réflexion leur permettant d’affirmer et d’exprimer leur choix. C’est aux communistes, à chaque communiste d’en décider.

Sur le débat politique :

Au-delà de nos opinions respectives, le concept « front de gauche » est un espace de rassemblement, le nier conduirait à l’isolement et à la sclérose (on n’évite pas la réalité, on l’affronte). Pour autant, resituons le front de gauche pour ce qu’il est, un espace de rassemblement de structures politiques, donc par essence réducteur, mais pas tout le rassemblement à construire. Je considère que c’est une conception étriquée et que nous devrions promouvoir un rassemblement citoyen large, qui va au-delà des seules structures politiques, où le rôle des communistes, de leurs propositions est de faire grandir le niveau de conscience de ce qu’il est indispensable, incontournable et nécessaire de mettre en œuvre pour changer vraiment, réellement, concrètement ; construire une autre société au rythme où le décidera notre peuple. Rupture avec le système capitaliste et construction d’une société basée sur l’humain et non le fric omniprésent, c’est le même mouvement émancipateur dans lequel les communistes doivent être les artisans lucides, novateurs, porteurs de propositions radicalement anticapitalistes ouvrant la voie à une société débarrassée de l’exploitation capitaliste. Les réunions témoignent que beaucoup de communistes sont en attente. Ils sont en attente parce que les positions et propositions du parti ne sont pas lisibles en tant que telles, que nous sommes trop enfermés dans le concept « réducteur front de gauche » et propositions « front de gauche ». Cela nourrit l’idée que le « front de gauche » n’est pas qu’un « espace de rassemblement » mais de plus en plus une structure politique. Ce n’est pas vécu comme un plus mais comme une dilution, un appauvrissement de nos capacités à proposer des solutions novatrices.

Ainsi, le « programme partagé » fait l’impasse, entre autre, d’une analyse de la société (indispensable pour la compréhension des propositions) et manque de propositions fortes sans lesquelles il n’y aura pas de rupture avec le système capitaliste. Notamment la question des nationalisations des secteurs clés de l’économie, de l’énergie, de l’industrie, du secteur bancaire, avec moyens d’interventions et de contrôles par les salariés et les citoyens sur les choix et les orientations. Question centrale si nous ne voulons pas retomber dans les expériences passées de la délégation de pouvoir avec des citoyens et des salariés spectateurs, « décideurs » lors d’échéances électorales et non acteurs au quotidien du processus de changement à mettre en œuvre, à construire et dont pourtant ils sont le moteur. Question décisive. Ne pouvons nous pas penser et agir en communistes dans un rassemblement citoyen large et non systématiquement en « front de gauche » et ses limites ?

Battre Sarkozy et la droite ne suffit pas et loin s’en faut. Quant à construire une « alternative de gauche crédible », c’est en donnant de la cohérence à nos propositions communistes (pas à prendre ou à laisser mais à enrichir dans le débat avec les citoyens) que nous y contribuerons avec leurs interventions. Quant aux trente propositions du PS, c’est un catalogue d’affirmations sans contenu réel, sans justificatifs, de l’enfumage de première catégorie dans un cadre précis : la gestion loyale des intérêts du capitalisme. Les actionnaires peuvent dormir sur leurs deux oreilles, leurs privilèges de classe ne sont pas remis en cause, ils peuvent même tranquillement voter socialiste pour le changement dans le continuité. Hors d’une volonté et des propositions fortes de rupture avec le système capitaliste il n’y aura pas, il ne peut pas y avoir de changement de société.

La réalité est têtue. Des millions de nos concitoyens ne vivent plus, ils survivent :
23% des salariés gagnent entre 750 et 800 € (extension de la précarité) ;
des millions sont au SMIC. Les grilles salariales sont tirées vers le bas au travers de divers artifices ; de nombreux jeunes galèrent.

4 millions de retraités touchent le minimum contributif (600 €) ; 5 millions ont une retraite comprise entre 800 et 1100 € avec des disparités importantes pour les femmes ; 16% de la population reconnait ne pas se soigner ou mal, notamment les jeunes et les retraités.

