La situation dans le monde, ses répercussions en France.
La montée de l’inquiétude au sein des classes populaires (extraits)

, par  Sylvain Tessier , popularité : 3%

Un article issu du journal Germinal édité par la Société Populaire d’Education qui anime le site Union de lutte pour l’unification des classes populaires

Ce journal a participé aux rencontres internationalistes de Vénissieux 2011.

Nous publions des extraits de cet article récent qui illustre bien l’apport de ce journal au nécessaire effort d’analyse concrète.

Ce numéro traite principalement de la crise générale du capitalisme et de ses répercussions politiques, au plan international comme à celui de la nation.

Comme nous l’avions indiqué fin 2009 [1], et contrairement à ce que pouvaient affirmer alors nombre de spécialistes, la crise actuelle n’a pas fini de faire sentir ses effets. D’ampleur inégalée, affectant tous les secteurs de la société, cette crise inhérente au mode de production capitaliste, et son affirmation ultime en 2008, est l’aboutissement d’une succession de crises de moindre ampleur, amorcée dès les années 70.

Lié à la contradiction centrale sur laquelle repose le capitalisme, l’anarchie de la production qu’il génère, les crises se manifestent périodiquement, et ceci depuis le début du xixe siècle (crises dites de “surproduction”), d’abord de faible et moyenne durée, tous les dix ou quinze ans. Avec le capitalisme parvenu à son stade ultime, l’impérialisme, le processus aboutit, par un mécanisme de “fuite en avant” aux crises généralisées, affectant l’ensemble du monde, à une échelle toujours plus large. Ces crises générales conduisent à une exacerbation de la concurrence et de la rivalité entre puissances capitalistes, comme ce fut le cas avant la Première Guerre mondiale, avec la crise de 1929, enfin avec celle que nous subissons aujourd’hui. Tous ces facteurs sont générateurs de guerres.

Les crises ont des effets destructeurs pour les classes populaires et pour l’ensemble de la société, au plan économique (régression de la production, désindustrialisation, chômage, appauvrissement, insécurité à l’égard de l’avenir), et aussi au plan politique, notamment sur les formes que revêtent les luttes de classe, faisant peser la menace d’un dévoiement de leur sens historique et la montée de processus de fascisation.

La perception de la gravité de la situation par les classes populaires

Dans l’enquête présentée dans ce numéro, portant sur l’appréciation de la situation internationale et nationale par des travailleurs de différentes catégories sociales, la plupart perçoivent ces facteurs d’aggravation en matière économique et politique. Ils redoutent qu’on ne puisse « en sortir » par un coup de baguette magique, quelles que soient les promesses que prodiguent les divers partis. Pour beaucoup, il y a prise de conscience que les désordres résultent de causes profondes liées au régime capitaliste, et qu’il ne suffit pas d’imputer tout le mal à un gouvernement ou à un ennemi désigné (les états-Unis, l’Europe, ou la Chine…) pour résoudre toutes les difficultés.

Plusieurs perçoivent aussi que la lutte se déroule dans des conditions défavorables (« difficile de riposter »), que les classes populaires sont désorganisées, et que, dans cette conjoncture, l’engagement dans des mouvements dont elles ne maîtrisent pas le cours, pourrait se faire à leur détriment.

Plusieurs s’interrogent à ce propos sur la signification de ce que l’on appelé “les révolutions arabes”. Certains redoutent des « manipulations de sentiments », le risque de prise en mains des mobilisations par des fanatismes, prenant ou non la religion pour prétexte. Ils perçoivent aussi que ces mobilisations peuvent participer d’une remise en cause d’équilibres mondiaux, déjà compromis, qu’ils peuvent masquer des tentatives de redistribution des marchés, des ressources, des zones d’influence.

La montée des puissances dites “émergentes” qui cherchent à se faire une plus large place au détriment des autres, font aussi redouter un ébranlement des rapports entre puissances, avec la crainte qu’en résulte une période de chaos incontrôlable, et que, de guerre locale en guerre locale, on finisse à ce que la guerre devienne mondiale, se déclenchant « à partir de n’importe quel pays du monde ».

La perte du cadre protecteur de la nation

De façon plus nette qu’au début de son déclenchement, des constats sont faits sur les répercussions de la crise mondiale sur le cadre national. La nation ne se présente plus, mais ceci ne date pas d’hier, comme cadre tutélaire. On estime qu’elle est « vulnérable », qu’elle « se délite », qu’elle « subit », sans aucune capacité de maîtriser la situation. De sorte qu’on n’imagine plus que la nation puisse encore se révéler capable de « défendre » si peu que ce soit le peuple. On ne « s’y reconnaît plus », dans la mesure où elle a cessé de correspondre à ce qu’elle devrait être : un cadre historique où l’on peut exister, se projeter dans l’avenir, parce que l’on s’y sent « chez soi » (quelle que soit d’ailleurs son “origine”), un lieu où l’on pouvait jusqu’à un certain point se trouver protégé, tant contre des menaces extérieures que les menaces de désagrégation interne.

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Le stade impérialiste du capitalisme accentue les rivalités entre puissances

Au plan mondial, la situation actuelle, présente quelques analogies avec celle qui succède à la crise générale du capitalisme survenue dans l’entre-deux-guerres. (Voir l’article Les suites de la crise de 1929 et la question du repartage du monde.)
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Rivalité entre puissances impérialistes et tentatives d’enrôlement des luttes populaires

La crise générale du capitalisme potentialise les effets de la rivalité entre puissances impérialistes. Dans son sillage des dangers politiques de divers ordres se développent, ils se manifestent avec une acuité particulière lorsque les classes populaires sont politiquement désorganisées et désorientées. La lutte de tous contre tous (entre catégories, “communautés”, “origines”, “religions”) se donne alors libre cours, d’autant qu’elle est “stimulée” par toutes les puissances en rivalité (que celles-ci relèvent de structures capitalistes ou féodales). Chacune de ces puissances tente d’enrôler les populations pour sa propre cause, contre ses rivaux, et à l’occasion contre ses alliés de fortune. Les formes que revêt la lutte de classes en sont affectées.

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La question de la disposition des forces de classes

Pour qu’un véritable processus révolutionnaire puisse aboutir, c’est-à-dire édifier une société réellement “sociale” ou socialiste, il ne suffit pas qu’existe ce que Lénine nommait une « situation révolutionnaire » [4], une condition nécessaire primordiale est requise : il faut que, dans une nation donnée, existent des classes effectivement révolutionnaires, qui « n’aient rien à perdre » et tout à gagner d’une transformation d’ensemble de la société.

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Reconstituer un lieu politique donnant à voir les perspectives historiques

S’engager dans ce parcours dans la durée ne revient pas à abandonner les activités militantes, lorsqu’on en a. Cela ne revient pas non plus à clamer à tous vents : “la révolution est pour ce soir”, car dans les conditions d’impréparation actuelles, cette prétendue révolution tournerait en son contraire. Il ne s’agit pas non plus de se contenter de bramer “il nous faut un parti”, bien sûr qu’il en faut un, mais un véritable parti ne peut se reconstituer que si l’on a travaillé à en créer ou recréer les conditions. C’est pourquoi ce qui se présente aujourd’hui comme indispensable, c’est de travailler à orienter le sens des luttes, en saisissant ce qui est nécessaire et possible à chaque moment de l’histoire concrète. C’est pour contribuer à l’avancement de ces tâches que l’Union de lutte des classes populaires s’est constituée. Toute force qui s’associe à ces tâches fait progresser l’ensemble.

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Voir en ligne : sur le site Union de lutte (journal Germinal)

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  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

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    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
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    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).