La paupérisation gagne de nombreuses catégories sociales jusqu’ici plus ou moins épargnées. On est dans une période de basculement.

Terrible constat en 2011 dans la cinquième puissance économique du monde. Terrible bilan du capitalisme et des gouvernements qui le servent. Il ne s’agit pas de tomber dans le misérabilisme mais de prendre en compte cette réalité pour apporter des réponses en conséquence. Les moyens existent. Les statistiques font état de profits et de valeurs de patrimoine records. Pour que quelques uns aient toujours plus, il faut que tous les autres aient toujours moins. La « crise » de fin 2008 est pour les peuples, pas pour les actionnaires.

Une partie des voix du FN et surtout la très forte abstention traduisent cette désespérance, le manque de perspectives pour changer le quotidien. Or des perspectives il y en a. Nous ne sommes pas condamnés à subir et à accepter des décisions qui seraient contraire à nos conceptions ou qui conduiraient à les affadir dans un bouillon social-démocrate du « moindre mal » ou du « c’est mieux que si c’était pire ». Nous avons en ce domaine de réelles expériences.

Comment ne pas dire qu’au lieu de jouer les boutefeux dans de nombreux pays en s’abritant derrière des résolutions de l’ONU à géométrie variable pour justifier nos ingérences, bafouer l’autodétermination des peuples pour des intérêts non avoués parce que non avouables (parts de marché, profits, implantation géopolitique, prépondérance inter impérialiste), de financer des guerres et les marchands de canons, il vaudrait mieux consacrer ces sommes pharaoniques au progrès social et à une vraie solidarité internationale. Une autre répartition des richesses devient de plus en plus une exigence universelle. Le capitalisme, n’en déplaise à tous ceux qui le servent, n’est ni amendable, ni régulable, ni moralisable comme ils le prétendent. Il défendra jusqu’au bout ses privilèges de classe. Ce sont l’intervention citoyenne et les luttes qui le contraindront et feront apparaitre du neuf dans un processus permanent. L’utilité et la crédibilité du parti communiste ne se décrètent pas. Elles se démontrent concrètement dans les propositions et les actes. Je considère que propositions communistes pour la rupture avec le capitalisme et la construction d’une autre société, et candidature communiste sont indissociables. C’est une unité de pensée et d’action. Ne pas la conduire à son terme en abandonnant une de ses composantes peut conduire à renoncer de fait au combat, tout au moins à l’affaiblir, pour construire une autre société.

Les communistes sont légitimes a avoir un candidat à la présidentielle (les élections cantonales l’attestent et le confirment). Sinon nous serons inaudibles à la présidentielle et par voie de conséquence inaudibles aux législatives.

La situation que vivent des millions de nos concitoyens exige que nous agissions au quotidien et notamment contre la vie chère, pour l’augmentation des salaires et des retraites, qui est leur préoccupation première, avec la situation de l’emploi. Pas en 2012. IMMEDIATEMENT ! Nous avons sur la section pris des initiatives en ce sens : pétitions, rassemblements.

Nous allons continuer à porter publiquement cette double question du quotidien, des propositions, et des nécessaires candidatures communistes à la présidentielle et aux législatives. Pas repliés sur nous-mêmes, isolés, mais dans l’incontournable débat citoyen, dans une conception de rassemblement large (au-delà de la construction de structures limitées), où les communistes ont toute leur place, leur responsabilité, leur originalité, leurs propositions. Il appartient donc à tous les communistes de se prononcer sur les enjeux. En dernier ressort nos concitoyens décideront. Affrontons le présent et l’avenir en étant nous-mêmes : communistes pour changer cette société, qui craque de toutes parts dans ses fondements et construire dans un processus partagé la société débarrassée de l’exploitation capitaliste.

Robert Auzeby, syndicaliste, membre du Conseil départemental de l’Hérault et du bureau de la section de Béziers.

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